mardi 28 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2103730 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP DEGIOANNI PONTACQ GUY-FAVIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 22 juin et 26 janvier 2023, M. C H, Mme D H, M. E H et M. A H, représentés par la SCP Degionni Pontacq Guy-Favier, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision du 12 janvier 2021 par laquelle le département de l'Ariège a refusé de délivrer à M. G une permission de voirie afin de créer un accès à la route départementale n° 618 au droit des parcelles cadastrées section A n° 957 et 958, du PR 81+0943 au PR 81+0950 sur le territoire de la commune de Surba ;
2°) d'enjoindre au département de l'Ariège d'autoriser un accès direct à la route départementale n° 618 depuis la parcelle section A n°958 située sur la commune de Surba ;
3°) de mettre à la charge du département de l'Ariège la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils disposent d'un intérêt à agir contre la décision du 12 janvier 2021 dès lors que les époux H ont consenti par acte du 8 septembre 2017 la donation de la nue-propriété de leur habitation cadastrée A 943 à leurs enfants ; le sort de leur action devant le tribunal judiciaire de Foix afin d'obtenir la suppression de la servitude grevant leur parcelle est liée au jugement à intervenir ; la décision de refus d'accorder une permission de voirie conduit au maintien de la servitude de passage qui constitue une atteinte à leur droit de propriété ; la décision attaquée fait grief aux requérants eu égard à ses effets conduisant nécessairement au maintien de la servitude de passage ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation ; la direction départementale de l'équipement (DDE) a rendu un avis favorable à la création de l'accès projeté ; l'accès projeté n'est pas de nature à porter atteinte à la sécurité routière ; il ne se situe pas sur un mur de soutènement ; il n'existe pas de défaut de visibilité en amont ou en aval ; l'accès peut être envisagé sur différents points le long de la parcelle n° 958 qui longe la route départementale n° 618.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2022, le département de l'Ariège conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable faute pour les requérants de présenter un intérêt leur donnant qualité à agir ;
- les moyens soulevés par les consorts H ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la voirie routière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Biscarel,
- et les conclusions de Mme Nègre-Le Guillou, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme H ont acquis le 18 décembre 2002 une construction à usage d'habitation située sur la commune de Surba (Ariège) cadastrée Section A numéro 943 Lieudit " La Forge ". Les propriétaires de la parcelle voisine cadastrée 957 ont revendiqué l'existence d'une servitude de passage grevant la parcelle de M. et Mme H. Par un arrêt du 4 août 2008, la cour d'appel de Toulouse a confirmé le jugement du tribunal de grande instance de Foix qui a constaté que le fond cadastré section A 957 est enclavé et a fixé, en conséquent, une servitude de passage tant à pieds que pour tous véhicules, sur le fonds cadastré A 943 appartenant à M. et Mme H. Le 6 octobre 2020, M. H a mis en demeure M. G de renoncer à l'existence de cette servitude. Suite à cette mise en demeure restée sans effet, le requérant a saisi le tribunal judiciaire de Foix. M. G, pour refuser de faire cesser la servitude de passage, se prévaut de la décision du 12 janvier 2021 par laquelle le département de l'Ariège a refusé de lui délivrer une permission de voirie l'autorisant à accéder directement à la route départementale 618 depuis ses parcelles 957 et 958. Par la présente requête, les consorts H demandent au tribunal d'annuler cette décision du 12 janvier 2021.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 113-2 du code de la voirie routière : " () l'occupation du domaine public routier n'est autorisée que si elle a fait l'objet, soit d'une permission de voirie dans le cas où elle donne lieu à emprise, soit d'un permis de stationnement dans les autres cas. Ces autorisations sont délivrées à titre précaire et révocable ". Aux termes de l'article L. 3221-4 du code général des collectivités territoriales : " Le président du conseil départemental gère le domaine du département. A ce titre, il exerce les pouvoirs de police afférents à cette gestion, notamment en ce qui concerne la circulation sur ce domaine () ".
3. Sauf dispositions législatives contraires, les riverains d'une voie publique ont le droit d'accéder librement à leur propriété et, notamment, d'entrer et de sortir des immeubles à pied ou avec un véhicule. Dans le cas d'une voie départementale, le président du conseil départemental ne peut refuser d'accorder un tel accès, qui constitue un accessoire du droit de propriété, que pour des motifs tirés de la conservation et de la protection du domaine public ou de la sécurité de la circulation sur la voie publique.
4. Il résulte des termes mêmes de la décision attaquée que le département de l'Ariège fonde son refus de délivrer à M. G une permission de voirie permettant un accès depuis sa parcelle à la route départementale 648, d'une part, sur le défaut de visibilité en aval, d'autre part, sur l'atteinte portée à la sécurité routière en ce qu'il se situerait sur un mur de soutènement qu'il déstabiliserait.
