jeudi 6 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2104994 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP COURRECH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 25 août 2021, le 25 novembre 2021, le 28 décembre 2021 et le 4 avril 2022, M. A B, représenté par Me Courrech, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le Syndicat Mixte de l'Eau et de l'Assainissement de Haute-Garonne au paiement d'une somme de 44 804,18 euros en réparation de ses préjudices, avec intérêts au taux légal à compter de la date de réception de sa demande indemnitaire préalable ;
2°) d'enjoindre au syndicat mixte de l'Eau et de l'assainissement de Haute-Garonne de lui délivrer le document technique de coloration des eaux, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au syndicat mixte de l'Eau et de l'assainissement de Haute-Garonne de réaliser des travaux d'imperméabilisation de son réseau, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge du syndicat mixte de l'Eau et de l'assainissement de Haute-Garonne à lui verser une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.
Il soutient que :
- le SMEA 31 a admis sa responsabilité pour les dommages causés à ses caves par la canalisation d'eaux usées et pluviales, affectant ses biens immobiliers ;
- la canalisation murale située au niveau R-2 constitue un système de drainage des eaux usées et pluviales stagnantes de la cave du R-1 ;
- malgré les travaux effectués en mai et juin 2021, les dommages ont persisté ;
- les préjudices dont il demande réparation se décomposent comme suit :
* travaux de rénovation de ses caves : 24 520,56 euros toutes taxes comprises ;
* pertes de revenus locatifs : 10 830 euros ;
* perte de valeur locative : 2 400 euros ;
* troubles dans les conditions d'existence : 2 500 euros ;
* frais d'expertise : 4 256,62 euros ;
* constat d'huissier : 297 euros.
- les interventions réalisées par le SMEA 31 en mai et juin 2021 n'ont pas mis un terme au sinistre et les désordres persistaient au mois de décembre 2021, de sorte que les conclusions à fin d'injonction devront être accueillies.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 février 2022, le syndicat mixte de l'Eau et de l'assainissement de Haute-Garonne, représentée par Me Baysset, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce que les prétentions indemnitaires du requérant soient ramenées à de plus justes proportions et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- il ne conteste pas l'état de vétusté de la canalisation litigieuse ;
- des travaux ont été réalisés en mai et juin 2021, de sorte qu'il n'est pas établi que les dommages postérieurs à ces travaux trouvent leur origine dans la canalisation réparée ;
- la présence d'excréments dans les caves du requérant n'est pas établie ; l'expert l'a expressément exclue s'agissant de fuites d'une canalisation filtrée par le remblai dans lequel elle est enfouie ;
- il existe une conduite encastrée dans le mur de la cave qui n'a été que très sommairement examinée alors pourtant qu'un constat d'huissier a relevé qu'un filet d'eau s'y échappait ; cette circonstance l'amène à s'interroger sur l'existence d'une cause étrangère ;
- l'ensemble des demandes indemnitaires du requérant doivent être rejetées ou, subsidiairement, ramenées à de plus justes proportions sans excéder la somme de 5 650 euros, outre les éventuels dépens de l'instance ;
- la demande de communication de pièces ne présente aucune utilité ;
- il a toujours déféré aux demandes d'interventions sur la canalisation défectueuse ; la poursuite des dommages subis par le requérant est sans lien avec une abstention fautive et pourait en outre résulter de la présence d'une canalisation privée au niveau R-2.
Par une ordonnance en date du 8 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 octobre 2022 à 12h00.
Un mémoire présenté pour le compte de M. B a été enregistré le 16 octobre 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction, et n'a pas été communiqué.
Vu l'ordonnance du 16 juin 2020 par laquelle le tribunal administratif a ordonné une expertise en vue de déterminer l'origine des désordres affectant l'immeuble de M. B
Vu le rapport de l'expert enregistré le 18 avril 2021.
Vu l'ordonnance en date du 20 mai 2021, par laquelle la vice-présidente du tribunal a liquidé et taxé les frais et honoraires de l'expert à la somme de 4 256,62 euros et les a mis à la charge de M. B.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Rives,
- les conclusions de Mme Carvalho, rapporteure publique,
- les observations de Me Calmette, représentant M. B et celles de Me Schintone représentant le syndicat mixte de l'Eau et de l'assainissement de Haute-Garonne.
