jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102422 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL DALEAS HAMTAT GABET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 avril 2021 et 22 novembre 2022, la société PYRETHERM, représentée par Me Hamtat, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire d'un montant de 840 euros émis à son encontre par la commune d'Arbas le 18 mars 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Arbas le paiement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à défaut de justifier de l'existence d'un titre de recettes ou d'un rôle rendu exécutoire par la maire d'Arbas, l'avis des sommes à payer litigieux méconnaît l'article R. 2342-4 du code général des collectivités territoriales ;
- la commune d'Arbas ne justifie pas de la signature du bordereau récapitulatif des titres de recettes par sa maire, conformément à l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales ;
- le titre exécutoire litigieux n'est pas suffisamment motivé et n'indique pas clairement les bases de la liquidation ;
- la commune d'Arbas ne justifie pas d'une créance certaine, liquide et exigible dès lors que si elle prétend avoir réglé à tort des factures à la société WIT, elle ne démontre pas en quoi la société PYRETHERM devrait rembourser une somme qu'elle n'a pas perçue ; la société requérante précise que sa mise en cause est contestable au point que la commune d'Arbas a sollicité l'organisation d'une mesure d'expertise afin qu'un expert donne son avis sur les préjudices qu'elle estime avoir subis.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 décembre 2021, la maire d'Arbas, représentée par Me Salesse, conclut à ce que la somme de 840 euros soit mise à la charge de la société PYRETHERM et demande à ce qu'il soit mis à sa charge également une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- s'agissant du bien-fondé de la créance, des dysfonctionnements dans la gestion de la distribution de la chaleur ont été constatés en raison de manquements imputables à la société PYRETHERM, qui a réalisé un réseau de chauffage pour son compte ; la commune a alerté la société PYRETHERM, qui a fait passer une commande d'audit de l'installation à son sous-traitant, la société WIT ; deux factures d'un montant de 840 euros ont été émises par la société WIT et réglées par la commune ; les dysfonctionnements relevés dans l'audit mettent en cause la société PYRETHERM ;
- aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Le 23 novembre 2022, un mémoire a été enregistré pour la commune d'Arbas et n'a pas été communiqué.
Par une ordonnance du 4 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 23 novembre 2022 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les conclusions de M. Farges, rapporteur public,
- et les observations de Me Waller, représentant la commune d'Arbas.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre d'une opération de réalisation d'un réseau de chaleur au bois dans des bâtiments municipaux et des habitations privées, la commune d'Arbas a confié à la société PYRETHERM le lot n° 4 " production de chaleur, chauffagerie mixte bois/gaz et réseau de chaleur ". Les travaux effectués par la société PYRETHERM ont été acceptés avec réserves par la commune d'Arbas dans un procès-verbal de réception des travaux du 18 février 2019. Par un courrier du 3 février 2020, la commune d'Arbas a prolongé la période de garantie de parfait achèvement d'un an, au motif que les travaux dont la réalisation a été demandée à la société PYRETHERM après la réception des travaux avec réserves n'ont pas été effectués, et que plusieurs désordres ont été constatés. Un audit de l'installation du réseau de chaleur a été réalisé par la société WIT le 14 mai 2020 et la commune d'Arbas, qui a été destinataire des factures correspondantes, pour un montant de 840 euros, a émis un titre exécutoire à l'encontre de la société PYRETHERM le 18 mars 2021 afin que l'intéressée lui rembourse cette somme. Par la présente requête, la société PYRETHERM demande l'annulation de cet acte. Elle doit être regardée comme demandant également la décharge de la somme correspondante.
Sur les conclusions à fin d'annulation du titre exécutoire émis le 18 mars 2021 :
Sur la régularité du titre exécutoire
2. En premier lieu, aux termes de l'article D. 1617-23 du code général des collectivités territoriales : " Les ordonnateurs des organismes publics, visés à l'article D. 1617-19, lorsqu'ils choisissent de transmettre aux comptables publics, par voie ou sur support électronique, les pièces nécessaires à l'exécution de leurs dépenses ou de leurs recettes, recourent à une procédure de transmission de données et de documents électroniques, dans les conditions fixées par un arrêté du ministre en charge du budget pris après avis de la Cour des comptes, garantissant la fiabilité de l'identification de l'ordonnateur émetteur, l'intégrité des flux de données et de documents relatifs aux actes mentionnés en annexe I du présent code et aux deux alinéas suivants du présent article, la sécurité et la confidentialité des échanges ainsi que la justification des transmissions opérées. / La signature manuscrite, ou électronique conformément aux modalités fixées par arrêté du ministre en charge du budget, du bordereau récapitulant les mandats de dépense emporte certification du service fait des dépenses concernées et attestation du caractère exécutoire des pièces justifiant les dépenses concernées. / La signature manuscrite, ou électronique conformément aux modalités fixées par arrêté du ministre en charge du budget, du bordereau récapitulant les titres de recettes emporte attestation du caractère exécutoire des pièces justifiant les recettes concernées et rend exécutoires les titres de recettes qui y sont joints conformément aux dispositions des articles L. 252 A du livre des procédures fiscales () ". Aux termes de l'article L. 1617-5 4° du code général des collectivités territoriales : " Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel () est adressée au redevable. () / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel () mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. "
3. Il résulte notamment de ces dispositions qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier, en cas de contestation, que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de l'émetteur.
