mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2103394 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP LALANNE-DERRIEN LALANNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 7 juin 2021, 7 février et 28 décembre 2022, M. et Mme C et D A, représentés par la SCP Lalanne Derrien Lalanne, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2015, pour un montant global restant en litige de 4 981 euros ;
2°) de rectifier les erreurs commises par l'administration dans la détermination des résultats de la SCI A et Chamayou pour les exercices clos les 31 juin 2015 et 31 juin 2016 ;
3°) de condamner l'Etat à leur rembourser les frais engagés pour la présente procédure.
Ils soutiennent que :
- le service a commis une erreur de droit en qualifiant les factures de l'entreprise AB Archiconcept, de la SARL Badorc, de la SARL ADB, de la société VSM Sud Ouest et de l'entreprise Fabre Menuiserie de dépenses non déductibles en lien avec la construction d'une verrière dissociable des travaux réalisés pour faciliter l'accueil des personnes à mobilité réduite ;
- le service a commis une erreur de droit en qualifiant la facture de l'entreprise Albert et Fils de dépense se rapportant à une nouvelle construction, non déductible, dès lors qu'il s'agit en réalité d'une dépense d'entretien.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 décembre 2021 et le 5 août 2022, le directeur chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sarraute,
- et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A détient au sein de la société civile immobilière (SCI) A et Chamayou 66 parts sociales en usufruit et 259 parts sociales en nue-propriété. Mme A détient dans cette même SCI 5 parts sociales en pleine propriété. Au cours des années 2015 et 2016, la SCI A et Chamayou a réalisé des travaux sur deux immeubles dont elle est propriétaire, le premier, situé 12 rue Gustave Eiffel à Albi étant un immeuble à usage exclusif de bureaux, et le second, situé 49 rue de Bitche à Albi, étant un immeuble à usage mixte. Après s'être fait communiquer l'ensemble des factures afférentes à ces travaux, l'administration fiscale, par une proposition de rectification du 8 août 2018, a indiqué à la SCI A et Chamayou qu'elle envisageait de rehausser ses revenus fonciers pour les années 2015 et 2016. Tirant les conséquences de la rectification notifiée à la SCI, elle a informé M. et Mme A, par une proposition de rectification du même jour, qu'elle entendait rehausser, dans la catégorie des revenus fonciers, leur base imposable à l'impôt sur le revenu et de contributions sociales en résultant. Le 22 octobre 2018, en réponse aux observations de M. et Mme A, l'administration fiscale a, concernant l'immeuble sis rue de Bitche, pris acte de l'acceptation par les intéressés de la rectification à hauteur de 400 euros, et a abandonné l'ensemble des autres rectifications. Concernant l'immeuble sis rue Gustave Eiffel, elle a partiellement maintenu les rectifications. Par un avis du 30 avril 2019, l'administration fiscale a mis en recouvrement les impositions supplémentaires mises à la charge de M. et Mme A pour un montant global, en droits et pénalités, de 4 921 euros au titre de l'année 2015 et de 0 euros au titre de l'année 2016, le résultat de la SCI, après rectification, demeurant déficitaire. La réclamation préalable formée par M. et Mme A le 21 octobre 2010 a été rejetée par décision du 7 avril 2021. Par leur requête, M. et Mme A demandent au tribunal la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires à d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016 pour un montant global restant en litige de 4 981 euros ainsi que la rectification des erreurs commises par l'administration dans la détermination des résultats de la SCI A et Chamayou pour les exercices clos les 30 juin 2015 et 30 juin 2016.
Sur les conclusions à fin de décharge et de correction des erreurs commises par l'administration dans la détermination des résultats de la SCI :
2. Aux termes de l'article 13 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige : " 1. Le bénéfice ou revenu imposable est constitué par l'excédent du produit brut, y compris la valeur des profits et avantages en nature, sur les dépenses effectuées en vue de l'acquisition et de la conservation du revenu. () ". Aux termes de l'article 28 du même code général : " Le revenu net foncier est égal à la différence entre le montant du revenu brut et le total des charges de la propriété. " Et aux termes de l'article 31 du même code : " I. Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : / 1° Pour les propriétés urbaines : / a) Les dépenses de réparation et d'entretien effectivement supportées par le propriétaire ; / () ; / b bis) Les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux professionnels et commerciaux destinées à protéger ces locaux des effets de l'amiante ou à faciliter l'accueil des handicapés, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement ; / () ".
3. Il résulte de ces dispositions que ne sont pas déductibles des revenus fonciers les travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement, de même que les travaux qui, bien que ne présentant pas ces caractères, et quelle que soit leur importance, sont eux-mêmes indissociables de travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement. Doivent être regardés comme des travaux de construction ou de reconstruction, au sens des dispositions précitées, les travaux qui comportent la création de nouveaux locaux d'habitation, notamment dans les locaux auparavant affectés à un autre usage, ainsi que les travaux ayant pour effet d'apporter une modification importante au gros œuvre de locaux d'habitation existants ou les travaux d'aménagement interne qui, par leur importance, équivalent à une reconstruction. Doivent être regardés comme des travaux d'agrandissement, au sens des mêmes dispositions, les travaux ayant pour effet d'accroître le volume ou la surface habitable de locaux existants. Il appartient au juge de faire la distinction entre les travaux d'amélioration et les travaux de construction, reconstruction, ou agrandissement et de statuer sur le caractère dissociable ou non dissociable de l'ensemble des travaux en litige.
