jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102779 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | ISRAEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 10 mai 2021, 3 mars 2022 et 16 janvier 2023, la société par actions simplifiées (SAS) Delirium Café, prise en la personne de son président en exercice et représentée par Me Laclau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la commune de Toulouse a rejeté sa demande indemnitaire préalable ;
2°) de condamner la commune de Toulouse à lui verser la somme de 1 215 964,99 euros, en réparation des préjudices subis, assortie des intérêts échus à compter de la réception de sa demande indemnitaire préalable et de leur capitalisation ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Toulouse le paiement de la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la commune de Toulouse a commis une faute en raison de l'illégalité des refus successifs qu'elle lui a opposés le 3 avril 2019 et le 28 février 2020, qui sont entachés d'une erreur de droit tirée de l'application des dispositions du deuxième paragraphe de l'article CO 41 de l'arrêté du 25 juin 1980 portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public, ainsi que d'une seconde erreur de droit dès lors que le maire de la commune s'est cru lié par l'avis de la commission et des autres copropriétaires ;
- la commune a commis une faute en lui transmettant des renseignements erronés ;
- la commune a commis une faute en jetant le discrédit sur elle ;
- les fautes commises sont directement à l'origine de l'absence d'exploitation de l'étage, et donc du préjudice financier qui en découle, ainsi que de la dégradation de son image auprès de ses partenaires et de ses clients ;
- elle a subi un préjudice financier évalué à 1 065 964,99 euros ;
- elle a subi un préjudice moral, un trouble dans ses conditions d'existence et un préjudice d'image évalué à 150 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 janvier, 1er septembre et 29 décembre 2022, ainsi que par un mémoire enregistré le 16 février 2023 qui n'a pas été communiqué, la commune de Toulouse, prise en la personne de son maire en exercice et représentée par Me Israel, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de juger la requête irrecevable ;
2°) à titre subsidiaire, de la rejeter comme mal fondée ;
3°) à titre très subsidiaire, de condamner le préfet de la Haute-Garonne à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre ;
4°) en tout état de cause à mettre à la charge de tout succombant le paiement de la somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que des entiers dépens.
Elle fait valoir que :
- la requête est mal dirigée contre une prétendue décision implicite de rejet du recours gracieux qui serait intervenue le 12 mai 2020, alors qu'une décision expresse de rejet est intervenue le 4 juin 2020 ;
- la requête n'est pas dirigée contre l'arrêté du 28 février 2020, qui avait été notifiée à la société requérante avec les voies et délais de recours ;
- elle n'a pas commis de faute engageant sa responsabilité ;
- les préjudices ne sont pas établis ;
- à titre subsidiaire, le préfet de la Haute-Garonne doit la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre.
Par un mémoire, enregistré le 8 septembre 2022, le préfet de la Haute-Garonne, conclut au rejet de la requête et des conclusions de la commune de Toulouse aux fins d'appel en garantie de l'Etat.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 17 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 février 2023.
Un mémoire en production de pièces enregistré pour la société Delirium Café le 17 mai 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;
- le décret n° 95-260 du 8 mars 1995 relatif à la commission consultative départementale de sécurité et d'accessibilité ;
- le décret n° 2019-973 du 21 août 2019 relatif à la partie réglementaire du code de la construction et de l'habitation ;
- l'arrêté du 25 juin 1980 portant approbation des dispositions générales du règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hecht,
- les conclusions de M. Déderen, rapporteur public,
- et les observations de Me Laclau, représentant la SAS Delirium Café, et de Me Chebel, représentant la commune de Toulouse.
