jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2104880 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 août 2021, Mme B A demande au tribunal d'annuler le titre exécutoire du 21 juin 2021 par lequel la métropole Toulouse Métropole a mis à sa charge la somme de 10 431,40 euros au titre d'une régularisation du trop-perçu de traitement versé durant des périodes de congés de maladie ordinaire.
Elle soutient que :
- son état de santé n'était pas consolidé au 10 décembre 2019 ;
- la métropole Toulouse métropole l'a informée tardivement de sa volonté de récupérer les pleins traitements perçus à tort du 11 décembre 2019 au mois de mars 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2022, la métropole Toulouse Métropole conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision du 15 septembre 2020 relative à sa date de consolidation est irrecevable dès lors que cette décision est devenue définitive ;
- à le supposer recevable, ce moyen n'est pas fondé.
Par ordonnance du 30 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lequeux, rapporteure,
- les conclusions de Mme Rousseau, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, adjointe administrative territoriale de 1ère classe, occupait les fonctions d'agent de brigade de lutte contre les incivilités au sein du pôle territorial centre de la métropole Toulouse Métropole. Victime d'un accident de service le 22 juin 2019, elle a été placée en arrêt de travail à compter de cette date. Par arrêté du 15 septembre 2020, le président de la métropole Toulouse Métropole a fixé sa date de consolidation au 10 décembre 2019 et décidé de la prise en charge des arrêts de travail postérieurs à cette date au titre des congés de maladie ordinaire. Par courrier du 7 juin 2021, cette autorité a informé Mme A qu'en raison de la requalification de son congé en congé de maladie ordinaire à compter du 11 décembre 2019, elle se trouvait redevable à l'établissement d'une somme de 10 431,40 euros. Le 21 juin 2021, un titre exécutoire du même montant a été émis à son encontre.
2. En premier lieu, si Mme A entendant contester, par la voie de l'exception, la légalité de la décision du 15 septembre 2020 par laquelle la métropole Toulouse Métropole a fixé la date de consolidation au 10 décembre 2019, cette décision individuelle est devenue définitive à la date de l'enregistrement de la requête introductive d'instance de Mme A. Par suite, ce moyen est tardif et doit être écarté comme irrecevable.
3. En second lieu, aux termes de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000, dans sa rédaction issue de l'article 94 de la loi du 29 décembre 2020 portant loi de finances pour 2021 : " Les créances résultant de paiements indus effectués par les personnes publiques en matière de rémunération de leurs agents peuvent être répétées dans un délai de deux années à compter du premier jour du mois suivant celui de la date de mise en paiement du versement erroné, y compris lorsque ces créances ont pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive () ". Il résulte de ces dispositions qu'une somme indûment versée par une personne publique à l'un de ses agents au titre de sa rémunération peut, en principe, être répétée dans un délai de deux ans à compter du premier jour du mois suivant celui de sa date de mise en paiement.
4. Il résulte de l'instruction que le titre exécutoire attaqué a été émis à l'encontre de Mme A le 21 juin 2021 en vue de recouvrer des sommes indument perçues du 11 décembre 2019 au 31 mars 2021 à plein traitement, alors que par décision du 15 septembre 2020, son employeur avait décidé de la prise en charge de ses arrêts de travail au titre de la maladie ordinaire à compter du 11 décembre 2019, de sorte qu'elle aurait dû percevoir un demi-traitement à compter de cette date. Dès lors que moins de deux ans se sont écoulés entre le 11 décembre 2019 et le 21 juin 2021, Mme A n'est pas fondée à soutenir que les créances de l'administration étaient prescrites à la date de l'émission du titre exécutoire contesté en application des dispositions précitées.
5. Toutefois, la perception prolongée par Mme A de sa rémunération à plein traitement pendant une durée de dix-neuf mois n'a été rendue possible que par la carence de l'administration. Dans les circonstances de l'espèce et compte tenu notamment de la durée pendant laquelle se sont étendues les perceptions irrégulières, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par la requérante en ramenant le montant du reversement à la moitié de la somme réclamée à Mme A, soit 5 215,70 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Le montant du titre de perception émis le 21 juin 2021 à l'encontre de Mme A est ramené à 5 215,70 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la métropole Toulouse Métropole.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Grimaud, président,
Mme Lequeux, conseillère,
Mme Lucas, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
La rapporteure,
A. LEQUEUX
Le président,
P. GRIMAUDLa greffière,
M.-E. LATIF
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026