mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2102813 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | RIEU-CASTAING |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 mai 2021, la SARL Prestig'Motors, représentée par Me Rieu-Castaing, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui sont réclamés pour la période du 1er avril 2015 au 31 décembre 2018 d'un montant global de 36 091 euros, et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos les 30 septembre 2015 et 30 septembre 2017, pour un montant global de 95 546 euros, ainsi que de l'amende de 5 669 euros prononcée en application de l'article 1759 du code général des impôts pour les exercices clos les 30 septembre 2016 et 30 septembre 2017 ;
2°) de lui accorder un sursis de paiement.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la régularité de la procédure :
- l'avis de vérification a été adressé à la " SARL SARL Prestig'Motors " et non à la " SARL Prestig'Motors ", méconnaissant ainsi l'article 4 de la loi du 6 fructidor an II ;
- l'administration fiscale a méconnu le débat oral et contradictoire ;
- malgré ses demandes répétées, l'administration fiscale ne lui a pas communiqué les recoupements externes qu'elle a réalisés ;
- parallèlement à la procédure de vérification, un fonctionnaire de police de la brigade financière du commissariat de police de Toulouse a contacté des clients potentiels pour les dissuader de contracter avec elle ;
- l'administration fiscale a méconnu les dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
- l'administration fiscale a commis une erreur de droit dès lors qu'elle a visé les rappels de TVA sous un paragraphe intitulé " rectifications " ;
- l'administration fiscale aurait dû qualifier l'encaissement de la somme de 30 497,73 euros réalisé le 4 mai 2015 d'apport en compte courant d'associé ;
- l'administration fiscale aurait dû qualifier l'encaissement de la somme de 50 000 euros réalisé le 3 juillet 2015 d'acompte non imposable ;
- l'administration fiscale n'a pas fait une exacte application de la doctrine fiscale n° BOI-CTX-DG-20-20 publiée au BOFIP le 2 août 2019 en matière de charge de la preuve s'agissant d'une procédure de vérification contradictoire menée sur le fondement de l'article L. 55 du livre des procédures fiscales ;
- M. B ne pouvait être considéré comme étant le maître de l'affaire ;
- l'administration fiscale a méconnu la doctrine n° BOI-CTX-DG-20-20-40 publiée au BOFIP le 12 septembre 2012, dès lors qu'elle n'a pas exercé son droit de communication prévu aux articles L. 81 à L. 85 du livre des procédures fiscales pour contester les éléments probants qui lui étaient soumis ;
- l'administration fiscale aurait dû qualifier l'encaissement de la somme de 3 000 euros réalisé le 18 février 2017 d'apport en compte courant d'associé ;
- elle aurait dû qualifier l'encaissement de la somme de 1 800 euros réalisé le 9 juin 2015 d'apport en compte courant d'associé ;
- l'administration fiscale a commis une erreur de droit en qualifiant l'à-nouveau porté au crédit du compte courant d'associé le 1er octobre 2014 pour 79 397,62 euros de passif injustifié ;
- l'administration fiscale a commis une erreur de droit en considérant que son gérant s'était personnellement enrichi ;
- l'administration fiscale a qualifié à tort les apports en compte courant d'associé à hauteur de 48 948 euros de revenus distribués ;
En ce qui concerne les intérêts de retard et pénalités :
- les majorations pour manquement délibéré fondées sur le a de l'article 1729 du code général des impôts n'ont pas été débattues pendant la procédure de vérification et au contraire, le vérificateur a communiqué à la société le 31 octobre 2018 une proposition de régularisation sur le fondement de l'article L. 62 du livre des procédures fiscales ;
- la proposition de rectification du 14 novembre 2018 n'est pas motivée ;
- l'administration fiscale n'a pas caractérisé le manquement délibéré pour chaque chef d'insuffisance.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 décembre 2021, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la SARL Prestig'Motors ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- la loi du 6 fructidor an II ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sarraute,
- et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Prestig'Motors, créée le 23 mars 2009 et gérée par M. A B, exerce une activité de commerce de voitures et véhicules automobiles légers. Elle a fait l'objet du 31 août au 29 novembre 2018 d'une vérification générale de comptabilité, portant sur la période du 1er octobre 2014 au 30 septembre 2017, étendue jusqu'au 30 juin 2018 pour la seule taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Par une proposition de rectification du 14 décembre 2018, l'administration fiscale a informé la SARL Prestig'Motors qu'elle envisageait de l'assujettir à des rappels de TVA d'un total, en droits et pénalités, de 36 091 euros, et à des cotisations supplémentaires au titre de l'impôt sur les sociétés d'un total, en droits et pénalités, de 95 546 euros. Cette proposition de rectification invitait également la SARL Prestig'Motors à faire connaître dans un délai de 30 jours l'identité et l'adresse du ou des bénéficiaires de sommes considérées comme des revenus distribués au titre des exercices clos les 30 septembre 2015, 2016 et 2017. Le 29 mars 2019, l'administration fiscale a répondu aux observations présentées par la SARL Prestig'Motors en maintenant l'intégralité des rectifications envisagées. Elle a par ailleurs, par courrier séparé, informé la société de ce qu'en l'absence de désignation du ou des bénéficiaires des sommes considérées comme des revenus distribués, elle appliquait l'amende prévue à l'article 1759 du code général des impôts pour les exercices clos les 30 septembre 2016 et 2017, pour un montant global de 5 669 euros. La totalité de ces sommes a été mise en recouvrement par un avis du 31 mai 2019. La réclamation préalable formée le 27 juin 2019 par la SARL Prestig'Motors a été rejetée par décision du 8 avril 2021.