Considérant ce qui suit :
1. Le 18 décembre 2018, la société Delirium Café, exploitant un restaurant-brasserie situé 54 allée Jean-Jaurès à Toulouse, a demandé une autorisation de travaux n° 18Z0795, qui a été refusée par un arrêté du maire de Toulouse du 3 avril 2019. Le 4 novembre 2019, cette société a sollicité une nouvelle autorisation de travaux, n° 19Z0629, qui a été refusée par un arrêté municipal du 28 février 2020. Par un courrier du 12 mars 2020 notifié par huissier, la société a formé une demande indemnitaire préalable auprès de la commune de Toulouse. Par la présente requête, cette société demande la condamnation de la commune de Toulouse à lui verser la somme de 1 215 964,99 euros à raison des préjudices subis.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. La décision par laquelle la commune de Toulouse a rejeté la demande indemnitaire préalable formée par la SAS Delirium Café a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de sa demande, qui s'inscrit dans le cadre d'un recours de plein contentieux. Au regard d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de l'intéressé à percevoir la somme qu'il réclame, les vices propres dont serait entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de cette décision ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité pour faute de la commune de Toulouse :
S'agissant de l'illégalité fautive de l'arrêté du maire de Toulouse du 28 février 2020 :
3. En premier lieu, aux termes de l'article GN 1 de l'arrêté du 25 juin 1980 susvisé : " § 1. Les établissements sont classés en types, selon la nature de leur exploitation : () N Restaurants et débits de boissons ; () ". Aux termes de l'article R. 123-19 du code de la construction et de l'habitation : " Les établissements sont, en outre, quel que soit leur type, classés en catégories, d'après l'effectif du public et du personnel. L'effectif du public est déterminé, suivant le cas, d'après le nombre de places assises, la surface réservée au public, la déclaration contrôlée du chef de l'établissement ou d'après l'ensemble de ces indications. () Les catégories sont les suivantes : () 3e catégorie : de 301 à 700 personnes ; () ".
4. Aux termes de l'article 2 du décret du 8 mars 1995 susvisé, dans sa version applicable au litige : " La commission consultative départementale de sécurité et d'accessibilité est l'organisme compétent, à l'échelon du département, pour donner des avis à l'autorité investie du pouvoir de police. / Ces avis ne lient par l'autorité de police sauf dans le cas où des dispositions réglementaires prévoient un avis conforme. ". Aux termes de l'article R. 123-13 du code de la construction et de l'habitation dans sa version applicable au litige, désormais repris à l'article R. 143-13 de ce code : " Certains établissements peuvent, en raison de leur conception ou de leur disposition particulière, donner lieu à des prescriptions exceptionnelles soit en aggravation, soit en atténuation ; dans ce dernier cas, des mesures spéciales destinées à compenser les atténuations aux règles de sécurité auxquelles il aura été dérogé peuvent être imposées. / Des mesures spéciales destinées à assurer la sécurité des voisins peuvent également être imposées. / Ces prescriptions et ces mesures sont décidées, soit par l'autorité chargée de la délivrance du permis de construire lorsque la décision est prise au moment de cette délivrance, soit par l'autorité de police dans les autres cas ; elles sont prises après avis de la commission de sécurité compétente mentionnée aux articles R. 123-34 et R. 123-38. / Toutefois, les atténuations aux dispositions du règlement de sécurité ne peuvent être décidées que sur avis conforme de la commission consultative départementale de la protection civile. "
5. Aux termes de l'article CO 38 de l'arrêté du 25 juin 1980 susvisé : " § 1. Les niveaux, locaux, secteurs ou compartiments doivent être desservis dans les conditions suivantes, en fonction de l'effectif des personnes qui peuvent y être admises : () d) Plus de 100 personnes : / Par deux dégagements jusqu'à 500 personnes, augmentés d'un dégagement par 500 personnes ou fraction de 500 personnes au-dessus des 500 premières. La largeur des dégagements doit être calculée à raison d'une unité de passage pour 100 personnes ou fraction de 100 personnes ; au-dessous de 501 personnes, le nombre d'unités de passage est majoré d'une unité. () ". Aux termes de son article CO 35 : " § 5. Ne peuvent être communs avec les dégagements et sorties des locaux occupés par des tiers que les dégagements accessoires des établissements de 1re, 2e et 3e catégorie et les dégagements des établissements de 4e catégorie. () ". Et selon son article N 6, relatif aux établissements de type N : " En aggravation des dispositions de l'article CO 35 (§ 5), seuls les dégagements accessoires peuvent être communs avec ceux des locaux occupés par des tiers. "
6. La société requérante soutient que l'arrêté du 28 février 2020 par lequel le maire de Toulouse a refusé d'autoriser les travaux sollicités est entaché d'une erreur de droit en ce que le maire se serait cru lié par l'avis de la sous-commission départementale de sécurité contre les risques d'incendie et de panique (SCDS) et par l'avis des copropriétaires de l'immeuble dans lequel est situé l'établissement en litige.
