jeudi 25 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102569 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | PETITGIRARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 mai 2021 et 4 avril 2022, M. F E, représenté par Me Petitgirard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le ministre des armées a rejeté sa demande indemnitaire préalable ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 415 150,27 euros au titre des préjudices subis ;
3°) de mettre à la charge de l'État le paiement de la somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, la responsabilité pour faute de l'Etat est engagée ; à titre subsidiaire, la responsabilité sans faute pour risque de l'Etat est engagée ;
- il a droit à la réparation de ses préjudices qui s'élèvent à un montant total de 415 150,27 euros, à raison de 27 826,61 euros de perte de gains professionnels actuels, de 30 642,51 euros au titre de l'incidence professionnelle temporaire, de 170 016 euros de pertes de gains professionnels futurs, de 20 000 euros au titre de l'incidence professionnelle, de 70 750 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, de 31 767 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, de 3 800 euros pour l'assistance à tierce personne, de 30 000 euros pour les souffrances endurées avant consolidation, de 5 000 euros de préjudice moral, de 2 000 euros de préjudice esthétique, de 15 000 euros de préjudice d'agrément, de 720 euros de frais de médecin et de 7 628,15 euros de frais de déplacement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 janvier 2022, le ministre des armées demande au tribunal de ramener à de plus justes proportions la somme demandée par M. E au titre de la réparation des préjudices subis.
Il fait valoir que :
- la responsabilité pour faute de l'Etat ne peut être retenue ;
- les pertes de gains professionnels actuels et futurs, l'incidence professionnelle, et le déficit fonctionnel temporaire et permanent sont déjà réparés par le versement de la pension militaire d'invalidité ;
- la nécessité pour l'intéressé de consulter un kinésithérapeute n'est pas établie ; en tout état de cause, les frais de transport sont pris en charge par le département des soins et suivi du blessé et du pensionné de la caisse nationale militaire de sécurité sociale ;
- l'indemnisation de l'assistance par tierce personne ne saurait excéder la somme de 2 470 euros, à raison d'une heure par jour pendant 190 jours et d'un coût horaire de 13 euros ;
- l'indemnisation des souffrances endurées, évaluées à 4,5 sur 7, ne saurait excéder la somme de 10 000 euros ;
- le préjudice esthétique n'est pas établi ;
- le préjudice d'agrément ne saurait excéder la somme de 3 000 euros ;
- le préjudice moral n'est pas établi.
Vu :
- l'ordonnance n° 1800205 du 26 mars 2018 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense ;
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Carotenuto,
- les conclusions de M. Déderen, rapporteur public,
- et les observations de Me Petitgirard, représentant M. E.
Considérant ce qui suit :
1. M. E a été militaire à compter de 1995. Le 17 février 2005, il s'est blessé lors d'un saut de parachute. Le 6 juillet 2007, il a présenté une demande d'indemnisation. A la suite de l'expertise médicale du Dr R., le ministère des armées lui a proposé, le 26 juin 2008, un protocole transactionnel pour indemniser ses souffrances endurées à hauteur de 1 300 euros. Le 4 août 2008, M. E a refusé ce protocole. Par l'ordonnance susvisée du 26 mars 2018, le tribunal a désigné le Dr F. comme expert médical, lequel a remis son rapport le 9 novembre 2018. Par un courrier du 25 août 2020, M. E a demandé à être indemnisé à hauteur de 410 650,27 euros en réparation des préjudices subis. Par un courrier du 2 décembre 2020, il a saisi la commission de recours des militaires, qui a implicitement rejeté son recours. Par la présente requête, il demande à être indemnisé à hauteur de 415 150,27 euros au titre des préjudices subis.
Sur la responsabilité de l'État :
2. Aux termes de l'article L. 4123-2 du code de la défense : " Les militaires bénéficient des régimes de pension ainsi que des prestations de la sécurité sociale dans les conditions fixées par le code des pensions civiles et militaires de retraite, le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre et le code de la sécurité sociale ". Aux termes de l'article L. 2 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre, dont les dispositions ont été reprises depuis le 1er janvier 2017 à l'article L. 121-1 du même code: " Ouvrent droit à pension : 1° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'évènements de guerre ou d'accidents éprouvés par le fait ou à l'occasion du service ; 2° Les infirmités résultant de maladies contractées par le fait ou à l'occasion du service ; 3° L'aggravation par le fait ou à l'occasion du service d'infirmités étrangères au service 4° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'accidents éprouvés entre le début et la fin d'une mission opérationnelle, y compris les opérations d'expertise ou d'essai, ou d'entraînement ou en escale, sauf faute de la victime détachable du service ".