Une note en délibéré présentée pour le compte de M. B a été enregistrée le 24 mai 2024 et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1.M. A B est propriétaire d'un ensemble immobilier situé sur le territoire de la commune de Villemur-sur-Tarn, dont certaines parties se situent en contrebas de la rue de la République, sous laquelle est implantée une canalisation unitaire d'eaux pluviales et usées, concédée au syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de Haute-Garonne (SMEA 31). Estimant que les infiltrations d'eau affectant les caves de son immeuble étaient imputables à une défectuosité de cette canalisation publique, M. B a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse, qui a ordonné une expertise. L'expert a déposé son rapport définitif le 18 avril 2021. L'intéressé a adressé une réclamation indemnitaire au SMEA 31 le 1er juin 2021, rejetée tacitement le 3 août 2021. Par sa requête, M. B demande au tribunal de condamner le SMEA 31 à l'indemniser à hauteur de 44 804, 18 euros en réparation des conséquences des désordres subis par son bien immobilier et d'enjoindre à ce syndicat de réaliser les travaux d'imperméabilisation de son réseau.
Sur la demande de communication de documents :
2.La possibilité de solliciter des parties la production de pièces ou documents utiles à la solution du litige constitue l'un des pouvoirs propres du juge, qui n'est pas lié en cela par la demande des parties et qui décide souverainement de recourir à une telle mesure. En l'espèce, le tribunal est suffisamment informé par les pièces produites au dossier pour statuer sur le litige qui lui est soumis. Par suite, la demande de communication du document technique de coloration des eaux, sans portée utile pour la solution du litige, doit être rejetée.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité du SMEA 31 :
3.Le maître d'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers, tant en raison de leur existence que du fait de leur fonctionnement. Il appartient alors au demandeur ayant la qualité de tiers par rapport à cet ouvrage d'apporter la preuve de la réalité des préjudices qu'il allègue avoir subis et de l'existence d'un lien de causalité entre l'ouvrage public et ces préjudices. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel. Le maître de l'ouvrage ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Dans le cas d'un dommage causé à un immeuble, la fragilité ou la vulnérabilité de celui-ci ne peuvent être prises en compte pour atténuer la responsabilité du maître de l'ouvrage, sauf lorsqu'elles sont elles-mêmes imputables à une faute de la victime. En dehors de cette hypothèse, de tels éléments ne peuvent être retenus que pour évaluer le montant du préjudice indemnisable.
4.M. B se plaint de la présence d'eau ruisselant des parois de ses caves au niveau R-l et R-2 et soutient que celle-ci provient de la fuite d'une conduite appartenant au SMEA 31, enfouie sous la voirie communale à l'aplomb de ses caves, à l'égard de laquelle il est constant qu'il détient la qualité de tiers. Il résulte effectivement de l'instruction, et notamment des constatations de l'expert, que les caves au niveau R-1 et R-2, présentent des signes importants d'humidité et de dégradation. En particulier, au niveau R-1, l'expert a observé des traces de salpêtre sur les parois, liée à une évaporation d'eau, une forte humidité au niveau du côté droit ainsi que des boues noirâtres recouvrant le sol. Au niveau R-2, des traces d'écoulement d'eau affectent les parois situées au droit du trottoir où la canalisation d'évacuation des eaux usées et pluviales est implantée, et des signes d'humidité ont été relevés à l'angle opposé. L'expert indique que ces désordres proviennent d'infiltrations d'eaux dont l'origine réside dans la vétusté et la mise en charge excessive de la canalisation gérée par le SMEA 31, l'action conjuguée de ces deux causes ayant eu pour effet de la rendre fuyarde. Le lien entre ces fuites et les dommages tels que décrits par l'expert est ainsi direct et certain.
5.En revanche, si comme il vient d'être exposé, la fuite de la canalisation publique a entièrement concouru à l'apparition des désordres mentionnés au point précédent, il ne résulte néanmoins pas de l'instruction que la présence d'excréments au sol de la cave du niveau R-2 évoquée par M. B, à la supposer même avérée, puisse être rattachée au fait ce cet ouvrage public. En effet, d'une part, les eaux usées circulant dans cette canalisation passent initialement à travers un remblai filtrant, limitant ainsi la probabilité que ces excréments puissent être directement issus de la canalisation publique et, d'autre part, les éléments versés à l'instruction révèlent l'existence d'une canalisation débouchant sur un mur de la cave du niveau R-2, d'où s'écoule un liquide foncé, recueilli dans un bac situé en contrebas. Par suite, et alors que cette canalisation, située sur la propriété du requérant, n'est pas susceptible d'appartenir au réseau public, il ne peut être exclu, en l'état de l'instruction, qu'elle soit seule à l'origine de la présence alléguée de matière fécale sur le sol.
