jeudi 18 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2103191 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | RIQUIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, une pièce complémentaire et un mémoire, enregistrés les 1er juin et 2 juillet 2021 et le 15 décembre 2022, la société par actions simplifiée (SAS) B et associés, représentée par Me Riquier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice a rejeté de manière implicite la demande indemnitaire préalable qu'elle a formée le 29 janvier 2021 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme globale de 396 089 euros au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation des intérêts ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la responsabilité de l'Etat du fait de la loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 (loi " PACTE ") doit être engagée ; elle ne prévoit pas de dispositif d'indemnisation au profit des commissaires aux comptes les plus touchés par le relèvement des seuils d'audit ; pour autant, la loi n'interdit pas une telle indemnisation, reconnue possible dans un avis du Conseil d'Etat du 19 juin 2018 et dans les travaux préparatoires de la loi ;
- doit être également engagée la responsabilité de l'Etat du fait de la méconnaissance de l'article 1 du premier protocole additionnel de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales par la loi " PACTE " ; le relèvement des seuils d'obligation de certification des comptes ne se fonde sur aucun motif lié à l'utilité publique et méconnaît l'intérêt économique des commissaires aux comptes ; la réforme imposée par la loi " PACTE " est en décalage avec l'évolution continue de la profession, dont l'utilité publique réside dans le maintien, le renforcement et le développement de ces missions, au profit du plus grand nombre de sociétés ;
- son préjudice a un caractère direct et certain ; la perte de ses mandats est la conséquence directe de l'intervention de la loi " PACTE " ; le nombre de ses mandats était croissant depuis l'année 2013 ; plusieurs de ses clients ont indiqué mettre fin à ces mandats depuis l'intervention de la loi " PACTE " ; elle a ainsi perdu 14 mandats et en perdra 16 sur les 46 qu'elle détenait initialement ;
- son préjudice a un caractère anormal et spécial ; cette condition est seulement applicable au régime de responsabilité du fait des lois ; l'ampleur du préjudice subi par les commissaires aux comptes peut s'apprécier au regard des déclarations d'activités ; cette perte n'est pas répartie de façon proportionnelle entre tous les membres de la profession, certains étant substantiellement impactés, d'autres subissant peu de pertes ; la spécialité de son préjudice est d'autant plus forte que la profession est très peu exercée sur le territoire national ;
- le niveau des seuils n'a pas été fixé par la loi mais par un décret, alors que le premier article du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales prévoit que les privations de propriété ont lieu " dans les conditions prévues par la loi et les principes généraux du droit international " ;
- la réforme a réduit significativement son chiffre d'affaires concernant les mandats des petites entreprises ; son préjudice financier est évalué à 376 089 euros, au regard des déclarations d'activité transmises obligatoirement aux compagnies régionales de commissaires aux comptes et à la Compagnie nationale des commissaires aux comptes ;
- elle a subi un préjudice moral à hauteur de 20 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le préjudice subi n'a pas de caractère certain ; la perte de mandats alléguée ne résulte pas de l'entrée en vigueur de la loi " PACTE " mais du " déroulé de la vie des affaires " et il n'existe aucun droit acquis au renouvellement des mandats ; la SAS B et associés chiffre son préjudice au regard de mandats qui n'ont pas encore pris fin ;
- le préjudice subi n'a pas de caractère direct, aucun élément ne permettant de conclure à ce stade que la loi " PACTE " aura des conséquences négatives sur l'activité des commissaires aux comptes ; si la certification est obligatoire au-dessus de certains seuils, elle n'est toutefois pas interdite en-deçà de ces seuils ; il est prématuré de présager que les petites et moyennes entreprises renonceront à la certification de leurs comptes, dès lors qu'elles peuvent avoir intérêt à le faire ; le législateur a prévu, afin de compenser les effets du relèvement des seuils, que les commissaires aux comptes puissent effectuer des missions contractuelles en-dehors des missions de certification ;
