vendredi 29 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2105299 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP COURRECH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 septembre 2021 et 14 juin 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) Décos 2000, représentée par Me Billa, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de L'Union (Haute-Garonne) à lui verser la somme de 7 880,82 euros toutes taxes comprises (TTC) au titre de la facture n° FA02556 du 22 juillet 2020, majorée du montant des intérêts moratoires à parfaire ;
2°) de condamner la commune de L'Union à lui verser la somme de 2 376,31 euros (TTC) au titre de la facture n° FA02673 du 21 septembre 2020, majorée du montant des intérêts moratoires à parfaire ;
3°) de condamner la commune de L'Union à lui verser la somme de 3 182,08 euros TTC au titre du solde du marché, dont devra être déduite la somme de 840 euros TTC correspondant à la partie du nettoyage du chantier qui n'a pas été réalisée et dont elle n'entend pas réclamer le paiement, majorée du montant des intérêts moratoires à parfaire ;
4°) de mettre à la charge de la commune de L'Union la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur la recevabilité de la requête :
- contrairement à ce que soutient la commune, la circonstance qu'elle n'aurait pas remis de décompte final ne fait pas obstacle à ce qu'elle lui adresse une réclamation dans les conditions prévues à l'article 50 du CCAG Travaux ;
- les conditions d'établissement d'un décompte final sont libres, conformément à l'article 13 du CCAG Travaux, et peuvent prendre la forme de factures adressées au maître d'œuvre et au maître d'ouvrage ;
- en tout état de cause, le maître d'œuvre ne l'a pas mise en demeure d'établir ce qu'il considérait comme constituant un décompte final ;
- la commune de L'Union n'a émis aucune fin de non-recevoir à sa réclamation et ne peut donc le faire au stade du débat contentieux ;
- le principe de loyauté dans les relations contractuelles imposait à la commune de mettre la société Décos 2000 à même de préparer un projet de décompte final ;
Sur la somme de 2 100 euros retenue par la commune au titre de pénalités de retard :
- une telle retenue est injustifiée dès lors qu'elle était présente ou représentée à chacune des réunions de chantier ;
- le montant des pénalités de retard doit, au demeurant, être établi hors taxes, au motif que ces pénalités ne sont pas la contrepartie d'une prestation, réduisant la somme en cause à 1 750 euros ;
Sur la somme de 600 euros retenue par la commune au titre de l'absence de nettoyage :
- cette somme n'est pas due dès lors qu'elle n'a jamais été informée de difficultés liées au nettoyage du chantier ;
- en tout état de cause, les désordres allégués, à les supposés établis, ne peuvent lui être imputés ;
- le critère " chantier propre " dont la commune entend se prévaloir était un critère de sélection lors de la procédure d'appel d'offres et ne concerne pas les conditions de déroulement et d'exécution du chantier ;
- le montant de la pénalité liée au nettoyage doit être, au demeurant, établi hors taxes, réduisant la somme en cause à 500 euros ;
Sur la somme de 449,09 euros retenue par la commune au titre des frais d'huissier de justice :
- le procès-verbal de constat d'huissier de justice a été dressé le 10 octobre 2020, soit dès le lendemain de l'information par le maître d'œuvre quant aux réserves émises sur le chantier, à la nécessité de finaliser la peinture des plinthes et le nettoyage des locaux et alors même qu'elle n'a pas reçu de convocation pour réaliser ces travaux et qu'elle n'a jamais pu accéder aux locaux pour ce faire ;
- aucune stipulation contractuelle ne permet à la commune de mettre ces frais à sa charge ;
- aucun élément de fait ne justifie que la commune la considère comme seule responsable de ces travaux ;
Sur la somme de 1 650 euros retenue par la commune au titre des frais de nettoyage et reprise du chantier :
- elle n'a pu finaliser son travail de nettoyage dès lors que la commune a changé les serrures des locaux, et a engagé, ainsi, sa responsabilité contractuelle ;
- la commune n'est pas fondée à retenir une somme à ce titre dès lors la prestation n'a pas été réalisée et qu'aucune facture n'a été émise pour son paiement ;
- la commune de L'Union n'apporte pas la preuve d'avoir versé des frais de reprise ;
- aucune mise en demeure de terminer le travail ne lui a été adressée ;
- elle a été privée de son droit au suivi de l'exécution du chantier ;
Sur la somme de 3 960 euros retenue au titre de la reprise de peinture :
- la commune n'a pas procédé aux opérations de réception des travaux ;
- elle a fait intervenir une entreprise tierce pour réaliser la reprise des travaux de peinture, sans avoir préalablement démontré que les conditions de l'article 16 du CCAG Travaux étaient satisfaites pour ce faire ;
- la somme ne pouvait être retenue, conformément à cet article 16.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 10 novembre 2021 et 24 juin 2022, la commune de L'Union, représentée par Me Courrech, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SARL Décos 2000 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'aucun décompte général et définitif du marché n'est intervenu de sorte que la requérante ne pouvait lui adresser le mémoire en réclamation du 19 mars 2021 pour dénoncer un acompte du 25 février 2021 et demander le paiement du solde total du marché ;
- elle est également irrecevable dès lors que l'acompte du 25 février 2021 a déjà été payé à la requérante et la circonstance
- les pénalités et retenues appliquées ne justifient pas une obligation de payer à sa charge ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
En application des dispositions de l'article R. 613-2 du code de justice administrative, la clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lejeune,
- les conclusions de M. Déderen, rapporteur public,
- et les observations de Me Billa, représentant de la SARL Décos 2000, et de Me Calmette, représentant de la commune de L'Union.
