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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2106019

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2106019

jeudi 12 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2106019
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSELARL COUBRIS, COURTOIS & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistré le 15 octobre 2021 et le 17 janvier 2022, M. E A et Mme D H, agissant en leurs noms propres et en leur qualité d'ayants droit de leur fille décédée, ainsi que M. J H, Mme L H et Mme C A, représentés par le Selarl Courbis, Courtois et associés, demandent au tribunal :

1°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à leur verser une somme globale de de 207 039, 52 euros en réparation des préjudices subis en raison de l'accident médical non fautif dont B A a été victime, assortie des intérêts au taux légal à compter de la saisine de la commission de conciliation et d'indemnisation ;

2°) de déclarer le jugement commun à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Aveyron ;

3°) de mettre à la charge de l'ONIAM une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la condition d'anormalité du dommage, prévue par l'article L.1142-1 du code de la santé publique, doit être regardée comme remplie dès lors que la probabilité de survenance d'une péritonite à l'issue de la mise en place d'un bouton de gastrostomie est de faible probabilité, et de manière certaine inférieure à 3 % ;

- aucun état antérieur ne peut être retenu ;

- le caractère de gravité du dommage est incontestable dès lors que l'enfant est décédée ;

- l'ONIAM est ainsi tenu de réparer intégralement les préjudices de B A ainsi que ceux de ses proches en lien avec l'accident médical non fautif ;

- les préjudices dont il est demandé réparation se décomposent comme suit :

Pour la victime décédée, au titre de l'action successorale :

* souffrances endurées : 35 000 euros ;

Pour M. E A et Mme D H :

* frais funéraires : 9 771 euros ;

Pour M. E A :

* frais de transport et d'hébergement : 235,52 euros ;

* pertes de revenus : 2 033 euros ;

* préjudice d'affection : 50 000 euros ;

Pour Mme D H :

* préjudice d'affection : 50 000 euros ;

Pour M. J H, Mme K H et Mme C A :

* préjudice d'affection : 20 000 euros chacun.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 décembre 2021 et le 25 février 2022, l'ONIAM, représenté par Me Ravaut, conclut à la réduction des prétentions des requérants :

Il fait valoir que :

- le décès de B A ouvre droit à réparation au titre de la solidarité nationale ;

- les sommes allouées en réparation devront être ramenées à de plus justes proportions, et ne dépasseront pas les limites suivantes :

Pour la victime décédée, au titre de l'action successorale :

* souffrances endurées : 5 000 euros ;

Pour M. E A et Mme D H :

* frais funéraires : 5 000 euros ;

Pour M. E A :

* frais de transport et d'hébergement : 235,52 euros ;

* pertes de revenus : ce préjudice n'est pas établi et ne pourra donner lieu à une indemnisation ;

* préjudice d'affection : 25 000 euros ;

Pour Mme D H :

* préjudice d'affection : 25 000 euros ;

Pour M. J H, Mme K H et Mme C A :

* préjudice d'affection : 3 500 euros chacun.

Par une ordonnance du 7 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 mars 2022 à 12h 00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique,

- le code de la sécurité sociale,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rives, rapporteur,

- et les conclusions de Mme Michel rapporteure publique,

Considérant ce qui suit :

1.Du 23 au 29 juin 2015, la jeune B A, alors âgée d'un an et demi, a été admise au sein de l'unité de soins de gastroentérologie infantile du Centre hospitalier universitaire de Toulouse pour la pose d'une gastrostomie et l'introduction d'une nutrition entérale, dans le cadre d'un syndrome dysmorphique et d'un retard d'acquisition du tonus postural qui avaient été constatés vers l'âge de trois mois, associés à un syndrome de Noonan. A l'issue de cette intervention, elle a bénéficié d'une alimentation entérale de 20 h à 7 h et de 13 h à 16 h, laquelle a permis une reprise pondérale, mais pas encore de reprise saturale. Le 16 juillet 2015, les plots de gastrostomie ont été retirés au sein du CHU, et le bouton de gastrostomie a été décrit comme correct, sans anomalies au niveau du pourtour de l'orifice de gastrostomie. A deux occasions, le 19 janvier 2016 et le 7 mars 2016, l'enfant a été retrouvée sans le bouton de gastrostomie, ces incidents ayant justifié de nouvelles prises en charge de jour au sein du CHU, qui ont consisté en la mise en place d'une sonde de gastrostomie de remplacement et le changement du bouton, avec vérification de sa perméabilité. Le 8 mars 2016 à 8h00, l'enfant, alors de retour au domicile, a présenté un état pyrétique, une hyperthermie, des vomissements et une asthénie. Elle est décédée à 11h30.