6.Il y a dès lors lieu, sans qu'il soit besoin d'ordonner avant dire-droit une nouvelle mesure d'expertise, de condamner le SMEA 31 à indemniser M. B des conséquences dommageables résultant directement de la fuite de la canalisation publique litigieuse, telles qu'elles sont décrites au point 4.
En ce qui concerne les préjudices :
7.En premier lieu, M. B se prévaut d'un devis actualisé de l'entreprise de travaux Sardo, en date du 18 mai 2021 et sollicite la somme de 24 520, 56 euros TTC au titre des frais de remise en état de ses caves, incluant ceux liés aux travaux de nettoyage, de décontamination des surfaces, de décrépissage, de sablage et de rejointage des briques ainsi qu'aux opérations de transport des gravats. Toutefois, d'une part, l'expert a estimé que l'état dégradé des briques ne trouvait pas sa cause exclusive dans les fuites d'eau, d'autres surfaces non exposées aux écoulements présentant en effet un état identique. Ainsi, seule une surface circonscrite à 10 m², correspondant à celle souillée par les eaux usées provenant de la canalisation du SMEA 31, doit être retenue pour l'évaluation du coût des travaux de décrépissage strictement nécessaires à la remise en état des caves. D'autre part, l'expert n'a pas estimé nécessaire de compléter les opérations de décrépissage par un sablage et un rejointage des briques et le requérant n'établit pas que ces travaux seraient indispensables à la remise en état de ses caves. Dès lors, il résulte de l'instruction que seuls les travaux de nettoyage, de décontamination, de décrépissage et de transports des gravats portant sur une surface limitée à 10 m², peuvent être regardés comme étant en lien avec le dommage et, par suite, ouvrir droit à indemnisation. Dans ces conditions, il y a lieu de retenir les montants figurant sur le devis précité au titre de ces postes, au prorata d'une surface de 10 m² pour les travaux de décrépissage et le transport des gravats, révisés pour y inclure la taxe sur la valeur ajoutée et actualisés d'un taux d'inflation de 12,7 % observé entre mai 2021 et mai 2024. Il sera fait une exacte évaluation de ce préjudice en allouant à M. B la somme de 6 750,86 euros.
8.En deuxième lieu, M. B demande le versement d'une somme de 11 430 euros en réparation des pertes de revenus locatifs dues à la vacance de ses quatre locaux, dont les caves constituent des dépendances. Il fait état de périodes de vacances du 1er juillet au 30 novembre 2020 et du 1er avril au 30 juin 2021 pour le local commercial n°1, du 1er janvier au 1er juin 2021 pour le local commercial n°2, du 1er janvier au 31 mars 2019 pour l'appartement du deuxième étage, et du 1er octobre au 30 novembre 2020 pour l'appartement du premier étage. Pour établir que les nuisances olfactives émanant de ses caves sont à l'origine de la difficulté à louer ses biens, M. B se borne à produire une capture d'écran de sa boîte de réception qui, si elle fait apparaître de nombreuses réponses à ses annonces de location, n'est toutefois pas de nature à démontrer que leurs auteurs auraient manifesté un intérêt sérieux pour les biens en cause et que cet intérêt aurait été contrarié par les désordres affectant les caves. De même, la seule attestation versée au dossier, dont il ressort que M. B s'est vu opposer un refus de location de l'appartement du premier étage en raison " d'odeurs particulières ", ne suffit pas à elle-seule à établir un lien direct entre le dommage et la vacance de ce logement alors que, par ailleurs, le SMEA 31 produit, d'une part, une étude de l'observatoire Clameur réalisée au cours de l'année 2017 qui mentionne une durée moyenne de vacance locative structurelle dans l'ancienne région Midi-Pyrénées de 3,9 semaines et, d'autre part, souligne le contexte de crise sanitaire prévalant à l'époque des faits, marqué par une forte contraction du marché locatif. Dans ces conditions, M. B n'établit pas un lien de causalité suffisamment direct et certain entre son dommage et le préjudice de perte de revenus locatif qu'il invoque. Dès lors, aucune indemnisation ne peut lui être accordée à ce titre.
9.En troisième lieu, Si M. B fait valoir qu'il a été contraint d'ajuster à la baisse le prix de location de ses biens immobiliers en raison de l'impossibilité d'utiliser les caves, il ne produit pas les baux conclus antérieurement à l'apparition des désordres dont il se plaint, qu'il fait remonter approximativement à une vingtaine d'années, de sorte que la réalité du préjudice de perte de valeur locative n'est pas établie.
10.En quatrième lieu, M. B justifie avoir acquitté une somme de 297 euros pour l'établissement d'un constat d'huissier portant sur l'état de ses caves, que le SMEA 31 doit être condamné à lui verser.