Une note en délibéré présentée par la commune de L'Union a été enregistrée le 15 novembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre du programme de rénovation et réaménagement de sa maison des jeunes et de la culture (MJC), la commune de L'Union (31240) a, le 12 novembre 2019, conclut un marché de travaux (n° 2019-31) avec la SARL Décos 2000, portant sur le lot n° 10 et consistant en des travaux de peinture. Par courriel du 25 février 2021, la société a été informée par l'architecte chargée de la maîtrise d'œuvre que ses deux factures des 22 juillet et 21 septembre 2020 avaient été rejetées par la commune de L'Union et que, suite à l'application de pénalités et frais supplémentaires, le montant du solde du marché serait diminué. Par réclamation du 19 mars 2021, la SARL Décos 2000 a demandé à la commune de L'Union le paiement de ces deux factures ainsi que du solde du marché. La commune a expressément rejeté cette demande.
2. Par la présente requête, la SARL Décos 2000 demande au tribunal de condamner la commune de L'Union à lui verser les sommes réclamées au titre des factures des 22 juillet et 21 septembre 2020, pour des montants respectifs de 7 880,82 euros TTC et de 2 376,31 euros TTC, ainsi qu'au paiement du solde du marché, d'un montant de 3 182,08 euros TTC, dont elle soustrait 840 euros correspondant à une prestation qu'elle reconnaît ne pas avoir réalisée.
Sur les fins de non-recevoir opposées par la commune de L'Union :
3. D'une part, aux termes de l'article 13.3.1 du cahier des clauses administratives générale applicables aux marchés publics de travaux (CCAG - Travaux), dans sa rédaction issue de l'arrêté du 8 septembre 2009 : " Après l'achèvement des travaux, le titulaire établit le projet de décompte final, concurremment avec le projet de décompte mensuel afférent au dernier mois d'exécution des prestations ou à la place de ce dernier. / Ce projet de décompte final est la demande de paiement finale du titulaire, établissant le montant total des sommes auquel le titulaire prétend du fait de l'exécution du marché dans son ensemble, son évaluation étant faite en tenant compte des prestations réellement exécutées. / Le projet de décompte final est établi à partir des prix initiaux du marché, comme les projets de décomptes mensuels, et comporte les mêmes parties que ceux-ci, à l'exception des approvisionnements et des avances. Ce projet est accompagné des éléments et pièces mentionnés à l'article 13.1.7 s'ils n'ont pas été précédemment fournis. / Le titulaire est lié par les indications figurant au projet de décompte final. / Commentaires : / Dans le projet de décompte final, le titulaire doit récapituler les réserves qu'il a émises et qui n'ont pas été levées, sous peine de les voir abandonnées. " Aux termes de l'article 13.3.2 : " Le titulaire transmet son projet de décompte final, simultanément au maître d'œuvre et au représentant du pouvoir adjudicateur, par tout moyen permettant de donner une date certaine, dans un délai de trente jours à compter de la date de notification de la décision de réception des travaux telle qu'elle est prévue à l'article 41.3 ou, en l'absence d'une telle notification, à la fin de l'un des délais de trente jours fixés aux articles 41.1.3 et 41.3. " Aux termes de l'article 13.3.3 : " Le maître d'œuvre accepte ou rectifie le projet de décompte final établi par le titulaire. Le projet accepté ou rectifié devient alors le décompte final. / En cas de rectification du projet de décompte final, le paiement est effectué sur la base provisoire des sommes admises par le maître d'œuvre. "
4. Aux termes de l'article 13.4 du même CCAG-Travaux de 2009 : " Le maître d'œuvre établit le projet de décompte général, qui comprend : / - le décompte final ; / - l'état du solde, établi à partir du décompte final et du dernier décompte mensuel, dans les mêmes conditions que celles qui sont définies à l'article 13.2.1 pour les acomptes mensuels ; / - la récapitulation des acomptes mensuels et du solde. / () " Aux termes de l'article 13.4.2 : " Le projet de décompte général est signé par le représentant du pouvoir adjudicateur et devient alors le décompte général. / Le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire le décompte général à la plus tardive des deux dates ci-après : / - trente jours à compter de la réception par le maître d'œuvre de la demande de paiement finale transmise par le titulaire ; / - trente jours à compter de la réception par le représentant du pouvoir adjudicateur de la demande de paiement finale transmise par le titulaire. / () ". Aux termes de son article 13.4.3: " Dans un délai de trente jours compté à partir de la date à laquelle ce décompte général lui a été notifié, le titulaire envoie au représentant du pouvoir adjudicateur, avec