mardi 30 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2104278 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | RIEU-CASTAING |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 juillet 2021, M. A B et Mme D E, représentés par Me Rieu-Castaing, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux, auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017, pour un montant total de 20 965 euros ;
2°) de leur accorder le bénéfice du sursis de paiement sur le fondement de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont été privés d'un débat oral et contradictoire, dès lors que le service ne leur a pas communiqué les informations et éléments obtenus dans le cadre du doit de communication ;
- la motivation des rehaussements est incorrecte, ou à tout le moins incomplète ;
- la procédure est entachée d'irrégularité, dès lors que le service a contrôlé à deux reprises les comptes personnels de M. B, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 51 du livre des procédures fiscales ;
- des erreurs ont été commises sur leurs noms et prénoms entachant la procédure de nullité ; notamment les actes de procédure sont libellés sous le nom d'épouse de la requérante et non sous son nom de jeune fille en méconnaissance des dispositions de l'article 4 de la loi du 6 fructidor an II ;
- le service n'a pas apporté la preuve du caractère imposable des crédits qualifiés d'injustifiés ;
- les sommes inscrites au crédit du compte des requérants sont justifiées et ne sauraient dès lors constituer des revenus distribués ; le service n'apporte pas la preuve de l'enrichissement des requérants sur la période contrôlée ;
- les pénalités appliquées sur le fondement des disposions de l'article 1759 du code général des impôts sont entachées d'un défaut de motivation et sont infondées, dès lors que le service n'a pas justifié de l'existence d'une intention délibérée.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 février 2022, le directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- la loi du 6 Fructidor de l'an II ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soddu, rapporteure ;
- et les conclusions de Mme Nègre- Le Guillou, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, gérant unique et détenteur du capital de la société à responsabilité limitée (SARL) Prestig Motors, créée le 23 mars 2008, est marié à Mme D E, sous le régime de la séparation de biens depuis le 9 juillet 2016. Ils ont fait l'objet d'un examen contradictoire de leur situation personnelle pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017. Par une proposition de rectification du 3 septembre 2019, ils ont été informés d'une imposition supplémentaire sur l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux au titre des années 2016 et 2017, suite au constat de revenus d'origine indéterminée non justifiés ou avec une justification non probante. La réclamation des requérants en date du 16 juillet 2020 a été rejetée par une décision du 29 juin 2021. Par leur requête, M. B et Mme E demandent au tribunal de les décharger, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 55 du livre des procédures fiscales : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 56, lorsque l'administration des impôts constate une insuffisance, une inexactitude, une omission ou une dissimulation dans les éléments servant de base au calcul des impôts, droits, taxes, redevances ou sommes quelconques dues en vertu du code général des impôts ou de l'article L. 2333-55-2 du code général des collectivités territoriales, les rectifications correspondantes sont effectuées suivant la procédure de rectification contradictoire définie aux articles L. 57 à L. 61 A. () ". Aux termes de l'article L. 57 du même livre : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / (). ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. / () ". Il résulte des articles L. 57 et R. 57-1 du livre des procédures fiscales que l'administration doit indiquer au contribuable, dans la proposition de rectification, les motifs et le montant des rehaussements envisagés, leur fondement légal et la catégorie de revenus dans laquelle ils sont opérés, ainsi que les années d'imposition concernées. En revanche, sa régularité ne dépend pas du bien-fondé de ces motifs.
3. Aux termes de l'article L. 76 B du même livre : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande. ". Aux termes de l'article L. 81 du même livre : " Le droit de communication permet aux agents de l'administration, pour l'établissement de l'assiette, le contrôle et le recouvrement des impôts, d'avoir connaissance des documents et des renseignements mentionnés aux articles du présent chapitre dans les conditions qui y sont précisées. ". Enfin, aux termes de l'article L. 83 du même livre : " Les administrations de l'Etat, des départements et des communes, les entreprises concédées ou contrôlées par l'Etat, les départements et les communes, ainsi que les établissements ou organismes de toute nature soumis au contrôle de l'autorité administrative, doivent communiquer à l'administration, sur sa demande, les documents de service qu'ils détiennent sans pouvoir opposer le secret professionnel. ".