7. D'une part, il résulte des dispositions mentionnées au point 4 que l'autorité de police ne peut autoriser des atténuations aux dispositions du règlement de sécurité que sur avis conforme de la commission consultative départementale de la protection civile, ou le cas échéant de son émanation, la SCDS. Il résulte de l'instruction que la demande de travaux n° 19Z0629 présentée par la société Delirium Café le 4 novembre 2019 était assortie d'une demande de dérogation aux dispositions mentionnées au point 5. Ainsi, c'est à bon droit que la commission communale de sécurité a transmis cette demande de dérogation à la SCDS, puis que le maire de Toulouse a refusé les travaux sollicités, par l'arrêté en litige, en raison de l'avis défavorable rendu par la SCDS le 26 février 2019, lequel n'est au demeurant pas contesté. Par suite, cette branche du moyen manque en droit.
8. D'autre part, si la société requérante allègue que le maire se serait cru lié par l'avis des autres copropriétaires de l'immeuble, toutefois cela ne ressort pas des termes de l'arrêté en litige, non plus au demeurant que de l'arrêté du 3 avril 2019. Si la requérante se prévaut d'un mél envoyé par l'adjointe au maire de Toulouse le 2 février 2018 dans lequel elle indique : " Ce n'est pas si simple que ça, nous avons deux positions à étudier, la vôtre et celle des co-propriétaires. " et d'un autre mél du 5 février 2018 dans lequel elle explique que : " () je vous confirme que nous attendons toujours le dossier de travaux, demandé lors de notre dernière réunion, et qui n'a pas encore été déposé. / Nous voulons absolument, car c'est le règlement, un acte authentique pour l'usage de l'issue de secours. / Tant que nous n'aurons pas ces éléments, le premier étage restera fermé. ", toutefois ces deux messages, bien antérieurs à l'arrêté en litige, et même à la première demande de travaux présentée en décembre 2018, ne sauraient démontrer à eux seuls que le maire de Toulouse se serait cru lié par l'avis des copropriétaires. Par suite cette branche manque en fait, et ce moyen doit être écarté.
9. En second lieu, aux termes de l'article 4 de la loi du 10 juillet 1965 susvisée : " Les parties communes sont l'objet d'une propriété indivise entre l'ensemble des copropriétaires ou certains d'entre eux seulement ; selon le cas, elles sont générales ou spéciales. Leur administration et leur jouissance sont organisées conformément aux dispositions de la présente loi. " Aux termes de son article 6 : " Les parties communes et les droits qui leur sont accessoires ne peuvent faire l'objet, séparément des parties privatives, d'une action en partage ni d'une licitation forcée. " Et selon son article 6-1 A : " Aucune servitude ne peut être établie sur une partie commune au profit d'un lot. "
10. Aux termes de l'article CO 41 de l'arrêté du 25 juin 1980 susvisé : " Lorsqu'un dégagement accessoire emprunte une propriété appartenant à un tiers, l'exploitant doit justifier d'accords contractuels sous forme d'acte authentique. Si le dégagement traverse une paroi d'isolement avec un bâtiment ou un local occupé par un tiers, le bloc-porte de franchissement doit être CF de degré une demi-heure et muni d'un ferme-porte. "
11. La société requérante soutient que la commune de Toulouse a commis une seconde erreur de droit en exigeant qu'elle fournisse un acte authentique matérialisant l'accord des autres copropriétaires en se fondant, à tort, sur les dispositions de l'article CO 41 susmentionné. Si la requérante soutient que le dégagement envisagé ne relevait pas de la propriété d'un tiers au sens et pour l'application de l'article CO 41 dès lors qu'il était situé dans les parties communes de la copropriété, qui sont l'objet d'une propriété indivise entre l'ensemble des copropriétaires, dont elle fait partie, toutefois il résulte de l'instruction, en particulier du refus de la copropriété en date du 23 septembre 2019 d'échanger ce hall d'immeuble avec un autre lot appartenant à la société, que cette dernière ne disposait pas d'un droit de propriété sur ce hall d'immeuble. En tout état de cause, il ne résulte pas des termes de l'arrêté municipal en litige qu'il aurait été fondé sur la méconnaissance de l'article CO 41 précité, et ce sans préjudice des deux méls des 2 et 5 février 2018 cités au point 8. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
