mardi 16 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2105959 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique chambre 1 |
| Avocat requérant | SCP CAMILLE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 12 octobre 2021, 29 juillet 2022 et 25 octobre 2023, la SCI Prima, représentée par Me Gasquet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2021 pour un montant total de 50 829 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la base de calcul de la taxe est erronée dès lors que le tarif au m2 aurait dû être fixé à 5, 50 euros /m2 pour la parcelle cadastrée AN n° 536 et 4, 50 euros /m2 s'agissant de la parcelle AN n° 460, qu'un coefficient de localisation de 0,9 aurait dû lui être appliqué, que la valeur locative de chacune des parcelles en litige devait être affectée d'un coefficient de pondération de 0,2 et que l'administration a commis une erreur en omettant d'intégrer les mécanismes de neutralisation et de lissage au calcul des cotisations ;
- les impositions litigieuses ont un caractère confiscatoire et violent le droit au respect des biens tel que garanti par les stipulations de l'article 1er du 1er protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 11 mai 2022, 14 octobre 2022 et 14 décembre 2023, le directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la SCI Prima ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le 1er protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de Mme B,
-et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Prima est propriétaire à Beauzelle (Haute-Garonne) de terrains à usage professionnel situés aux 500 et 615 avenue de Garossos correspondant aux parcelles cadastrées section AN n° 536 et AN n° 460. Elle a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2021 à raison de ces propriétés pour un montant total de 50 829 euros, imposition mise en recouvrement par voie de rôle général le 31 août 2021. Par une décision du 27 septembre 2021, l'administration fiscale a rejeté la réclamation du 22 septembre 2021 par laquelle la SCI Prima a contesté le montant de ces impositions.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Tout d'abord, aux termes de l'article 1415 du code général des impôts : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année de l'imposition. " Aux termes de l'article 1494 de ce code : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la taxe d'habitation ou d'une taxe annexe établie sur les mêmes bases est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte. " L'article 1498 du même code dispose : " I. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie, autres que les locaux mentionnés au I de l'article 1496, que les établissements industriels mentionnés à l'article 1499 et que les locaux dont la valeur locative est déterminée dans les conditions particulières prévues à l'article 1501, est déterminée selon les modalités prévues aux II ou III du présent article./ Les propriétés mentionnées au premier alinéa sont classées dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination. A l'intérieur d'un sous-groupe, elles sont classées par catégories, en fonction de leur utilisation, de leurs caractéristiques physiques, de leur situation et de leur consistance. Les sous-groupes et catégories de locaux sont déterminés par décret en Conseil d'Etat./ II. - A. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie mentionnée au I est déterminée en fonction de l'état du marché locatif à la date de référence du 1er janvier 2013, sous réserve de la mise à jour prévue au III de l'article 1518 ter./ Elle est obtenue par application d'un tarif par mètre carré déterminé conformément au 2 du B du présent II à la surface pondérée du local définie au C du présent II./ B. - 1. Il est constitué, dans chaque département, un ou plusieurs secteurs d'évaluation qui regroupent les communes ou sections cadastrales de communes qui, dans le département, présentent un marché locatif homogène.(). /2. Les tarifs par mètre carré sont déterminés sur la base des loyers moyens constatés dans chaque secteur d'évaluation par catégorie de propriétés./ A défaut, lorsque les loyers sont en nombre insuffisant ou ne peuvent être retenus, ces tarifs sont déterminés par comparaison avec les tarifs fixés pour les autres catégories de locaux du même sous-groupe du même secteur d'évaluation./ A défaut d'éléments suffisants ou pouvant être retenus au sein du même secteur d'évaluation, ces tarifs sont déterminés par comparaison avec ceux qui sont appliqués pour des propriétés de la même catégorie ou, à défaut, du même sous-groupe dans des secteurs d'évaluation présentant des niveaux de loyers similaires, dans le département ou dans un autre département./ Les tarifs par mètre carré peuvent être majorés de 1,1,1,15,1,2 ou 1,3 ou minorés de 0,7,0,8,0,85 ou 0,9, par application d'un coefficient de localisation destiné à tenir compte de la situation particulière de la parcelle d'assise de la propriété au sein du secteur d'évaluation./ C. - La surface pondérée d'un local est obtenue à partir de la superficie de ses différentes parties, réduite, le cas échéant, au moyen de coefficients fixés par décret, pour tenir compte de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques respectives. () ". Aux termes de l'article 1518 A quinquies de ce code : " I. - 1. En vue de l'établissement de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la cotisation foncière des entreprises, de la taxe d'habitation et de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, la valeur locative des propriétés bâties mentionnées au I de l'article 1498 est corrigée par un coefficient de neutralisation./ Ce coefficient est égal, pour chaque taxe et chaque collectivité territoriale, au rapport entre, d'une part, la somme des valeurs locatives non révisées au 1er janvier 2017 des propriétés bâties mentionnées au même I de l'article 1498 imposables au titre de cette année dans son ressort territorial, à l'exception de celles mentionnées au 2 du présent I, et, d'autre part, la somme des valeurs locatives révisées de ces mêmes propriétés à la date de référence du 1er janvier 2013./ Le coefficient de neutralisation déterminé pour chacune de ces taxes s'applique également pour l'établissement de leurs taxes annexes. (). /3. Pour les communes, chaque coefficient mentionné aux 1 et 2 appliqué aux valeurs locatives communales servant à l'établissement de la base d'imposition de la taxe foncière sur les propriétés bâties est égal au rapport entre :/ 1° D'une part, la somme du produit du taux d'imposition de la taxe foncière sur les propriétés bâties de la commune, appliqué en 2020, par le coefficient mentionné aux 1 ou 2 déterminé pour la commune et du produit du taux d'imposition de la taxe foncière sur les propriétés bâties du département, appliqué en 2020, par le coefficient mentionné aux 1 ou 2 déterminé pour le département ;/ 2° D'autre part, la somme des taux d'imposition de la taxe foncière sur les propriétés bâties de la commune et du département appliqués en 2020./ (). III. - Pour les impositions dues au titre des années 2017 à 2025 :/ 1. Lorsque la différence entre la valeur locative non révisée au 1er janvier 2017 et la valeur locative résultant du I est positive, celle-ci est majorée d'un montant égal à la moitié de cette différence ;/ 2. Lorsque la différence entre la valeur locative non révisée au 1er janvier 2017 et la valeur locative résultant du même I est négative, celle-ci est minorée d'un montant égal à la moitié de cette différence ; (). Le présent III n'est applicable ni aux locaux mentionnés au 2 du I du présent article, ni aux locaux concernés par l'application du I de l'article 1406 après le 1er janvier 2017, sauf si le changement de consistance concerne moins de 10 % de la surface de ces locaux./ IV. - Pour la détermination des valeurs locatives non révisées au 1er janvier 2017 mentionnées aux I et III, il est fait application des dispositions prévues par le présent code, dans sa rédaction en vigueur le 31 décembre 2016 () ". Aux termes de l'article 1518 E dudit code : " I. - Pour les biens mentionnés au I de l'article 1498 : " 1° Des exonérations partielles d'impôts directs locaux sont accordées au titre des années 2017 à 2025 lorsque la différence entre la cotisation établie au titre de l'année 2017 en application du présent code et la cotisation qui aurait été établie au titre de cette même année sans application du A du XVI de l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010, dans sa rédaction en vigueur le 31 décembre 2016, est positive./ Pour chaque impôt, l'exonération est égale aux neuf dixièmes de la différence définie au premier alinéa du présent 1° pour les impositions établies au titre de l'année 2017, puis réduite chaque année d'un dixième de cette différence./ L'exonération cesse d'être accordée à compter de l'année qui suit celle au cours de laquelle la propriété ou fraction de propriété est concernée par l'application du I de l'article 1406, sauf si le changement de consistance concerne moins de 10 % de la surface de la propriété ou fraction de propriété ;/ 2° Les impôts directs locaux établis au titre des années 2017 à 2025 sont majorés lorsque la différence entre la cotisation qui aurait été établie au titre de l'année 2017 sans application du A du XVI de l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 précitée, dans sa rédaction en vigueur le 31 décembre 2016, et la cotisation établie au titre de cette même année est positive./ Pour chaque impôt, la majoration est égale aux neuf dixièmes de la différence définie au premier alinéa du présent 2° pour les impositions établies au titre de l'année 2017, puis réduite chaque année d'un dixième de cette différence./ Cette majoration est supprimée à compter de l'année qui suit celle au cours de laquelle la propriété ou fraction de propriété est concernée par l'application du I de l'article 1406, sauf si le changement de consistance concerne moins de 10 % de la surface de la propriété ou fraction de propriété./ II. - Pour l'application du I :/ 1° Les impôts directs locaux s'entendent de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la cotisation foncière des entreprises, de la taxe d'habitation et de leurs taxes annexes ;/ 2° La différence définie au premier alinéa des 1° et 2° du même I s'apprécie pour chaque impôt en tenant compte de ses taxes annexes et des prélèvements prévus à l'article 1641./ Elle s'apprécie par propriété ou fraction de propriété bâtie pour la taxe foncière sur les propriétés bâties ; () ". L'article 324 Z de l'Annexe III du code général des impôts énonce : " Pour l'application du C du II de l'article 1498 du code général des impôts, la surface pondérée d'un local est la somme, le cas échéant arrondie au mètre carré inférieur, des superficies de ses différentes parties, affectées, le cas échéant, du coefficient mentionné au troisième alinéa./ Lorsque l'une de ces parties a une valeur d'utilisation réduite par rapport à l'affectation principale du local, la superficie de cette partie est réduite par application d'un coefficient fixé à 0,5 lorsque cette partie est couverte et à 0,2 dans le cas contraire. "
3. Ensuite, aux termes de l'article 1518 ter du code général des impôts : " I. - Dans l'intervalle entre deux actualisations prévues au III, les tarifs définis au 2 du B du II de l'article 1498 sont mis à jour par l'administration fiscale à partir de l'évolution des loyers constatés dans les déclarations prévues à l'article 1498 bis. Ces tarifs sont mis à jour chaque année dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat./ Lorsque ces loyers sont en nombre insuffisant ou ne peuvent, compte tenu de leur montant par rapport au montant du loyer moyen du secteur d'évaluation, être retenus, ces tarifs sont mis à jour dans les conditions prévues au deuxième alinéa du IV (). Ces tarifs sont publiés et notifiés dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat./ II. - Au cours des troisième et cinquième années qui suivent celle du renouvellement général des conseils municipaux, la commission départementale des valeurs locatives mentionnée à l'article 1650 B peut se réunir afin de modifier l'application des coefficients de localisation mentionnés au 2 du B du II de l'article 1498 après avis des commissions communales ou intercommunales des impôts directs respectivement mentionnées aux articles 1650 et 1650 A. Les décisions de la commission sont publiées et notifiées dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat et sont transmises à l'administration fiscale avant le 31 décembre de l'année précédant celle de leur prise en compte pour l'établissement des bases./ III. - A.- L'année qui suit le renouvellement général des conseils municipaux, il est procédé à une actualisation consistant, dans les conditions prévues à l'article 1504, en la délimitation des secteurs d'évaluation mentionnés au 1 du B du II de l'article 1498, en la fixation des tarifs déterminés conformément au 2 du même B et en la définition des parcelles auxquelles s'applique un coefficient de localisation mentionné au même 2./ Les résultats de cette actualisation sont pris en compte pour l'établissement des bases d'imposition de l'année suivante./ Cette actualisation est réalisée :/ 1° Tous les douze ans, à partir des données de loyer portées à la connaissance de l'administration fiscale en application de l'article 1498 bis. Elle est réalisée sur la base des données correspondant à la situation au 1er janvier de l'année précédant celle de l'actualisation ;/ 2° Tous les douze ans, six ans après l'actualisation mentionnée au 1° du présent A, à partir des données issues d'une campagne déclarative. Cette actualisation consiste également, le cas échéant, en la création, la suppression, la scission ou le regroupement de sous-groupes et catégories de locaux prévus au second alinéa du I de l'article 1498./ Pour la réalisation de l'actualisation prévue au 2° du présent A, les propriétaires des biens évalués conformément au II et, le cas échéant, au III de l'article 1498 souscrivent, avant le 1er juillet de l'année précédant celle de l'actualisation, une déclaration précisant les informations relatives à chacune de ces propriétés au 1er janvier de cette même année. La liste des informations demandées est fixée par arrêté des ministres chargés de l'économie et du budget./ B.-Pour l'application du A du présent III, la délimitation des secteurs d'évaluation présentant un marché locatif homogène et l'élaboration des tarifs sur la base des loyers moyens constatés dans chaque secteur d'évaluation par catégorie de propriétés, conformément aux principes fixés par les articles 1498 et 1504 et à partir des données mentionnées au A du présent III, sont réalisées dans des conditions déterminées par décret en Conseil d'Etat./ IV. - La valeur locative des propriétés bâties évaluée dans les conditions prévues au II de l'article 1498 est mise à jour, chaque année, par application du tarif par mètre carré, déterminé conformément au I du présent article, à la surface pondérée du local définie au C du II de l'article 1498. () ". L'article 1518 F du même code énonce : " Les décisions prises en application des articles 1504 et 1518 ter ne peuvent pas être contestées à l'occasion d'un litige relatif à la valeur locative d'une propriété bâtie. " En vertu de ces dispositions, les décisions fixant les tarifs applicables pour la détermination de la valeur locative d'un local professionnel ou la fixation d'un coefficient de localisation ne peuvent pas être contestées par la voie de l'exception à l'occasion d'un litige relatif à la valeur locative d'une propriété bâtie, ces décisions peuvent faire l'objet devant le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir formé dans le délai de recours contentieux par les personnes intéressées.
4. Enfin, aux termes du I) de l'article 1406 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable au litige : " Les constructions nouvelles, ainsi que les changements de consistance ou d'affectation des propriétés bâties et non bâties, sont portés par les propriétaires à la connaissance de l'administration, dans les quatre-vingt-dix jours de leur réalisation définitive et selon les modalités fixées par décret. () ".
5. En premier lieu, si la SCI Prima conteste le tarif appliqué pour la détermination de la valeur locative des parcelles dont elle est propriétaire en s'appuyant sur un rapport d'expertise daté du 7 décembre 2020 et réalisé par un expert judiciaire en évaluation immobilière, recommandant de retenir le tarif de 5,5 euros/m2 s'agissant de la parcelle cadastrée section AN n° 536 et de 4,5 euros/m2 s'agissant de la parcelle AN n° 460, il résulte de ce qui a été dit au point 3 du présent jugement qu'elle n'est pas recevable à critiquer ce paramètre départemental à l'appui de son recours. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que les cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties dues au titre de l'année 2021 ont été établies conformément tant aux dispositions précitées de l'article 1498 du code général des impôts dans leur rédaction applicable à compter du 1er janvier 2018 qu'aux termes de la décision de la commission départementale des valeurs locatives des locaux professionnels de la Haute-Garonne du 8 juillet 2015. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur affectant le tarif appliqué pour la détermination de la valeur locative des parcelles en litige doit être écarté.
6. En deuxième lieu, pour les mêmes raisons que celles évoquées au point précédent, la SCI Prima n'est pas recevable à soutenir que l'administration fiscale aurait dû appliquer un coefficient de localisation de 0,9 pour la détermination de la valeur locative des parcelles à raison desquelles elle a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties dès lors que ce paramètre du mode de calcul de la taxe résulte de la décision prise en application des dispositions de l'article 1518 ter du code général des impôts. Il résulte au demeurant de l'instruction que les parcelles litigieuses sont situées en dehors des secteurs bénéficiant d'un coefficient de localisation minoré. Par suite, le moyen tiré de ce que l'administration fiscale a commis une erreur en refusant de retenir un coefficient de localisation de 0,9 doit être écarté.
7. En troisième lieu, la SCI Prima soutient que la base de calcul de la cotisation mise à sa charge aurait dû intégrer un coefficient de pondération de 0,2 dès lors d'une part, que les parcelles litigieuses ne sont pas occupées en totalité de façon permanente et, d'autre part, que la parcelle cadastrée AN section n° 536 constitue une partie secondaire non couverte du local implanté sur une parcelle contigüe.
8. Tout d'abord, les dispositions précitées de l'article 324 Z de l'Annexe III du code général des impôts régissent la situation des biens accueillant des équipements de nature différente, le coefficient de pondération prévu à son 3e alinéa permettant de tenir compte des différences de commercialité existantes entre ces équipements pour l'établissement de la taxe foncière due à raison de locaux professionnels. Il résulte de l'instruction que les parcelles cadastrées section AN nos 536 et 460 ne comportent qu'un même équipement, à savoir un parc de stationnement automobile au demeurant constitué d'un seul espace, sans délimitation de zones distinctes les unes des autres. Dès lors, la différence de fréquentation d'une zone de cet équipement, à la supposer établie, est sans influence sur l'application d'un coefficient de pondération. En outre, la SCI Prima ne peut utilement se prévaloir de la modification de la catégorie dont relèvent ses locaux, intervenue le 5 septembre 2023, ce changement, outre qu'il est postérieur à l'année d'imposition en litige, étant dépourvu d'influence sur l'application d'un coefficient de pondération. Au surplus, il ne résulte pas de l'instruction que la société " Enchères VO " était déjà locataire des parcelles en 2021 alors que l'administration fiscale a tenu compte, comme elle y était tenue, des éléments dont elle avait connaissance l'année précédant l'année au titre de laquelle les cotisations litigieuses ont été établies.
9. Ensuite, il résulte des dispositions précitées de l'article 1494 du code général des impôts que la valeur locative est établie sur les mêmes bases pour chaque propriété ou fraction de propriété. Il résulte de l'instruction que les locaux sis sur les parcelles cadastrées AN section nos 536 et 387 appartiennent à deux sociétés distinctes, les SCI Prima et SPE. Cette circonstance fait obstacle à ce que le parking situé sur la parcelle cadastrée AN section n° 536 soit regardée comme une dépendance du local implanté sur la parcelle voisine. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a refusé de retenir l'application du coefficient de pondération sollicité par la société requérante.
10. En quatrième lieu, si la SCI Prima soutient que l'administration fiscale lui a, à tort, refusé le bénéfice du dispositif dit de " neutralisation " prévu par les dispositions de l'article 1518 A du code général des impôts, il résulte de l'instruction et notamment du détail du calcul des cotisations en litige versé par l'administration fiscale que celles-ci ont bien été établies en tenant compte de ce mécanisme. Par suite, le moyen doit être écarté comme manquant en fait.
11. En cinquième lieu, il résulte des dispositions combinées de l'article 1518 E et du I) de l'article 1406 du code général des impôts que le bénéfice du " lissage " cesse d'être accordé à compter de l'année suivant celle au cours de laquelle la propriété a fait l'objet d'un changement soumis à déclaration. Or, il résulte de l'instruction que les parcelles appartenant à la SCI Prima ont été achevées au cours de l'année 2017 et que la société requérante était assujettie à raison de ces propriétés à la taxe foncière sur les propriétés non bâties jusqu'en 2019. Aménagées en parking automobiles, ces parcelles ont ensuite fait l'objet d'un changement d'affectation ayant donné lieu, le 30 mars 2020, au dépôt de deux déclarations 6660-REV à l'initiative de l'administration fiscale, la société requérante n'ayant pas respecté ses obligations déclaratives. Dans ces conditions, la SCI Prima a perdu le bénéfice de l'exonération prévue par les dispositions de l'article 1518 E à compter de l'année 2021. Dès lors, elle n'est pas fondée à soutenir que les cotisations en litige devaient être établies en tenant compte du mécanisme du " lissage ".
12. En sixième et dernier lieu, la SCI Prima soutient que les cotisations établies au titre de l'année 2021 à raison des parcelles dont elle est propriétaire ont un caractère confiscatoire. Toutefois, la taxe foncière sur les propriétés bâties n'a pas pour objet de frapper le revenu tiré annuellement de l'exploitation des biens entrant dans son assiette, mais la détention de ces biens, en fonction de leur valeur locative cadastrale. La circonstance que le montant de la cotisation en litige représenterait plus de 100 % des loyers retirés de leur exploitation ne permet pas de regarder les parcelles comme ne conférant à leurs propriétaires aucune capacité contributive. En outre, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les impositions contestées portent une atteinte au droit de propriété garanti par l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au motif que la valeur locative retenue par l'administration fiscale devait tenir compte des loyers qu'elle retire de l'exploitation commerciale de ses parcelles, cette circonstance n'étant pas de nature à établir une violation du droit garanti par ces stipulations. Dès lors, le moyen tiré du caractère confiscatoire des impositions litigieuses doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que la société SCI Prima n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre de l'année 2021 à raison des parcelles dont elle est propriétaire à Beauzelle.
Sur les frais liés au litige :
14. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à sa charge au titre des frais exposés par la société SCI Prima et non compris dans les dépens. Par suite, les conclusions présentées par ladite société sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Prima est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société SCI Prima et au directeur régional des finances publiques de la région Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juillet 2024.
La magistrate désignée,
S. B
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
No 2105959
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026