- le caractère spécial du préjudice n'est pas établi ; le relèvement des seuils ne s'applique pas directement aux commissaires aux comptes mais de manière plus générale aux entreprises dont ils certifient les comptes ; en outre, ce relèvement est susceptible d'avoir des conséquences sur l'ensemble des commissaires aux comptes inscrits ;
- le caractère anormal du préjudice n'est pas non plus établi ;
- la loi " PACTE " n'entraîne pas de privation de clientèle dès lors qu'elle n'empêche pas la profession de certifier les comptes d'une petite entreprise et qu'elle rend le droit français conforme à l'obligation de faire certifier les comptes des moyennes et grandes entreprises ainsi que des entités d'intérêt public posée par une directive européenne ; la loi a entendu privilégier les objectifs d'utilité publique liés à la croissance et à la transformation des petites entreprises en allégeant leurs charges, tout en leur permettant de recourir à la certification de leurs comptes si elles le souhaitent ;
- le décret n° 2019-514 du 24 mai 2019 est un texte d'application de la loi " PACTE ", qui prévoit elle-même le principe et les conditions de relèvement des seuils.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le premier protocole additionnel de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 ;
- le décret n° 2019-514 du 24 mai 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pétri ;
- les conclusions de M. Déderen, rapporteur public ;
- et les conclusions de Me Gevaudan, substituant Me Riquier, représentant la SAS B et associés.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS B et associés, dirigée par M. A B, exerce une activité de commissariat aux comptes depuis le 4 novembre 2013. Par un courrier du 29 janvier 2021 adressé au garde des sceaux, ministre de la justice, elle a présenté une demande indemnitaire préalable, au motif que le relèvement des seuils de certification obligatoire par un commissaire aux comptes, imposé par l'article 20 de la loi " PACTE " du 22 mai 2019 relative à la croissance et à la transformation des entreprises ainsi que par un décret d'application du 24 mai 2019 fixant les seuils de désignation des commissaires aux comptes et les délais pour élaborer les normes d'exercice professionnel, lui cause un préjudice constitué par une perte importante de clientèle et de ressources. Une décision implicite de rejet est née du silence gardé par l'administration sur cette demande. Par la présente requête, la SAS B et associés demande l'engagement de la responsabilité de l'Etat du fait des lois ainsi que de la méconnaissance des engagements internationaux de la France et sollicite une indemnisation à hauteur de 396 089 euros au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision par laquelle le recours indemnitaire préalable formé par la SAS B et associés a été rejeté implicitement par le garde des sceaux, ministre de la justice :
2. Cette décision a pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de la société requérante, qui s'inscrit dans le cadre d'un recours de plein contentieux. Au regard d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de l'intéressée à percevoir la somme qu'elle réclame, les vices propres dont serait entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de cette décision ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
3. La responsabilité de l'Etat du fait des lois est susceptible d'être engagée, d'une part, sur le fondement de l'égalité des citoyens devant les charges publiques pour assurer la réparation de préjudices nés de l'adoption d'une loi, à la condition que cette loi n'ait pas exclu toute indemnisation et que le préjudice dont il est demandé réparation, revêtant un caractère grave et spécial, ne puisse, dès lors, être regardé comme une charge incombant normalement aux intéressés, d'autre part, en raison des obligations qui sont les siennes pour assurer le respect des conventions internationales par les autorités publiques, pour réparer l'ensemble des préjudices qui résultent de l'intervention d'une loi adoptée en méconnaissance des engagements internationaux de la France.
En ce qui concerne la responsabilité du fait des lois :
4. En premier lieu, l'article 20 de la loi " PACTE " du 22 mai 2019 a redéfini les seuils de certification obligatoire des comptes annuels par un commissaire aux comptes. Il ne résulte ni des dispositions de cette loi, ni de ses travaux préparatoires, ni de l'avis relatif au projet de loi rendu par le Conseil d'Etat le 14 juin 2018, que le législateur aurait entendu exclure la possibilité d'une indemnisation au bénéfice des commissaires aux comptes. Dès lors, la première condition d'application du régime de responsabilité du fait des lois doit être regardée comme remplie.
