mercredi 23 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2103486 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique cellule 7 |
| Avocat requérant | MOUTOUSSAMY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 juin 2021 et un mémoire enregistré le 8 novembre 2022, Mme B D E, représentée par Me Moutoussamy, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision du 22 mars 2021 par laquelle le département de l'Aveyron lui a notifiée une amende administrative d'un montant de 300 euros ;
2) d'annuler l'avis de sommes à payer émis par le département de l'Aveyron le 31 mars 2021 pour le recouvrement d'une amende administrative d'un montant de 300 euros ;
3) de la décharger de l'obligation de payer la somme de 300 euros ;
4) de lui accorder la remise partielle de sa dette à hauteur de 50 % ;
5) de mettre à la charge du département de l'Aveyron la somme de 600 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- le tribunal administratif est compétent en ce qui concerne les pénalités infligées par le président d'un conseil départemental et son recours n'est pas tardif ;
- l'avis de somme à payer est entaché d'un vice d'incompétence dès lors qu'il ne comporte pas la signature de son auteur ;
- l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales a été méconnu en l'absence de production du bordereau de titre de recette dûment signé ;
- elle est de bonne foi, ne sachant pas que les aides versées par la famille devaient être déclarées et n'a donc commis aucune fraude ; les erreurs ponctuelles liées au décalage de ses ressources ne sauraient être regardées comme volontaires ; il n'existe aucune case permettant à l'allocataire de déclarer le montant de son épargne ;
- le règlement départemental sur lequel est fondée l'amende administrative n'a pas été publié ni transmis au contrôle de légalité, il ne peut dès lors être opposable aux usagers ;
- elle bénéficie du droit à l'erreur.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 août 2021, le département de l'Aveyron conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, le tribunal administratif est incompétent pour connaître des demandes d'annulation d'acte de poursuite relatifs à une créance non fiscale d'une collectivité territoriale lorsque la demande conteste le bien-fondé de la créance ;
- à titre subsidiaire, le délai de contestation de la décision du 22 mars 2021 est forclos au 23 mai 2021, la requête datant du 10 juin 2021 est ainsi irrecevable ;
- la suspicion de fraude est fondée dès lors que les sommes non-déclarées d'un montant de 7 416 euros ont été omises de manière répétée et régulière par la requérante, laquelle ne pouvant ignorer ses obligations déclaratives ;
- le caractère frauduleux s'oppose à tout examen de remise de dette.
Mme D E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 25 % par une décision du 29 juin 2021.
Par un courrier du 28 octobre 2022, le tribunal a informé les parties qu'il était susceptible de relever d'office, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, l'irrecevabilité des conclusions de Mme D E tendant à ce que le tribunal lui accorde une remise partielle de sa dette, dès lors qu'aucune décision n'a été prise par l'administration sur une demande de sa part, en méconnaissance de l'article R. 421-1 du code de justice administrative qui dispose que " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ".
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020, portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. C de Hureaux pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. C de Hureaux a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D E était bénéficiaire du revenu de solidarité active (RSA). A l'issue d'un contrôle mené par le département de l'Aveyron, il a été établi que Mme D E n'avait pas déclaré des aides familiales et que son mari a également omis de déclarer des aides familiales et des salaires. Par suite, la CAF de l'Aveyron a notifié à Mme D E par courrier en date du 17 décembre 2020 un indu de RSA d'un montant de 3 694,15 euros au titre du RSA et de 180 euros au titre de l'allocation de logement familiale pour la période de décembre 2019 à novembre 2020, aujourd'hui soldé. Par courrier du 15 janvier 2021, le département de l'Aveyron a informé l'intéressée qu'il déclenchait une procédure d'amende administrative pour fraude et qu'une amende administrative de 300 euros allait être prononcée à son encontre. Par courriers des 20 et 22 janvier 2021, la requérante a formé un recours rejeté le 9 mars 2021. Par courrier du 22 mars 2021, une amende administrative de 300 euros lui a été notifiée. L'avis de somme à payer correspondant a été émis le 31 mars 2021. Mme D E demande au tribunal d'annuler ces deux dernières décisions.
Sur l'exception d'incompétence soulevée par le département de l'Aveyron :
2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " [] / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / [] / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. [] ". Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. (.) Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance (). " Il ressort de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales est de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.