4. Il incombe à l'administration d'informer le contribuable dont elle envisage soit de rehausser, soit d'arrêter d'office les bases d'imposition, de l'origine et de la teneur des renseignements obtenus auprès de tiers, qu'elle a utilisés pour fonder les impositions, avec une précision suffisante pour permettre à l'intéressé, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la mise en recouvrement des impositions qui en procèdent. Lorsque le contribuable en fait la demande à l'administration, celle-ci est tenue, lorsqu'elle en dispose, de lui communiquer les documents ou copies de documents contenant les renseignements obtenus auprès de tiers qui lui sont opposés. Il en va ainsi alors même que le contribuable a pu avoir connaissance de ces renseignements ou de certains d'entre eux, afin notamment de lui permettre d'en vérifier, et le cas échéant d'en discuter, l'authenticité et la teneur.
5. Il résulte de l'instruction que, dans le cadre de l'examen de la situation personnelle des requérants, le service a exercé le droit de communication prévu aux articles L. 81 et L. 83 du livre des procédures fiscales, précités auprès de la banque populaire Occitane, de la banque Courtois et du cabinet immobilier, société à responsabilité limitée (SARL) Pyrénées Immobilier. Il résulte également de l'instruction que la proposition de rectification en date du 3 septembre 2019, précisait la teneur et l'origine des renseignements obtenus dans le cadre du droit de communication, et que les requérants étaient en mesure d'en demander la communication avant la mise en recouvrement des suppléments d'impositions en litige, ce qu'ils se sont abstenus de faire. Ils ont toutefois présenté des observations circonstanciées dans leur courrier du 29 octobre 2019, sans toutefois, là encore, demander la communication des éléments obtenus dans le cadre du droit de communication. De plus, il résulte de l'instruction que les requérants se sont entretenus, au cours de la procédure de vérification, avec le vérificateur les 29 janvier et 2 septembre 2019 et qu'ils ne se sont pas présentés à un entretien prévu dans les locaux de l'administration le 17 avril 2019. Par ailleurs, si les requérants soutiennent que le service aurait plus largement usé de son droit de communication auprès de tiers et n'aurait pas communiqué les recoupements externes ayant servi à déterminer les rectifications litigieuses, ils n'assortissent pas leurs allégations des précisons suffisantes. Le service n'était donc pas tenu de communiquer aux requérants les documents obtenus dans le cadre du droit de communication et qui n'ont pas fondés les impositions litigieuses. Dans ces conditions, il résulte de l'instruction que les requérants n'ont pas été privés d'un débat oral et contradictoire au cours de la procédure de rectification. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 76 B et L. 81 et suivant du libre des procédures fiscales doivent être écartés.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 51 du livre des procédures fiscales : " Lorsque la vérification de comptabilité ou l'examen de comptabilité, pour une période déterminée, au regard d'un impôt ou d'une taxe ou d'un groupe d'impôts ou de taxes, est achevé, l'administration ne peut procéder à une vérification de comptabilité ou à un examen de comptabilité de ces mêmes écritures au regard des mêmes impôts ou taxes et pour la même période. ".
7. M. B et Mme E soutiennent que la procédure de rectification en litige est viciée, dès lors que le service aurait procédé à deux reprises au contrôle des comptes personnels de M. B, d'une part, à l'occasion de la vérification de comptabilité de la société à responsabilité limitée Prestig Motors, et d'autre part, dans le cadre de l'examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle. Il résulte de l'instruction que la société Prestig Motors, dont M. B est le gérant unique et détenteur du capital, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour la période du 1er octobre 2014 au 30 septembre 2017, et que consécutivement à ce contrôle les requérants ont été imposés à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers au titre des revenus distribués pour les années 2016 et 2017. Les requérants ont par ailleurs fait l'objet d'un examen contradictoire de leur situation fiscale personnelle pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2017, objet du présent litige, à l'issue duquel le service les a assujettis à une imposition supplémentaire sur l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux au titre des années 2016 et 2017, suite au constat de revenus d'origine indéterminée non justifiés ou avec une justification non probante. Il résulte cependant de l'instruction que le service s'est fondé, dans le cadre de la procédure de vérification de la comptabilité de la société Prestig Motors, sur le compte courant ouvert au nom de M. B et non sur ses comptes bancaires personnels, ce qui n'est d'ailleurs pas contesté par les requérants. Dans ces conditions, le service n'a pas procédé à une seconde vérification de comptabilité au titre d'impôts ou taxes déjà contrôlés. En tout état de cause, un tel moyen, qui est relatif à la procédure d'imposition suivie à l'encontre de la société Prestig Motors, est inopérant au regard des impositions personnelles établies au nom des requérants et ne saurait donc entraîner une décharge des impositions en litige. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 51 du livre des procédures fiscales ne peut qu'être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 4 de la loi du 6 fructidor an II (23 août 1794), toujours en vigueur : " () est expressément défendu à tous fonctionnaires publics de désigner les citoyens dans les actes autrement que par le nom de famille ".
