mardi 11 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2104030 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique chambre 5 |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 5 juillet 2021 et le 19 décembre 2022, M. C B, représenté par Me Laclau, demande au tribunal :
1°) d'annuler le compte-rendu annuel d'entretien professionnel 2021 et la décision rejetant son recours hiérarchique ;
2°) d'enjoindre à l'administration d'établir un nouveau compte-rendu annuel d'entretien professionnel 2021 où seront reproduites les appréciations portées dans le tableau synoptique du compte-rendu annuel d'entretien professionnel 2020 et où seront rectifiées les appréciations littérales et particulièrement celle précisant qu'il doit prendre la mesure de ses missions ainsi que supprimée, purement et simplement, la dernière phrase de la rubrique " appréciation générale " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- le compte-rendu d'entretien professionnel au titre de l'année 2021 a été établi en méconnaissance du principe du contradictoire, dès lors qu'il était absent au moment de cet entretien ;
- ce compte-rendu d'entretien professionnel est insuffisamment motivé ;
- il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que l'administration n'a pas respecté le délai de huit jours pour le convoquer à l'entretien ;
- ce compte-rendu d'entretien professionnel est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa valeur professionnelle et d'une erreur de fait.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions à fin d'injonction sont irrecevables ;
- les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 2010-888 du 28 juillet 2010 ;
- le décret n° 2010-982 du 26 août 2010 ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme A,
-les conclusions de Mme Nègre-Le Guillou, rapporteure publique,
- et les observations de Me Thalamas, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, inspecteur des finances publiques affecté au service des impôts aux particuliers de Cahors depuis le 1er juillet 2020, demande l'annulation du compte-rendu d'entretien professionnel au titre de l'année 2021 ainsi que de la décision du 4 juin 2021 rejetant son recours hiérarchique.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article L.911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ".
3. Il ressort des termes de la requête que celle-ci tend, d'une part, à l'annulation du compte-rendu d'entretien professionnel 2021 et de la décision du 4 juin 2021 rejetant le recours hiérarchique formé contre ce compte-rendu et, d'autre part, à ce qu'il soit enjoint à l'administration d'établir un nouveau compte-rendu d'entretien professionnel. Dès lors que ces conclusions à fin d'injonction ont été présentées à titre accessoire à l'appui d'une demande principale tendant à l'annulation d'un acte administratif, celles-ci sont recevables. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'injonction doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 55 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat : " Par dérogation à l'article 17 du titre Ier du statut général, l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires se fonde sur un entretien professionnel annuel conduit par le supérieur hiérarchique direct. / Toutefois, les statuts particuliers peuvent prévoir le maintien d'un système de notation. / A la demande de l'intéressé, la commission administrative paritaire peut demander la révision du compte rendu de l'entretien professionnel ou de la notation. / () ". Aux termes de l'article 2 du décret du 28 juillet 2010 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de l'Etat : " Le fonctionnaire bénéficie chaque année d'un entretien professionnel qui donne lieu à compte rendu. / Cet entretien est conduit par le supérieur hiérarchique direct. / La date de cet entretien est fixée par le supérieur hiérarchique direct et communiquée au fonctionnaire au moins huit jours à l'avance. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été convoqué par courriel du 8 mars 2021 à un entretien en vue de l'appréciation de sa valeur professionnelle devant se tenir le 15 mars suivant. A cette date et durant la période au cours de laquelle devaient avoir lieu les entretiens professionnels, le requérant a été placé en congé de maladie du 13 mars au 11 avril 2021, rendant ainsi impossible l'organisation d'un entretien durant la période en cause. Cette circonstance ne dispensait toutefois pas l'administration, si elle ne pouvait pas retarder la tenue de l'entretien, de le convoquer néanmoins, conformément aux dispositions précitées du décret du 28 juillet 2010, dans des délais lui permettant, à défaut d'entretien et dans la mesure compatible avec son état de santé, soit d'avoir un échange par visioconférence ou par téléphone, soit de lui permettre de faire parvenir ses observations écrites avant la date fixée pour l'entretien. Ainsi, faute pour l'administration de mettre en place une telle procédure, M. B a été privé de la garantie tenant à la convocation à son entretien professionnel. Par suite, M. B est fondé à soutenir que le compte-rendu d'entretien professionnel 2021 est entaché d'un vice de procédure.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, que le compte-rendu d'entretien professionnel 2021 doit être annulé ainsi que, par voie de conséquence, la décision du 4 juin 2021 rejetant le recours hiérarchique formé par le requérant.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement, qui annule les décisions attaquées, eu égard au motif de cette annulation, implique nécessairement mais seulement que le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique procède à une nouvelle évaluation professionnelle de M. B au titre de l'année 2021. Par conséquent, il est enjoint au ministre de procéder à cette évaluation dans un délai qu'il y a lieu de fixer à 3 mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le compte-rendu d'entretien professionnel 2021 de M. B et la décision du 4 juin 2021 rejetant son recours hiérarchique sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de procéder à une nouvelle évaluation professionnelle de M. B au titre de l'année 2021, dans le délai de trois mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Copie en sera adressée pour information au directeur départemental des finances publiques du Lot.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2023.
La magistrate désignée,
F. A
La greffière,
M. DLa République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026