jeudi 22 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2105467 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | GERAUD-LINFORT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 septembre 2021, Mme F E, représentée par Me Geraud-Linfort, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner une mesure d'expertise médicale, au contradictoire du centre hospitalier universitaire de Toulouse et à ses frais avancés, aux fins de déterminer et d'évaluer l'ensemble des préjudices qu'elle a subis des suites de l'accident de service dont elle a été victime le 7 mars 2018 ;
2°) de dire que l'expert devra déposer un pré-rapport afin de permettre aux parties de faire valoir leurs observations.
Elle soutient que :
- agent titulaire de la fonction publique hospitalière, elle a subi le 7 mars 2018 un accident de service qui a été reconnu imputable au service le 21 décembre 2020, étant précisé qu'afin de fixer la date de consolidation et le taux d'IPP, le centre hospitalier universitaire de Toulouse a sollicité l'expertise du docteur C, lequel, à la suite de l'examen médical du 17 février 2021, a fixé le taux d'IPP à 10 % avec une consolidation au 18 janvier 2019 ;
- or, si la commission de réforme, après l'avoir entendue et étudié les pièces médicales, a contredit l'expertise du docteur C en exigeant une nouvelle expertise et en déclarant que la consolidation ne pouvait pas être fixée au 18 janvier 2019, le centre hospitalier universitaire de Toulouse, de manière incompréhensible, n'a pas suivi l'avis de la commission de réforme et n'a pas sollicité une nouvelle expertise ;
- dans ces conditions, elle est fondée à solliciter une expertise afin que son taux d'incapacité partielle permanente et la date de consolidation fassent l'objet d'un ultime examen.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2022, le centre hospitalier universitaire de Toulouse, représenté par Me Sabatté, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que le champ de l'expertise médicale soit limité à la détermination de la date de consolidation des séquelles de l'accident de service du 7 mars 2018 ;
3°) à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requérante a demandé, par une requête au fond enregistrée sous le n° 2105459, l'annulation de la décision du 16 juillet 2021 en tant seulement qu'elle fixe la date de consolidation au 18 janvier 2019 et sans contester le taux d'IPP fixé à 10 % ;
- le Conseil d'Etat considère de longue date que lorsque la mesure d'instruction ou d'expertise se rattache aux pouvoirs d'instruction du juge du fond et que celui-ci est déjà saisi, ladite mesure est dépourvue d'utilité et, plus particulièrement, l'utilité ne sera pas reconnue si la mesure d'expertise sollicitée ne présente pas un caractère d'utilité différent que la mesure que le juge du fond peut ordonner dans le cadre de ses pouvoirs généraux d'instruction ;
- par ailleurs, la mesure d'expertise n'est pas utile si le dossier ou les éléments dont dispose le demandeur sont suffisants, ce qui est le cas en l'espèce, la requérante entendant sciemment cacher des expertises médicales qu'elle prend soin de ne pas verser aux débats.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision en date du 1er septembre 2021 par laquelle la présidente du tribunal administratif a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la mesure d'expertise sollicitée :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. Il peut notamment charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de sa mission. Les demandes présentées en application du présent chapitre sont dispensées du ministère d'avocat si elles se rattachent à des litiges dispensés de ce ministère. ".
2. Mme E, agent titulaire de la fonction publique hospitalière, a été victime sur son lieu de travail d'un accident de service le 7 mars 2018 dont l'imputabilité au service a été reconnue le 21 décembre 2020. Mme E demande la désignation d'un expert aux fins de déterminer les conséquences sur son état de santé de l'accident de service dont elle a été victime. Par suite, la mesure tendant à la détermination des préjudices qu'elle a subis du fait de l'accident de service précité entre dans le champ d'application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative et présente un caractère utile alors même que la requérante aurait déjà été examinée par des praticiens agréés. Il y a lieu, par suite, et alors qu'il n'est pas établi que sa requête au fond serait irrecevable, de faire droit à cette demande, tous droits et moyens des parties demeurant expressément réservés, et de fixer la mission de l'expert comme il est dit à l'article 2 ci-après de la présente ordonnance.
Sur le dépôt d'un pré-rapport :
3. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir. Il suit de là que les conclusions de la requérante tendant à ce que l'expert communique un pré-rapport aux parties ne peuvent qu'être rejetées.
Sur l'avance des frais d'expertise :
4. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires. Elle est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun. Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5. () ".
5. Il résulte des dispositions précitées qu'il appartient au seul président de la juridiction de désigner la ou les parties qui assumeront la charge des frais et honoraires d'expertise, après l'accomplissement de celle-ci. Il suit de là que les conclusions de la requérante relatives à la prise en charge par le centre hospitalier universitaire de Toulouse des frais d'expertise à intervenir ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il sera procédé à une expertise contradictoire entre Mme F E, d'une part, et le centre hospitalier universitaire de Toulouse.
Article 2 : L'expert aura pour mission :
- d'examiner Mme F E et prendre connaissance de son entier dossier médical ;
- d'apprécier, en tous ses éléments, le préjudice corporel de Mme F E qui a résulté pour elle de l'accident de service dont elle a été victime le 7 mars 2018, en y distinguant la part éventuellement imputable à son état de santé antérieur ;
- de retracer l'évolution de son état de santé et de faire connaître si, et le cas échéant, à quelle date, son état de santé peut être regardé comme consolidé ;
- d'indiquer, dans l'hypothèse où son état ne serait pas consolidé, s'il est susceptible d'évoluer en aggravation ou en amélioration. Dans l'affirmative, fournir toutes précisions utiles sur cette évolution, sur son degré de probabilité et, dans le cas où un nouvel examen serait nécessaire, mentionner dans quel délai ;
- de fixer le taux d'invalidité permanente partielle dont elle reste atteinte et de déterminer la répercussion de cette invalidité sur l'activité de l'intéressée et sur ses conditions d'existence, de donner toute précision quant à la durée des éventuelles incapacités temporaires (totale et/ou partielle), d'évaluer l'importance des souffrances subies, du préjudice esthétique et d'agrément de la victime, de donner, plus généralement, toute indication utile à la détermination des différents éléments de son préjudice corporel et psychologique ;
- de fournir, plus généralement, tous éléments susceptibles de permettre d'éclairer le juge du fond saisi du litige opposant Mme F E à son administration.
Article 3 : Le docteur B D, domicilié 185 avenue Thiers à Bordeaux (33100), est désigné pour procéder à l'expertise.
Article 4 : L'expert, qui pourra déposer un pré-rapport s'il le juge utile, accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 5 : L'expert notifiera son rapport aux parties dans les conditions prévues par l'article R. 621-9 du code de justice administrative et déposera son rapport en deux exemplaires au greffe du Tribunal dans le délai de six mois à compter de la notification de la présente ordonnance.
Article 6 : Les frais et honoraires dus à l'expert seront taxés ultérieurement par ordonnance du président du Tribunal qui désignera la ou les parties qui en assumeront la charge conformément à l'article R. 621-11 du code susvisé.
Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme F E, au centre hospitalier universitaire de Toulouse et au docteur B D, expert.
Fait à Toulouse, le 22 décembre 202 Le vice-président, juge des référés,
David A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026