LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2103949

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2103949

mardi 16 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2103949
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSCP LONQUEUE - SAGALOVITSCH - EGLIE-RICHTERS ET ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 1er juillet 2021, 23 février et 5 mai 2022, M. A B, représenté par Me Lapuelle, demande au tribunal :

1°) de condamner Toulouse Métropole à lui verser une somme correspondant à l'ensemble des préjudices subis, somme à parfaire et majorée des intérêts de droit à compter du 3 mars 2021 avec capitalisation ;

2°) de mettre à la charge de Toulouse Métropole le versement de la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le contentieux est lié ;

- s'agissant de la période comprise entre le 15 décembre 2013 et le 14 juin 2015, Toulouse Métropole a commis une faute en ne cherchant pas à l'affecter ou à le réintégrer malgré l'avis du comité médical, et en le maintenant en disponibilité d'office pour raison de santé ;

- s'agissant de la période postérieure au 14 juin 2015, Toulouse Métropole a commis une faute en ne le plaçant pas dans une position régulière ;

- ses préjudices sont évolutifs ;

- il justifie d'un préjudice financier, d'un préjudice de carrière, de troubles dans ses conditions d'existence et d'un préjudice moral ;

- il a droit à la prise en charge de ses frais d'avocats exposés au stade de son recours préalable indemnitaire, en application de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- il a droit au paiement des intérêts au taux légal à compter de la réception de sa réclamation par Toulouse Métropole ;

- il existe un lien de causalité direct et certain entre le fait générateur de responsabilité invoqué et l'ensemble de ses préjudices.

Par des mémoires, enregistrés les 25 octobre 2021 et 29 mars 2022, Toulouse Métropole, représentée par Me Lonqueue, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 4 000 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la demande de M. B est irrecevable en tant qu'elle concerne la période antérieure au 15 juin 2015, compte tenu de l'autorité de chose jugée qui s'attache au jugement du tribunal n° 1505027 du 18 mai 2018, confirmé par un arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux n° 18BX02844 du 8 octobre 2020 ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par une ordonnance du 11 mai 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 mai suivant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 85-1054 du 30 septembre 1985 ;

- le décret n° 86-68 du 13 janvier 1986 ;

- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Frindel ;

- les conclusions de M. Leymarie, rapporteur public ;

- et les observations de Me Foucard, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, adjoint des services techniques, employé par la commune de Toulouse du 1er octobre 2005 au 20 décembre 2008, puis par Toulouse Métropole depuis cette date, a été placé en position de congé de maladie de longue durée du 15 décembre 2008 au 14 décembre 2013, date à laquelle il a épuisé ses droits à congé. A la suite de la séance du 4 décembre 2013, le comité médical départemental a émis un avis favorable à la reprise par M. B de ses fonctions à temps partiel thérapeutique du 15 décembre 2013 au 16 juin 2014. Dans l'attente d'un repositionnement professionnel demandé par le médecin du travail, le président de Toulouse Métropole, par un arrêté du 13 juin 2014, a placé M. B en position de disponibilité d'office pour maladie avec effet au 15 décembre 2013. Après un avis favorable rendu par le comité médical le 6 mai 2015, et par un arrêté du 30 juin 2015, il a été placé en position de disponibilité d'office pour maladie du 15 décembre 2013 au 14 juin 2015. Par un jugement n° 1505027 du 18 mai 2018, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté la demande de l'intéressé tendant notamment à l'annulation des arrêtés des 13 juin 2014 et 30 juin 2015 et à la condamnation de Toulouse Métropole au versement d'une indemnité de 36 538 euros en réparation des préjudices subis. Par un arrêt n° 18BX02844 du 8 octobre 2020, la cour administrative d'appel de Bordeaux a rejeté l'appel interjeté par M. B contre ce jugement. Par un courrier du 19 février 2021, reçu le 3 mars suivant, le requérant a adressé à Toulouse Métropole une demande indemnitaire préalable, qui a été implicitement rejetée. Par la présente requête, il demande au tribunal de condamner Toulouse Métropole à l'indemniser des préjudices résultant de l'irrégularité de sa situation administrative, d'une part, pour la période comprise entre le 15 décembre 2013 et le 14 juin 2015 et, d'autre part, pour la période postérieure à cette date.

