jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2105899 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | R.F. RASTOUL-S.FONTANIER-A.COMBAREL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 8 octobre 2021, 24 juillet et 18 août 2022, M. C A et Mme D A, agissant en qualité de représentants légaux de leur fille, B A, devenue majeure en cours d'instance, représentés par Me Antich, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner le Syndicat mixte du Parc Naturel Régional des Grands Causses à verser à Mme B A la somme de 17 690 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis du fait de son accident, avec intérêts au taux légal à compter du 10 juin 2021 et capitalisation des intérêts ;
2°) de condamner le Syndicat mixte du Parc Naturel Régional des Grands Causses à verser à Mme D A la somme de 2 844.27 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis du fait de l'accident de sa fille, avec intérêts au taux légal à compter du 10 juin 2021 et capitalisation des intérêts ;
3°) de condamner le Syndicat mixte du Parc Naturel Régional des Grands Causses à verser à M. C A la somme de 1 000 euros en réparation de son préjudice moral du fait de l'accident de sa fille, avec intérêts au taux légal à compter du 10 juin 2021 et capitalisation des intérêts ;
4°) d'annuler la décision implicite du Syndicat mixte du Parc Naturel Régional des Grands Causses rejetant leur demande indemnitaire préalable en date du 10 juin 2021 ;
5°) de mettre à la charge du Syndicat mixte du Parc Naturel Régional des Grands Causses la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance ;
Ils soutiennent que :
- la responsabilité du syndicat mixte du Parc Naturel Régional (PNR) des Grands Causses est engagée en raison, d'une part du défaut d'entretien normal du portail d'accès au parc de stationnement dont il est propriétaire et, d'autre part, à la faute commise tenant à son inaction à prendre les mesures appropriées pour sécuriser et réparer le portail, alors même que son état défectueux et les risques qu'il faisait courir aux usagers étaient connus ;
- lors de l'ouverture du portail par B A, la partie coulissante de cet ouvrage a basculé et a écrasé son bassin ainsi que ses membres inférieurs ;
- l'ouvrage public et les négligences de l'administration à en assurer son bon entretien et son bon fonctionnement sont la cause directe et certaine de la chute du portail sur B A et par conséquent, des dommages qu'elle a subis ;
- la date de consolidation de l'état de santé B A est fixée au 9 août 2018 ;
- les préjudices dont il est demandé réparation se composent comme suit :
Préjudices personnels B A :
*1 500 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;
*5 850 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;
*6 000 euros au titre des souffrances endurées et préjudice moral ;
*605 euros au titre de l'aide humaine avant consolidation ;
*400 euros au titre du préjudice esthétique temporaire et permanent ;
*1 000 euros au titre du préjudice sexuel ;
Préjudices des victimes par ricochet :
Concernant Mme D A :
*2 000 euros au titre du préjudice moral ;
*414.51 euros au titre de la perte de gains professionnels ;
*341.76 euros au titre des frais de déplacement et médicaux pendant l'hospitalisation et post-hospitalisation ;
*26.41 euros au titre des frais pharmaceutiques ;
*31.15 euros au titre des frais de télévision ;
*284.20 euros au titre des frais de transport avec sa voiture personnelle ;
*88 euros au titre de frais divers ;
Concernant M. C A :
*1 000 euros au titre du préjudice moral.
- le syndicat ne peut s'exonérer de sa responsabilité en invoquant le fait de Mme D A, seuls les faits commis personnellement par la victime mineure pouvant être invoqués à cet égard ;
- en tout état de cause, aucune faute ne peut être reprochée à Mme D A.
Par un mémoire enregistré le 13 décembre 2021, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Tarn, représentée par Me Rastoul, demande au tribunal :
1°) de condamner le Syndicat mixte du Parc Naturel Régional des Grands Causses à lui verser la somme de 9 992.07 euros au titre des débours engagés, assortie des intérêts au taux légal ainsi que la somme de 1 098 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion ;
2°) de mettre à la charge du Syndicat mixte du Parc Naturel Régional des Grands Causses à lui verser la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance.