9. Il résulte de l'instruction, que si les requérants soutiennent que la procédure de rectification est viciée dès lors que, d'une part, les pièces de procédure auraient dû être libellées au nom de jeune fille de la requérante et non sous son nom d'épouse, et que d'autre part, certaines pièces de procédure laisse apparaitre une erreur dans l'écriture du prénom du requérant, ces circonstances, à les supposer établies, n'entachent pas d'irrégularité la procédure d'imposition. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
S'agissant de la charge de la preuve :
10. Aux termes de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales : " En vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu, l'administration peut demander au contribuable des éclaircissements. /Elle peut également lui demander des justifications lorsqu'elle a réuni des éléments permettant d'établir que le contribuable peut avoir des revenus plus importants que ceux qu'il a déclarés, () ". Aux termes de l'article L. 16 A du même livre : " / Lorsque le contribuable a répondu de façon insuffisante aux demandes d'éclaircissements ou de justifications, l'administration lui adresse une mise en demeure d'avoir à compléter sa réponse dans un délai de trente jours en précisant les compléments de réponse qu'elle souhaite. ". Aux termes de l'article L. 69 du même livre : " Sous réserve des dispositions particulières au mode de détermination des bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles et des bénéfices non commerciaux, sont taxés d'office à l'impôt sur le revenu les contribuables qui se sont abstenus de répondre aux demandes d'éclaircissements ou de justifications prévues à l'article L. 16. ". Aux termes de l'article L. 192 du livre des procédures fiscales : " / [la charge de la preuve] également au contribuable à défaut de comptabilité ou de pièces en tenant lieu, comme en cas de taxation d'office à l'issue d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle en application des dispositions des articles L. 16 et L. 69. ".
11. Il résulte de ces dispositions que si l'administration ne peut régulièrement taxer d'office, en application de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales, les sommes dont elle n'ignore pas qu'elles relèvent d'une catégorie précise de revenus, elle peut en revanche procéder à cette taxation d'office si, au vu des renseignements dont elle disposait avant l'envoi de la demande de justifications fondée sur l'article L. 16 du livre des procédures fiscales et des réponses apportées par le contribuable à cette demande, la nature des sommes en cause, et donc la catégorie de revenus à laquelle elles seraient susceptibles de se rattacher, demeure inconnue. Il est toutefois loisible au contribuable régulièrement taxé d'office sur le fondement de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales d'apporter devant le juge de l'impôt la preuve que ces sommes, soit ne constituent pas des revenus imposables, soit se rattachent à une catégorie précise de revenus. Dans cette dernière situation, le contribuable peut obtenir, le cas échéant, une réduction de l'imposition d'office régulièrement établie au titre du revenu global, à raison de la différence entre les bases imposées d'office et les bases résultant de l'application des règles d'assiette propres à la catégorie de revenus à laquelle se rattachent, en définitive, les sommes en cause.
12. Il résulte de l'instruction que les requérants, suite à la demande d'éclaircissement ou de justifications sollicitée par le service en application de l'article L. 16 du livre des procédures fiscales précité, n'ont pas apporté d'éléments suffisants permettant au service d'identifier les discordances entre les crédits bancaires et les revenus déclarés et ont été, après une mise en demeure du 27 juin 2019, taxés d'office en application des articles L. 16 et L. 69 du livre des procédures fiscales. Par suite, la charge de la preuve incombe aux requérants, étant entendu que la circonstance dont se prévalent les requérants, tirée de l'absence de preuve par le service d'enrichissement des requérants sur la période contrôlée est sans incidence sur la charge de la preuve.
S'agissant des revenus d'origine indéterminée :
13. En premier lieu, il résulte de l'instruction et il n'est pas contesté, que M. B et Mme E n'ont présenté aucune justification concernant les crédits issus de neuf remises de chèques, pour un montant total de 9 970 euros, respectivement de 770 euros au titre de l'année 2016 et de 9 200 euros au titre de l'année 2017. Par suite, c'est à bon droit que le service a retenu ces revenus comme des revenus d'origine indéterminée.