Sur les conclusions indemnitaires relatives à la période comprise entre le 15 décembre 2013 et le 14 juin 2015 :

2. Des demandes d'indemnisation des préjudices causés par un même événement relèvent d'une même cause juridique si elles sont fondées sur une faute que l'administration aurait commise. Ainsi, l'autorité relative de la chose jugée attachée à un jugement rejetant définitivement au fond une demande indemnitaire présentée sur le terrain de la responsabilité pour faute d'une personne publique s'oppose à ce que le requérant puisse introduire une nouvelle action en responsabilité à l'encontre de cette personne publique en vue d'obtenir la réparation des mêmes préjudices dès lors qu'il invoque une faute de cette personne. Ne sont toutefois pas couvertes par l'autorité de chose jugée les demandes tendant à la réparation de dommages qui, tout en étant causés par le même fait générateur, sont nés, ou se sont aggravés, ou ont été révélés dans toute leur ampleur postérieurement à la première décision administrative ayant rejeté sa réclamation.

3. Il résulte de l'instruction que par un jugement n° 1505027 du 18 mai 2018 du tribunal administratif de Toulouse, confirmé par un arrêt n° 18BX02844 du 8 octobre 2020 de la cour administrative d'appel de Bordeaux, devenus définitifs, les conclusions indemnitaires présentées par M. B tendant à la réparation des préjudices résultant de son placement en disponibilité d'office pour maladie pour la période comprise entre le 15 décembre 2013 et le 14 juin 2015 ont été rejetées, en l'absence d'illégalité fautive de l'arrêté du 30 juin 2015 le plaçant dans cette position. En particulier, il résulte des motifs de l'arrêt du 8 octobre 2020, qui constituent le soutien nécessaire de son dispositif, que Toulouse Métropole n'a pas manqué à ses obligations en matière de reclassement et que le placement de M. B en disponibilité d'office était légal, dans l'attente de l'avis du comité médical supérieur, dès lors qu'il avait épuisé ses droits à congé et ne pouvait être reclassé immédiatement. Les conclusions indemnitaires présentées par le requérant dans la présente instance, en tant qu'elles tendent à la réparation des préjudices résultant de l'irrégularité alléguée de sa situation pour la période comprise entre le 15 décembre 2013 et le 14 juin 2015, relèvent de la même cause juridique que celles qui ont été rejetées en dernier lieu par la cour administrative d'appel de Bordeaux dans son arrêt précité. Par ailleurs, les préjudices invoqués par le requérant dans la présente instance au titre de cette même période, à savoir son préjudice matériel, la minoration de sa pension de retraite, son préjudice de carrière, son préjudice moral et les troubles dans ses conditions d'existence, étaient déjà constitués et connus dans toute leur ampleur à la date des décisions juridictionnelles précitées, et ils ne se sont pas aggravés depuis. Dès lors, l'autorité relative de la chose jugée, résultant de la triple identité de parties, d'objet et de cause, s'oppose à ce que M. B puisse introduire une nouvelle action en responsabilité en vue d'obtenir la réparation des préjudices résultant de son placement en disponibilité d'office pour la période comprise entre le 15 décembre 2013 et le 14 juin 2015.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par Toulouse Métropole tirée de l'autorité de chose jugée pour la période précitée.

Sur les conclusions indemnitaires relatives à la période postérieure au 14 juin 2015 :

En ce qui concerne les fautes alléguées :