4. En l'espèce, la commune d'Arbas se borne à citer le 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et à conclure que " le tribunal écartera " le moyen tiré de l'absence de signature du bordereau de titre de recettes sans toutefois le produire. Par suite, le moyen invoqué à ce titre par la société requérante doit être accueilli.
Sur le bien-fondé du titre exécutoire
5. Il résulte de l'instruction, et ainsi que cela a été dit au point 1, que les travaux effectués par la société PYRETHERM ont été acceptés avec réserves le 18 février 2019, et que la commune d'Arbas a prolongé la période de garantie de parfait achèvement d'un an, en raison de manquements de la société requérante à ses obligations contractuelles et du constat de plusieurs désordres au niveau du réseau de distribution de la chaleur. La commune produit un devis d'audit établi par la société WIT le 18 mars 2020, intitulé " Audit tech. avant déploiement / Déplacement sur site Analyse et conseils personnalisés ", ainsi que deux factures émises par la société WIT les 25 mai et 15 juillet 2020, dont les montants toutes taxes comprises correspondent au montant de la créance litigieuse.
6. D'une part, si la commune d'Arbas affirme que l'audit réalisé le 14 mai 2020, relatif à l'installation du réseau de chaleur, a pour origine une commande effectuée par la société PYRETHERM envers son sous-traitant, la société WIT, il ne résulte toutefois pas de l'instruction que la société requérante aurait formulé une telle demande, ni même que la société WIT serait son sous-traitant. A cet égard, le courriel du 18 mars 2021 produit en défense, par lequel la maire d'Arbas indique : " Veuillez trouver ci-joint, comme convenu ensemble, la facture correspondant au remboursement de l'audit de fonctionnement WIT effectué sur site mais qui n'avait pas lieu d'être payé par la commune. ", n'est pas de nature à démontrer que la commande d'audit aurait effectivement été passée par la société PYRETHERM.
7. D'autre part, il résulte de l'instruction que le devis d'audit de la société WIT et les factures relatives à cet audit ont le même objet. En outre, ces factures précisent que l'intervention de la société WIT a eu lieu le 14 mai 2020, ce qui est corroboré par les rapports d'audit produits en défense, établis à cette même date. Enfin, il résulte de ces rapports d'audit que plusieurs dysfonctionnements du réseau de chaleur de la commune d'Arbas ont été constatés. Si le devis du 18 mars 2020, les factures des 25 mai et 15 juillet 2020, les rapports d'audit et les manquements de la société PYRETHERM, tels qu'exposés aux points 5 et 6, constituent en l'espèce des éléments concordants, ils ne sont toutefois pas suffisants pour conclure au caractère certain de la créance, dès lors qu'il n'est pas clairement établi par les pièces du dossier que tous les dysfonctionnements constatés sur le réseau de chaleur de la commune d'Arbas seraient imputables aux manquements de la seule société PYRETHERM et qu'ainsi que cela a été dit au point 6, il n'est pas établi que l'audit aurait été réalisé à la demande de la société requérante.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la société PYRETHERM est fondée à demander l'annulation du titre exécutoire émis à son encontre par la commune d'Arbas le 18 mars 2021 pour le recouvrement de la somme de 840 euros, ainsi que la décharge du paiement de la somme correspondante.
Sur les frais de l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la société PYRETHERM, qui n'est pas la partie perdante, le versement de la somme que la commune d'Arbas demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche de mettre à la charge de la commune d'Arbas une somme de 1 500 euros à verser à la société PYRETHERM sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : L'avis des sommes à payer d'un montant de 840 euros émis à l'encontre de la SAS PYRETHERM le 18 mars 2021 par la commune d'Arbas est annulé.
Article 2 : La SAS PYRETHERM est déchargée du paiement de la somme de 840 euros.
Article 3 : La commune d'Arbas versera à la SAS PYRETHERM la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SAS PYRETHERM et à la commune d'Arbas.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
La rapporteure,
M. PETRI
Le président,
T. SORIN
La greffière,
S. SORABELLA
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026