Elle soutient que ses débours, composés de frais hospitaliers, médicaux, pharmaceutiques et d'appareillage, s'élèvent à 9 992.07 euros pour les prestations servies à B A et sont entièrement imputables au fait dommageable ;
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 13 juin et 1e août 2022, le Syndicat mixte du Parc Naturel des Grands Causses, représentée par Me Février, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge des requérants la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- l'intervention de la CPAM du Tarn est irrecevable en ce qu'elle demande à être indemnisée dans l'hypothèse où la responsabilité du centre hospitalier de Cahors serait retenue ;
- la matérialité des traumatismes subis par B A ni le lien de causalité entre l'affaiblissement de l'ouvrage public et les préjudices ne sont contestés ;
- Mme D A a commis des fautes de nature à l'exonérer intégralement de sa responsabilité. Elle a tout d'abord utilisé le parc de stationnement en litige à des fins personnelles et en dehors de ses heures de services ; par ailleurs, elle y a stationné son véhicule alors qu'elle était informée de l'interdiction de l'utiliser et qu'un autre parc de stationnement avait été mis à la disposition des personnels pendant toute la durée des travaux.
- le préjudice sexuel est considéré sans objet par l'expert ;
- le préjudice esthétique est considéré comme négligeable par l'expert ;
- la somme de 605 euros au titre de l'aide humaine avant consolidation n'est pas justifiée ;
- la somme de 15 355 euros demandée ne correspond pas à la somme des préjudices détaillés ;
- la perte de gains professionnels ni les divers frais dont les requérants font état ne sont établis ;
- l'évaluation du préjudice moral de M. et Mme A doit être revue à de plus justes proportions ;
Par une ordonnance du 27 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 15 septembre 2022 à 12h00.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cherrier ;
- les conclusions de Mme Carvalho, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Antichi représentant les consorts A et Me Fevrier représente la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn.
Considérant ce qui suit :
1. Le 29 juin 2017, B A, alors âgée de onze ans, a été victime d'un accident sur le parc de stationnement du syndicat mixte du PNR des Grands Causses, à Millau. Alors qu'elle manipulait le portail métallique du parking pour l'ouvrir, celui-ci est tombé sur elle, lui causant plusieurs fractures du bassin et des membres inférieurs, une plaie vésicale et des plaies faciales dont elle garde des séquelles.
2. Par une demande indemnitaire préalable reçue le 10 juin 2021, dont le syndicat mixte du PNR des Grands Causses a accusé réception par un courrier reçu le 17 juin 2021, les époux A ont sollicité la réparation des préjudices subis consécutivement à la chute du portail sur leur fille. Par la présente requête, ils demandent au tribunal de condamner le syndicat mixte du PNR des Grands Causses à leur verser la somme globale de 21 534.27 euros à ce titre.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de rejet sa demande préalable :
3. La décision implicite par laquelle le syndicat mixte du PNR des Grands Causses a rejeté la demande préalable de M. et Mme A a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de leurs demandes, les intéressés, en formulant des conclusions tendant à la réparation de leurs préjudices, ayant donné à l'ensemble de leur requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation ne peuvent qu'être rejetées.
Sur la responsabilité du Syndicat mixte du Parc naturel régional des Grands Causses :
4. En premier lieu, il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre celui-ci et le préjudice invoqué. Pour s'exonérer de la responsabilité qui pèse ainsi sur elle, il incombe à la collectivité, maître d'ouvrage, soit d'établir qu'elle a normalement entretenu l'ouvrage, soit de démontrer la faute de la victime ou l'existence d'un évènement de force majeure, sans que puisse utilement être invoqué le fait du tiers.
5. Il résulte de l'instruction que, le 29 juin 2017, B A a manipulé le portail séparant la voie publique du parc de stationnement du syndicat mixte du PNR des Grands Causses afin de permettre la sortie du véhicule de sa mère. Lors de cette manœuvre, elle a été grièvement blessée par la chute de ce portail, sorti de son rail de maintien. Il résulte des photographies produites, que le portail, partiellement coulissant, tenait en équilibre grâce au rail et au portillon mais ne comportait ni attache pour le maintenir contre le muret, ni butée aux extrémités du rail. Malgré cet équilibre précaire, aucune signalisation ni mesure de sécurité n'avait été prise pour prévenir la survenance d'un accident. La chute de ce portail sur une enfant de onze ans, alors qu'elle était en train de l'ouvrir, sans qu'il soit établi ni même allégué qu'elle en aurait fait un usage anormal, suffit à caractériser son défaut d'entretien normal, le PNR n'établissant ni même n'alléguant qu'il était entretenu et ne présentait aucun danger pour ses usagers. A cet égard, s'il fait valoir qu'un camion de l'entreprise réalisant les travaux immobiliers aurait endommagé le portail, le jour de l'accident, il ne peut toutefois se prévaloir du fait du tiers, pour s'exonérer de sa responsabilité, comme il le reconnaît d'ailleurs lui-même.