5. Aux termes de l'article 72 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors en vigueur, repris aux articles L. 514-4, L. 514-6 et L. 514-8 du code général de la fonction publique : " () / La disponibilité est prononcée, soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés prévus aux 2°, 3° et 4° de l'article 57. Le fonctionnaire mis en disponibilité qui refuse successivement trois postes qui lui sont proposés dans le ressort territorial de son cadre d'emploi, emploi ou corps en vue de la réintégration peut être licencié après avis de la commission administrative paritaire. / Le fonctionnaire mis en disponibilité, soit d'office à l'expiration des congés institués par les 2°, 3° et 4° de l'article 57 de la présente loi, soit de droit, sur demande, pour raisons familiales, est réintégré à l'expiration de sa période de disponibilité dans les conditions prévues aux premier, deuxième et troisième alinéas de l'article 67 de la présente loi ". Aux termes de l'article 67 de la même loi : " () / A l'expiration d'un détachement de longue durée, le fonctionnaire est () réintégré dans son corps ou cadre d'emplois et réaffecté à la première vacance ou création d'emploi dans un emploi correspondant à son grade relevant de sa collectivité ou de son établissement d'origine. () Lorsque le fonctionnaire détaché refuse l'emploi proposé, il ne peut être nommé à l'emploi auquel il peut prétendre ou à un emploi équivalent que lorsqu'une vacance est ouverte ou un poste créé. Il est, en attendant, placé en position de disponibilité d'office. / Lorsqu'aucun emploi n'est vacant, le fonctionnaire est maintenu en surnombre pendant un an dans sa collectivité d'origine dans les conditions prévues à l'article 97. Si, au terme de ce délai, il ne peut être réintégré et reclassé dans un emploi correspondant à son grade, le fonctionnaire est pris en charge dans les conditions prévues à l'article 97 soit par le Centre national de la fonction publique territoriale pour les fonctionnaires relevant de l'un des cadres d'emplois de catégorie A auxquels renvoie l'article 45, soit par le centre de gestion dans le ressort duquel se trouve la collectivité ou l'établissement qui les employait antérieurement à leur détachement pour les autres fonctionnaires. Le fonctionnaire a priorité pour être affecté dans un emploi correspondant à son grade de la collectivité ou de l'établissement d'origine ". Selon l'article 19 du décret du 13 janvier 1986 relatif aux positions de détachement, de disponibilité, de congé parental des fonctionnaires territoriaux et à l'intégration : " La mise en disponibilité peut être prononcée d'office à l'expiration des droits statutaires à congés de maladie prévus au premier alinéa du 2°, au premier alinéa du 3° et au 4° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 et s'il ne peut, dans l'immédiat, être procédé au reclassement du fonctionnaire dans les conditions prévues aux articles 81 à 86 de la loi du 26 janvier 1984. / La durée de la disponibilité prononcée en vertu du premier alinéa du présent article ne peut excéder une année. Elle peut être renouvelée deux fois pour une durée égale. Si le fonctionnaire n'a pu, durant cette période, bénéficier d'un reclassement, il est, à l'expiration de cette durée, soit réintégré dans son administration s'il est physiquement apte à reprendre ses fonctions dans les conditions prévues à l'article 26, soit, en cas d'inaptitude définitive à l'exercice des fonctions, admis à la retraite ou, s'il n'a pas droit à pension, licencié. / Toutefois, si, à l'expiration de la troisième année de disponibilité, le fonctionnaire est inapte à reprendre son service, mais s'il résulte d'un avis du comité médical qu'il doit normalement pouvoir reprendre ses fonctions ou faire l'objet d'un reclassement avant l'expiration d'une nouvelle année, la disponibilité peut faire l'objet d'un troisième renouvellement ".

6. Tout fonctionnaire tire de son statut le droit d'être placé dans une position statutaire régulière. A cet égard, il résulte des dispositions précitées que la réintégration d'un fonctionnaire, à la première vacance ou en surnombre pendant un an, à l'issue d'une disponibilité prononcée d'office à l'expiration des droits statutaires à congés de maladie, est un droit pour ce fonctionnaire, dès lors qu'il est déclaré apte à l'exercice de ses fonctions. Si l'aptitude du fonctionnaire à l'exercice de ses fonctions antérieures n'est reconnue par le comité médical que sous certaines réserves ou conditions, il appartient à l'administration de rechercher si un poste ainsi adapté peut être proposé au fonctionnaire. En revanche, si le fonctionnaire est déclaré inapte définitivement à l'exercice de ses fonctions, il est, selon sa situation, mis à la retraite d'office ou licencié. Enfin, en cas de trois refus successifs de postes qui lui sont proposés dans le ressort territorial de son cadre d'emploi en vue de sa réintégration, le fonctionnaire territorial peut être licencié après avis de la commission administrative paritaire.

