LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2103786

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2103786

jeudi 14 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2103786
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantJM. PANFILI AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire et un mémoire en réplique enregistrés respectivement les 24 juin 2021 et 16 janvier 2022, Mme A C, représentée par Me Panfili, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision la décision implicite par laquelle le centre hospitalier de Caussade a refusé de faire droits aux demandes formulées dans sa réclamation préalable du 30 mars 2021 ;

2°) de condamner le centre hospitalier de Caussade à lui verser la somme globale de 30 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis ;

3°) d'enjoindre au centre hospitalier de Caussade de l'indemniser à hauteur des frais qu'elle a acquittés au titre des soins consécutifs à l'accident de travail survenu le et de lui verser le salaire du 3ème mois après la fin de son contrat ;

4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Caussade la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'administration a commis des fautes de nature à engager sa responsabilité ; elle a en effet été victime d'un harcèlement moral et le centre hospitalier a manqué à son obligation de sécurité ; le non renouvellement de son contrat de travail est entaché d'un vice de procédure, d'une erreur de droit et d'un détournement de pouvoir ; il constitue une sanction déguisée ;

- le préjudice moral et les troubles dans les conditions d'existence en ayant résulté doivent être réparés à hauteur de 20 000 euros ;

- le préjudice résultant de sa perte d'emploi sans possibilité de s'y préparer doit être évalué à 10 000 euros.

Par deux mémoires en défense enregistrés le 7 septembre 2021 et le 28 février 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, le centre hospitalier de Caussade, représenté par Me Lagorce-Billiaud, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- il n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité ;

- la réalité des préjudices allégués n'est pas démontrée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Péan,

- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique,

- et les observations Me Panfili, représentant Mme C, et de Me Lagorce, représentant le centre hospitalier de Caussade

Considérant ce qui suit :

1. Mme C a été recrutée par le centre hospitalier de Caussade et affectée au sein du service des ressources humaines à compter du 1er février 2018 sous couvert d'un contrat à durée déterminée, renouvelé de manière continue jusqu'au 31 mars 2021. Par une lettre du 18 décembre 2020, elle a transmis à son employeur une déclaration d'accident de travail relative à des troubles psychologiques consécutifs à une réunion de service ayant eu lieu le 26 novembre 2020 avec la directrice de l'établissement, la directrice adjointe des ressources humaines, la responsable RH ainsi que les trois autres gestionnaires RH. Puis, le 30 mars 2021, elle a adressé à cet établissement une réclamation préalable tendant au versement de la somme totale de 30 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estimait avoir subis du fait de divers agissements fautifs du centre hospitalier, des frais acquittés au titre des soins nécessités par son état de santé et de l'absence de versement de son salaire sur la période du 7 février 2021 au 31 mars 2021. Mme C demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le centre hospitalier sur sa réclamation préalable ainsi que la condamnation de celui-ci à lui verser une somme de 30 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de rejet sa demande préalable :

2. La décision implicite par laquelle le centre hospitalier de Caussade a rejeté la demande préalable de Mme C a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de ses demandes, l'intéressée, en formulant les conclusions tendant à la réparation de ses préjudices, ayant donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation ne peuvent qu'être rejetées.

Sur la responsabilité du centre hospitalier de Caussade

3. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors applicable aux agents contractuels en vertu du décret

n° 2016-1156 du 24 août 2016 : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la formation, la notation, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération : 1° Le fait qu'il ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa ; () ".

4. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

5. Mme C soutient tout d'abord que ses conditions de travail se sont dégradées à compter du départ de la précédente responsable des ressources humaines et que l'absence de responsable dans le service pendant plusieurs mois, en période de crise sanitaire, a mis en difficulté les agents y travaillant. Toutefois, il résulte de l'instruction que si ce service a effectivement été dépourvu de responsable des ressources humaines au cours du premier confinement, alors que la gestion de cette crise a entrainé un surcroit de travail, cette absence a été palliée notamment par la présence sur le site de la directrice adjointe des ressources humaines de l'établissement, devenue l'interlocutrice des agents de ce service pendant cette période, et par la désignation de la responsable des admissions en qualité de régulatrice chargée de centraliser les demandes adressées au service. Une nouvelle responsable des ressources humaines, Mme B, a par ailleurs été recrutée dès le mois de juin 2020, soit à l'issue du premier confinement. Si la requérante fait état d'un manque de communication sur la gestion de situations complexes, il résulte des échanges de mails produits en défense que des réponses ont été apportées à ses interrogations concernant notamment les notations, la gestion des comptes épargne temps ou encore la gestion des arrêts de travail en période de crise sanitaire, des formations lui ayant en outre été accordées.

6. Mme C se prévaut ensuite d'une surcharge de travail et fait notamment valoir que les missions qui lui ont été confiées ne correspondent pas à celles normalement attendues d'une gestionnaire des ressources humaines. Toutefois, outre que les missions définies dans sa fiche poste sont parfaitement conformes à celles normalement confiées à un agent gestionnaire des ressources humaines, telles qu'elles sont notamment énumérées dans la fiche de poste type " gestionnaire des ressources humaines " qu'elle produit, établie par l'association nationale pour la formation permanente du personnel hospitalier (ANFH) pour un poste correspondant à son grade, il ne résulte pas de l'instruction qu'il lui aurait été demandé de prendre en charge des missions qui, ne figurant pas sur sa fiche de poste, se rapporteraient à un emploi d'" encadrant gestion des ressources humaines ".

