mardi 26 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2106131 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP CABINET MOUNIELOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 octobre 2021 et 14 mars 2023, M. C A, représenté par Me Mouniélou, demande au tribunal :
1°) de condamner le rectorat de l'académie de Toulouse à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait du retard, dans la transmission des attestations des pratiques professionnelles et de l'expérience de travail en électricité demandées le 10 mars 2017 et dans l'exécution de l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Toulouse du 14 novembre 2019 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 600 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le rectorat de l'académie de Toulouse a commis une faute de nature à engager sa responsabilité du fait du retard, dans la transmission des attestations des pratiques professionnelles et de l'expérience de travail en électricité, et dans l'exécution de l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Toulouse du 14 novembre 2019 ; les documents demandés ne lui ont été adressés que le 24 septembre 2020 ; le retard à exécuter une décision de justice est assimilé à une violation de la chose jugée ;
- le rectorat de l'académie de Toulouse ne lui a pas versé les 500 euros mis à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Toulouse du 14 novembre 2019 ;
- il a subi un préjudice, dès lors qu'il n'a pas pu voir aboutir vingt-six candidatures professionnelles ; en effet, les attestations demandées lui étaient nécessaire dans le cadre d'une demande de reconnaissance professionnelle afin de pouvoir intégrer le marché du travail canadien ;
- le préjudice subi s'élève à 10 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 février 2023, le recteur de l'académie de Toulouse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la région Occitanie doit être attraite dans cette instance, dès lors que la gestion des adjoints techniques a été transférée à la région pour les lycées, en application de la loi n° 2000-809 du 13 août 2004 ;
- il n'est pas compétent pour établir les attestations demandées ;
- il demande à être mis hors de cause de cette instance ; l'Etat n'est pas le gestionnaire de M. A ; sa gestion relève de la région Occitanie ;
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soddu ;
- et les conclusions de Mme Nègre-Le-Guillou, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A a été recruté par concours en tant qu'ouvrier professionnel à compter du 1er septembre 1993, puis en tant qu'adjoint technique des établissements d'enseignement avec la spécialité " électricien ". Il a été détaché sans limitation de durée auprès de la région Midi-Pyrénées, à compter du 1er septembre 2009 et a intégré, sur sa demande, la fonction publique territoriale à compter du 1er juillet 2010. Le requérant qui entendait pouvoir intégrer le marché du travail canadien dans la province du Québec a déposé une demande de reconnaissance professionnelle. Les deux administrations québécoises, qui gèrent les cartes professionnelles, demandent à M. A de justifier d'un certain nombre d'heures et de certains aspects de sa pratique professionnelle antérieure en tant qu'électricien. Le 10 mars 2017, le requérant a adressé au rectorat de l'académie de Toulouse une demande afin que le document de la Commission de construction du Québec et le certificat électricité soient dûment complétés. Par une décision en date du 25 juillet 2017, le rectorat de l'académie de Toulouse lui a opposé un refus au motif qu'il ne pouvait compléter ce " document très technique ". Par ordonnance en date du 8 octobre 2019, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a refusé de faire application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative pour ordonner la communication des documents sollicités. Par ordonnance en date du 14 novembre 2019, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative a suspendu la décision du 25 juillet 2021 et ordonné au rectorat de l'académie de Toulouse de lui communiquer l'attestation de ses pratiques professionnelles en tant qu'ouvrier professionnel en installations électriques au sein de l'Etablissement public local d'enseignement de 1993 à 2009. Par un courrier en date du 22 juillet 2021, M. A a demandé au rectorat de l'indemniser à hauteur de 5 000 euros en raison du retard quant à l'exécution de l'ordonnance du tribunal administratif de Toulouse du 14 novembre 2019. Par sa requête, M. A demande au tribunal de condamner le rectorat de l'académie de Toulouse à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait du retard, dans la transmission des attestations des pratiques professionnelles et de l'expérience de travail en électricité demandées le 10 mars 2017, et dans l'exécution de l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Toulouse du 14 novembre 2019.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité pour faute du rectorat de l'académie de Toulouse :
2. En premier lieu, M. A soutient que le rectorat de l'académie de Toulouse a commis une faute de nature à engager sa responsabilité, dès lors que l'attestation des pratiques professionnelles ne lui a été adressée que le 24 août 2020, soit environ neuf mois après la notification de l'ordonnance du tribunal administratif de Toulouse. En effet, il résulte de l'instruction que par une ordonnance en date du 14 novembre 2019, le tribunal administratif de Toulouse a suspendu la décision du 25 juillet 2021 et enjoint au rectorat de l'académie de Toulouse de communiquer au requérant l'attestation de ses pratiques professionnelles en tant qu'ouvrier professionnel en installations électriques au sein de l'Etablissement public local d'enseignement de 1993 à 2009. Il résulte également de l'instruction que l'attestation sollicitée datée du 12 décembre 2019 a été adressée par courrier électronique au conseil de M. A le 17 décembre 2019, que ce même courrier électronique demandait au conseil du requérant de lui confirmer l'adresse du requérant afin de pouvoir lui adresser l'attestation par courrier et qu'aucune réponse n'a été apportée à ce courrier électronique, ainsi qu'à la relance qui lui a été adressée le 7 janvier 2020, ce que ne conteste pas au demeurant le requérant. Il ressort également des écritures en défense, non contestées par le requérant, que le 6 mars 2020 le conseil de M. A a sollicité la modification de l'attestation de l'expérience de travail en électricité, dès lors que le solde des heures était différent de celui calculé par M. A, celui-ci indiquant avoir travaillé huit ans à temps complet au lieu des dix ans mentionnés sur l'attestation. Le rectorat de l'académie de Toulouse a sollicité le requérant afin d'obtenir des éléments d'explication sur ce nouveau décompte, celui-ci lui étant moins favorable. Le requérant n'ayant pas répondu aux demandes des services du rectorat, les attestations des pratiques professionnelles et de l'expérience de travail en électricité, modifiées lui ont été adressées par courrier électronique le 24 août 2020, puis par courrier, suite à sa demande du 11 septembre 2020. Dès lors, il résulte de l'instruction que le recteur de l'académie de Toulouse s'est conformé dans un délai raisonnable à l'exécution de l'ordonnance du tribunal administratif de Toulouse du 14 novembre 2019, le délai d'exécution de neuf mois de l'ordonnance précitée, étant largement imputable aux silences et demandes du requérant. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le recteur de l'académie de Toulouse a commis une faute de nature à engager sa responsabilité dans le cadre de l'exécution de l'ordonnance du tribunal administratif de Toulouse du 14 novembre 2019.