Sur la régularité de la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, aux termes de l'article IV de la loi du 6 fructidor an II : " Il est expressément défendu à tous fonctionnaires publics de désigner les citoyens dans les actes autrement que par le nom de famille, les prénoms portés en l'acte de naissance, ou les surnoms maintenus par l'article II, ni d'en exprimer d'autres dans les expéditions et extraits qu'ils délivreront à l'avenir. ".
3. La société requérante soutient que ces dispositions ont été méconnues, dès lors que l'avis de vérification lui a été adressé sous la dénomination " SARL SARL Prestig'Motors " et non sous celle de " SARL Prestig'Motors ". Toutefois, à supposer établi que l'avis de vérification lui ait été envoyé sous la dénomination " SARL SARL Prestig'Motors ", cette erreur n'est pas de nature à entacher la procédure d'imposition d'irrégularité, dès lors qu'elle n'a privé la société requérante d'aucune garantie et n'a eu aucune influence sur les décisions prises par la suite par l'administration fiscale. Par suite, ce moyen doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande. ". En application de ces dispositions, il incombe à l'administration, quelle que soit la procédure d'imposition mise en œuvre, et au plus tard avant la mise en recouvrement, d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des renseignements obtenus auprès de tiers, qu'elle a utilisés pour fonder les impositions, avec une précision suffisante pour permettre à l'intéressé, notamment, de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements, soient mis à sa disposition avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent.
5. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 14 décembre 2018 mentionne dans le paragraphe " III-1 Droit de communication et demandes d'information " les personnes physiques auxquelles l'administration fiscale a adressé une demande de renseignements. Il ne résulte en revanche pas de l'instruction que la SARL Prestig'Motors aurait fait usage, avant la mise en recouvrement, de son droit à solliciter que ces documents soient mis à sa disposition ni qu'elle se serait heurtée à un refus opposé par l'administration fiscale. Si la société requérante soutient en outre que l'administration fiscale aurait audité tous ses clients, elle n'assortit ce moyen d'aucune pièce permettant d'en apprécier le bien-fondé et en tout état de cause, il ressort des termes de la proposition de rectification que les rappels de TVA et cotisations supplémentaires à l'impôt sur les sociétés n'ont pas été fondés sur des documents autres que ceux mentionnés. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. En troisième lieu, à supposer qu'elle soit établie, l'intervention, parallèlement à la procédure de vérification, d'un officier de police judiciaire agissant dans le cadre d'une enquête judiciaire et procédant à l'audition des clients de la SARL Prestig'Motors est sans incidence sur la régularité de la procédure d'imposition. Dès lors, le moyen doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 13 du livre des procédures fiscales : " I. - Les agents de l'administration des impôts vérifient sur place, en suivant les règles prévues par le présent livre, la comptabilité des contribuables astreints à tenir et à présenter des documents comptables. () ". Aux termes de l'article L. 47 du même livre : " () Une vérification de comptabilité ne peut être engagée sans que le contribuable en ait été informé ou la remise d'un avis de vérification. () ". Aux termes de l'article 54 du code général des impôts : " Les contribuables mentionnés à l'article 53 A sont tenus de représenter à toute réquisition de l'administration tous documents comptables, inventaires, copies de lettres, pièces de recettes et de dépenses de nature à justifier l'exactitude des résultats indiqués dans leur déclaration. ".