11.En dernier lieu, il sera fait une juste appréciation des troubles dans les conditions d'existence subis par M. B du fait de l'ampleur et de la répétition des infiltrations dans ses caves, en l'indemnisant à hauteur de 2 500 euros.
12.Il résulte de ce qui précède que le SMEA 31 doit être condamné à verser à M. B une somme globale de 9 547,86 euros en réparation du dommage accidentel de travaux publics qu'il a subi.
Sur les intérêts :
13.Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts au taux légal courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine. En l'espèce, le requérant a droit, ainsi qu'il le demande, à compter du 3 juin 2021, date de réception de sa demande indemnitaire préalable, aux intérêts au taux légal sur la somme totale allouée au point 12.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14.Lorsque le juge administratif condamne une personne publique responsable de dommages qui trouvent leur origine dans l'exécution de travaux publics ou dans l'existence ou le fonctionnement d'un ouvrage public, il peut, saisi de conclusions en ce sens, s'il constate qu'un dommage perdure à la date à laquelle il statue du fait de la faute que commet, en s'abstenant de prendre les mesures de nature à y mettre fin ou à en pallier les effets, la personne publique, enjoindre à celle-ci de prendre de telles mesures. Pour apprécier si la personne publique commet, par son abstention, une faute, il lui incombe, en prenant en compte l'ensemble des circonstances de fait à la date de sa décision, de vérifier d'abord si la persistance du dommage trouve son origine non dans la seule réalisation de travaux ou la seule existence d'un ouvrage, mais dans l'exécution défectueuse des travaux ou dans un défaut ou un fonctionnement anormal de l'ouvrage et, si tel est le cas, de s'assurer qu'aucun motif d'intérêt général, qui peut tenir au coût manifestement disproportionné des mesures à prendre par rapport au préjudice subi, ou aucun droit de tiers ne justifie l'abstention de la personne publique. En l'absence de toute abstention fautive de la personne publique, le juge ne peut faire droit à une demande d'injonction, mais il peut décider que l'administration aura le choix entre le versement d'une indemnité dont il fixe le montant et la réalisation de mesures dont il définit la nature et les délais d'exécution.
15.Il résulte de l'instruction qu'à la date à laquelle l'expert a remis son rapport, les venues d'eau dans les caves de M. B perduraient et que, si des travaux avaient été planifiés du 16 au 18 septembre 2020 par la commune de Villemur-sur-Tarn et le SMEA31, lesquels devaient consister dans le chemisage de 50 mètres linéaires de conduite depuis les regards d'accès au réseau, ceux-ci ont été annulés en raison de contraintes techniques et d'intempéries, sans être reprogrammés. Si des travaux ont finalement été réalisés le 3 mai 2021, sans pour autant que leur nature exacte ne soit précisée par le syndicat défendeur et que, ainsi qu'il l'indique, des investigations complémentaires ont été menées au cours du mois de juin 2021, il résulte pourtant de l'instruction que les infiltrations au droit des caves de M. B ont persisté ultérieurement, notamment à l'occasion d'épisodes de fortes précipitations surchargeant la canalisation publique. Il ne résulte pas de l'instruction que le SMEA ait accompli, à compter du mois de juin 2021, toutes les diligences appropriées pour mettre fin au dommage subi par M. B. Son abstention revêt ainsi, dans les circonstances de l'espèce, un caractère fautif. Dans ces conditions, et en l'absence de tout motif d'intérêt général ou de droit de tiers s'y opposant, il y a lieu d'enjoindre au SMEA 31 de procéder aux travaux de restauration de l'étanchéité de la canalisation unitaire d'eaux usées et pluviales située à l'aplomb des caves du requérant, dans un délai de neuf mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, à ce stade, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
16.Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 4 256,62 euros par ordonnance du tribunal en date du 20 mai 2021 sont mis à la charge finale du SMEA 31.
17.Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le SMEA demande sur ce fondement. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du SMEA 31 une somme de 1 500 euros à verser à M. B au titre des frais qu'il a exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le SMEA 31 est condamné à verser une somme de 9 547,86 euros à M. B. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 3 juin 2021.
Article 2 : Les frais de l'expertise d'un montant de 4 256,62 euros sont mis à la charge finale du SMEA 31.
Article 3 : Le SMEA 31 versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à M. A B et au Syndicat Mixte de l'Eau et de l'assainissement de Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
M. Rives, premier conseiller,
Mme, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2024.
Le rapporteur,
A. RIVES
La présidente,
S. CHERRIER
La greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026