copie au maître d'œuvre, ce décompte revêtu de sa signature, avec ou sans réserves, ou fait connaître les motifs pour lesquels il refuse de le signer. / Si la signature du décompte général est donnée sans réserve par le titulaire, il devient décompte général et définitif du marché. La date de sa notification au pouvoir adjudicateur constitue le départ du délai de paiement. / Ce décompte lie définitivement les parties, sauf en ce qui concerne les montants des révisions de prix et des intérêts moratoires afférents au solde. / En cas de contestation sur le montant des sommes dues, le représentant du pouvoir adjudicateur règle, dans un délai de trente jours à compter de la date de réception de la notification du décompte général assorti des réserves émises par le titulaire ou de la date de réception des motifs pour lesquels le titulaire refuse de signer, les sommes admises dans le décompte final. Après résolution du désaccord, il procède, le cas échéant, au paiement d'un complément, majoré, s'il y a lieu, des intérêts moratoires, courant à compter de la date de la demande présentée par le titulaire. / Ce désaccord est réglé dans les conditions mentionnées à l'article 50 du présent CCAG. Aux termes de son article 13.4.4 : " Si le représentant du pouvoir adjudicateur ne notifie pas au titulaire le décompte général dans les délais stipulés à l'article 13.4.2, le titulaire notifie au représentant du pouvoir adjudicateur, avec copie au maître d'œuvre, un projet de décompte général signé, composé : / -du projet de décompte final tel que transmis en application de l'article 13.3.1 ; / - du projet d'état du solde hors révision de prix définitive, établi à partir du projet de décompte final et du dernier projet de décompte mensuel, faisant ressortir les éléments définis à l'article 13.2.1 pour les acomptes mensuels ; / - du projet de récapitulation des acomptes mensuels et du solde hors révision de prix définitive. / Dans un délai de dix jours à compter de la réception de ces documents, le représentant du pouvoir adjudicateur notifie le décompte général au titulaire. Le décompte général et définitif est alors établi dans les conditions fixées à l'article 13.4.3. / Si, dans ce délai de dix jours, le représentant du pouvoir adjudicateur n'a pas notifié au titulaire le décompte général, le projet de décompte général transmis par le titulaire devient le décompte général et définitif. Le délai de paiement du solde, hors révisions de prix définitives, court à compter du lendemain de l'expiration de ce délai. / Le décompte général et définitif lie définitivement les parties, sauf en ce qui concerne les montants des révisions de prix et des intérêts moratoires afférents au solde. Le cas échéant, les révisions de prix sont calculées dans les conditions prévues à l'article 13.4.2. / Le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire le montant des révisions de prix au plus tard dix jours après la publication de l'index de référence permettant la révision du solde. La date de cette notification constitue le point de départ du délai de paiement de ce montant.
5. Aux termes de l'article 50.1.1 du même CCAG-Travaux, relatif au règlement des différends et des litiges : " Si un différend survient entre le titulaire et le maître d'œuvre, sous la forme de réserves faites à un ordre de service ou sous tout autre forme, ou entre le titulaire et le représentant du pouvoir adjudicateur, le titulaire rédige un mémoire en réclamation. / Dans son mémoire en réclamation, le titulaire expose les motifs de son différend, indique, le cas échéant, les montants de ses réclamations et fournit les justificatifs nécessaires correspondant à ces montants. Il transmet son mémoire au représentant du pouvoir adjudicateur et en adresse copie au maître d'œuvre. / Si la réclamation porte sur le décompte général du marché, ce mémoire est transmis dans le délai de trente jours à compter de la notification du décompte général. / Le mémoire reprend, sous peine de forclusion, les réclamations formulées antérieurement à la notification du décompte général et qui n'ont pas fait l'objet d'un règlement définitif. "
6. Il ne résulte d'aucune de ces stipulations que le titulaire d'un marché de travaux, lorsqu'il entend porter un différend à la connaissance du maître d'ouvrage, en soit empêché en l'absence d'établissement d'un décompte général du marché. En effet, si les stipulations du troisième alinéa de l'article 50.1.1 du CCAG en matière de marchés de travaux de 2009 prévoient le cas où le différend porte sur le décompte général du marché, il apparaît clairement à la lecture des alinéas 1er et 2 du même article qu'un autre différend peut faire l'objet d'une réclamation puis, le cas échéant, d'une saisine du juge du contrat au contentieux.