8. Il résulte de ces dispositions que les opérations de vérification de comptabilité se déroulent, normalement, chez le contribuable ou au siège de l'entreprise vérifiée. Dans le cas où la vérification de comptabilité d'une entreprise a été effectuée, soit, comme il est de règle, dans ses propres locaux, soit, si son dirigeant ou représentant l'a expressément demandé, dans les locaux du comptable auprès duquel sont déposés les documents comptables, c'est au contribuable qui allègue que les opérations de vérification ont été conduites sans qu'il ait eu la possibilité d'avoir un débat oral et contradictoire avec le vérificateur de justifier que ce dernier se serait refusé à un tel débat.
9. La SARL Prestig'Motors soutient avoir été privée de débat oral et contradictoire en l'absence tout d'abord d'une " dernière visite véritable " du vérificateur au cours de laquelle celui-ci aurait exposé à la fois les conclusions du contrôle et les enjeux liés à celles-ci, ensuite de réponse à tous ses courriers, enfin de la non-conformité des rehaussements finalement notifiés aux indications données par le vérificateur à l'issue de la procédure de vérification. Il résulte toutefois de l'instruction, en particulier des termes de la proposition de rectification du 14 décembre 2018, que les opérations de contrôle se sont, conformément au vœu de la SARL Prestig'Motors, déroulées dans le cabinet comptable de la société les 31 août et 29 novembre 2018, l'intervention du 29 novembre 2018 étant une réunion de synthèse. Par ailleurs, la société requérante n'apporte aucune précision sur les courriers auxquels elle n'aurait pas reçu de réponse, qu'elle ne produit d'ailleurs pas. Enfin, le vérificateur n'était pas tenu de lui communiquer, avant la proposition de rectification, une information sur les rectifications qu'il pouvait envisager, et, en tout état de cause, la circonstance alléguée que les rehaussements notifiés ne seraient pas conformes aux indications données par ce dernier à l'issue du contrôle ne serait pas de nature à établir que le vérificateur ne se serait pas prêté au débat oral et contradictoire auquel il était tenu. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du débat oral et contradictoire doit être écarté.
10. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. ". Il résulte de ces dispositions que l'administration doit indiquer au contribuable, dans la proposition de rectification, les motifs et le montant des rehaussements envisagés, leur fondement légal et la catégorie de revenus dans laquelle ils sont opérés, ainsi que les années d'imposition concernées.
11. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 14 décembre 2018 mentionne les règles de droit applicables, les impôts concernés, les périodes concernées, le montant des rectifications envisagées, ainsi que, de manière suffisamment précise, les motifs de fait sur lesquels l'administration s'est fondée pour procéder aux rehaussements envisagés. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales doit être écarté.
Sur le bien-fondé de l'imposition :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
12. Aux termes de l'article 256 du code général des impôts : " I.- Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel. () ". Aux termes de l'article 278 du même code : " Le taux normal de la taxe sur la valeur ajoutée est fixé à 20 %. ". Aux termes de l'article 38 de ce code : " 1. Sous réserve des dispositions des articles 33 ter, 40 à 43 bis et 151 sexies, le bénéfice imposable est le bénéfice net, déterminé d'après les résultats d'ensemble des opérations de toute nature effectuées par les entreprises, y compris notamment les cessions d'éléments quelconques de l'actif, soit en cours, soit en fin d'exploitation. / 2. Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent service de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés. () ".
S'agissant de la charge de la preuve :
13. Il est constant que la procédure de vérification dont a fait l'objet la SARL Prestig'Motors s'est déroulée selon la procédure contradictoire prévue à l'article L. 55 du livre des procédures fiscales. La société requérante n'ayant pas accepté la proposition de rectification, la charge de la preuve pèse sur l'administration lorsque celle-ci invoque l'existence d'une activité imposable ou entend remettre en cause la portée ou la qualification d'un acte. Le contribuable doit, de son côté, justifier de l'exactitude de ses écritures comptables. Il résulte de l'instruction, en particulier des termes de la proposition de rectification, que l'administration fiscale, qui demeure libre de recourir ou non au droit de communication que lui confèrent les articles L. 81 et suivants du livre des procédures fiscales, a respecté ces règles et n'a pas procédé à un renversement de la charge de la preuve. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance par l'administration des règles relatives à la charge de la preuve doit être écarté.