3. Il résulte de l'instruction que Mme D E conteste le bien-fondé d'une décision de sanction administrative notifiée le 22 mars 2021 ainsi que de l'avis de sommes à payer émis le 31 mars 2021 qui en résulte, et demande l'annulation de ces deux décisions. Par suite, une telle demande, qui n'est pas relative à un acte de poursuite, relève de la compétence de la juridiction administrative. Il y a donc lieu d'écarter l'exception d'incompétence opposée par le département de l'Aveyron.
Sur la fin de non-recevoir opposée pour tardiveté de la requête :
4. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée (). " Aux termes de l'article 43 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020, portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " Sans préjudice de l'application de l'article 9-4 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée et du II de l'article 44 du présent décret, lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance ou d'appel, l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée ou déposée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai et si la demande en justice ou le recours est introduit dans un nouveau délai de même durée à compter : 1° De la notification de la décision d'admission provisoire ; 2° De la notification de la décision constatant la caducité de la demande ; 3° De la date à laquelle le demandeur de l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'admission ou de rejet de sa demande en application du premier alinéa de l'article 69 et de l'article 70 ou, en cas de recours de ce demandeur, de la date à laquelle la décision relative à ce recours lui a été notifiée ; 4° Ou, en cas d'admission, de la date, si elle est plus tardive, à laquelle un auxiliaire de justice a été désigné () ". Il ressort des dispositions précitées que la demande d'aide juridictionnelle interrompt le délai de recours contentieux, si elle est adressée au bureau d'aide juridictionnelle avant le terme de ce délai, lequel repart soit de la date à laquelle la décision du bureau est définitive, soit, si un avocat a été désigné, de la date de sa désignation.
5. Il résulte de l'instruction que Mme D E a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 1er avril 2021. Une telle demande doit être regardée comme interrompant les délais de recours contentieux contre la décision du 22 mars 2021 et le titre exécutoire émis le 31 mars 2021. La décision d'admission partielle de Mme D E à l'aide juridictionnelle a été prise le 29 juin 2021. Dans ces conditions, la requête, enregistrée par la greffe du tribunal administratif le 10 juin 2021, a été introduite dans le délai réglementaire posé par l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de rejeter la fin de non-recevoir pour tardiveté opposée par le département.
Sur le bien-fondé de l'amende administrative :
6. Aux termes de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles dispose que : " () L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de la solidarité active, dans des conditions fixées par un décret en Conseil d'État qui détermine notamment : 1° Les ressources ayant le caractère de revenus professionnels ou qui en tiennent lieu () ".
7. Aux termes de l'article L. 262-52 du code de l'action sociale et des familles : " La fausse déclaration ou l'omission délibérée de déclaration ayant abouti au versement indu du revenu de solidarité active est passible d'une amende administrative prononcée et recouvrée dans les conditions et les limites définies, en matière de prestations familiales, aux sixième, septième, neuvième et dixième alinéas du I, à la seconde phrase du onzième alinéa du I et au II de l'article L. 114-17 du code de la sécurité sociale. La décision est prise par le président du conseil départemental après avis de l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 262-39 du présent code. La juridiction compétente pour connaître des recours à l'encontre des contraintes délivrées par le président du conseil départemental est la juridiction administrative. () ".
8. En premier lieu, Mme D E conteste la qualification de caractère frauduleux de ses déclarations trimestrielles de revenus auprès de la caisse d'allocations familiales (CAF) de l'Aveyron, lesquelles sont à l'origine d'un indu de RSA d'un montant de 3 874,15 euros. A l'appui de ses allégations, elle soutient qu'elle ne savait pas, en toute bonne foi, que les pensions alimentaires versées par un parent devaient être déclarées en tant que ressources auprès de la caisse. Toutefois, il résulte du rapport du contrôleur assermenté, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que pour la période allant de décembre 2019 à novembre 2020, Mme D a non seulement omis de déclarer la totalité des pensions alimentaires qu'elle recevait, mais également une partie des salaires et revenus issus de la formation de son conjoint, M. D E, pour un montant global de 7 416 euros de revenus non-déclarés dont 5 072 euros d'aides familiales. Dans ces conditions, alors que Mme D E ne pouvait sérieusement ignorer ses obligations déclaratives, notamment au titre des salaires, envers les services de la caisse, il y a lieu de regarder ses omissions déclarations comme délibérément commises, revêtant ainsi le caractère de fausses déclarations. Elles justifient l'infliction d'une amende administrative, sur le fondement des dispositions précitées au point 7.
9. Aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. La sanction peut toutefois être prononcée, sans que la personne en cause ne soit invitée à régulariser sa situation, en cas de mauvaise foi ou de fraude (). "
10. En deuxième lieu, Mme D E fait valoir son droit à l'erreur, estimant avoir méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation, alors qu'elle a commencé à régulariser celle-ci immédiatement après que la CAF lui en a fait la demande. Toutefois, la bonne foi de Mme D E ne pouvant être retenue eu égard au caractère frauduleux de ses déclarations, les dispositions susmentionnées font obstacles à ce que puisse être appliqué le droit à l'erreur.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme D E tendant à l'annulation de l'amende administrative mise à sa charge le 22 mars 2021 doivent être rejetées.
Sur la régularité de l'avis de sommes à payer:
12. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable au litige : " 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / Toutefois, l'introduction devant une juridiction de l'instance ayant pour objet de contester le bien-fondé d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local suspend la force exécutoire du titre. / 2° L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. () 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. L'envoi sous pli simple ou par voie électronique au redevable de cette ampliation à l'adresse qu'il a lui-même fait connaître à la collectivité territoriale, à l'établissement public local ou au comptable public compétent vaut notification de ladite ampliation. Lorsque le redevable n'a pas effectué le versement qui lui était demandé à la date limite de paiement, le comptable public compétent lui adresse une mise en demeure de payer avant la notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais. / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. () ".
13. Il résulte des dispositions cités au point 2, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif doivent mentionner les nom, prénoms et qualité de l'auteur de cette décision, au sens des dispositions de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, de même, par voie de conséquence, que l'ampliation adressée au redevable, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de cet auteur. Lorsque le bordereau est signé non par l'ordonnateur lui-même mais par une personne ayant reçu de lui une délégation de compétence ou de signature, ce sont, dès lors, les noms, prénoms et qualité de cette personne qui doivent être mentionnés sur le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif, de même que sur l'ampliation adressée au redevable.
14. L'avis de sommes à payer du 31 mars 2021 a été signé par M. Jean-François Galliard, président du conseil départemental de l'Aveyron. Toutefois, le département ne produit pas au dossier le bordereau de titre de recettes signé, comme il lui a été demandé. Dans ces conditions, Mme D E est fondée à soutenir, pour ce seul motif, que le titre de recettes en litige est irrégulier en la forme et doit être annulé.
Sur les conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme de 300 euros :
15. L'annulation de l'avis de sommes à payer implique nécessairement que Mme D E soit déchargée de l'obligation de payer la somme de 300 euros qui en résulte. Toutefois, le département de l'Aveyron peut, s'il s'y croit fondé, émettre un nouveau titre de recettes, dûment signé.
Sur les conclusions tendant à la remise de dette :
16. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration. () ". Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision () ".
17. Ainsi qu'il a été au point 8 de la présente décision, la bonne foi de Mme D E ne peut être retenue. Dès lors, les dispositions précitées de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles font obstacle à toute remise de dette. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que Mme D E aurait saisi le département d'une telle demande, préalablement à l'introduction de son recours. Par suite, en l'absence de décision prise par l'administration, les conclusions susvisées nez peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de frais de procès :
18. Mme D E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 25 %. Toutefois, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département de l'Aveyron, qui n'est pas la partie perdante au principal dans la présente instance, la somme que demande Mme D E à ce titre et sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 2991. Les conclusions présentées à ce titre doivent donc être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'avis de sommes à payer émis par le département de l'Aveyron le 31 mars 2021 est annulé.
Article 2 : Mme D E est déchargée de l'obligation de payer la somme de 300 euros qui résulte du titre exécutoire émis le 31 mars 2021.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme B D E et au département de l'Aveyron.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2022.
Le magistrat désigné,
Alain C de Hureaux Le greffier,
André Siret
La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
No 2103486
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026