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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2105384

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2105384

mardi 17 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2105384
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique chambre 1
Avocat requérantSCP CAMILLE ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 septembre 2021, l'association nationale de recherche et d'action solidaire (ANRAS), représenté par Me Gasquet, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe d'habitation à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 pour un montant de 2 429 euros à raison des locaux situés 19 rue Georges Bizet à Toulouse (31000) ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle satisfait aux conditions posées par le 3° du II de l'article 1407 du code général des impôts lui permettant d'être exonérée de la taxe d'habitation ;

- elle est fondée à se prévaloir, pour bénéficier de cette exonération, du paragraphe n° 100 du BOI-IF-TH-10-40-10 du 12 septembre 2012.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2022, le directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par l'association nationale de recherche et d'action solidaire ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges visés audit article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. L'association nationale de recherche et d'action solidaire (ANRAS) a été assujettie à la taxe d'habitation au titre de l'année 2020 à raison de locaux situés 19 rue Georges Bizet à Toulouse (31000) pour un montant de 2 429 euros. Sa demande du 13 juin 2021 tendant à bénéficier de l'exonération de cette taxe a été rejetée par décision de l'administration fiscale du 21 juillet 2021.

Sur les conclusions à fin de décharge :

2. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable entre dans le champ de l'assujettissement à l'impôt ou, le cas échéant, s'il remplit les conditions légales d'une exonération.

S'agissant de l'application de la loi fiscale :

3. Aux termes de l'article 1407 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige : " I. - La taxe d'habitation est due :/ 1° Pour tous les locaux meublés affectés à l'habitation ;/ 2° Pour les locaux meublés conformément à leur destination et occupés à titre privatif par les sociétés, associations et organismes privés et qui ne sont pas retenus pour l'établissement de la cotisation foncière des entreprises ;/ () II. - Ne sont pas imposables à la taxe :/ () 3° Les locaux destinés au logement des élèves dans les écoles et pensionnats () ".

4. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a assujetti à la taxe d'habitation le local situé 19 rue Georges Bizet à Toulouse, appartenant à l'association requérante. Si l'ANRAS soutient que ce local est mis à disposition de la maison d'enfants à caractère social (MECS) Pargaminières et est destiné à l'hébergement de jeunes qui lui sont confiés par les services de l'aide sociale à l'enfance, le juge des enfants ou par décision de la maison départementale des personnes handicapées, et auxquels sont notamment dispensées des prestations éducatives, scolaires, de formation professionnelle et d'accompagnement à l'insertion, elle n'en justifie toutefois par aucun élément. Par suite, l'association ANRAS ne peut prétendre au bénéfice de l'exonération prévue par les dispositions précitées de l'article 1407 du code général des impôts.

S'agissant de l'interprétation administrative de la loi fiscale :

5. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " () Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente. Sont également opposables à l'administration, dans les mêmes conditions, les instructions ou circulaires publiées relatives au recouvrement de l'impôt et aux pénalités fiscales ". Il résulte de ces dispositions que lorsque le contribuable invoque le bénéfice de l'interprétation de loi fiscale que l'administration a fait connaître par des instructions et circulaires publiées, aucune imposition, même primitive, qui serait contraire à cette interprétation ne peut être établie.

6. Aux termes de l'instruction référencée BOI-IF-TH-10-40-10 du 12 septembre 2012 : " (). / 100. L'exonération prévue par l'article 1407 II 3° du CGI ne vise expressément que les locaux affectés au logement des élèves, tels que dortoirs, réfectoires et installations sanitaires, dans les écoles et pensionnats. / (). / 110. Il y a lieu, toutefois, d'admettre que les locaux affectés à l'instruction des élèves (salles de classe, études, etc.) peuvent être exclus des bases de la taxe d'habitation. / () ".

7. Il ne résulte pas de l'instruction que le local objet des impositions en litige soit destiné à l'instruction des élèves. Dès lors, l'administration fiscale a pu, sans méconnaître la doctrine administrative invoquée, assujettir ce local à la taxe d'habitation.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de l'ANRAS à fin de décharge doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par l'association nationale de recherche et d'action solidaire, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de l'association nationale de recherche et d'action solidaire (ANRAS) est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association nationale de recherche et d'action solidaire (ANRAS) et au directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023.

La magistrate désignée,

F. A

La greffière,

M-E. LATIF

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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