7. M. B soutient que Toulouse Métropole a commis une faute en ne le plaçant dans aucune position administrative depuis le 14 juin 2015, et en particulier, en ne saisissant pas le comité médical ou la commission de réforme pour avis sur le renouvellement de son placement en disponibilité d'office, en ne poursuivant pas les recherches de reclassement et en ne lui proposant pas de postes compatibles avec son état de santé, alors que le comité médical l'avait, dans son avis du 6 mai 2015, déclaré apte à reprendre le travail. Il demande la condamnation de son employeur à réparer les préjudices résultant de cette situation.

8. Il résulte de l'instruction, qu'après un avis favorable du comité médical réuni le 6 mai 2015, et par un arrêté du 30 juin 2015, M. B a été placé pour régularisation en position de disponibilité d'office, du 15 décembre 2013 au 14 juin 2015, à l'expiration de ses droits statutaires à congés de maladie. Il n'est pas contesté en défense qu'il n'a fait l'objet, depuis cet arrêté, d'aucune décision renouvelant son placement en disponibilité ou le plaçant dans une autre position, et il est constant qu'il continue depuis cette date à percevoir la rémunération afférente à un placement en disponibilité d'office. Toulouse Métropole doit donc être regardée comme ayant entendu le maintenir dans cette position depuis le 15 juin 2015, dans l'attente d'un éventuel reclassement et de l'avis du comité médical supérieur, saisi sur demande de l'intéressé formulée le 17 juin 2015. Cette situation s'est toutefois prolongée depuis, au-delà de la durée légale maximale de placement en disponibilité d'office, qui ne peut, conformément aux dispositions précitées, excéder trois années successives lorsque, comme c'est le cas en l'espèce, l'agent n'est pas inapte à reprendre son service. Par ailleurs, dès lors que Toulouse Métropole a entendu maintenir M. B en position de disponibilité d'office depuis le 15 juin 2015, il lui appartenait de poursuivre les recherches en vue de son reclassement sur un emploi correspondant à son grade et compatible avec son état de santé. Or, si elle lui a fait trois propositions de postes en octobre 2013, avril 2015 et juin 2015, que M. B a toutes refusées, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle lui aurait soumis d'autres offres depuis, ni qu'elle aurait engagé une procédure de licenciement à la suite de ces trois refus successifs, et alors qu'il n'est pas allégué en défense qu'aucun poste vacant compatible avec l'état de santé de l'intéressé ne pouvait lui être proposé compte tenu de la situation des effectifs de la métropole. Par suite, et alors que le comité médical, dans son avis du 6 mai 2015, de même d'ailleurs que la commission de réforme, saisie dans le cadre d'une demande de reconnaissance de maladie professionnelle, dans son avis du 29 janvier 2015, ont estimé que le requérant n'était pas inapte à toute fonction, ce dernier est fondé à soutenir que l'absence de nouvelles propositions d'emploi est fautive. Cette carence a privé M. B d'une chance d'être réintégré en position d'activité. Enfin, il résulte de l'instruction, qu'en réponse à la demande de réintégration formulée par le requérant le 13 novembre 2020, Toulouse Métropole a saisi le comité médical pour qu'il statue sur son aptitude à reprendre ses fonctions et à les exercer, et sur la prolongation de son placement en disponibilité d'office pour raison de santé. Toutefois, il est constant que seul un médecin psychiatre a été désigné dans ce cadre pour procéder à une expertise. Or, quand bien même ce médecin peut utilement se prononcer sur l'aptitude de M. B, dont l'état dépressif est attesté par les pièces du dossier, à reprendre ses fonctions, il ne peut en revanche, à lui seul, se prononcer de manière éclairée sur la prolongation de la disponibilité d'office du fonctionnaire à compter du 15 juin 2015, alors qu'il n'est pas sérieusement contesté que son placement en congé de longue maladie, avant son placement en disponibilité d'office, avait été justifié par des problèmes d'ordre cardiovasculaire et neurologique. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la désignation de ce seul médecin psychiatre n'est pas de nature à éclairer suffisamment le comité médical ni à permettre, à terme, la régularisation de sa situation administrative.

9. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à soutenir que Toulouse Métropole a commis des fautes dans la gestion de sa situation administrative, qui l'ont privé de la chance d'être réintégré sur un emploi correspondant à son grade et compatible avec son état de santé. En revanche, à défaut de justifier d'un état de santé compatible avec la reprise de son activité sur un emploi donné, et alors que plusieurs choix s'offraient à son employeur, pouvant aller jusqu'au licenciement en cas d'inaptitude définitive à ses fonctions ou en raison des refus opposés aux offres d'emplois qui lui ont été faites par Toulouse Métropole en octobre 2013, avril 2015 et juin 2015, il n'est pas fondé à soutenir que son employeur aurait dû nécessairement le réintégrer en position d'activité. En outre, il résulte de l'instruction que, comme il a été indiqué précédemment, le requérant a refusé, en octobre 2013, avril 2015 et juin 2015, trois postes au sein des services de Toulouse Métropole qui lui avaient été proposés par son employeur dans le cadre de ses obligations de reclassement, qu'il n'a présenté aucune candidature spontanée depuis lors, ni sollicité la régularisation de sa situation administrative avant le 13 novembre 2020. L'attente de l'issue du recours formé contre l'arrêté du 30 juin 2015 précité, ni la contestation de l'avis défavorable de la commission de réforme du 29 janvier 2015 sur sa demande de reconnaissance de maladie professionnelle, ne peuvent justifier ce manque de diligence. Dans ces conditions, M. B doit être regardé comme ayant contribué à hauteur de 50 % à la réalisation des préjudices subis.

En ce qui concerne la réparation des préjudices invoqués :

10. Compte tenu, d'une part, de l'absence d'avis du comité médical sur la possibilité ou non du requérant à reprendre et exercer ses fonctions et sur la prolongation de son placement en disponibilité d'office après le 15 juin 2015, d'autre part, de la circonstance, rappelée au point 6 du présent jugement, que la régularisation de la situation de l'intéressé peut prendre diverses formes, en fonction notamment de son aptitude physique et de son choix d'accepter ou non les offres de poste qui lui sont faites, il ne résulte pas de l'instruction que les préjudices subis par M. B, et résultant de la perte de chance d'être réintégré, puissent être considérés comme appelés à prendre fin à une date certaine. Par suite, il appartient au juge de plein contentieux, forgeant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, de lui accorder une indemnité versée pour solde de tout compte.

11. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de l'ensemble de ses préjudices en allouant à M. B une somme de 20 000 euros pour solde de tout compte, après application du coefficient de partage de responsabilité.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

12. D'une part, lorsqu'ils sont demandés, les intérêts au taux légal sur le montant de l'indemnité allouée sont dus, quelle que soit la date de la demande préalable, à compter du jour où cette demande est parvenue à l'autorité compétente ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité. D'autre part, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond. Cette demande prend toutefois effet au plus tôt à la date à laquelle elle est enregistrée, et pourvu qu'à cette date, il s'agisse d'intérêts dus au moins pour une année entière. Le cas échéant, la capitalisation s'accomplit à nouveau à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure, sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande.

13. M. B a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 20 000 euros à compter du 3 mars 2021, date de réception par Toulouse Métropole de sa réclamation préalable. Les intérêts seront capitalisés à compter du 3 mars 2022, date à laquelle une année d'intérêts était due, puis à chaque échéance annuelle ultérieure.

Sur les frais liés au litige :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas pour l'essentiel la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par Toulouse Métropole sur leur fondement. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Toulouse Métropole le versement à M. B de la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par lui.

D E C I D E :

Article 1er : Toulouse Métropole est condamnée à verser à M. B la somme de 20 000 euros pour solde de tout compte en réparation de ses préjudices. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 3 mars 2021. Les intérêts échus à la date du 3 mars 2022 puis, à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : Toulouse Métropole versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à Toulouse Métropole.

Délibéré après l'audience du 15 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Poupineau, présidente,

Mme Rousseau, conseillère,

M. Frindel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 janvier 2024.

Le rapporteur,

T. FRINDEL

La présidente,

V. POUPINEAULa greffière,

B. RODRIGUEZ

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions