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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2616122

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2616122

lundi 1 juin 2026

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2616122
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Paris, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du préfet de police du 7 mai 2026 refusant un titre de séjour à M. C..., ressortissant tunisien. Concernant l'obligation de quitter le territoire français, le juge a rappelé que cette décision bénéficie d'un effet suspensif automatique en cas de recours au fond, rendant la demande de suspension sans objet et irrecevable. Pour le refus de séjour, le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie, le requérant n'apportant pas la preuve de conséquences d'une exceptionnelle gravité. La requête a été rejetée sur le fondement des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 mai 2026, M. A... C... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l’exécution de l’arrêté du 7 mai 2026 par lequel le préfet de police a rejeté sa demande de titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans.

Il soutient que :

Sur l’urgence :
- l’urgence est caractérisée dès lors que l’exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français aurait des conséquences d’une exceptionnelle gravité sur le plan familial, professionnel et judiciaire ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté attaqué :
- l’arrêté attaqué est entaché d’un défaut d’examen particulier, d’une méconnaissance de l’avis favorable de la commission du titre de séjour, d’une d’erreur manifeste d’appréciation et d’une méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Vu :
- la requête enregistrée le 24 mai 2026 sous le n° 2616120 par laquelle M. C... demande l’annulation de l’arrêté attaqué ;
- les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B..., pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. M. C..., ressortissant tunisien né le 9 mai 1983, a sollicité le renouvellement d’un titre de séjour le 26 mai 2025, sur le fondement de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par un arrêté du 7 mai 2026, le préfet de police a rejeté sa demande de titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Par la présente requête, M. C... demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de cet arrêté.

Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. (…) ». Aux termes de l’article L. 522 3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci (…) est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522 1 ».

En ce qui concerne la demande de suspension de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français :

3. Aux termes de l’article L. 722-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi ».

4. Le contentieux relatif aux obligations de quitter le territoire français est régi par les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile qui organisent une procédure particulière de contestation se traduisant notamment par le caractère non exécutoire de ces mesures pendant le délai de recours et par l’effet suspensif attaché à la demande formée devant le tribunal administratif jusqu’à ce que le président du tribunal ou son délégué ait statué. Par ces dispositions, le législateur a entendu déterminer l’ensemble des règles de procédure contentieuse régissant la contestation devant la juridiction administrative des décisions faisant obligation à un étranger de quitter le territoire français qui ne sont, par suite, pas justiciables de la procédure instituée par l’article L. 521-1 du code de justice administrative devant le juge des référés du tribunal administratif.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de suspension de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français sont dépourvues d’objet, et doivent être rejetées comme irrecevables.

En ce qui concerne la demande de suspension de la décision portant refus de séjour :

6. Aux termes de l’article L. 425-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an (…). »

7. Pour caractériser l’existence d’une urgence, M. C... soutient que la décision contestée refusant le renouvellement de son titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale » le place dans l’impossibilité de suivre une procédure judiciaire en cours alors qu’il a fait appel le 2 février 2026 d’un jugement du tribunal judiciaire de Paris et que cette décision fait obstacle à la poursuite de son activité professionnelle en qualité d’auto-entrepreneur et porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Toutefois, d’une part, l’intéressé, qui n’a introduit sa demande de renouvellement d’un titre de séjour expiré le 1er février 2025, que le 26 mai 2025, ne peut se prévaloir de la présomption d’urgence qui s’attache au renouvellement des titres de séjour, et d’autre part, n’établit pas que la décision attaquée, qui n’a pas pour effet de l’éloigner du territoire français, rendrait impossible la poursuite de son activité professionnelle et n’établit pas davantage, par les pièces qu’il produit, être empêché de mener une vie privée et familiale normale. Enfin, la circonstance que le requérant soit exposé à un risque d’éloignement du territoire français, qu’il pourrait d’ailleurs contester dans le cadre d’un recours suspensif ainsi qu’il a été dit plus haut, ne suffit pas à caractériser une situation d’urgence. Il s’ensuit que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme satisfaite en l’espèce.

8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, que la requête de M. C... doit être rejetée en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C....


Fait à Paris, le 1er juin 2026.


Le juge des référés,

signé

V. B...


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

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