5. En second lieu, la société requérante invoque un livre blanc rédigé en mars 2018 par des membres de la profession de commissaire aux comptes qui font état de leurs inquiétudes quant aux répercussions de la loi " PACTE ". Ce livre blanc estime le montant des honoraires correspondant aux petites entreprises à 881 millions d'euros ainsi que le montant des pertes à 620 millions d'euros, pouvant atteindre 40% du chiffre d'affaires. Cette donnée relève toutefois de l'estimation, voire de la supposition, avant même que la loi " PACTE " n'entre en vigueur, et ne permet pas de considérer que la société requérante serait actuellement et personnellement concernée par une baisse significative de son chiffre d'affaires. En outre, la circonstance selon laquelle " cette perte n'est pas proportionnellement répartie entre tous les commissaires aux comptes, certains étant substantiellement touchés alors que d'autres cabinets, les plus gros, ne subissent aucune, ou peu, de pertes " relève plutôt de l'allégation que de la certitude quant à la réalité du préjudice subi par la SAS B et associés. Il en va de même concernant l'étude réalisée le 23 novembre 2020 par des experts près la cour d'appel de Paris, dès lors qu'elle ne comporte que des estimations et des données hypothétiques. Si la SAS B et associés soutient également que seuls 13 mandats sur 52 se trouvent au-dessus des seuils et qu'elle ne pourra donc pas poursuivre son activité, il résulte de l'instruction que l'objet de la société requérante est, d'une part, l'exercice de mission de commissariat aux comptes, et d'autre part, l'exercice de mission d'expertise-comptable, ce qui démontre ainsi que la certification des comptes ne constitue pas sa seule activité. A cet égard, si elle soutient que son activité d'expertise-comptable ne représente que 6% de son chiffre d'affaires, elle ne l'établit pas de manière probante. Par ailleurs, elle ne démontre pas le lien qui existerait entre la rupture conventionnelle qu'elle a signée avec son collaborateur principal, ni même avec les emprunts qu'elle a contractés et le relèvement des seuils de certification obligatoire par la loi " PACTE ". Si la SAS B et associés soutient également qu'elle " se portait bien " avant l'entrée en vigueur de cette loi et produit à ce titre un bilan et compte de résultats positif pour la période du 1er octobre 2017 au 30 septembre 2018, elle ne produit aucune pièce actualisée de nature à comparer ce bilan avec un bilan postérieur à la mise en œuvre de la loi " PACTE ". Enfin, la SAS B et associés produit à l'instance plusieurs pièces relatives au non-renouvellement de certains de ses mandats. Or, d'une part et en l'absence de toute autre pièce probante quant au caractère certain de son préjudice, en particulier à la chute de son chiffre d'affaires, cet élément est peu significatif, d'autre part, les petites entreprises exclues du champ de certification obligatoire peuvent toujours demander volontairement la certification annuelle de leur compte, et l'exercice de la profession de commissaire aux comptes n'emporte aucun droit acquis au renouvellement des mandats, étant précisé que la loi en litige permet aux commissaires aux comptes d'exercer d'autres activités afin de compenser ses effets potentiellement négatifs. Il résulte en particulier des procès-verbaux produits que si certains clients n'ont pas renouvelé leur mandat du fait de l'intervention de la loi " PACTE ", d'autres motifs de non-renouvellement ne sont pas connus. La société requérante reconnaît elle-même que cinq mandats n'ont pas été renouvelés pour des raisons indépendantes de la loi et que si les mandats des sociétés SARELEC et TESALYS ont été perdus, une relation contractuelle a été maintenue par le biais d'une mission " audit légal petites entreprises ", ce qui permet de démontrer que son activité est susceptible de se renouveler. Au vu de ce qui vient d'être dit, le caractère certain du préjudice invoqué par la SAS B et associés ne saurait être regardé comme établi.