S'agissant des rappels de TVA collectée :
14. En premier lieu, si, dans la proposition de rectification du 14 décembre 2018, les rappels de TVA sont exposés, tant pour la TVA collectée que pour la TVA déductible, dans une section " IV Rectifications ", il ressort des termes mêmes de cette proposition de rectification que chaque paragraphe relatif à un rehaussement au titre de la TVA se conclut par une phrase qui en fait la synthèse et débute par " soit un rappel de TVA de ". Dès lors, le moyen tiré de l'emploi du terme " rectification " en lieu et place de celui de " rappel " doit être écarté comme manquant en fait.
15. En deuxième lieu, l'administration fiscale a soumis à la TVA au taux de 20 % deux encaissements de 30 947,73 euros du 4 mai 2015 et de 50 000 euros du 3 juillet 2015 qu'elle a considérés, en l'absence d'éléments probants produits par la SARL Prestig'Motors pour en justifier, comme constituant du chiffre d'affaires réalisé. La société requérante soutient d'une part que la somme de 30 947,73 euros correspond à l'encaissement, sur le compte de la société, d'un chèque correspondant à la vente de l'un des véhicules personnels de son gérant qui n'entre ainsi pas dans le cadre de l'activité de la société, et d'autre part que la somme de 50 000 euros est un acompte non imposable versé par un client dans le cadre d'un mandat donné par ce dernier à la société pour la recherche d'un véhicule de prestige.
16. Tout d'abord, il ne résulte pas de l'instruction que le véhicule Range Rover Sport immatriculé CG 257 RT vendu à M. F en avril 2015 aurait appartenu en propre à M. B, gérant de la société. Il résulte en revanche des documents versés au dossier par la SARL Prestig'Motors que le chèque émis par M. F lors de cette transaction a été encaissé le 4 avril 2015 sur le compte bancaire de la société et que la somme d'un même montant inscrite au crédit du compte courant d'associé de M. B le 4 mai 2015 ne provient aucunement d'un apport de fonds propres réalisé par ce dernier. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a qualifié l'encaissement de cette somme de chiffre d'affaires et l'a soumis au régime de la TVA.
17. Ensuite, il résulte de l'instruction que le mandat conclu entre M. J et la SARL Prestig'Motors en vue de la recherche d'un véhicule de prestige a été signé le 27 janvier 2017 et a été suivi de deux avenants des 7 novembre 2017 et 19 septembre 2018. Ce mandat prévoyait initialement une rémunération de 5 000 euros à verser au commissionnaire au moment de la vente et une avance sur frais de 19 000 euros à verser dans les 7 jours de la signature de la convention. Le premier avenant a eu pour objet de porter les avances sur frais à la somme de 89 000 euros. Le second avenant a constaté que le véhicule demandé n'avait pas été trouvé et que M. I K de L achetait à la place un autre véhicule pour un montant de 89 000 euros, déjà réglé par les avances préalablement versées. L'encaissement litigieux de 50 000 euros du 3 juillet 2015 ne peut ainsi être rattaché à un contrat conclu 18 mois plus tard, et portant sur des sommes totalement différentes. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration a qualifié cet encaissement de chiffre d'affaires et l'a soumis au régime de la TVA.
18. En troisième et dernier lieu, s'agissant des autres chefs de rappels de TVA collectée ou de TVA déductible, la société requérante ne développe à leur encontre aucun moyen.
S'agissant des majorations de produits au titre de l'impôt sur les sociétés :
19. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que c'est à bon droit que l'administration fiscale a réintégré dans les bénéfices de la SARL Prestig'Motors la marge bénéficiaire hors taxe résultant des encaissements de 30 947,73 euros et 50 000 euros des 4 mai 2015 et 3 juillet 2015.
S'agissant du passif injustifié :
Quant à l'exercice clos le 30 septembre 2015 :
20. L'administration fiscale a considéré qu'en l'absence d'éléments probants produits par la SARL Prestig'Motors, les sommes de 30 947,73 euros et de 18 000 euros inscrites les 4 mai et 9 juin 2015 au crédit du compte courant d'associé de M. B, gérant de la société, ainsi que l'à-nouveau de 79 397,62 euros porté au crédit de ce compte courant d'associé le 1er octobre 2014, constituaient un passif injustifié imposable en application des dispositions précitées du 2 de l'article 38 du code général des impôts. La SARL Prestig'Motors soutient que ces écritures correspondent à des apports en compte courant non imposables effectués par M. B.
21. Tout d'abord, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la somme de 30 947,73 euros inscrite au crédit du compte courant d'associé de M. B le 4 mai 2015 ne provient pas d'un apport de fonds propres de la part de ce dernier. Cette écriture ne correspond pas davantage à une dette que la société aurait envers M. B du fait de l'encaissement par elle d'une somme qui aurait dû revenir à ce dernier suite à la vente du véhicule Range Rover Sport immatriculé CG 257 RT. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration fiscale l'a qualifiée de passif injustifié, imposable en application du 2 de l'article 38 du code général des impôts.
22. Ensuite, la SARL Prestig'Motors soutient que M. B a acquis en 2012 à titre personnel une moto Harley Davidson qu'il a échangée en 2015 avec une BMW série 6 appartenant à M. G. Elle indique avoir trouvé à acquérir pour M. E, qui l'avait mandatée à cette fin, un véhicule Maserati Gran Turismo. Ce véhicule se trouvant dans un garage à Mulhouse, Messieurs B et E ont fait le trajet dans le véhicule BMW série 6 que M. B a finalement cédé au garage mulhousien. M. E a alors émis, pour dédommager M. B de la valeur de ce véhicule, un chèque de 18 000 euros qui a été encaissé sur le compte bancaire de la SARL Prestig'Motors. Cette somme étant en réalité due à M. B en son nom personnel, le compte courant d'associé de ce dernier a été crédité d'une somme identique. Il résulte toutefois de l'instruction que le contrat de cession du véhicule BMW série 6 a été conclu le 1er août 2014 par M. G avec la SARL Prestig'Motors et non avec M. B. Dans ces conditions, la société requérante ne rapporte pas la preuve que ce véhicule aurait appartenu en propre à M. B et que la somme de 18 000 euros aurait dû revenir à ce dernier. Elle ne démontre pas davantage que la somme de 18 000 euros inscrite au crédit du compte courant d'associé de M. B le 9 juin 2015 proviendrait d'un apport de fonds propres de ce dernier. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a qualifié cette somme de passif injustifié, imposable en application du 2 de l'article 38 du code général des impôts.
23. Enfin, s'agissant de l'à-nouveau inscrit au crédit du compte courant d'associé de M. B au 1er octobre 2014, la SARL Prestig'Motors soutient que cette somme provient notamment du paiement d'une dette de 65 600 euros par M. H, d'un prêt de 20 000 euros accordé à la société par M. D B, père de M. B, et de la revente en 2012 d'un véhicule Jeep Wrangler qui appartenait en propre à M. B. Il résulte toutefois des pièces versées au dossier par la SARL Prestig'Motors que la seule attestation établie par M. H le 5 février 2019 certifiant qu'il a travaillé de 2006 à 2008 avec M. B dans la vente automobile et qu'il a soldé sa dette en lui cédant courant 2008 cinq véhicules ne suffit pas à établir l'origine de l'à-nouveau litigieux. De la même manière, il résulte de l'instruction que si M. D B atteste, tout en restant taisant sur les modalités de remboursement, avoir prêté le 19 octobre 2010 de l'argent à la SARL Prestig'Motors, aucun élément ne permet d'établir les raisons pour lesquelles cette somme d'argent aurait été créditée sur le compte courant d'associé de son fils, gérant de la société, et non sur le compte bancaire de la société, lui-même n'étant pas associé dans ladite société, ni les raisons justifiant qu'elle y figure encore quatre ans plus tard. Enfin, il résulte de l'instruction d'une part que le véhicule Jeep Wrangler a été acquis en 2012 par la SARL Prestig'Motors, et d'autre part qu'aucun document ne permet de connaître quelle a été sa destination par la suite. Dans ces conditions, c'est à bon droit que l'administration fiscale a qualifié l'à-nouveau figurant au crédit du compte courant d'associé de M. B au 1er octobre 2014 de passif injustifié, imposable en application du 2 de l'article 38 du code général des impôts.