7. Il résulte de l'instruction que, par un courriel du 25 février 2021, l'architecte en charge de la maîtrise d'œuvre a informé la SARL Décos 2000 du rejet par le système " Chorus " de ses deux factures des 22 juillet et 21 septembre 2020, lui a notifié une feuille de calcul intitulée " acompte n° 01 " détaillant les pénalités et frais supplémentaires mis à sa charge et lui a indiqué qu'il lui restait à facturer à la commune de L'Union la somme de 3 366,89 € TTC. Par courrier du 19 mars 2021, adressé à la commune de L'Union et informant en copie l'architecte en charge de la maîtrise d'œuvre, la SARL Décos 2000 a présenté une réclamation et demandé le paiement des deux factures précitées ainsi que du montant du solde du marché. Il ne résulte d'aucune des pièces versées qu'un décompte général du marché serait intervenu, conformément aux prévisions de l'article 13 du CCAG-Travaux. Or, ainsi qu'il a déjà été dit, l'absence d'un tel décompte général ne fait pas obstacle à ce que le titulaire du marché fasse connaître au maître d'ouvrage le différend qui l'oppose au maître d'œuvre, ni que, suite au rejet de sa réclamation, il saisisse le juge du contrat du contentieux. Par suite, la commune de L'Union n'est pas fondée à faire valoir que la requête de la SARL Décos 2000 serait irrecevable au motif que sa réclamation n'aurait pas été précédée d'un décompte général du marché.
8. D'autre part, la commune de L'Union fait valoir qu'elle a déjà, à la date d'introduction de la requête, versé à la SARL Décos 2000 le montant prévu par le document désigné comme étant un acompte notifié le 25 février 2021. Toutefois, une telle circonstance n'a pas pour conséquence de libérer la commune de ses obligations contractuelles envers son co-contractant et, en particulier, de la dispenser de lui verser les sommes restantes éventuellement à payer.
9. Il résulte de ce qui précède que les fins de non-recevoir opposées par la commune de L'Union en défense doivent être écartées.
Sur l'absence d'un procès-verbal de réception des travaux :
10. Il résulte de l'instruction que le marché de travaux conclu le 12 novembre 2019 a été exécuté au cours de l'année 2020. Certes, le calendrier prévisionnel d'exécution prévoyait la fin des travaux au cours de l'été 2020. Toutefois, la réception des travaux n'a pu être envisagée avant le mois d'octobre de cette même année. Il ressort, à la lecture des échanges électroniques adressés par l'architecte chargée de la maîtrise d'œuvre et en particulier un courriel du 1er octobre 2020, que la réception des travaux avait finalement été envisagée pour le vendredi 9 octobre 2020 afin que le maître d'ouvrage prenne possession des lieux le lundi suivant.
11. Toutefois, aucune pièce du dossier ne permet d'établir que la réception des travaux a effectivement été prononcée le 9 octobre 2020 dans les conditions prévues au contrat ou, à tout le moins, celles prévues par le CCAG-Travaux. Par courrier du 3 octobre 2024, une demande de production du procès-verbal de réception des travaux a été adressée aux parties, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, mais est demeurée infructueuse. Par ailleurs, aucun échange entre les parties ne permet d'alléguer, ni d'établir que la réception des travaux serait intervenue tacitement.
12. Il résulte de ce qui précède qu'en l'absence de procès-verbal de réception des travaux, et en dépit de la prise de possession des lieux par la commune de L'Union, les parties n'ont pas mis fin à leurs relations contractuelles en bonne et due forme.
Sur la contestation des pénalités dites de retard :
13. Les pénalités de retard prévues par les clauses d'un marché public ont pour objet de réparer forfaitairement le préjudice qu'est susceptible de causer au pouvoir adjudicateur le non-respect, par le titulaire du marché, les délais d'exécution contractuellement prévus. Elles sont applicables au seul motif qu'un retard dans l'exécution du marché est constaté et alors même que le pouvoir adjudicateur n'aurait subi aucun préjudice ou que le montant des pénalités mises à la charge du titulaire du marché qui résulte de leur application serait supérieur au préjudice subi. Lorsqu'il est saisi d'un litige entre les parties à un marché public, le juge du contrat doit, en principe, appliquer les clauses relatives aux pénalités dont sont convenues les parties en signant le contrat, il peut, à titre exceptionnel, saisi de conclusions en ce sens par une partie, modérer ou augmenter les pénalités de retard résultant du contrat si elles atteignent un montant manifestement excessif ou dérisoire, eu égard au montant du marché et compte tenu de l'ampleur du retard constaté dans l'exécution des prestations.
14. Aux termes de l'article 6 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) du présent marché : " Le délai global d'exécution du marché, y compris la période de préparation de chantier, est de 30 semaines à compter de la notification valant ordre de service. / () Il est joint un calendrier prévisionnel indicatif dans le dossier de consultation. Il servira de base à l'établissement du calendrier détaillé. / Les pénalités de retard seront appliquées en référence à ces délais contractuels. " Aux termes de l'article 13.1 de ce CCAP : " Pour chaque lot : / la réception a lieu à l'achèvement de l'ensemble des travaux ; elle prend effet à la date de cet achèvement. / Le pouvoir adjudicateur et le maître d'œuvre sont avisés par le(s) titulaire(s) du lot de la date à laquelle les travaux sont ou seront considérés comme achevés. Postérieurement à cette action la procédure de réception se déroule, comme il est stipulé à l'article 41 du CCAG Travaux. "
15. En l'espèce, par un acompte " n° 01 ", transmis à la SARL Décos le 25 février 2021, l'architecte chargée de la maîtrise d'œuvre lui a notifié que des pénalités dites de retard lui ont été infligées aux motifs de ses absences aux réunions de chantier et du défaut de nettoyage des locaux dans les délais prévus.