14. En deuxième lieu, s'agissant de la somme de 650 euros portée au crédit des requérants le 22 janvier 2016, si les requérants indiquent que cette somme correspond au remboursement, par le compte de la caisse des règlements pécuniaires des avocats, suite à un litige, il résulte de l'instruction qu'aucun justificatif attestant de la nature de ce remboursement n'est produit par les requérants. Par suite, c'est à bon droit que le service a retenu ce revenu comme un revenu d'origine indéterminée.
15. En troisième lieu, s'agissant de la somme de 650 euros portée au crédit des requérants le 11 avril 2016, si les requérants indiquent que cette somme correspond à une cession à titre personnel d'un porte-vélo pour un véhicule de marque BMW et que l'acquisition concernée se situe sur une période prescrite, il résulte de l'instruction que l'émetteur du chèque n'est pas l'acquéreur du bien. Par ailleurs, le fait que le bien ait été acquis en période prescrite n'exonère pas les requérants de l'obligation de justifier l'origine des fonds ainsi perçue sur la période contrôlée. Par suite, c'est à bon droit que le service a retenu ce revenu comme un revenu d'origine indéterminée.
16. En quatrième lieu, s'agissant des sommes de 3 000 euros et 1 531, 44 euros portées au crédit des requérants, respectivement les 15 avril et 16 août 2016, si les requérants indiquent que ces sommes correspondent à des remboursements d'assurance suite à un sinistre, il résulte de l'instruction qu'ils n'assortissent pas leurs allégations des justificatifs nécessaires. Par suite, c'est à bon droit que le service a retenu ces revenus comme des revenus d'origine indéterminée.
17. En cinquième lieu, s'agissant de la somme de 3 000 euros portée au crédit des requérants le 3 août 2016, si les requérants indiquent que cette somme correspond à un cadeau suite à leur mariage en juillet 2016, il résulte de l'instruction que l'émetteur de ce chèque est la société Prestig Motors, ce que ne conteste pas les requérants. Par suite, c'est à bon droit que le service a retenu ce revenu comme un revenu d'origine indéterminée.
18. En sixième lieu, s'agissant de la somme de 3 000 euros portée au crédit des requérants le 24 novembre 2016, si les requérants indiquent que cette somme correspond à une cession à titre personnel de jantes de véhicules Porsche, et que l'acquisition concernée se situe sur une période prescrite, il résulte de l'instruction que le crédit porte une référence à la date du 7 août 2017, soit plus de huit mois après la date d'inscription du crédit sur le compte du requérant et que l'émetteur de ce chèque est la société Prestig Motors, Par ailleurs, le fait que le bien ait été acquis en période prescrite n'exonère pas les requérants de l'obligation de justifier l'origine des fonds ainsi perçue sur la période contrôlée. Par suite, c'est à bon droit que le service a retenu ce revenu comme un revenu d'origine indéterminée.
19. En septième lieu, s'agissant des sommes de 22 000 euros et de 19 740 euros portées au crédit des requérants, respectivement les 3 et 13 juillet 2017, si les requérants indiquent que ces sommes correspondent à une cession de montres de marque Rolex et de marque Jaeger Lecoultre et produisent à l'appui de leurs allégations des attestations des acquéreurs, il résulte de l'instruction que l'émetteur des chèques est la société RPB, en règlement d'une dette professionnelle et non des acquéreurs desdites montres. Par ailleurs, comme il a été dit précédemment, le fait que le bien ait été acquis en période prescrite n'exonère pas les requérants de l'obligation de justifier l'origine des fonds ainsi perçue sur la période contrôlée. Par suite, c'est à bon droit que le service a retenu ces revenus comme des revenus d'origine indéterminée.
20. En huitième lieu, s'agissant de la somme de 510,45 euros portée au crédit des requérants le 31 août 2017, si les requérants indiquent que cette somme provient du règlement d'une prestation de la société par actions simplifiée unipersonnelle CRBC, il résulte de l'instruction qu'ils n'assortissent pas leurs allégations des justificatifs nécessaires. Par suite, c'est à bon droit que le service a retenu ces revenus comme des revenus d'origine indéterminée.