Quant à l'exercice clos le 30 septembre 2017 :
24. En l'absence d'éléments probants produits par la société, l'administration fiscale a réintégré dans les bénéfices de la SARL Prestig'Motors la somme de 3 000 euros enregistrée au crédit du compte courant d'associé de M. B le 18 février 2017. La société requérante soutient qu'il s'agit d'un apport en compte courant non imposable réalisé par M. B. Elle fait à cet effet valoir que début 2017, ce dernier a procédé à l'échange de l'un de ses véhicules avec un autre véhicule possédé par le garage Etoile Occitane et que la différence de valeur entre les deux véhicules a été évaluée à 3 000 euros au profit de M. B, somme qui a été encaissée sur le compte bancaire de la SARL Prestig'Motors. Il résulte toutefois de l'instruction que le chèque de 3 000 euros émis le 14 février 2017 par la SA Etoile Occitane, à supposer qu'il s'agisse de celui ayant fait l'objet d'un encaissement sur le compte bancaire de la SARL Prestig'Motors le 18 février 2017 et pour lequel il est impossible de déterminer l'opération à laquelle il se rapporte, a été rédigé à l'ordre de la SARL Prestig'Motors. Dans ces conditions, la SARL Prestig'Motors n'établissant pas par ailleurs que la somme litigeuse de 18 000 euros proviendrait de fonds personnels de M. B, c'est à bon droit que l'administration fiscale l'a qualifiée de passif injustifié, imposable en application du 2 de l'article 38 du code général des impôts.
S'agissant des revenus distribués :
25. Contrairement à ce que soutient la SARL Prestig'Motors, aucune disposition législative ou règlementaire n'érige l'enrichissement personnel du dirigeant d'une société comme élément constitutif des revenus distribués pour que ceux-ci puissent être imposés entre les mains de la société distributrice. Par suite, le moyen tiré de l'absence de démonstration par l'administration fiscale d'un enrichissement personnel de M. B doit être écarté.
En ce qui concerne l'interprétation de la loi fiscale :
26. La SARL Prestig'Motors ne peut utilement invoquer l'interprétation administrative de la loi fiscale, notamment le BOI-CTX-DG-20-20 publiée au BOFIP le 2 août 2019 et le BOI-CTX-DG-20-20-40 publiée au BOFIP le 12 septembre 2012, dès lors qu'il ne ressort pas de ces instructions une lecture de la loi fiscale différente de celle exposée ci-dessus en ce qui concerne les règles de charge de la preuve et l'exercice par l'administration du droit de communication.
27. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge doivent être rejetées.
Sur les pénalités :
28. En premier lieu, l'article 1729 du code général des impôts dispose : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entrainent l'application d'une majoration de : / a. 40% en cas de manquement délibéré ; () ". L'article L. 195 A du livre des procédures fiscales dispose : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration. ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la pénalité pour mauvaise foi a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives et que pour établir cette mauvaise foi, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, du caractère volontaire de cette omission ou insuffisance c'est-à-dire de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt. Pour établir le caractère intentionnel du manquement du contribuable à son obligation déclarative, l'administration doit se placer au moment de la déclaration ou de la présentation de l'acte comportant l'indication des éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt. Cette intention se déduit notamment de la connaissance que le contribuable avait, compte tenu de ses activités et de sa qualité de professionnel, de ses obligations déclaratives et des conséquences fiscales de ses opérations.
29. Tout d'abord, comme il a été rappelé au point 9, le vérificateur n'est pas tenu, dans le cadre du débat oral et contradictoire qui se déroule pendant la procédure de vérification, de donner au contribuable, avant la proposition de rectification, une information sur les rectifications qu'il envisage, que ce soit en principal ou en pénalités. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'évocation par le vérificateur, pendant la procédure de vérification, de l'éventualité de l'application de majorations pour manquement délibéré doit être écarté.
30. Ensuite, il résulte de l'instruction que pour établir l'existence d'un manquement délibéré, l'administration fiscale retient que la SARL Prestig'Motors ne tient pas de livre de police automobile, n'établit pas ou de manière très épisodique des factures de vente, applique systématiquement le régime de la TVA à la marge, même dans des cas où les véhicules concernés ne peuvent prétendre à ce régime d'imposition, enregistre dans ses écritures comptables des opérations d'achat ou de vente de véhicules ou encore des mouvements financiers sans qu'il soit possible de les rattacher à un véhicule donné, ne peut justifier des apports en compte courant d'associé enregistrés et supporte des dépenses d'entretien, de réparation ou de contrôles techniques de véhicules dont elle n'est pas propriétaire. Par leur nature et leur répétition sur les trois exercices contrôlés, ces comportements, dont la SARL Prestig'Motors ne remet pas sérieusement en cause la matérialité, ne peuvent que relever d'agissements volontaires et délibérés dans le but d'éluder l'impôt. Dans ces conditions, et alors même que la société requérante a sollicité la procédure de régularisation prévue par l'article L. 62 du livre des procédures fiscales qui n'a finalement pas abouti en l'absence d'acceptation par l'administration, l'administration fiscale doit être regardée comme rapportant la preuve, pour chaque comportement relevé, à la fois de l'élément matériel et de l'élément intentionnel du manquement. Par suite, le moyen tiré du caractère injustifié de la majoration de 40 % appliquée à l'ensemble des rappels de TVA doit être écarté.
31. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts non prélevées sur les bénéfices. () ". Aux termes de l'article 111 de ce code, dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / a. Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personnes ou sociétés interposées à titre d'avances, de prêts ou d'acomptes. / () c. Les rémunérations et avantages occultes ; () ". Et aux termes de l'article 117 du même code : " Au cas où la masse des revenus distribués excède le montant total des distributions tel qu'il résulte des déclarations de la personne morale visées à l'article 116, celle-ci est invitée à fournir à l'administration, dans un délai de trente jours, toutes indications complémentaires sur les bénéficiaires de l'excédent de distribution. / En cas de refus ou à défaut de réponse dans ce délai, les sommes correspondantes donnent lieu à l'application de la pénalité prévue à l'article 1759. ". D'autre part, aux termes de l'article 1759 dudit code : " Les sociétés et les autres personnes morales passibles de l'impôt sur les sociétés qui versent ou distribuent, directement ou par l'intermédiaire de tiers, des revenus à des personnes dont, contrairement aux dispositions des articles 117 et 240, elles ne révèlent pas l'identité, sont soumises à une amende égale à 100 % des sommes versées ou distribuées. Lorsque l'entreprise a spontanément fait figurer dans sa déclaration de résultat le montant des sommes en cause, le taux de l'amende est ramené à 75 %. ". Il résulte de ces dispositions que tous les bénéfices sociaux qui ne sont pas demeurés investis dans l'entreprise, issus notamment des recettes dissimulées, sont réputés avoir été, en l'absence de distribution apparente, transférés soit aux associés et actionnaires, soit à des tiers.
32. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a qualifié de revenus distribués les dépenses non engagées dans l'intérêt de la société requérante, à raison de 901,18 euros pour l'exercice clos le 30 septembre 2015, 1 951,89 euros pour l'exercice clos le 30 septembre 2016 et 3 176,64 euros pour l'exercice clos le 30 septembre 2017. Elle a invité la SARL Prestig'Motors, dans la proposition de rectification du 14 novembre 2018, à communiquer sous 30 jours le nom et l'adresse du ou des bénéficiaires de ces revenus distribués, ce que la société n'a pas fait. Par suite, l'administration fiscale était fondée à faire application des dispositions de l'article 1759 du code général des impôts, pour les montants de 1 952 euros et 3 717 euros repris dans le courrier du 29 mars 2019 et l'avis de mise en recouvrement du 31 mai 2019, qui n'ont au demeurant pas fait l'objet de contestation par la société requérante pendant la procédure de vérification.
33. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 1727 du code général des impôts dans sa rédaction applicable à l'année d'imposition en litige : " I. Toute créance de nature fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe aux administrations fiscales, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard. A cet intérêt s'ajoutent, le cas échéant, les sanctions prévues au présent code. () / III. Le taux de l'intérêt de retard est de 0,40% par mois. Il s'applique sur le montant des créances de nature fiscale mises à la charge du contribuable ou dont le versement a été différé. () ".
34. Si la SARL Prestig'Motors indique contester " les intérêts de retard afférents aux droits et pénalités contestés ", elle n'assortit ce moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
35. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fins de décharge des intérêts de retard, majoration pour manquement délibéré et amende doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de sursis de paiement :
36. Le présent jugement se prononçant sur le fond de l'affaire, les conclusions de la SARL Prestig'Motors tendant au sursis de paiement de l'imposition en litige sont en tout état de cause privées d'objet.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL Prestig'Motors est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Prestig'Motors et au directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Héry, présidente,
Mme Sarraute, première conseillère,
Mme Douteaud, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 6 février 2024.
La rapporteure,
N. SARRAUTELa présidente,
F. HÉRY
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026