3. En instituant la pension militaire d'invalidité, le législateur a entendu déterminer forfaitairement la réparation à laquelle les militaires peuvent prétendre, dans le cadre de l'obligation qui incombe à l'Etat de les garantir contre les risques qu'ils courent dans l'exercice de leur mission, au titre des préjudices tenant, d'une part, aux pertes de revenus et à l'incidence professionnelle de l'incapacité physique, d'autre part, au déficit fonctionnel. Lorsqu'elle est assortie de la majoration prévue à l'article L. 18 du code, la pension a également pour objet la prise en charge des frais afférents à l'assistance par une tierce personne. Si le titulaire d'une pension a subi, du fait de l'infirmité imputable au service, d'autres préjudices que ceux que cette prestation a pour objet de réparer, il peut prétendre à une indemnité complémentaire égale au montant de ces préjudices. En outre, dans l'hypothèse où le dommage engage la responsabilité de l'Etat à un autre titre que la garantie contre les risques courus dans l'exercice des fonctions, et notamment lorsqu'il trouve sa cause dans des soins défectueux dispensés dans un hôpital militaire, l'intéressé peut prétendre à une indemnité complémentaire au titre des préjudices que la pension a pour objet de réparer, si elle n'en assure pas une réparation intégrale.
4. Pour déterminer si l'accident de service ayant causé un dommage à un militaire est imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat, de sorte que ce militaire soit fondé à engager une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale par l'Etat de l'ensemble du dommage, il appartient au juge administratif, saisi de conclusions en ce sens, de rechercher si l'accident est imputable à une faute commise dans l'organisation ou le fonctionnement du service.
5. Il résulte de l'instruction, en particulier du bulletin de suivi météorologique et du règlement relatif à l'entraînement des militaires, qu'au moment du saut en parachute à l'origine de l'accident de M. E, c'est-à-dire le 17 février 2005 entre 14h30 et 15h20, le vent soufflait de 10 à 11 mètres par seconde, alors que ce règlement prévoit que les sauts en parachute de niveau 2 (" entretien et progression ") ne peuvent avoir lieu qu'avec des vents inférieurs à 7 mètres par seconde. Si le ministre allègue que le bulletin météorologique versé à l'instance concerne la localité de Francazal, située à 10 kilomètres du lieu du saut, toutefois il ne verse aucune pièce pour établir la vitesse du vent sur le lieu du saut ce jour-là. En outre, si le ministre soutient que le protocole préalable au saut a été respecté, il n'en demeure pas moins que la vitesse du vent était bien supérieure au maximum prévu par le règlement précité. Enfin, il n'est pas contesté que la vitesse du vent est à l'origine directe de l'accident de M. E. Dans ces conditions, la responsabilité de l'Etat pour faute doit être engagée.
Sur le lien de causalité et l'évaluation des préjudices :
6. Lorsqu'il est saisi de conclusions tendant au versement d'une indemnité complémentaire au titre des préjudices que la pension militaire d'invalidité a pour objet de réparer, il incombe au juge administratif de déterminer le montant total de ces préjudices, avant toute compensation par cette prestation, d'en déduire le capital représentatif de la pension et d'accorder à l'intéressé une indemnité égale au solde, s'il est positif.
En ce qui concerne les préjudices que la pension militaire d'invalidité attribuée à M. G a pour objet de réparer :
S'agissant des préjudices professionnels :
Quant à la perte de gains professionnels actuels :
7. M. E soutient qu'il a droit à la réparation de la perte de gains professionnels entre son accident, le 17 février 2005, et sa consolidation, le 18 mars 2014, qu'il évalue à 255,29 euros par mois pendant 109 mois, soit 27 826,21 euros. S'il justifie que son revenu mensuel moyen en 2004, l'année précédant son accident, était de 1 874,16 euros, alors que ce revenu a diminué à 1 618,87 euros entre 2005 et 2013, en revanche il ne justifie en aucune manière que cette perte de revenus découlerait de son accident de service, étant observé à ce titre que son revenu annuel en 2005 et en 2006, après son accident, était supérieur à son revenu annuel de 2004. Par suite, le lien de causalité entre ce préjudice et son accident n'est pas établi.