3. En deuxième lieu, M. A doit être regardé comme soutenant que le rectorat de l'académie de Toulouse a commis une faute de nature à engager sa responsabilité au regard du délai global de traitement de sa demande. Il résulte de l'instruction, comme il a été exposé aux points 1 et 2, que M. A a sollicité le rectorat de l'académie de Toulouse le 10 mars 2017 afin d'obtenir la communication de deux documents attestant de son expérience professionnelle, que d'une part, une première version de l'attestation de pratique professionnelle, datée du 12 décembre 2019, lui a été adressée par courrier daté du même jour ainsi que par courriel à son conseil le 17 décembre 2019, et, d'autre part, qu'il n'est pas contesté que l'attestation de l'expérience de travail en électricité lui a été transmise, le 22 janvier 2020. Ainsi, il résulte de l'instruction que les documents demandés par M. A lui ont été transmis, par le recteur de l'académie de Toulouse, plus de vingt et un mois après sa demande. Le rectorat de l'académie de Toulouse se prévaut du fait qu'il ne pouvait attester de la réalité des services accomplis par M. A lorsqu'il travaillait pour le compte du rectorat en tant que fonctionnaire de l'Etat, dès lors que le dossier administratif du requérant a été transféré au conseil régional d'Occitanie, qui employait alors M. A. Toutefois, il appartenait au rectorat de l'académie de Toulouse d'établir et de fournir les attestations demandées, en demandant si besoin aux services de la région de lui transmettre une copie des pièces utiles du dossier de l'agent. Dans ces conditions, le délai de transmission des attestations demandées par M. A, plus de vingt et mois après sa demande, est excessif. Par suite, M. A est fondé à soutenir que le recteur de l'académie de Toulouse a commis une faute de nature à engager sa responsabilité dans le cadre du délai global au terme duquel il a obtenu la communication des attestations sollicitées.
4. En troisième lieu, le requérant soutient que le rectorat de l'académie de Toulouse ne lui a pas versé la somme de 500 euros mise à sa charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Toulouse du 14 novembre 2019. Il résulte des écritures en défense du 14 février 2023, que suite à une erreur des services du rectorat de Toulouse, la somme n'a pas été versée au requérant. Toutefois, il résulte également de l'instruction que par un courrier du 1er février 2023, le rectorat de l'académie de Toulouse a demandé au requérant de lui fournir son relevé d'identité bancaire afin de procéder au règlement de la somme due et que dans son mémoire du 14 mars 2023, le requérant ne conteste pas avoir reçu ledit règlement. Il n'y a donc pas lieu d'engager la responsabilité du rectorat sur ce point, qui relève, en tout état de cause, d'un litige distinct. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les préjudices :
5. M. A soutient que l'absence de communication des attestations des pratiques professionnelles et de l'expérience de travail en électricité demandées lui a causé un préjudice, dès lors qu'il n'a pas pu intégrer le marché professionnel canadien. Toutefois, M. A n'établit pas la réalité de son préjudice. D'abord, s'il soutient que pas moins de vingt-six candidatures professionnelles n'ont pu aboutir pour ce motif, il ne le justifie pas en se bornant à produire des copies d'écran de courriels mentionnant le destinataire et la première phrase de chacune de ses candidatures Ensuite, le rectorat fait valoir, sans être sérieusement contesté, que la totalité des candidatures produites ont été présentées entre novembre 2017 et juillet 2018, de sorte que le requérant n'établit pas la réalité de son projet de trouver un emploi au Québec au-delà de cette date. Enfin, le requérant ayant obtenu les attestations de la région en mars 2018, il n'est pas certain qu'il ait été dans l'impossibilité, à compter de cette date, d'obtenir la carte professionnelle sur la base des éléments transmis par la région. A cet égard, M. A ne produit aucune décision lui refusant la carte professionnelle en lien avec l'insuffisance des justificatifs de son expérience professionnelle. Dès lors, les éléments du dossier ne permettent pas d'établir l'existence d'une perte de chance sérieuse d'obtenir ces emplois ni le lien avec la carence fautive du rectorat. Par suite, M. A n'établit pas qu'il existerait un lien direct et certain entre le retard fautif du rectorat et la perte de chance alléguée.
6. Il résulte de ce qui précède, que M. A n'est pas fondé à demander la condamnation du rectorat de Toulouse à lui verser la somme de 10 000 euros en réparation de son préjudice.
Sur les frais liés au litige :
7. Les conclusions de M. A présentées sur fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à C A et au recteur de l'académie de Toulouse.
Copie en sera adressée à la Région Occitanie.
Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Mérard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 novembre 2024.
La rapporteure,
N. SODDU
La présidente,
S. CAROTENUTO La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026