21. En neuvième lieu, s'agissant de la somme de 100 euros portée au crédit des requérants le 13 juillet 2017, si les requérants indiquent que cette somme correspond à un cadeau d'anniversaire offert à Mme B par sa mère, il résulte de l'instruction que le nom figurant sur le chèque n'est pas celui de la mère de la requérante. Par suite, c'est à bon droit que le service a retenu ces revenus comme des revenus d'origine indéterminée.
22. En dixième et dernier lieu, il résulte de l'instruction que les requérants ont apporté des justifications concernant la somme de 1 000 euros créditée le 22 juillet 2016, de 150 euros et de 1 170 euros créditées le 3 août 2016, de 7 350,61 euros créditée le 31 août 2016, de 94,80 euros créditée le 25 octobre 2016, de 7 500 euros créditée le 17 novembre 2016, de 11, 15 euros créditée le 9 février 2017, et de 2 000 euros et 23 000 euros créditées le 7 août 2017. Ces justifications concernant des crédits non imposés sont sans objet dans le présent litige.
23. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les sommes de 11 831, 44 euros au titre de l'année 2016 et de 42 080,45 euros au titre de l'année 2017 ont été imposées, à tort, d'office en application de l'article L. 69 du livre des procédures fiscales, au titre de revenus d'origine indéterminée.
Sur les pénalités :
24. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Aux termes de l'article 80 D du livre des procédures fiscales : " Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées au sens des articles L 211-2 à L 211-7 du code des relations entre le public et l'administration, quand un document ou une décision adressés au plus tard lors de la notification du titre exécutoire ou de son extrait en a porté la motivation à la connaissance du contribuable. Les sanctions fiscales ne peuvent être prononcées avant l'expiration d'un délai de trente jours à compter de la notification du document par lequel l'administration a fait connaître au contribuable ou redevable concerné la sanction qu'elle se propose d'appliquer, les motifs de celle-ci et la possibilité dont dispose l'intéressé de présenter dans ce délai ses observations. ".
25. Le juge de l'impôt, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, décide, dans chaque cas, selon les résultats de ce contrôle, soit de maintenir la majoration effectivement encourue au taux prévu par la loi, sans pouvoir moduler celui-ci pour tenir compte de la gravité de la faute commise par le contribuable, soit de ne laisser à la charge du contribuable que les intérêts de retard.
26. D'une part, il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 3 septembre 2019 adressée aux requérants indique que les suppléments d'impôt sur le revenu et les contributions sociales sont assortis d'une majoration de 40% en application de l'article 1729 du code général des impôts, compte tenu de l'importance des revenus d'origine indéterminée, de la modicité des revenus déclarés et de l'absence de déclaration de revenus professionnels. Par suite, le service a suffisamment motivé l'application de la majoration en cause au regard des exigences posées par l'article L. 80 D précité du livre des procédures fiscales.
27. D'autre part, pour appliquer cette majoration, le service a retenu, comme il a été dit au point 26, l'importance et le caractère réitéré des crédits constatés sur les comptes bancaires personnels des requérants. Par suite, le service apporte la preuve du caractère délibéré des manquements des requérants, le droit à l'erreur invoqué par les requérants étant sans incidence.
Sur les intérêts de retard :
28. Aux termes de l'article 1727 du code général des impôts : " I.- Toute créance de nature fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe aux administrations fiscales, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard. A cet intérêt s'ajoutent, le cas échéant, les sanctions prévues au présent code. / II.- L'intérêt de retard n'est pas dû : () / 2. Au titre des éléments d'imposition pour lesquels un contribuable fait connaître, par une indication expresse portée sur la déclaration ou l'acte, ou dans une note annexée, les motifs de droit ou de fait qui le conduisent à ne pas les mentionner en totalité ou en partie, ou à leur donner une qualification qui entraînerait, si elle était fondée, une taxation atténuée, ou fait état de déductions qui sont ultérieurement reconnues injustifiées () ".
29. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander la décharge des intérêts de retard par voie de conséquence de la décharge des redressements, en droits, auxquels ils ont été assujettis. Par suite, les conclusions tendant à la décharge des intérêts de retard doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin de sursis de paiement :
30. Le présent jugement se prononçant sur le fond de l'affaire, les conclusions de la requête tendant à l'octroi du sursis de paiement de l'imposition contestée se trouvent donc privées d'objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
31. Les conclusions de M. B et Mme E tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. B et de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Mme D E et au directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Molina-Andréo, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2024.
La rapporteure,
N. SODDU
La présidente,
B. MOLINA-ANDRÉO La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026