Quant à l'incidence professionnelle temporaire :
8. M. E soutient qu'il a subi une perte de chance de promotion professionnelle avant la consolidation de son état. Il évalue le coefficient d'incidence professionnelle à 15 % de son salaire moyen en 2004, soit 218,12 euros, qu'il aurait pu percevoir sur les 109 mois compris entre son accident et sa consolidation, soit un total de 30 642,51 euros. Il résulte de l'instruction, en particulier de l'avis défavorable de son chef de peloton, motivé par son " inaptitude médicale définitive " qui lui porterait " préjudice pour son commandement et son exemplarité en tant que sous-officier ", et il n'est pas contesté, que sa demande de promotion a été refusée en raison de son état médical, conséquence de son accident de service. Toutefois, il résulte des allégations mêmes du requérant qu'il n'a demandé à être intégré comme " sous-officier rang " que le 23 octobre 2009, pour l'année 2010. Ainsi, l'incidence professionnelle temporaire est établie à compter du 1er janvier 2010 et jusqu'à sa consolidation le 18 mars 2014, soit sur une période de 4 ans et 3 mois. Dans ces circonstances, il sera fait une juste évaluation de ce préjudice en l'évaluant à 10 000 euros.
Quant aux pertes de gains professionnels futurs et à l'incidence professionnelle :
9. D'une part, M. E soutient qu'il subit des pertes de gains professionnels futurs évalués à 170 016 euros, à raison de la différence entre son salaire mensuel moyen en 2004 et ses revenus tirés de sa pension militaire d'invalidité et de sa pension de retraite (1 874,16 - 475,46 - 936,48 = 461,86 euros), qu'il conviendrait de multiplier par un taux de rente viagère fixé à 30,676. Toutefois, s'il justifie qu'il était assistant d'éducation au collège en 2019-2020, il n'établit pas que le non-renouvellement de son contrat en juin 2020 serait la conséquence de son état médical, tandis qu'il ne justifie pas, ni même n'allègue, qu'il ne pourrait pas occuper un autre emploi. Au surplus, il ne démontre pas ne pas avoir perçu d'autres revenus que ceux tirés de sa pension militaire d'invalidité et de sa pension de retraite. Dès lors, il ne démontre ni l'existence du préjudice tiré de ses pertes de gains professionnels futurs, ni, à le supposer établi, le lien de causalité avec son accident de service.
10. D'autre part, et pour les mêmes motifs, s'il soutient qu'il subit un préjudice d'incidence professionnelle évalué à 20 000 euros, il ne le justifie ni par sa qualité de travailleur handicapé, ni par l'absence de renouvellement de son poste d'assistant d'éducation en juin 2020, ni par le " contexte économique actuel ". Par suite, le préjudice allégué au titre de l'incidence professionnel n'est pas établi.
S'agissant des déficits fonctionnels :
Quant au déficit fonctionnel temporaire :
11. Il résulte de l'instruction, en particulier de l'expertise médicale du Dr. F. du 9 novembre 2018, que M. E a subi un déficit fonctionnel temporaire total pendant 35 jours, de 50 % pendant 190 jours et de 30 % pendant 3 094 jours. Par suite, sur le fondement d'une indemnité de 20 euros par jour de déficit fonctionnel total, il sera fait une exacte appréciation de ce préjudice en l'évaluant à 21 164 euros.
Quant au déficit fonctionnel permanent :
12. Il résulte de l'instruction, en particulier de l'expertise médicale précitée, que M. E, âgé de 40 ans au moment de la consolidation, subit un déficit fonctionnel permanent de 25 %. Par suite, il sera fait une juste évaluation de son préjudice en l'évaluant à 45 000 euros.
S'agissant du montant total des préjudices que la pension militaire d'invalidité a pour objet de réparer et du droit de M. E à recevoir une indemnisation complémentaire :
13. D'une part, il résulte de ce qui a été dit aux points 7 à 12 que les préjudices que la pension militaire d'invalidité a pour objet de réparer doivent être évalués à 76 164 euros. D'autre part, il résulte du dernier barème de capitalisation publié à la Gazette du Palais dans son édition de 2022, qui fixe le coefficient de conversion de la rente annuelle à 40,408 pour un homme de 40 ans, sur la base d'un taux d'intérêt légal d'actualisation de 0 % (hypothèse la plus favorable), que le capital dû au titre de la pension militaire d'invalidité de M. E, d'un montant annuel de 5 893 euros, doit être évalué à 238 124,34 euros.
14. Par suite, M. E n'est en droit de prétendre à aucune indemnisation complémentaire des préjudices que la pension militaire d'invalidité a pour objet de réparer.
En ce qui concerne les préjudices que la pension militaire d'invalidité attribuée à M. G n'a pas pour objet de réparer :
S'agissant de l'assistance tierce personne temporaire :
15. Il résulte de l'instruction, et il n'est pas contesté, que M. E a reçu l'aide d'une tierce personne à raison d'une heure par jour pendant 190 jours, et que cette aide a été apportée par son épouse, non spécialisée. Par suite, à raison d'un forfait horaire de 13,5 euros, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à 2 565 euros.
