lundi 2 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2105485 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SÉRÉE DE ROCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 septembre 2021, la SARL (société à responsabilité limitée) Le Comptoir Toulousain des métaux précieux, représentée par Me Sérée de Roch, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 23 juin et 21 juillet 2021 par lesquelles le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne a rejeté ses demandes d'aide au titre du fonds de solidarité destiné aux entreprises touchées par les conséquences de l'épidémie de Covid-19 pour le mois d'avril 2021 ;
2°) d'enjoindre au directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne le versement d'une somme de 191 019 euros au titre de l'aide attribuée par le fonds de solidarité destiné aux entreprises touchées par les conséquences de l'épidémie de Covid-19, dans un délai déterminé à compter de la notification de sa décision à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées ne sont pas motivées ;
- elles ne comportent aucun nom, prénom, fonction et signature permettant d'identifier leurs auteurs et de vérifier leur compétence, la privant ainsi d'une garantie procédurale ;
- elles ne comportent aucune coordonnée téléphonique, télécopie, ni adresse postale permettant de vérifier la compétence territoriale de leurs auteurs, ni la juridiction administrative territorialement compétente, la privant ainsi d'une garantie procédurale ;
- elles ne comportent aucune mention des voies et délais de recours, la privant d'une garantie procédurale ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation des faits, traduisant un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation dès lors qu'elle remplit toutes les conditions pour être éligible au dispositif d'aide.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2021, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête de la SARL Le Comptoir Toulousain des métaux précieux.
Il fait valoir que le moyen tiré de l'absence du nom et de la qualité des auteurs des décisions est inopérant et que les autres moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 3 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 18 novembre 2022 à 12 h 00.
Un mémoire, enregistré le 17 novembre 2022, a été présenté pour la SARL Le Comptoir Toulousain des métaux précieux et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Truilhé, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Luc, rapporteur public,
- et les observations de Me Sérée de Roch, représentant la SARL Le Comptoir Toulousain des métaux précieux.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL (société à responsabilité limitée) Le Comptoir Toulousain des métaux précieux exerce une activité d'achat - vente d'ouvrages en métaux précieux et de tous objets de collection liés au domaine de la numismatique, dont le siège est situé à Toulouse. Le 10 mai 2021, elle a obtenu une aide de 1 500 euros du fonds de solidarité institué afin de soutenir les entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 pour les pertes relatives au mois d'avril 2021. Le 12 mai 2021, la société a déposé une demande rectificative d'aide au titre du mois d'avril 2021, pour un montant de 191 019 euros. Cette demande a été rejetée le 23 juin 2021 au motif que la société n'a pas fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public sur la totalité du mois d'avril 2021. Le 24 juin 2021, la société a présenté à l'administration une nouvelle demande d'aide pour le même montant au titre du mois d'avril 2021, rejetée le 21 juillet 2021 au motif que son activité n'est pas listée dans les annexes du décret. Par la présente requête, la SARL Le Comptoir Toulousain des métaux précieux demande au tribunal d'annuler les décisions des 23 juin et 21 juillet 2021 par lesquelles le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne a rejeté ses demandes d'aide.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que les décisions attaquées, notifiées par l'intermédiaire d'un courriel, ne comportent pas les mentions du prénom, du nom et de la qualité de leurs auteurs, mais uniquement la mention " Direction générale des finances publiques " et ont été expédiées par la " Direction des grandes entreprises ". Ces mentions ne permettent pas de s'assurer de la compétence de leur auteur. Dans ces conditions, la société Le Comptoir Toulousain des métaux précieux est fondée à soutenir que les décisions contestées ne permettent pas d'identifier leur auteur, ni de s'assurer de leur compétence.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés à l'encontre de ces décisions, que la société Le Comptoir Toulousain des métaux précieux est fondée à demander l'annulation des décisions des 23 juin et 21 juillet 2021 par lesquelles le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne a rejeté ses demandes d'aide au titre du fonds de solidarité pour le mois d'avril 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Les annulations prononcées par le présent jugement, eu égard au motif qui vient à leur soutien, n'impliquent pas qu'il soit enjoint à l'Etat de verser à la société Le Comptoir Toulousain des métaux précieux une aide au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises pour le mois d'avril 2021.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de faire droit aux conclusions de la société Le Comptoir Toulousain des métaux précieux présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en mettant à la charge de l'Etat, partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions des 23 juin et 21 juillet 2021 par lesquelles le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne a rejeté ses demandes d'aide au titre du fonds de solidarité pour le mois d'avril 2021 sont annulées.
Article 2 : L'Etat versera à la SARL Le Comptoir Toulousain des métaux précieux la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la SARL Le Comptoir Toulousain des métaux précieux est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Le Comptoir Toulousain des métaux précieux, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et au directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. Déderen, premier conseiller,
M. Zabka, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 janvier 2023.
Le président-rapporteur,
J-C. TRUILHÉ
L'assesseur le plus ancien,
G. DÉDEREN
La greffière,
M-E. LATIF
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
No 2105485
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026