En ce qui concerne la pénalité de 2 100 euros TTC, infligée pour absences non justifiées aux réunions de chantier :
16. Aux termes de l'article 6.3.1 du CCAP du présent contrat : " () / En cas d'absence aux rendez-vous de chantier, à la réception des travaux ou à toute réunion provoquée par la maîtrise d'œuvre, une pénalité de 250 € HT sera appliquée à tout entrepreneur absent dûment convoqué, sans mise en demeure préalable. / () ".
17. D'une part, la SARL Décos 2000 soutient que la décision de lui infliger des pénalités au titre de l'article 6.3.1 du CCAP n'est pas justifiée dès lors qu'elle a été présente ou représentée à chacune des réunions de chantier organisées et auxquelles elle a été convoquée. Toutefois, il résulte des procès-verbaux produits en défense, portant sur les réunions des 29 juin 2020 (semaine n° 27), du 6 juillet (semaine n° 28), du 13 juillet (semaine n° 29), du 3 août 2020 (semaine n° 32), du 10 août 2020 (semaine n° 33), des 17 et 18 août (semaine n° 34) et du 31 août 2020 (semaine n° 36) que le représentant sur le chantier de la SARL Décos 2000 de la MJC était absent, sans être représenté ou excusé, alors qu'il avait été convoqué à ces réunions. En revanche, si la commune de L'Union fait également valoir l'absence de ce représentant à la réunion du 1er juin 2020, cette circonstance n'est pas établie par les pièces du dossier et ne peut donc être retenue pour le calcul des pénalités susceptibles d'être infligées à la société. Il en résulte que seules six des sept absences alléguées sont établies. Dans ces conditions, conformément aux stipulations précitées de l'article 6.3.1 du CCAP, la commune est fondée à mettre à la charge de la requérante une pénalité de 250 euros HT pour chacune de ces six absences.
18. D'autre part, aux termes de l'article 256 du code général des impôts : " I. - Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel. / () ".
19. Il résulte de ces dispositions, ainsi que de l'article 6.3.1 précité du CCAP, que la pénalité infligée au titre des absences aux réunions est appliquée hors taxes. Dès lors, la SARL Décos 2000 est fondée à soutenir que c'est à tort que la commune a soumis à la taxe sur la valeur ajoutée le montant des pénalités dues au titre des absences aux réunions de chantier. Par suite, le montant de ces pénalités doit être réduit à 1 500 euros HT.
En ce qui concerne la somme de 600 euros, pénalité infligée pour défaut de nettoyage des locaux :
20. En vertu de l'article 6.3.1 du CCAP du présent marché, une somme de 500 euros HT peut être infligée à l'exécutant au titre des pénalités " en cas de remise en état des lieux insuffisante y compris l'évacuation des gravats et le nettoyage ". En vertu de l'article 10.1.11 du cahier des clauses techniques particulières (CCTP) les locaux du chantier et leurs abords devaient être maintenus en parfait état de propreté et chaque entrepreneur demeurait responsable de l'évacuation de ses propres gravats.
21. Il résulte de l'instruction que les défaillances de la SARL Décos 2000 à effectuer le nettoyage des parties du chantier dont elle avait la charge lui ont été signalées par l'architecte en charge de la maîtrise d'œuvre dès le 18 juin 2020, par un courrier aux termes duquel il lui était demandé de " régler les problèmes de propreté du site ", déjà relevés dans un courriel du 17 juin 2020. Par courrier du 3 août 2020, la maîtrise d'œuvre a alerté la société requérante sur l'éventualité qu'une pénalité de 500 euros HT lui soit infligée " pour non-respect de la propreté du site ". Enfin, le courrier du 14 décembre 2020, par lequel la maîtrise d'œuvre informe la SARL Décos 2000 que sa prestation n'a pas donné satisfaction, confirme que " la question du nettoyage " a été " problématique " au cours du chantier, en renvoyant aux courriers des 18 juin et 3 août 2020. Ainsi, sur les deux nettoyages demandés à la SARL Décos 2000, le premier n'a été réalisé que partiellement, et le second n'a jamais été effectué. Enfin, la commune de L'Union produit un procès-verbal de constat, établi le 10 octobre 2020 par un huissier de justice qu'elle avait mandaté. Aux termes de ce procès-verbal, " toutes les pièces sont sales, le nettoyage n'a manifestement pas été fait, ce que confirme un nombre significatif de clichés révélant un chantier sale et poussiéreux, comportant encore des déchets.
22. Tout en admettant ne pas avoir réalisé l'entièreté de la prestation de nettoyage prévue par les stipulations du contrat, la requérante soutient qu'elle n'a jamais été mise en garde par la maîtrise d'ouvrage sur les défaillances constatées sur le chantier et qu'en particulier, elle n'a pas été destinataire du courrier du 3 août 2020 susmentionné. Elle ajoute que les photographies incluses dans le procès-verbal du 10 octobre 2020 ne peuvent être rattachées à son intervention.