S'agissant des " frais divers " :
Quant au remboursement du médecin conseil :
16. Si M. E demande à être indemnisé de frais médicaux, et qu'il fournit à ce titre une facture du Dr C., du 16 mai 2019, relative à une " consultation médico-légale initiale ", d'une montant de 720 euros, cependant il ne justifie pas le lien entre cette consultation et son état de santé, étant observé qu'aucun certificat médical, ni ordonnance de ce médecin n'est versé au dossier. Par suite, le lien de causalité entre ce préjudice et son accident de service n'est pas établi.
Quant aux frais de déplacement :
17. M. E demande le remboursement des frais de déplacement occasionnés par ses séances de kinésithérapie, effectués dans son véhicule d'une puissance fiscale de 0,548, à raison de 60 séances à 6,4 kilomètres de son domicile pour un total de 420,86 euros en 2005, de 240 séances à 10,6 kilomètres entre 2006 et 2010 pour une somme de 2 788,22 euros, et enfin de 480 séances à 8,4 kilomètres entre 2011 et 2019 pour un montant de 4 419,07 euros, soit un total de 7 628,15 euros. Si le ministre oppose en défense que l'expertise médicale précitée de 2018 ne retient pas la nécessité de séances de kinésithérapie, toutefois il résulte de l'instruction, en particulier des certificats médicaux du Dr T. du 20 janvier 2014 et du 2 octobre 2017, ainsi que des multiples ordonnances de ce médecin entre 2011 et 2022, que ces séances étaient en lien direct avec les pathologies liées à son accident de service. En outre, si le ministre allègue que les frais de transport pour de telles séances sont pris en charge par le département des soins et suivi du blessé et du pensionné de la caisse nationale militaire de sécurité sociale, il ne justifie ni par le courriel du 29 mars 2021 versé à l'instance, ni par aucune autre pièce, que les frais de transport de M. E auraient effectivement été remboursés. En revanche, M. E ne verse aucune pièce démontrant qu'il aurait suivi de telles séances entre 2005 et 2010, tandis qu'il ne justifie que de la prescription de 286 séances entre 2011 et 2022. Dans ces conditions, il sera fait une exacte appréciation de ce préjudice en l'évaluant à 2 633 euros (28 x 8,4 x 2 x 0,548).
S'agissant des souffrances endurées :
18. Il résulte de l'instruction, en particulier de l'expertise médicale précitée, que M. E a enduré des souffrances de 4,5 sur 7. Par suite, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à 10 000 euros.
S'agissant du préjudice d'agrément :
19. Il résulte de l'expertise médicale de 2018 que l'accident de service a rendu M. E inapte à la pratique de la marche avec sac à dos et de la natation, et qu'il lui occasionne une gêne douloureuse pour la pratique du vélo. Il n'est pas contesté que M. E a été ainsi privé d'une pratique sportive régulière. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à 3 000 euros.
S'agissant du préjudice esthétique :
20. Si M. E soutient avoir subi un préjudice esthétique en raison d'une cicatrice de 10 centimètres sur l'épaule droite et de deux cicatrices de deux centimètres sur le " moignon " droit, toutefois il ne résulte pas de l'instruction, en particulier de l'expertise médicale de 2018, et en l'absence de tout élément circonstancié à ce sujet, qu'un tel préjudice serait établi.
S'agissant du préjudice moral :
21. M. E allègue avoir subi un préjudice moral, évalué à 5 000 euros, en particulier en raison des démarches rendues nécessaires face à une administration restée " sourde à ses doléances ". Si l'administration fait valoir qu'une indemnisation lui avait été proposée, le montant de celle-ci était bien inférieur aux préjudices subis, tandis que la demande indemnitaire formulée par M. E a été rejeté par l'administration puis par la commission de réforme. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à 4 000 euros.
22. Il résulte de tout ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à M. E une somme totale de 22 198 euros, en réparation des préjudices subis.
Sur les frais liés au litige :
23. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à M. E sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. E une somme de 22 198 euros au titre de l'indemnisation des préjudices subis du fait de son accident de service.
Article 2 : L'Etat versera à M. E une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. F E et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente-rapporteure,
Mme Douteaud, première conseillère,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.
La présidente-rapporteure,
S. CAROTENUTO
L'assesseure la plus ancienne,
S. DOUTEAUDLa greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au ministre des armées, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026