mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2105310 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP BLANCHET - DELORD - RODRIGUEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 septembre 2021 et 23 août 2022, la SAS société d'exploitation de l'usine du Martinet (S.E.U.M), représentée par Me Rodriguez, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge partielle de la cotisation supplémentaire de cotisation foncière des entreprises mise à sa charge au titre de l'année 2017 à hauteur de la somme de 5 107 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient dans le dernier état de ses écritures que :
- la base taxable à la cotisation foncière des entreprises doit être réduite, dès lors qu'elle ne doit pas comprendre les immobilisations inscrites dans les comptes de l'indivision propriétaire et de la société exploitant cette centrale, ces immobilisations étant en lien direct avec l'activité de la centrale hydroélectrique ; l'administration ne justifie pas les avoir exclues de la base d'imposition ;
- elle est fondée à se prévaloir de l'instruction BOI-IF-CFE-20-10-20 du 12 septembre 2012.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 avril et 25 novembre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, le directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la SAS société d'exploitation de l'usine du Martinet ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme Héry, présidente-rapporteure,
-les conclusions de M. Luc, rapporteur public,
-et les observations de Me Rodriguez, représentant la SAS société d'exploitation de l'usine du Martinet.
Considérant ce qui suit :
1. L'indivision AR.A. Hydro-électrique et Ratery Hydroelec est propriétaire sur le territoire de la commune de Toulouse d'une centrale hydroélectrique située 9 allée Charles Malpel, dont elle a confié l'exploitation par convention de gérance du 31 juillet 2015 à la SAS Société d'Exploitation de l'Usine du Martinet (S.E.U.M). Cette dernière a fait l'objet du 8 novembre au 22 décembre 2017 d'une vérification de comptabilité portant sur le contrôle des éléments des années 2015 à 2017 servant à la détermination de l'assiette de la cotisation foncière des entreprises (CFE) et de l'imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau. A la suite de cette vérification, l'administration fiscale a communiqué le 10 janvier 2018 à la société S.E.U.M les nouvelles bases d'imposition à la CFE pour les années 2016 et 2017, conduisant pour l'année 2017 à un rehaussement de 18 397 euros. Cette imposition supplémentaire a été mise en recouvrement le 30 novembre 2018. Après une première réclamation préalable formée le 10 janvier 2019 par la société S.E.U.M, l'administration fiscale a prononcé en sa faveur le 29 mars 2019 un dégrèvement de 11 455 euros. La seconde réclamation préalable présentée le 29 décembre 2020 par la société S.E.U.M a été rejetée par décision du 12 juillet 2021. Par la présente requête, la société S.E.U.M demande au tribunal de prononcer la décharge de la somme de 5 107 euros au titre de la cotisation supplémentaire de cotisation foncière des entreprises due au titre de l'année 2017.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes de l'article 1467 du code général des impôts : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière () ". L'article 1380 du même code dispose : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code. " Aux termes de l'article 1381 dudit code : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : / 1° Les installations destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits ainsi que les ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions tels que, notamment, les cheminées d'usine, les réfrigérants atmosphériques, les formes de radoub, les ouvrages servant de support aux moyens matériels d'exploitation ; / 2° Les ouvrages d'art et les voies de communication () ". Aux termes du premier alinéa de l'article 1495 de ce code : " Chaque propriété ou fraction de propriété est appréciée d'après sa consistance, son affectation, sa situation et son état, à la date de l'évaluation. " Aux termes du II de l'article 324 B de l'annexe III au même code : " Pour l'appréciation de la consistance il est tenu compte de tous les travaux équipements ou éléments d'équipement existant au jour de l'évaluation. " En vertu de l'article 1499 de ce code, dans sa rédaction applicable : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat () ". L'article 1500 du même code dispose, dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige : " Les bâtiments et terrains sont évalués : / - 1° Selon les règles fixées à l'article 1499 lorsqu'ils figurent à l'actif du bilan de leur propriétaire ou de leur exploitant, et que celui-ci est soumis aux obligations définies à l'article 53 A () ". En application de l'article 1382 dudit code, dans sa rédaction applicable : " Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : / () 11° Les outillages et autres installations et moyens matériels d'exploitation des établissements industriels à l'exception de ceux visés aux 1° et 2° de l'article 1381 () ".
3. Pour apprécier, en application de l'article 1495 du code général des impôts et de l'article 324 B de son annexe III, la consistance des propriétés qui entrent, en vertu de ses articles 1380 et 1381, dans le champ de la taxe foncière sur les propriétés bâties, il est tenu compte, non seulement de tous les éléments d'assiette mentionnés par ces deux derniers articles mais également des biens faisant corps avec eux. Sont toutefois exonérés de cette taxe, en application du 11° de l'article 1382 du même code, ceux de ces biens qui font partie des outillages, autres installations et moyens matériels d'exploitation d'un établissement industriel, c'est-à-dire ceux de ces biens qui relèvent d'un établissement qualifié d'industriel au sens de l'article 1499, qui sont spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un tel établissement et qui ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381.
4. La société S.E.U.M soutient que l'administration fiscale aurait dû exclure de la base d'imposition à la cotisation foncière des entreprises, les immobilisations suivantes : mise en sécurité échelle accès machine, installation électrique alarme, bac de rétention inox et bloc de sécurité accumulateur, modification de la plomberie et passerelle en galvanisé.
5. D'une part, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.
6. D'autre part, le prix de revient des immobilisations industrielles passibles de la cotisation foncière des entreprises, évalué selon la méthode comptable, est celui qui est inscrit à l'actif du bilan.
7. Il est constant que les immobilisations dont la valeur a été prise en compte pour le calcul des impositions en litige étaient inscrites d'une part à l'actif du bilan de la société requérante dans le compte 213, l'administration n'ayant pas pris en compte le chauffage-climatisation, l'appartement du concierge et des meubles de cuisine intégrés, et d'autre part, dans le compte 218 AAI divers. En réponse aux observations de la société S.E.U.M, l'administration a accepté d'exclure de la base d'imposition la turbine, les grilles et vannes de tête ainsi que la mise en conformité électrique du matériel. Si la société S.E.U.M soutient que les éléments indiqués au point 4 du présent jugement devraient être exclus de la base d'imposition, elle ne précise toutefois pas la nature de ces équipements ni leur fonction, ne permettant pas ainsi de justifier qu'ils seraient spécifiquement adaptés aux activités de la centrale hydro-électrique et qu'ils ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381 du code général des impôts.
8. Enfin, la doctrine exprimée dans les commentaires administratifs publiés sous la référence BOI-IF-CFE-20-10-20 du 12 septembre 2012 ne contient aucune interprétation différente de la loi dont il a été fait précédemment application.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par la société S.E.U.M doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la société S.E.U.M, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS société d'exploitation de l'usine du Martinet est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS société d'exploitation de l'usine du Martinet et au directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 12 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Héry, présidente,
Mme Sarraute, première conseillère,
Mme Douteaud, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.
La présidente-rapporteure,
F. HÉRY
L'assesseure la plus ancienne,
N. SARRAUTE
La greffière,
M-E. LATIF
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026