6. Le syndicat mixte du PNR des Grands Causses, qui ne conteste pas la matérialité des faits ni que la chute du portail est à l'origine des préjudices dont se prévalent les requérants, fait cependant valoir que les fautes commises par Mme D A sont de nature à l'exonérer totalement de sa responsabilité.
7. Il soutient tout d'abord que Mme D A stationnait irrégulièrement dans le parking litigieux, en dehors de ses heures de service, pour des raisons personnelles. Néanmoins, il ne résulte pas de l'instruction, et n'est d'ailleurs pas allégué par le syndicat mixte du PNR, qu'il aurait interdit à ses personnels de stationner leurs véhicules sur ce parking en dehors de leurs heures de travail ou pris les mesures pour empêcher un tel stationnement.
8. Le PNR des Grands Causses soutient également qu'il avait formellement interdit à ses personnels de stationner sur le parc litigieux pendant la durée des travaux immobiliers, d'une durée d'un an, démarrés le 1er septembre 2016, un autre parc de stationnement situé à proximité immédiate ayant été mis à leur disposition, pendant cette période, dans le cadre d'un accord conclu avec la chambre de commerce et d'industrie (CCI). Il se prévaut à cet égard d'une attestation de son directeur général des services aux termes de laquelle celui-ci " déclare avoir demandé à l'ensemble des agents de ne plus utiliser le parking situé rue de la Peyrollerie à compter du début des travaux de réhabilitation du bâtiment lesquels ont commencé la première quinzaine du mois de septembre 2016 ", et d'une photographie non-datée d'un panneau d'affichage du permis de construire, apposé sur la clôture attenante au portail, sur lequel figure la mention " chantier interdit au public ". Toutefois, et alors que ses personnels ne peuvent être assimilés à du " public ", il ne précise pas les moyens mis en œuvre pour les informer de l'interdiction qui leur aurait ainsi été faite d'utiliser le parc de stationnement litigieux pendant la durée des travaux et, notamment, ne se prévaut d'aucune note d'information en ce sens qui aurait été affichée sur le lieu de travail ou diffusée auprès des personnels. L'attestation du directeur général des services, et la circonstance que le syndicat avait conclu un accord avec la CCI pour la mise à disposition d'un parking appartenant à celle-ci, ne permettent dès lors pas d'établir que le PNR des Grands Causses avait expressément demandé à ses personnels de ne plus circuler ni stationner leurs véhicules sur le parking litigieux pendant toute la durée des travaux. Il résulte d'ailleurs de l'instruction, et notamment du compte-rendu de visite de chantier du 1er septembre 2016 qu'il produit, que " la zone extérieure de stockage sera sur l'emprise du parking arrière. Attention toutefois de laisser un accès libre pour le personnel du PNR des portails bâtiment jusqu'au portail rue ", la circulation sur le parking ayant ainsi été maintenue pour les personnels du syndicat pendant la durée du chantier.
9. Il résulte en revanche de l'instruction, comme le font d'ailleurs valoir les requérants, que le portail en litige présentait un caractère vétuste et qu'il faisait courir de longue date un risque aux usagers, ce que ni le syndicat, ni les personnels de celui-ci, ne pouvaient par conséquent ignorer. Alors que Mme A, en sa qualité d'agent du syndicat mixte du PNR, avait de ce fait une parfaite connaissance des lieux, qu'elle fréquentait quotidiennement, et ne pouvait ignorer l'état défectueux du portail d'accès ainsi que les risques liés à son utilisation, elle a, en demandant à sa fille âgée de onze ans d'actionner cet ouvrage qu'elle savait dangereux, commis une faute de nature à exonérer le syndicat mixte du PNR de sa responsabilité à hauteur de 30%.
10. En second lieu, si les requérants se prévalent de la faute commise par le syndicat qui n'aurait pas mis en place la signalisation adéquate ni pris les mesures nécessaires pour remédier aux risques engendrés par la défectuosité du portail, la carence fautive qu'ils invoquent ne constitue pas une faute distincte du défaut d'entretien normal de cet ouvrage.
11. Il résulte de ce qui précède que la responsabilité du syndicat mixte du PNR des Grands Causses est engagée, dans la limite de 70 %, au titre des dommages subis par les requérants consécutivement à la chute du portail sur la jeune B A.
Sur l'évaluation des préjudices :
En ce qui concerne B A :
12. Il résulte de l'instruction que l'expert a fixé la date de consolidation de l'état de santé B au 9 août 2018. Il y a lieu de retenir cette date.