7.Mme C soutient enfin que des propos dégradants, infantilisants et insultants ont été tenus par sa hiérarchie au cours d'une réunion tenue le 26 novembre 2020 et que les conditions dans lesquelles elle exerce son activité professionnelle ont porté une atteinte grave à sa santé. Les attestations produites, émanant de collègues de travail ou de tierces personnes au service, ainsi que les extraits d'une expertise réalisée sur les risques psycho sociaux, qui font état de manière générale de difficultés relationnelles et de pressions managériales au sein de l'établissement, ayant donné lieu à des mouvements sociaux, ne se rapportent toutefois pas précisément à ses conditions personnelles de travail. Quant à la réunion de travail du 26 novembre 2020 et aux conditions de travail dans le service des ressources humaines, il résulte de l'instruction qu'à la suite de sa prise de poste, au mois de juin 2020, la nouvelle responsable a relevé plusieurs spécificités de ce service, s'agissant notamment de l'absence de spécialisation des trois gestionnaires, de leur connaissance approximative de la règlementation dont elles devaient faire application, et de la réalisation systématique à trois des tâches confiées. Une réunion a été organisée le 5 novembre 2020 par la responsable du service avec les quatre gestionnaires RH, en présence de la directrice adjointe de l'établissement, afin de faire le point sur le fonctionnement du service et de proposer une réorganisation s'articulant notamment autour d'un travail en binôme, compte tenu de l'arrivée d'une quatrième gestionnaire RH au mois d'août 2020, et de la mise en place de réunions bi mensuelles afin d'accompagner ce changement. Une seconde réunion a été organisée le 26 novembre 2020, en présence cette fois de la directrice de l'établissement, au cours de laquelle les propos échangés ont été enregistrés par les gestionnaires RH, à l'insu de la responsable du service et de la directrice de l'établissement. Il ressort de ces enregistrements, dont la teneur a pu être débattue contradictoirement dans le cadre de la présente instance, que la directrice a certes eu un comportement maladroit et tenu des propos inappropriés à l'encontre des gestionnaires RH. Il ne résulte cependant pas de l'instruction que cet incident n'aurait pas eu un caractère isolé et se serait inscrit dans le cadre d'une succession d'agissements similaires, imputables à la même auteure.

8. Il résulte de ce qui a été dit aux points 5 à 7, que la hiérarchie de Mme C a pris des mesures adaptées afin de permettre aux gestionnaires RH de gérer les difficultés suscitées par la crise sanitaire, et notamment la charge de travail en ayant résulté, dans un contexte de réorganisation des hôpitaux de Caussade et de Nègrepelisse en direction commune et de forte contrainte financière, et que les modalités de fonctionnement du service, la mise en œuvre de sa réorganisation, et les conditions de travail en son sein, alors même qu'elles ont pu traduire certaines difficultés ou défaillances rencontrées par sa responsable, ne sont pas de nature à faire présumer l'existence d'un harcèlement moral dont Mme C aurait été la victime. Celle-ci n'est par suite pas fondée à soutenir que la responsabilité pour faute du centre hospitalier de Caussade devrait être engagée à raison de faits constitutifs de harcèlement moral ou d'une carence dans son devoir de protection.

9. En deuxième lieu, Mme C fait valoir que le centre hospitalier a manqué à son obligation de sécurité eu égard aux agissements de harcèlement moral dont elle a été victime et qu'il n'a pas pris les mesures nécessaires pour assurer sa sécurité et protéger sa santé physique et mentale, notamment par la mise en œuvre de moyens adaptés afin de limiter l'impact sur sa santé des changements dans l'organisation du service. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit aux points 5 à 7, l'intéressée n'établissant ni même n'alléguant qu'elle aurait sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle, elle n'est pas fondée à soutenir que la responsabilité du centre hospitalier de Caussade serait engagée en raison d'un manquement à une obligation de sécurité.

10. En troisième lieu, Mme C fait valoir que le centre hospitalier de Caussade a commis une faute en s'abstenant de renouveler son contrat. Elle soutient à cet égard que le refus de renouvellement de son contrat est entaché d'un vice de procédure, d'une erreur de droit et de détournement de pouvoir, et constitue une sanction déguisée et elle se prévaut, pour l'établir, des mêmes arguments que ceux énoncés aux points 5 à 9. Pour les motifs exposés plus haut, ces moyens ne oeuvent être accueillis et l'intéressée n'est par suite pas fondée à soutenir que la responsabilité du centre hospitalier de Caussade devrait être engagée en raison du non renouvellement de son contrat.

11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

Sur les frais liés au litige :

12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y pas lieu de faire droit aux conclusions des parties présentées sur le fondement des dispositions L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Caussade au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au centre hospitalier de Caussade.

Délibéré après l'audience du 30 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Cherrier, présidente,

Mme Jorda, conseillère,

Mme Péan, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2023.

La rapporteure,

C. PEANLa présidente,

S. CHERRIER

La greffière,

F. DEGLOS

La République mande et ordonne au préfet du Tarn-et-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions