jeudi 23 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2103203 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | FABIANI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er juin 2021, Mme A, représentée par Me Fabiani, demande au tribunal :
1°) d'annuler la mise en demeure tenant lieu de commandement de payer émise à son encontre le 4 mai 2021 par le comptable public de la commune de Toulouse ;
2°) d'annuler les titres exécutoires visés dans la mise en demeure du 4 mai 2021 par laquelle le comptable public de la commune de Toulouse lui réclame la somme de 1 215,16 euros et de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;
3°) de mettre à la charge de de la commune de Toulouse la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les titres exécutoires attaqués doivent être annulés dès lors qu'ils ne mentionnent pas les nom, prénoms et qualité de la personne qui les a émis ;
- elle n'a jamais été destinataire des titres exécutoires portant la mention des voies et délais de recours avant de recevoir la mise en demeure de payer le 4 mai 2021 ;
- la mise en demeure reçue le 4 mai 2021 porte sur des sommes prescrites ;
- elle doit être déchargée du paiement de la somme demandée dès lors qu'elle n'a jamais reçu les titres exécutoires et qu'elle a payé tous ses frais de cantine
- le débiteur peut contester le fondement des titre exécutoires et sa liquidation.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 juillet 2022, la commune de Toulouse conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par lettre du 26 octobre 2021, la recette des finances Toulouse municipale a été mise en demeure de produire des observations.
La clôture de l'instruction a été fixée au 28 juillet 2022 par une ordonnance du 20 juin précédent.
En application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées, par lettre du 2 mars 2023, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que les conclusions de la présente requête, en tant qu'elles sont dirigées contre un acte de poursuite et soulèvent un moyen qui s'attache à l'exigibilité de la dette (prescription de l'action en recouvrement), sont présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître, en application des dispositions combinées du 2° de l'article L 1617-5 du code général des collectivités territoriales et de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales.
Les observations sur ce moyen d'ordre public présentées par Mme A, par courrier du 8 mars 2023, ont été communiquées à la commune de Toulouse et à la recette des finances Toulouse municipale.
Vu la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Chalbos, rapporteure publique,
- et les observations de Me Fabiani, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Le 4 mai 2021, le comptable public de la commune de Toulouse a adressé à Mme A une mise en demeure de payer la somme de 1215,16 euros relative à différentes prestations périscolaires. Les conclusions de la présente requête doivent être regardées comme composées, d'une part, d'une contestation de l'acte de poursuite constitué par la mise en demeure tenant lieu de commandement de payer émise le 4 mai 2021 par le comptable public et, d'autre part, d'une action tendant à contester directement le bien-fondé de la créance en résultant, Mme A demandant à être déchargée de l'obligation de payer la somme de 1215,16 euros.
Sur les conclusions de la requête dirigées contre la mise en demeure tenant lieu de commandement de payer :
2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa version applicable : " 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / Toutefois, l'introduction devant une juridiction de l'instance ayant pour objet de contester le bien-fondé d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local suspend la force exécutoire du titre./ L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. / 3° L'action des comptables publics chargés de recouvrer les créances des régions, des départements, des communes et des établissements publics locaux se prescrit par quatre ans à compter de la prise en charge du titre de recettes. Le délai de quatre ans mentionné à l'alinéa précédent est interrompu par tous actes comportant reconnaissance de la part des débiteurs et par tous actes interruptifs de la prescription () ".
3. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, dans sa rédaction résultant de la loi du 28 décembre 2017 : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : () / c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales (), devant le juge de l'exécution. "
4. Il résulte de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales relève de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances relève de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.
5. Le litige porté devant le tribunal par Mme A met en cause une créance non fiscale de la commune de Toulouse. Dès lors, seul le juge de l'exécution est compétent pour connaître des conclusions de la requête en tant qu'elles sont dirigées contre l'acte de poursuite constitué par la mise en demeure tenant lieu de commandement de payer émise le 4 mai 2021. Par suite, ces conclusions doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur les conclusions de la requête dirigées contre les titres exécutoires :
6. D'une part, Mme A soutient que les titres exécutoires visés dans la mise en demeure du 4 mai 2021 doivent être annulés dès lors qu'ils ne mentionnent pas les nom, prénom et qualité de la personne qui les a émis. Toutefois, Mme A s'est abstenu de produire les titres exécutoires dont elle entend demander l'annulation et ne démontre pas davantage avoir fait diligences auprès de la commune pour les obtenir. Dans ces conditions, elle ne met pas le juge à même d'apprécier le bien-fondé du moyen soulevé, qui concerne la seule régularité de ces titres. Les conclusions tendant à l'annulation de tels titres ne peuvent donc qu'être rejetées.
7. D'autre part, la requête ne comporte aucun moyen relatif au bien-fondé de la créance résultant des titres exécutoires litigieux. Par suite, les conclusions aux fins de décharge de l'obligation de payer la somme de 1 215,16 euros ne peuvent être que rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Toulouse, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Mme A en application de cet article.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre la mise en demeure tenant lieu de commandement de payer émise à l'encontre de Mme A le 4 mai 2021 sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à la commune de Toulouse et au comptable public de la commune de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Katz, président,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Péan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2023.
La rapporteure,
V. BLe président,
D. KATZLa greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026