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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2102658

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2102658

lundi 2 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2102658
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSÉRÉE DE ROCH

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 mai 2021, M. A B, représenté par Me Sérée de Roch, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la décision du 12 mars 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne a constaté l'absence d'éligibilité pour bénéficier de l'aide financière du fonds de solidarité des entreprises fragilisées par l'épidémie de Covid-19 de 4 500 euros dont il a été bénéficiaire au titre des mois de mars, avril et mai 2020 et a annoncé l'émission d'un titre de perception en vue de la reprise des sommes indûment perçues ;

2°) à titre subsidiaire, de lui accorder un délai de vingt-quatre mois en vue du remboursement de cette aide.

Il soutient que son activité a été particulièrement touchée par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-10 et que s'il n'avait pas d'entrées financières, il était tout de même fondé à déposer une demande d'aide dès lors qu'il devait supporter les charges d'emprunt de son automobile.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2022, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête de M. B.

Il fait valoir que M. B ne justifie pas d'une perte de chiffre d'affaires d'au moins 50 % durant les mois de mars, avril et mai 2020 par rapport à la période de référence.

Par ordonnance du 3 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 18 novembre 2022 à 12 h 00.

Les parties ont été informées, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que la décision du tribunal était susceptible d'être fondée sur les moyens relevés d'office tirés, d'une part, de l'irrecevabilité des conclusions en annulation à raison de l'absence de caractère décisoire de la lettre du directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne du 12 mars 2021 informant M. B de l'émission prochaine d'un titre de perception, d'autre part, de l'irrecevabilité des conclusions subsidiaires tendant à l'octroi d'un délai de remboursement de l'aide perçue au motif qu'il n'entre pas dans l'office du juge d'accorder un tel délai.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 novembre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2020-460 du 22 avril 2020 ;

- le décret n° 2020-433 du 16 avril 2020 ;

- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Truilhé, président-rapporteur,

- les conclusions de M. Luc, rapporteur public,

- et les observations de Me Sérée de Roch, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, qui exerce depuis le 20 décembre 2019, en tant qu'entrepreneur individuel, une activité de transport de voyageurs par taxis dont le siège social est situé à Toulouse, a déposé une demande d'aide au titre du fonds de solidarité des entreprises fragilisées par l'épidémie de Covid-19 pour les mois de mars, avril et mai 2020. Ces aides lui ont été versées les 19 avril, 2 mai et 3 juin 2020, pour un montant respectif de 1 500 euros. Par lettre du 6 novembre 2020, afin de s'assurer de l'éligibilité des aides perçues et du correct calcul du montant de l'aide versée, la direction régionale des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne a demandé à l'intéressé de fournir les justificatifs des chiffres d'affaires mensuels de référence de 1 500 euros qu'il a indiqués dans ses demandes. Par lettre du 12 mars 2021, l'administration l'a informé qu'il avait bénéficié à tort de l'aide de 4 500 euros au titre des mois de mars, avril et mai 2020 et qu'un titre de perception serait émis à son encontre. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de cet acte.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Il ressort des pièces du dossier que la lettre du 12 mars 2021 contestée de la direction régionale des finances publiques d'Occitanie se borne à notifier au requérant les conclusions du contrôle effectué concernant son éligibilité aux aides exceptionnelles qui lui ont attribuées au titre du fonds de solidarité, institué à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19, à relever l'absence d'éligibilité aux aides ainsi versées d'un montant de 4 500 euros, et à l'informer qu'un titre de perception en vue de récupérer cette somme sera émis à son encontre. Ainsi, cette lettre de l'administration se borne à porter à la connaissance de l'intéressé les résultats d'un contrôle et l'informer de l'émission à intervenir d'un titre de perception visant à récupérer les sommes en cause, titre qui constitue un acte qui peut être contesté selon les conditions prévues aux articles 117 et suivants du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 disposant notamment que les contestations d'un titre de perception a pour effet de suspendre le recouvrement de la créance et qu'une réclamation préalable tendant à contester ce titre doit être adressée à l'administration avant de saisir le tribunal d'une contestation de ce titre. Dès lors, eu égard à son contenu et nonobstant la circonstance que l'acte contesté précise à tort que l'intéressé dispose d'un délai de deux mois à compter de sa notification pour formuler son recours devant le tribunal administratif compétent, cette lettre ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être contestée par l'intéressé devant le tribunal administratif.

3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées à titre principal par M. B doivent être rejetées comme irrecevables.

Sur les conclusions aux fins d'octroi d'un délai de remboursement :

4. Si le requérant demande un délai en vue du remboursement de l'aide perçue, il n'entre pas dans l'office du juge d'accorder un tel délai. Les conclusions présentées à cette fin par M. B doivent, dès lors, pareillement être rejetées comme irrecevables.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et à Me Sérée de Roch.

Copie en sera adressée au directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Truilhé, président,

M. Déderen, premier conseiller,

M. Zabka, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 janvier 2023.

Le président-rapporteur,

J-C. TRUILHÉ

L'assesseur le plus ancien,

G. DÉDEREN

La greffière,

M-E. LATIF

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

No 2102658

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