4. Il résulte de ces mêmes dispositions que, pour les locaux qui ne sont pas à usage d'habitation, seules sont déductibles des revenus fonciers les dépenses correspondant à des travaux d'entretien et de réparation ou les dépenses d'amélioration destinées à protéger ces locaux des effets de l'amiante ou à faciliter l'accueil des handicapés. Ces travaux sont ceux qui ont pour objet de maintenir ou de remettre un immeuble en bon état et d'en permettre un usage normal sans en modifier la consistance, l'agencement ou l'équipement initial.
5. Dans tous les cas, il appartient au contribuable de justifier de la nature, du montant et du caractère déductible des dépenses qu'il entend porter en déduction de son revenu global. Il peut le faire par la production de tous documents à la condition, toutefois, que ces documents décrivent, avec une précision suffisante, la nature des travaux effectués. Dans l'hypothèse où le contribuable produit de tels documents, il incombe ensuite à l'administration fiscale, si elle s'y croit fondée, d'établir que les charges en cause ne sont pas déductibles.
6. Les requérants contestent la réintégration aux revenus fonciers de la SCI A et Chamayou au titre des exercices clos les 30 juin 2015 et 30 juin 2016 des sommes respectives de 12 543 euros et de 38 550 euros, correspondant à des dépenses de travaux réalisées sur des locaux à usage professionnel. Ils font valoir que ces travaux constituent, contrairement à ce qu'a estimé l'administration fiscale, des dépenses d'entretien et de réparation ou des dépenses d'amélioration destinées à faciliter l'accueil des handicapés, déductibles sur le fondement des dispositions précitées de l'article 31 du code général des impôts.
7. En premier lieu, il est constant que la SCI A et Chamayou a engagé des travaux sur l'immeuble sis 12 rue Gustave Eiffel à Albi afin de le rendre conforme avec les normes applicables en termes d'accueil des personnes à mobilité réduite. Elle a pour cela fait construire un élévateur, travaux qui ont été admis par l'administration fiscale comme ouvrant droit à déduction au titre des dépenses d'amélioration afférentes aux locaux professionnels et commerciaux destinés à faciliter l'accueil des handicapés. Demeurent en litige les travaux relatifs à la verrière qui a été construite concomitamment. Il résulte de l'instruction, notamment des factures produites au dossier parmi lesquelles ne figurent pas celles de la SARL Badorc, indiquées par l'ensemble des parties comme se rapportant aux peintures de la verrière, et de la SARL ADB, indiquées par l'ensemble des parties comme se rapportant à la création de faux plafonds dans la verrière, que la société VSM Sud Ouest a effectué des travaux de construction de la structure métallique de la verrière avec escalier hélicoïdal, que la société AB archiconcept a procédé au relevé de l'existant, à la réalisation de plans et à l'élaboration du dossier du permis de construire pour la création d'une verrière et l'agrandissement d'une ouverture, et que la société Fabre Menuiserie a fourni et posé des portes-fenêtres, habillé les embrasures et posé des caissons pour la verrière. Toutefois, même si les factures des sociétés VCM Sud Ooest et Fabre Menuiserie mentionnent ces travaux sous un intitulé " travaux de mise aux normes handicapés ", ces travaux, qui ont affecté le gros œuvre et la structure du bâtiment et ont également conduit à l'agrandissement de l'immeuble et à rendre indépendant ses deux niveaux présentent le caractère de dépenses de construction, reconstruction ou agrandissement, non déductibles, alors même qu'elles seraient rendues nécessaires par la rénovation ou la modernisation d'un immeuble ancien.
8. En second lieu, il résulte de l'instruction que la facture émise par l'entreprise Albert et Fils fait état de travaux portant sur la dalle sortie arrière, sur le plancher collaborant, sur le cheminement extérieur, sur la cour anglaise et relatifs également à l'agrandissement d'une couverture. M. et Mme A soutiennent que ces travaux constituent des dépenses de réparation consistant en la remise en état de l'entrée du site, qui n'avait jamais fait l'objet de travaux depuis sa construction en 1991. Toutefois, en l'absence de tout autre élément produit par les requérants, eu égard leur nature, ces travaux présentent le caractère de dépense d'amélioration, non déductibles.
9. Il résulte de tout ce qui précède qu'en décidant de réintégrer aux revenus fonciers la somme de 12 543 euros au titre de l'exercice clos le 30 juin 2015 et celle de 38 550 euros au titre de l'exercice clos le 30 juin 2016, l'administration fiscale a fait une exacte application des dispositions précitées de l'article 31 du code général des impôts. Par suite, les conclusions à fin de décharge doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en tout état de cause obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Mme D A et au directeur chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal Sud-Pyrénées.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Héry, présidente,
Mme Sarraute, première conseillère,
Mme Douteaud, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
La rapporteure,
N. SARRAUTELa présidente,
F. HÉRY
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026