2.M. et Mme A ont saisi la commission de conciliation et d'indemnisation (CCI) Midi Pyrénées qui a fait diligenter une expertise, confiée au docteur F, chirurgien pédiatre, et au professeur I, pédiatre réanimateur. Les experts ont conclu que le décès était imputable à un collapsus cardio-vasculaire causé par une péritonite alimentaire consécutive à une rupture du site d'implantation de la gastrostomie. Ils ont estimé qu'il s'agissait d'un accident médical non fautif, dont la réparation des préjudices incombait à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), dès lors, d'une part, qu'aucun manquement aux règles de l'art ne peut, selon eux, être reproché au CHU et, d'autre part, que les complications de péritonite consécutives à la pose d'un bouton de gastrostomie ne surviennent que dans 1 à 3 % des cas. Le 28 avril 2021, l'ONIAM a présenté à chacun des deux parents une offre d'indemnisation d'un montant de 27 500 euros, que les intéressés ont refusé. Par la présente requête, M. A et Mme G, en leur qualité de parents et d'ayants droits de la victime décédée ainsi que Mme A et M. et Mme H, grands-parents, demandent au tribunal de condamner l'ONIAM à leur verser une somme globale de 207 039, 52 euros en réparation de leurs préjudices.

Sur le droit à indemnisation au titre de la solidarité nationale :

3.Aux termes de l'article L. 1142-1 II du code de la santé publique : " () II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. ". Aux termes de l'article L. 1142-22 du même code : " L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est un établissement public à caractère administratif de l'Etat, placé sous la tutelle du ministre chargé de la santé. Il est chargé de l'indemnisation au titre de la solidarité nationale, dans les conditions définies au II de l'article L. 1142-1 () des dommages occasionnés par la survenue d'un accident médical (). ". Aux termes de l'article L. 1142-20 du même code : " La victime, ou ses ayants droit, dispose du droit d'action en justice contre l'office si aucune offre ne lui a été présentée ou si elle n'a pas accepté l'offre qui lui a été faite. () ". Aux termes de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %. () ".

4.Il résulte de ces dispositions que l'ONIAM doit assurer, au titre de la solidarité nationale, la réparation de dommages résultant directement d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins à la condition qu'ils présentent un caractère d'anormalité au regard de l'état de santé du patient comme de l'évolution prévisible de cet état. La condition d'anormalité du dommage prévue par ces dispositions doit toujours être regardée comme remplie lorsque l'acte médical a entraîné des conséquences notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé de manière suffisamment probable en l'absence de traitement. Lorsque les conséquences de l'acte médical ne sont pas notablement plus graves que celles auxquelles le patient était exposé par sa pathologie en l'absence de traitement, elles ne peuvent être regardées comme anormales sauf si, dans les conditions où l'acte a été accompli, la survenance du dommage présentait une probabilité faible. Pour apprécier le caractère faible ou élevé du risque dont la réalisation a entraîné le dommage, il y a lieu de prendre en compte la probabilité de survenance d'un événement du même type que celui qui a causé le dommage et entraînant une invalidité grave ou un décès.

5.D'une part, il résulte de l'instruction que le décès de l'enfant découle directement de l'intervention chirurgicale réalisée au mois de juin 2015, dont l'objet était la pose d'une gastrostomie et l'introduction d'une alimentation entérale, et de l'acte de soin réalisé le 7 mars 2016, ayant consisté à remplacer le bouton de gastrostomie. D'autre part, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise établi par les médecins experts désignés par la CCI qu'en dépit de la pathologie cardiaque dont était atteinte la jeune B - et qui aurait probablement menacé son pronostic vital au début de l'âge adulte - celle-ci aurait pu toutefois bénéficier, dans l'intervalle, et en l'absence de complication liée à la rupture du site d'implantation de la gastrostomie, d'une " qualité de vie acceptable ". Cette complication, qui a entraîné une péritonite alimentaire elle-même à l'origine du collapsus cardiovasculaire ayant abouti au décès, est décrite par les experts comme une " complication rare mais connue " de la pose d'un bouton de gastrostomie, pouvant survenir dans 1 à 3 % des cas. Par suite, les conséquences de l'acte médical à l'origine du décès subi doivent être regardées comme anormales.

6.Il en résulte que les conditions d'intervention de la solidarité nationale sont réunies.

Sur l'évaluation des préjudices :

En ce qui concerne les préjudices de la victime directe :

7.Le droit à la réparation d'un dommage, quelle que soit sa nature, s'ouvre à la date à laquelle se produit le fait qui en est directement la cause. Si la victime du dommage décède avant d'avoir elle-même introduit une action en réparation, son droit, entré dans son patrimoine avant son décès, est transmis à ses héritiers. Le droit à réparation du préjudice résultant pour elle des souffrances endurées avant son décès et du déficit fonctionnel temporaire, constitue un droit entré dans son patrimoine avant son décès qui peut être transmis à ses héritiers.

8.Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise joint au dossier, que les souffrances endurées par la victime doivent être fixées à 5 sur une échelle de 7. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à la somme de 12 000 euros, que l'ONIAM versera à Mme D H et à M. E A, au titre de l'action successorale.

En ce qui concerne les préjudices des victimes indirectes :

9.En prévoyant, depuis la loi n° 2004-806 du 9 août 2004, l'indemnisation au titre de la solidarité nationale des ayants droit d'une personne décédée en raison d'un accident médical, d'une affection iatrogène ou d'une infection nosocomiale, le premier alinéa du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique ouvre un droit à réparation aux proches de la victime, qu'ils aient ou non la qualité d'héritiers, qui entretenaient avec elle des liens étroits, dès lors qu'ils subissent du fait de son décès un préjudice direct et certain.