S'agissant de la transmission de renseignements erronés :
12. La société Delirium Café soutient que la responsabilité pour faute de la commune de Toulouse est engagée du fait de la transmission de renseignements erronés. Premièrement, si elle allègue que la commune aurait " persisté " à exiger qu'elle fournisse une autorisation des autres copropriétaires, toutefois elle ne le justifie que par les deux méls des 2 et 5 février 2018, cités au point 8, qui ne sauraient à eux seuls établir que la procédure engagée aurait été ralentie de ce fait, d'autant que la première demande de travaux, dont il est question dans ces méls, n'a été déposée que le 18 décembre 2018. En outre, et surtout, les renseignements fournis sur cette autorisation de copropriété ne sauraient être à l'origine des préjudices invoqués dès lors que la société a déposé successivement trois demandes sans cette autorisation, dont les deux premières ont été refusées pour d'autres motifs. Deuxièmement, si la société reproche à la commune de ne pas lui avoir proposé d'autres solutions pour ouvrir son premier étage, il ne résulte d'aucune disposition, ni d'aucun principe général, que la commune aurait été tenue à un devoir de conseil allant jusqu'à la proposition de solutions juridiques pour une société, au demeurant déjà accompagnée d'un conseil. Troisièmement, si la société soutient que la commune lui a indiqué à tort qu'elle devait demander une dérogation auprès de la SCDS, toutefois il résulte de ce qui a été exposé aux points 3 à 7 que la requérante devait bien demander une telle dérogation dès lors qu'elle ne disposait pas des trois dégagements prévus pour un établissement N accueillant plus de 500 personnes. A ce titre, elle ne peut se prévaloir ni de la procédure suivie lors de sa troisième demande de travaux n° 20Z0359, présentée le 19 août 2020 pour un établissement de 498 personnes, qui ne nécessitait donc que deux dégagements, non plus que de l'arrêté municipal du 14 janvier 2021. Par suite ce moyen ne peut qu'être écarté.
S'agissant du discrédit jeté sur la société requérante :
13. Si la société fait valoir que la responsabilité pour faute de la commune de Toulouse serait engagée du fait du discrédit jeté sur elle, invoquant à ce titre un préjudice d'image auprès de ses partenaires et de ses clients, un refus de prêt bancaire et des annulations de réservation du premier étage, ce moyen non étayé et qui n'est assorti d'aucun commencement de preuve ne peut qu'être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions indemnitaires de la société requérante ne peuvent qu'être rejetées. Par voie de conséquence, il y a lieu de rejeter les conclusions de la commune de Toulouse à fin d'appel en garantie.
Sur les dépens :
15. En l'absence de dépens, les conclusions de la commune de Toulouse à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Toulouse, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la société Delirium Café la somme réclamée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En application des mêmes dispositions, il y a lieu de mettre, dans les circonstances de l'espèce, une somme de 1 500 euros à la charge de la société Delirium Café.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Delirium Café est rejetée.
Article 2 : La société Delirium Café versera une somme de 1 500 euros à la commune de Toulouse au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Toulouse est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Delirium Café, à la commune de Toulouse et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
Le rapporteur,
S. HECHT
La présidente,
S. CAROTENUTOLa greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026