23. Toutefois, à supposer même que la SARL Décos 2000 n'ait pas été destinataire du courrier du 3 août 2020, cette seule circonstance n'est pas propre à la regarder comme ayant pu légitimement ignorer son obligation contractuelle de nettoyage final du chantier. Par ailleurs, le procès-verbal de constat d'huissier du 10 octobre 2020 mentionne que le mandat de celui-ci porte sur le travail effectué par " l'entreprise en charge du poste peintures et nettoyage ". Or, il résulte de l'instruction et en particulier de l'acte d'engagement du 12 novembre 2019 entre la SARL Décos 2000 et la commune de L'Union, qu'il s'agit précisément d'une mission incombant à cette société. Dès lors, la SARL Décos 2000 n'apporte aucune contradiction sérieuse au contenu de ce procès-verbal qui fait foi jusqu'à preuve du contraire.
24. Il résulte de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que la pénalité qui lui a été infligée pour défaut de nettoyage des locaux n'est pas justifiée. Toutefois, conformément à l'article 256 du code général des impôts précité, la société Décos 2000 est fondée à soutenir que le montant de cette pénalité doit être établi hors taxes, et donc réduit à 500 euros HT.
Sur la contestation des frais supplémentaires :
25. Aux termes de l'article 41.2 du CCAG-Travaux de 2009 : " Les opérations préalables à la décision de réception comportent, en tant que de besoin : / -la reconnaissance des ouvrages exécutés ; / -les épreuves éventuellement prévues par le marché ; / -la constatation éventuelle de l'inexécution des prestations prévues au marché ; / -la vérification de la conformité des conditions de pose des équipements aux spécifications des fournisseurs conditionnant leur garantie ; / -la constatation éventuelle d'imperfections ou malfaçons ; / -la constatation du repliement des installations de chantier et de la remise en état des terrains et des lieux ; / -les constatations relatives à l'achèvement des travaux. / Ces opérations font l'objet d'un procès-verbal dressé sur-le-champ par le maître d'œuvre et signé par lui et par le titulaire. Si le titulaire refuse de signer le procès-verbal, il en est fait mention. Un exemplaire est remis au titulaire. / Dans le délai de cinq jours suivant la date du procès-verbal, le maître d'œuvre fait connaître au titulaire s'il a ou non proposé au représentant du pouvoir adjudicateur de prononcer la réception des ouvrages et, dans l'affirmative, la date d'achèvement des travaux qu'il a proposé de retenir, ainsi que les réserves dont il a éventuellement proposé d'assortir la réception. / Dans le cas où le maître d'œuvre ne respecte pas le délai de cinq jours mentionné à l'alinéa précédent, le titulaire peut transmettre un exemplaire du procès-verbal au représentant du pouvoir adjudicateur, afin de lui permettre de prononcer la réception des travaux, le cas échéant. / En cas d'application de l'article 41. 1. 2, le procès-verbal est établi et signé par le représentant du pouvoir adjudicateur qui le notifie au maître d'œuvre. Un exemplaire est remis au titulaire. "
26. Aux termes de l'article 41.7 du même CCAG-Travaux: " Si certains ouvrages ou certaines parties d'ouvrages ne sont pas entièrement conformes aux spécifications du marché, sans que les imperfections constatées soient de nature à porter atteinte à la sécurité, au comportement ou à l'utilisation des ouvrages, le maître de l'ouvrage peut, eu égard à la faible importance des imperfections et aux difficultés que présenterait la mise en conformité, renoncer à ordonner la réfection des ouvrages estimés défectueux et proposer au titulaire une réfaction sur les prix. / Si le titulaire accepte la réfaction, les imperfections qui l'ont motivée se trouvent couvertes de ce fait et la réception est prononcée sans réserve. / Dans le cas contraire, le titulaire demeure tenu de réparer ces imperfections, la réception étant prononcée sous réserve de leur réparation. "
27. Aux termes de l'article 16 du CCAP du présent marché : " Le pouvoir adjudicateur peut faire procéder par un tiers à l'exécution des prestations prévues par le marché, aux frais et risques du titulaire, soit en cas d'inexécution par ce dernier d'une prestation qui, par sa nature, ne peut souffrir d'aucun retard, soit en cas de résiliation du marché prononcée aux torts du titulaire ".
En ce qui concerne la somme de 449,09 euros, retenue au titre des frais d'huissier de justice exposés par la commune de L'Union :
28. La commune de L'Union fait valoir que l'intervention d'un huissier de justice, rendue nécessaire pour affirmer ses droits dans le cadre d'une instance contentieuse, peut donner lieu à réfaction du prix du marché. Toutefois, si cette intervention a pu être utile à la commune pour donner une force probante supplémentaire à ses propres constatations sur l'état du chantier, il ne saurait être sérieusement soutenu qu'elle était indispensable pour conformer le chantier aux prévisions du marché ou à la bonne exécution de l'ouvrage compris dans ces prévisions, étant rappelé que les parties n'ont pas procédé ensemble à la réception des travaux, même tacitement. En conséquence, l'intervention non contradictoire de l'huissier de justice sur le chantier ne constitue pas une réfection au sens de l'article 41.7 du CCAG-Travaux précité. Or, aucune autre stipulation du présent contrat ne prévoit une telle possibilité. Par suite, la SARL Décos 2000 est fondée à soutenir que la somme mise à sa charge au titre des frais d'huissier de justice exposés par la commune est injustifiée.