6. En tout état de cause, la SAS B et associés ne démontre pas le caractère anormal de son préjudice. D'une part, il résulte de ce qui a été dit au point 5 et de la circonstance que le nombre de mandats que la société intéressée a perdu en raison de l'intervention de la loi " PACTE " n'est pas significatif que son préjudice n'excède pas les inconvénients normaux de la vie collective. D'autre part, le site Internet de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes, librement consultable par tous, relève que 11 243 personnes exercent la profession de commissaires aux comptes. Or, il résulte de l'instruction, en particulier des termes mêmes de la loi en litige, de ses travaux préparatoires et de l'avis émis par le Conseil d'Etat le 14 juin 2018 sur le projet de loi, que toute la profession est concernée par la mise en œuvre de la loi. Dès lors, la condition relative à la spécialité du préjudice ne saurait être regardée comme remplie.
7. Il résulte de ce qui a été dit aux points 4 à 6 que les conclusions indemnitaires fondées sur le régime de responsabilité du fait des lois doivent être rejetées dès lors que la SAS B et associés ne démontre pas avoir subi un préjudice certain et anormal.
En ce qui concerne la responsabilité du fait de la méconnaissance par la France de ses engagements internationaux :
8. Selon l'article 1er du premier protocole additionnel de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens. Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d'utilité publique et dans les conditions prévues par la loi et les principes généraux du droit international. ". La société requérante soutient que le rehaussement des seuils de certification obligatoire des comptes par un commissaire aux comptes, tel que prévu par la loi du 22 mai 2019 précitée, méconnaît ces stipulations.
9. En premier lieu, il résulte tant des travaux préparatoires de cette loi que de l'avis rendu par le Conseil d'Etat le 14 juin 2018 relatif au projet de loi afférent que le relèvement des seuils de certification obligatoire des comptes par un commissaire aux comptes s'inscrit dans le cadre d'un objectif d'allégement des contraintes et des coûts pesant sur les petites entreprises. Eu égard à cet objectif d'intérêt général et à la circonstance que cette mesure vise à rendre le droit français conforme aux exigences de la directive 2013/34/UE du Parlement européen et du Conseil en date du 26 juin 2013, la disposition législative litigieuse ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect des biens protégé par les stipulations citées au point 8. Il convient également de relever que les prestations de certification des comptes restent obligatoires pour les moyennes et grandes entreprises, les entités d'intérêt public au sens du droit de l'Union européenne ainsi que certaines opérations capitalistiques, que la suppression de l'obligation antérieure n'implique pas nécessairement que, dans tous les cas, les entreprises concernées cesseront de faire certifier leurs comptes, que la plupart des commissaires aux comptes sont à même d'exercer l'activité d'expert-comptable grâce à leurs qualifications, et que les mandats en cours des commissaires aux comptes se poursuivent jusqu'à leur terme. Par suite, la loi " PACTE " du 22 mai 2019 n'a pas imposé à la société requérante une charge disproportionnée qui viendrait rompre l'équilibre entre les exigences de l'intérêt général et le respect des biens.
10. En second lieu, la requérante ne peut utilement soutenir que le niveau des seuils de certification obligatoire des comptes annuels par un commissaire aux comptes n'a pas été fixé par une loi, conformément aux stipulations citées au point 8. Si le décret du 24 mai 2019 fixant les seuils de désignation des commissaires aux comptes et les délais pour élaborer les normes d'exercice professionnel a en effet fixé expressément les seuils de 4 000 000 d'euros de bilan, de 8 000 000 d'euros de chiffre d'affaires hors taxe et de 50 salariés, c'est sur le fondement de l'article 20 de la loi " PACTE " du 22 mai 2019, qui dispose que : " Sont tenues de désigner au moins un commissaire aux comptes les sociétés qui dépassent, à la clôture d'un exercice social, les seuils fixés par décret pour deux des trois critères suivants : le total de leur bilan, le montant de leur chiffre d'affaires hors taxes ou le nombre moyen de leurs salariés au cours de l'exercice. ".
11. Il résulte de ce qui a été dit aux points 8 à 10 que les conclusions indemnitaires fondées sur le régime de responsabilité du fait de la violation par la France de ses engagements internationaux doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la SAS B et associés demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS B et associés est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS B et associés et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 21 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 janvier 2024.
La rapporteure,
M. PETRI
La présidente,
S. CAROTENUTO
La greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026