S'agissant des préjudices à caractère patrimonial :

10.En premier lieu, Mme D H et M. E A font état de frais funéraires pour un montant total de 9 771 euros. D'une part, s'ils versent aux débats une facture d'un montant de 6 500 euros pour un caveau de quatre places, le préjudice indemnisable en rapport direct avec le décès de l'enfant doit être fixé au prorata du prix d'une seule place, soit 1 625 euros. D'autre part, ils justifient s'être acquittés d'une somme globale de 3 271 euros pour les frais d'obsèques et pour l'octroi d'une concession dans le cimetière communal, qu'il y a ainsi lieu de mettre à la charge de l'ONIAM. La somme globale de 4 896 euros pourra par suite leur être accordée, qu'il y a lieu de partager à égalité entre chacun d'eux, soit une somme de 2 448 euros.

11.En deuxième lieu, M. E A justifie de frais de transport ferroviaire s'élevant à 98,52 euros et de frais d'hébergement pour un montant de 137 euros. Il est constant qu'il a engagé ces dépenses en vue de participer, aux côtés de la mère de son enfant, à l'accedit de l'expertise diligentée par la CCI. Il est dès lors fondé à solliciter la condamnation de l'ONIAM à lui verser une somme de 235,52 euros en réparation de ce chef de préjudice.

12.En dernier lieu, M. E A, qui exerce l'activité de boulanger indépendant sur le territoire de la commune de Monteils, soutient avoir subi des pertes d'exploitation en raison de son absence ponctuelle pendant quatre jours ouvrés pour se rendre aux opérations d'expertise, qui se sont déroulées à Paris. Toutefois, à supposer même qu'un tel manque à gagner soit avéré, il n'est pas établi que sa présence aux opérations d'expertise impliquait nécessairement la fermeture de son commerce. Ce chef de préjudice, qui trouve directement sa cause dans les choix d'organisation de M. E A et non dans l'accident médical subi par la jeune B, ne saurait par suite être indemnisé.

S'agissant des préjudices à caractère extrapatrimonial :

13.D'une part, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection subi par les parents de la jeune B en l'évaluant à la somme de 23 000 euros pour chacun d'eux. D'autre part, le préjudice d'affection subi par les trois grands-parents de la jeune B doit être évalué, en l'absence de cohabitation avec celle-ci, à la somme 2 000 euros pour chacun d'eux.

14.Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'ONIAM à verser une somme de 12 000 euros à la succession de B A, une somme de 25 448 euros à Mme D H, une somme de 25 683,52 euros à M. E A, une somme de 2 000 euros à Mme C A, une somme de 2 000 euros à Mme L H et une somme de 2 000 euros à M. J H.

Sur les intérêts :

15.Il résulte des articles 1231-6 et 1231-7 du code civil que lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité.

16.M. E A et à Mme D H ne justifiant pas de la date à laquelle l'avis de la CCI Midi-Pyrénées a été transmis à l'ONIAM, il y lieu d'assortir les sommes dont cet office est débiteur des intérêts au taux légal à compter de la date d'enregistrement de la requête, le 15 octobre 2021. Celles versées à M. et Mme J et L H et Mme C A seront, quant à elles, assorties de ces mêmes intérêts à compter du 4 octobre 2021, date à laquelle leur demande indemnitaire préalable est parvenue à l'ONIAM

Sur la déclaration de jugement commun :

17.Les requérants demandent au tribunal de déclarer le présent jugement commun et opposable à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Aveyron. Toutefois, les tiers payeurs n'ont pas à être appelés à la cause dans un litige concernant la mise en œuvre de la solidarité nationale par l'ONIAM. Dès lors, ces conclusions ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

18.Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'ONIAM le versement aux consorts A et H, requérants, la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'ONIAM est condamné à verser à la succession de B A une somme de 12 000 euros, avec intérêt au taux légal à compter du 15 octobre 2021.

Article 2 : L'ONIAM est condamné à verser à M. E A une somme 25 683,52 euros, avec intérêt au taux légal à compter du 15 octobre 2021.

Article 3 : L'ONIAM est condamné à verser à Mme D H une somme de 25 448 euros, avec intérêt au taux légal à compter du 15 octobre 2021.

Article 4 : L'ONIAM est condamné à verser une somme de 2 000 euros à Mme C A, une somme de 2 000 euros à Mme L H et une somme de 2 000 euros à M. J H, avec intérêt au taux légal à compter du 4 octobre 2021.

Article 5 : L'ONIAM versera aux requérants une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Mme D H, à Mme C A, à Mme L H, à M. J H et à l'ONIAM.

Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023 à laquelle siégeaient :

Mme Cherrier, présidente,

M. Rives, conseiller,

Mme Péan, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 octobre 2023

Le rapporteur,

A. RIVES

La présidente,

S. CHERRIERLa greffière,

F. DEGLOS

La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2106019

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