En ce qui concerne la retenue de 1 650 euros TTC, retenue au titre des frais supplémentaires de nettoyage et de reprise du chantier :
29. En vertu de l'article 10.1.11 du cahier des clauses techniques particulières (CCTP) du contrat, chaque entreprise présente sur le chantier était responsable de ses propres gravois et du nettoyage lié à son intervention. Cet article prévoit également que dans l'hypothèse où une entreprise n'aurait pas effectué les nettoyages qui lui incombent, " ceux-ci seraient exécutés par une entreprise désignée par les maîtres d'œuvre et facturés à l'entrepreneur défaillant ". En outre, l'article 10.2.1 de ce CCTP détaille les prestations attendues s'agissant du nettoyage.
30. Même en l'absence d'un procès-verbal conformément aux prévisions de l'article 41.2 précité du CCAG-Travaux, il est établi que les travaux ont pris fin entre la première moitié du mois de septembre 2020 et les 9 ou 12 octobre 2020. Par un courriel du 17 septembre 2020, adressé à l'ensemble des intervenants sur le chantier, l'architecte en charge de la maîtrise d'œuvre a rappelé que des réserves avaient déjà été émises, qu'elles restaient à " lever " et a mis en garde les entreprises sur le risque encouru d'infliction de pénalités. Par un courriel du vendredi 9 octobre 2020 à 8 heures 52, elle a rappelé au représentant sur le chantier de la SARL Décos 2000 les travaux de nettoyage restants à faire et l'urgence d'une intervention préalable à la prise de possession des locaux par la commune. Elle a également alerté la société sur le risque d'imputation à sa charge des frais supplémentaires. Toutefois, le lendemain, la maîtrise d'œuvre a constaté que l'ensemble des réserves émises n'avaient pas été " levées ", et en a informé les entreprises intervenantes sur le chantier. Enfin, par courriel du 12 octobre 2020, adressé au représentant sur le chantier de la SARL Décos 2000 après la prise de possession des lieux par la commune de L'Union, le maître d'œuvre a pris acte de l'absence d'intervention de l'entreprise pendant le week-end et a confirmé que le nettoyage demandé serait assuré à ses frais par une autre société.
31. Certes, pour justifier son absence d'intervention entre le matin du vendredi 9 octobre et le lundi 12 octobre 2020, la requérante soutient qu'elle a été empêchée d'accéder aux locaux de la MJC en raison du changement des serrures du bâtiment. Cette circonstance constituerait selon elle une immixtion fautive de la commune. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la SARL Décos 2000 avait été informée par plusieurs courriels suffisamment antérieurs au 10 octobre 2020 de la nécessité d'intervenir à brefs délais sur le chantier pour procéder au nettoyage et, ainsi, se conformer à ses obligations contractuelles. Dès lors, la société requérante, qui n'établit pas avoir accompli les diligences nécessaires pour tenter d'accéder au chantier, n'est pas fondée à soutenir qu'elle a été empêchée d'intervenir pour procéder au nettoyage des locaux.
32. Par ailleurs, la requérante entend se prévaloir de ce que les factures n° FA02656 du 22 juillet 2020 et n° FA02673 du 21 septembre 2020 ne portent que sur les prestations de nettoyage qui ont effectivement été réalisées. Ces factures prendraient acte, par des pourcentages, de ce que la totalité de la prestation prévue au contrat n'avait pas été réalisée. Toutefois, d'une part, la société Décos 2000 n'apporte aucun élément permettant de mesurer l'ampleur et la teneur du restant à réaliser et, d'autre part, cette circonstance, à la supposer établie, est sans incidence sur la fixation du montant des frais supplémentaires mis à sa charge dès lors que, conformément à l'article 16 du CCAP précité, il a été fixé au regard du coût des travaux de reprise du nettoyage effectués par une entreprise tierce. Dès lors, il y a lieu d'écarter ce moyen.
33. Toutefois, la commune de L'Union, qui se borne à faire valoir que les défaillances de la SARL Décos 2000 l'ont contrainte à faire appel à une autre entreprise pour qu'elle réalise le nettoyage, n'a apporté aucun élément justifiant qu'elle a bien versée la somme de 1 650 euros pour faire procéder au nettoyage des locaux. Dans ces conditions, cette somme, non justifiée par les pièces du dossier, ne peut être mise à la charge de la SARL Décos 2000.