5. S'agissant du premier motif, il ressort tout d'abord des pièces du dossier que l'accès à la route départementale 648 sollicité par M. G, situé à l'extrémité nord-est de sa propriété et en bordure de la parcelle de M.et Mme H est situé sur une partie du terrain où le dénivelé entre le terrain de la propriété de M. G et la route départementale 648 est important. En outre, cet accès se situe à proximité d'un écran végétal et à l'emplacement d'un poteau téléphonique. D'ailleurs, à cet égard, la Cour d'appel de Toulouse a relevé, dans son arrêt du 4 août 2008, qu'en ce qui concerne le passage allégué dans l'angle Nord-Est, le transport sur les lieux révèle que la route se situe en surplomb de la propriété de M. G, d'environ 1m50, que la bande de terre existant entre cette propriété et la route est en forte déclivité et qu'aucun aménagement actuel ou passé ne montre qu'il y a eu un passage à cet endroit, de sorte qu'il y aurait lieu de faire procéder à des travaux d'un coût nécessairement élevé pour rendre cet accès praticable. Si M. H produit un procès-verbal de constat daté du 17 juin 2021 duquel il ressort qu'il existe " une vision suffisante pour appréhender l'arrivée d'un véhicule " venant de la droite et de la gauche, cette seule pièce n'est pas de nature à établir que l'accès sollicité par M. G à la route départementale 648 ne serait pas dangereux. En outre, à supposer que d'autres points d'accès pourraient être envisagés, il n'est pas démontré, alors que la cour d'appel de Toulouse a relevé que " les observations précédemment faites sur les difficultés de sortie sur la route départementale par le côté Nord-Ouest " étaient valables pour le côté Nord-Est, qu'ils ne présenteraient pas également une dangerosité. A ce titre, les consorts H ne sauraient utilement se prévaloir d'un courrier du 3 septembre 2020 de la direction des routes départementale de l'Ariège indiquant que " un accès pourrait être autorisé à cet endroit [depuis la parcelle cadastrée n°957], en respectant les prescriptions techniques imposées par le règlement de voirie départementale. De même un autre accès pourrait être défini en utilisant le chemin rural qui jouxte ladite parcelle () Compte tenu que le terrain est situé en agglomération, les demandeurs devront saisir la mairie pour obtenir un accord ", alors que ce courrier est rédigé au conditionnel et que la condition tirée de l'obtention de l'avis favorable du maire n'a pas été remplie. Par suite, le président du conseil départemental n'a pas commis d'erreur d'appréciation en refusant de délivrer la permission de voirie demandée par M. G au motif de la dangerosité de l'accès compte tenu du défaut de visibilité en aval.
6. S'agissant du second motif, il ressort des pièces du dossier et notamment de la note du 8 janvier 2021 du chef de district de Foix Haute-Ariège que l'accès projeté à la route départementale 648 se situerait sur un mur de soutènement de la route. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le mur de soutènement, construit en lieu et place d'une haie, se situe à 3,20 mètres de la route départementale 648. Le département de l'Ariège n'apporte pas d'éléments permettant d'apprécier le bien-fondé de ce motif. Par suite, il y lieu de neutraliser le motif tiré de la déstabilisation du mur de soutènement étant précisé que le requérant n'est privé d'aucune garantie dès lors que le premier motif opposé par le département de l'Ariège dans sa décision du 12 janvier 2021 suffit, à lui seul, à fonder la décision attaquée.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer la fin de non-recevoir opposée en défense, que les consorts H ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision du 12 janvier 2021. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département de l'Ariège qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par les consorts H, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des consorts H est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C H, représentant unique des requérants en application de l'article R. 751-3 du code de justice administrative et au département de l'Ariège.
Copie en sera adressée à M. B G.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Molina-Andréo, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2024.
La rapporteure,
B. BISCAREL
La présidente,
B. MOLINA-ANDRÉO La greffière,
M. F
La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2616122
Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du préfet de police du 7 mai 2026 refusant un titre de séjour à M. C..., ressortissant tunisien. Concernant l'obligation de quitter le territoire français, le juge a rappelé que cette décision bénéficie d'un effet suspensif automatique en cas de recours au fond, rendant la demande de suspension sans objet et irrecevable. Pour le refus de séjour, le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie, le requérant n'apportant pas la preuve de conséquences d'une exceptionnelle gravité. La requête a été rejetée sur le fondement des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2616131
Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du préfet de police refusant la délivrance d'un titre de séjour "recherche d'emploi/création d'entreprise" à M. B..., ressortissant géorgien. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car le requérant ne pouvait pas se prévaloir de la présomption d'urgence applicable aux refus de renouvellement de titre de séjour, sa demande portant sur un titre différent de son précédent statut d'étudiant. Les éléments avancés, tels qu'une promesse d'embauche ou le risque général d'éloignement, n'ont pas été jugés suffisants pour caractériser une atteinte grave et immédiate à sa situation.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2616594
Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B... qui demandait l'arrêt du scrutin des élections des conseillers des Français de l'étranger en Irlande. La requérante invoquait une atteinte grave à la sincérité du scrutin en raison de la radiation d'une candidate et de l'envoi d'identifiants de vote à des électeurs radiés. Le juge a estimé que la contestation des inscriptions ou radiations sur les listes électorales ne relève pas de sa compétence, en l'absence de manœuvres avérées, et a renvoyé la requérante à saisir le juge de l'élection. La solution retenue est un rejet pour incompétence de la juridiction administrative, en application des articles L. 521-2 et L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2616614
Le Tribunal Administratif de Paris, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B... qui demandait la cessation de troubles l'empêchant d'exercer ses libertés fondamentales et son accès au service public. Le requérant invoquait l'absence de réponse de la Défenseure des droits et du garde des sceaux à ses demandes. Le juge a estimé que M. B... ne justifiait pas d'une urgence caractérisée rendant nécessaire une intervention à très bref délai. En conséquence, la requête a été rejetée comme manifestement mal fondée, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026