S'agissant des préjudices patrimoniaux :
Quant à l'assistance par tierce personne :
13. Il résulte de l'instruction, plus particulièrement du rapport d'expertise, que l'aide apportée à B par ses parents s'évalue à une heure par jour du 7 juillet 2017 au 3 août 2017 et à trois heures par semaine du 4 août 2017 au 10 octobre 2017. Ce chef de préjudice doit être évalué à la somme de 616 euros, après application du taux de responsabilité, sur la base d'un taux horaire moyen de 16 euros.
S'agissant des préjudices extra-patrimoniaux :
Quant au déficit fonctionnel temporaire :
14. Il résulte de l'instruction, et plus particulièrement du rapport d'expertise, que le déficit fonctionnel temporaire a été total du 29 juin 2017 au 6 juillet 2017, en raison de l'hospitalisation B, puis de 50% (classe III) entre le 7 juillet et le 3 août, en raison du port d'une sonde urinaire, de l'usage de cannes anglaises et des répercussions psychologiques. Ce déficit a été évalué à 25% (classe II) du 4 août au 10 octobre, à 10% (classe I), entre le 11 octobre et 8 août 2018, compte tenu de sa rééducation, de l'astreinte aux soins et des répercussions psychologiques. Par suite, il y a lieu d'évaluer ce préjudice à 969 euros, après application du taux de responsabilité, sur la base de 20 euros par jour de déficit fonctionnel temporaire total.
Quant au déficit fonctionnel permanent :
15. Il résulte de l'instruction, et plus particulièrement du rapport d'expertise, que le déficit fonctionnel permanent présenté par B s'évalue à 1% en raison des douleurs résiduelles du bassin à l'effort et de mictions plus fréquentes. Dès lors, en raison de son jeune âge, il y a lieu d'évaluer ce chef de préjudice à une somme de 1 200 euros, après application du taux de responsabilité.
Quant aux souffrances endurées :
16. Il résulte de l'instruction, et plus particulièrement de l'expertise, que les souffrances endurées par B sont évaluées à 3 sur une échelle de 7 compte tenu de son hospitalisation, du port prolongé de la sonde, de l'usage de cannes anglaises ainsi que des répercussions psychologiques liées au traumatisme initial. Par suite, il convient d'allouer la somme de 1 800 euros après application du taux de responsabilité.
Quant au préjudice esthétique temporaire et permanent :
17. Si l'expert a seulement retenu un préjudice esthétique permanent qu'il évalue à 0,5 sur une échelle de 7, il résulte de l'instruction qu'Audrey a porté une sonde urinaire et marché pendant plusieurs mois avec des béquilles. Elle conserve, par ailleurs, des séquelles de l'accident subi, notamment une boiterie et une cicatrice à la lèvre. Par suite, il convient de lui allouer à ce titre la somme de 1 500 euros après application du taux de responsabilité.
Quant au préjudice sexuel :
18. Lors de l'expertise, il n'était fait état d'aucun préjudice sexuel en raison de son jeune âge, malgré un traumatisme périnéal. Il n'est par ailleurs pas non plus établi qu'Audrey subirait un tel préjudice en grandissant ou à la suite de sa majorité intervenue d'instance. Par suite, la demande présentée à ce titre doit être rejetée.
En ce qui concerne D A :
S'agissant des préjudices patrimoniaux :
Quant à la perte de gains professionnels :
19. En se bornant à produire ses bulletins de salaire sur la période s'étendant de juillet à décembre 2017, ainsi qu'un tableau récapitulant les sommes reçues du syndicat mixte du PNR et de la mutuelle sur la période du 26 juin 2017 au 05 février 2019, les requérants n'établissent pas, au regard de l'évaluation faite par l'expert du besoin d'assistance humaine B, que la perte de gains professionnels de Mme A serait imputable aux soins apportés à sa fille. Par suite, la demande présentée à ce titre doit être rejetée.
Quant aux frais médicaux et de déplacement :
20. Si les requérants déclarent avoir exposé la somme de 341,76 euros pour des frais de déplacement et des frais médicaux pendant l'hospitalisation et la période de post-hospitalisation B, ils ne le justifient pas. Leur demande à ce titre ne peut, dès lors, qu'être rejetée.
Quant aux frais pharmaceutiques :
21. Les requérants ont exposé la somme de 26,41 euros pour des frais pharmaceutiques directement liés aux conséquences dommageables de l'accident. Après application du taux de responsabilité, il convient de leur allouer une somme de 18,49 euros à ce titre.
Quant aux frais de télévision lors de l'hospitalisation :
22. Les requérants ont exposé 31,15 euros de frais de télévision lors de l'hospitalisation B. Par suite, après application du taux de responsabilité, il convient de leur allouer, à ce titre, une somme de 21,80 euros.
Quant aux frais de transport :
23. Les requérants déclarent avoir exposé la somme de 284,20 euros au titre de frais de déplacements avec leur véhicule personnel. En se bornant à produire un tableau faisant état de tels frais, qui n'est corroboré par aucun justificatif de rendez-vous, leur demande d'indemnisation à ce titre ne peut être accueillie.
Quant aux frais divers :
24. Si les requérants déclarent avoir versé des arrhes pour la location d'un meublé de vacances dans lequel ils n'ont pu se rendre du fait de l'état de santé B, ni le devis ni le contrat de location qu'ils produisent, ne permettent d'établir qu'ils ont renoncé au bénéfice de cette location. La demande à ce titre ne peut, dès lors, qu'être rejetée.
S'agissant des préjudices extra-patrimoniaux :
Quant au préjudice moral :
25. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par Mme D A, mère de la victime, en l'évaluant à la somme de 1 050 euros, après application du taux de responsabilité.
En ce qui concerne C A :
26. Il convient d'allouer à M. C A, père de la victime, la somme de 1 000 euros qu'il demande au titre de son préjudice moral.
En ce qui concerne la CPAM du Tarn :
27. En premier lieu, la CPAM du Tarn demande le remboursement des débours qu'elle a engagés à hauteur de 9 992,07 euros au titre des frais d'hospitalisation, médicaux, pharmaceutiques et d'appareillage B A. Ce préjudice est en lien direct avec le défaut d'entretien normal, par le syndicat mixte du PNR des Grands Causses, de son ouvrage public. Par suite, il y a lieu de mettre à sa charge la somme de 6 994.45 euros à ce titre, après application du taux de responsabilité.
28. L'article L. 376-1 du Code de la sécurité sociale permet par ailleurs aux caisses d'assurance maladie exerçant leur recours subrogatoire de recouvrer une indemnité forfaitaire de gestion égale au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans des limites fixées par arrêté. L'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 fixe le montant et maximum de cette indemnité forfaitaire de gestion à 1 191 euros. Eu égard au montant des sommes accordées à la CPAM du Tarn, il y a lieu de condamner le syndicat à lui verser la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
29. Enfin, aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité.
30. La CPAM du Tarn demande que les indemnités qui lui sont allouées soient assorties des intérêts au taux légal, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité, le 13 décembre 2021. Il y a lieu de faire droit à cette demande.
Sur les dépens :
31. Si les époux A demandent la condamnation du syndicat mixte du PNR des Grands Causses aux entiers dépens, ils n'établissent pas le montant de ceux-ci ni les justifient. Par suite, la demande à ce titre ne peut qu'être écartée.
Sur les frais liés au litige :
32. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du syndicat mixte du PNR des Grands Causses la somme de 1 500 euros à verser aux consorts A, ainsi que la somme de 1 000 euros à verser à la CPAM du Tarn, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, les conclusions présentées au même titre par le syndicat mixte, qui est la partie perdante, ne peuvent être accueillies.
D E C I D E :
Article 1 : Le syndicat mixte du PNR des Grands Causses est condamné à verser une somme de 6 085 euros à B A, devenue majeure en cours d'instance. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 10 juin 2021. Les intérêts échus le 10 juin 2022 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette dernière date seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : Le syndicat mixte du PNR des Grands Causses est condamné à verser une somme de 1 090,29 euros à Mme D A. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 10 juin 2021. Les intérêts échus le 10 juin 2022 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette dernière date seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : Le syndicat mixte du PNR des Grands Causses est condamné à verser une somme 1 000 euros à M. C A. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 10 juin 2021. Les intérêts échus le 10 juin 2022 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette dernière date seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 4 : Le syndicat mixte du PNR des Grands Causses est condamné à verser à la CPAM du Tarn une somme de 6 994,45 euros au titre de ses débours, qui portera intérêts au taux légal à compter du 13 décembre 2021, ainsi que la somme de 1 191 euros, au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du Code de sécurité sociale.
Article 5 : Le syndicat mixte du PNR des Grands Causses versera une somme de 1 500 euros aux époux A ainsi que la somme de 1 000 euros à la CPAM du Tarn au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, Mme D A, M. C A et au syndicat mixte du PNR des Grands Causses.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
M. Rives, premier conseiller,
Mme Péan, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
L'assesseur le plus ancien,
A. RIVES
La présidente-rapporteure,
S. CHERRIER La greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au ministre de la santé en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026