En ce qui concerne la somme de 3 960 euros, retenue au titre de la reprise de peintures :
34. S'il ne résulte pas de l'instruction que la réception des travaux ait fait l'objet d'un procès-verbal dans les conditions prévues à l'article 41.2 du CCAG-Travaux de 2009 précité, il ressort des pièces produites à l'instance que, par un courriel du 16 septembre 2020, l'architecte en charge de la maîtrise d'œuvre a fait part aux entreprises intervenantes d'" observations " sur le chantier, qui devaient donner lieu à rectifications sous deux semaines. Or, s'agissant particulièrement de la prestation réalisée par la SARL Décos 2000, il ressort du procès-verbal de constat dressé par huissier de justice le 10 octobre 2020 qu'à cette date un nombre significatif de défauts affectait la peinture des locaux de la MJC. La peinture de surface était incomplète ou irrégulière, comportait des traces de pinceau, et des raccords ou bordures n'avaient pas été réalisés avec soin. De tels défauts affectant les travaux de peinture, font obstacle à ce que la prestation exigée soit considérée comme pleinement exécutée par la société requérante. De plus, par leur nature même, ces travaux de peinture murale ne pouvaient souffrir d'aucun retard. Il en résulte que la SARL Décos 2000 n'est pas fondée à soutenir que la commune de L'Union ne démontre pas que les conditions requises de l'article 41.7 du CCAG-Travaux n'étaient pas réunies pour faire appel à une entreprise tierce afin qu'elle réalise les réfections nécessaires.
35. Toutefois, en se bornant à faire état des nécessités d'engager des travaux de reprise des travaux avec une entreprise tierce, la commune de L'Union ne produit à l'instance aucun élément permettant d'évaluer le coût que ceux-ci ont engendré pour elle. Par suite, la somme de 3 960 euros TTC mise à la charge de la SARL Décos 2000 ne peut être regardée comme justifiée.
Sur les conclusions de la SARL Décos 2000 :
En ce qui concerne le paiement des factures des 22 juillet et 21 septembre 2020 :
36. D'une part, pour le paiement des prestations réalisées, la société Décos 2000 a émis deux factures, les 22 juillet et 21 septembre 2020, pour un montant total de 10 257,13 euros. La commune de L'Union en a toutefois refusé le paiement et a fait savoir à l'intéressée sa décision de lui infliger des pénalités et frais supplémentaires pour un montant total de 8 759,09 euros.
37. Toutefois, les pénalités dites de retard sont dues en raison de six absences injustifiées de la société aux réunions de chantier et du défaut de nettoyage du chantier dans le délai imparti, pour un montant total de 2 000 euros HT. Par suite, la SARL Décos 2000 est fondée à demander le paiement d'une somme de 6 759,09 euros.
38. D'autre part, aux termes de l'article 44.1 du CCAG-Travaux de 2009 : " Le délai de garantie est, sauf prolongation décidée comme il est précisé à l'article 44.2, d'un an à compter de la date d'effet de la réception. / Pendant le délai de garantie, outre les obligations qui peuvent résulter pour lui de l'application de l'article 41.4, le titulaire est tenu à une obligation dite obligation de parfait achèvement (). / A l'expiration du délai de garantie, le titulaire est dégagé de ses obligations contractuelles, à l'exception des garanties particulières exceptionnellement prévues par les documents particuliers du marché. / () ". En vertu de l'article 4.1 du CCAP du présent marché, chaque lot a fait l'objet d'une retenue de garantie de 5% du montant initial du marché, prélevée sur le montant de chaque acompte par le comptable assignataire des paiements.
39. Toutefois, en l'absence de réception même tacite de travaux exécutés conformément aux prescriptions contractuelles, la SARL Décos 2000 n'est pas fondée à demander le reversement de la somme prélevée au titre de la retenue de garantie.
En ce qui concerne la demande de règlement du solde du marché :
40. La SARL Décos 2000 demande que la commune de L'Union soit condamnée à verser le solde du marché pour un montant de 3 181,08 euros TTC, diminué de 840 euros TTC, soit 2 341,08 euros TTC. Toutefois, en se bornant à affirmer que cette somme est due " au titre des prestations ", la requérante n'apporte pas les éléments permettant de la regarder comme étant établie dans son montant comme dans son principe. Par suite, cette absence de justifications de ces prestations fait obstacle à ce que la commune de L'Union soit condamnée à lui verser cette somme.
Sur les intérêts :
41. La SARL Décos 2000 a droit aux intérêts au taux légal correspondant à l'indemnité de 6 759,09 euros à compter du 23 mars 2021, date de réception de sa demande par la commune de L'Union.
Sur les demandes au titre de l'article L. 761-1 du CJA :
42. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la SARL Décos 2000 au titre de l'article L. 761-1 du CJA, ni à celles de la commune de L'Union présentées au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de L'Union est condamnée à verser à la SARL Décos 2000 la somme de 6 759,09 euros avec intérêts au taux légal à compter du 23 mars 2021.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SARL Décos 2000 est rejeté.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de L'Union est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Décos 2000 et à la commune de L'Union.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2020, à laquelle siégeaient :
M. Clen, président,
M. Quessette, premier conseiller,
Mme Lejeune, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 novembre 2024.
La rapporteure,
A. LEJEUNE
Le président,
H. CLEN
La greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026