jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2106216 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CATHERINE HOULL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 26 octobre 2021, 4 novembre 2022 et 27 mars 2023, la communauté de communes Decazeville communauté, représentée par Me Pintat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, de condamner la société d'assurance Groupama d'Oc à lui verser, sur le fondement de la garantie dommages-ouvrage, une somme de 251 083,50 euros toutes taxes comprises assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation, et de mettre à la charge de cette même société le paiement des dépens et d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner solidairement Mme F B, M. A C et la société IB2M, sur le fondement de la responsabilité contractuelle, à lui verser la différence entre la somme de 251 083,50 euros toutes taxes comprises et la somme à laquelle la société d'assurance Groupama d'Oc sera condamnée, et de mettre à leur charge solidaire le paiement des dépens et d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la société d'assurance Groupama d'Oc était tenu de lui verser une indemnisation au titre de l'assurance dommages-ouvrage dès lors que les désordres constatés présentent un caractère décennal ; concernant la maison de santé de Decazeville, l'inconfort en période estivale et lors des périodes intermédiaires chaudes ou ensoleillées est caractérisé, plus particulièrement un taux d'inconfort évalué à 80 % par l'experte ; ce désordre rend l'ouvrage impropre à sa destination ; concernant la maison de santé d'Aubin, le désordre est de même nature, il est généralisé et rend l'ouvrage impropre à sa destination ;
- la responsabilité contractuelle du groupement de maîtrise d'œuvre devra être engagée dans l'hypothèse où son assureur ne serait pas condamné à lui verser une indemnisation correspondant à l'intégralité du préjudice qu'elle subit ; le groupement de maîtrise d'œuvre a commis des fautes dans la direction du chantier et dans l'exécution de sa mission, notamment en manquant à son devoir de conseil lors des opérations de réception ;
- la taxe sur la valeur ajoutée est un élément indissociable du coût des travaux, d'une part parce que les prestations sont confiées à un tiers, d'autre part parce que le contrat d'assurance dommages-ouvrage qui la lie à la société d'assurance Groupama d'Oc prévoit une indemnisation à laquelle doit s'ajouter la taxe sur la valeur ajoutée ;
- la provision qui lui a été versée par son assureur en exécution de l'ordonnance du juge des référés ne permet pas la réparation intégrale du préjudice ; elle permet de pallier les effets du désordre par l'installation d'un dispositif de climatisation dans les locaux non climatisés mais ne permet pas de respecter l'objectif tendant à la construction d'une maison de santé basse consommation ; des travaux d'amélioration du système de ventilation sont nécessaires, à hauteur de 188 969,16 euros toutes taxes comprises ;
- le préjudice affectant la maison de santé d'Aubin doit être évalué à 62 114,34 euros toutes taxes comprises ;
- les frais engagés pour des travaux de réfection comprennent la taxe sur la valeur ajoutée en tant qu'élément indissociable du coût des travaux.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er juillet 2022 et 22 mars 2023, la société d'assurance Groupama d'Oc, représentée par Me Houll, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête et à ce que la communauté de communes Decazeville communauté soit condamnée à lui verser une somme de 28 503,73 euros, assortie des intérêts au taux légal ;
2°) à titre subsidiaire, à ce que Mme F B, M. A C et les sociétés Eiffage énergie systèmes région France, Claude Laumond miroiterie point verre, Bousquet plomberie et IB2M soient condamnés solidairement à la garantir de toute condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre ;
3°) en tout état de cause, à ce que Mme F B, M. A C et les sociétés Eiffage énergie systèmes région France, Claude Laumond miroiterie point verre, Bousquet plomberie et IB2M soient condamnés solidairement à lui verser une somme de 171 022,40 euros ou de 142 518,67 euros au titre de l'action subrogatoire ;
4°) à ce qu'il soit mis à la charge solidaire de Mme F B, de M. A C et des sociétés Eiffage énergie systèmes région France, Bousquet plomberie, Claude Laumond miroiterie point verre et IB2M le paiement des dépens et d'une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir, dans le dernier état de ses écritures, que :
- elle ne sollicite pas la fixation du montant définitif de sa dette mais forme une demande reconventionnelle en sa qualité de subrogée dans les droits du maître de l'ouvrage, au titre du remboursement de la somme versée en exécution d'une ordonnance du juge du référé-provision ;
- le caractère décennal du désordre affectant la maison de santé de Decazeville n'est pas contesté ;
- le désordre affectant la maison de santé d'Aubin n'est pas de nature décennale dès lors d'une part que le désordre n'est pas généralisé et ne rend pas l'ouvrage impropre à sa destination et, d'autre part, que la climatisation partielle du bâtiment était visible lors de la réception des travaux et résulte d'un choix du maître d'ouvrage ;
- la solution la moins onéreuse doit être retenue ; aucune somme ne saurait être imputée à son compte concernant les préjudices affectant la maison de santé de Decazeville, au vu de ce qu'elle a versé au stade du référé-provision ;
- la requérante doit lui restituer une somme de 28 503,73 euros, correspondant au montant de la taxe sur la valeur ajoutée, réglé en exécution de l'ordonnance de référé-provision ;
- les sociétés Eiffage énergie systèmes région France, Claude Laumond miroiterie point verre, IB2M et Bousquet plomberie, Mme F B et M. A C doivent la garantir de toute condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 décembre 2022 et 3 mars 2023, la société Bousquet plomberie, représentée par Me Lanéelle, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, à sa mise hors de cause ;
2°) à titre subsidiaire, au rejet des conclusions de la communauté de communes Decazeville communauté concernant le désordre affectant la maison de santé d'Aubin, à ce que sa part de responsabilité soit limitée à 10 % concernant le désordre affectant la maison de santé de Decazeville, à ce que le montant des travaux de reprise de cette maison de santé soit limitée à la somme de 142 518,67 euros hors taxe, et à ce que Mme F B, M. A C et les sociétés IB2M, Eiffage énergie systèmes région France et Claude Laumond miroiterie point verre soient condamnés à la garantir de toute condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre, à hauteur de 90 % ;
3°) en tout état de cause, à ce que les demandes de condamnation solidaire présentées à son encontre et les conclusions à fin d'appel en garantie présentées par Mme F B et M. A C soient rejetées.
Elle fait valoir que :
- le désordre affectant la maison de santé d'Aubin était apparent à la réception ;
- le caractère décennal du désordre affectant la maison de santé de Decazeville n'est pas contesté ; sa part de responsabilité ne saurait être supérieure à 10 % ;
- la communauté de communes Decazeville communauté n'est pas fondée à invoquer sa responsabilité contractuelle dès lors qu'un décompte général définitif a été établi ;
- il appartient à la communauté de communes Decazeville communauté d'établir qu'elle ne récupère pas la taxe sur la valeur ajoutée ; à défaut, seule une indemnisation hors taxe devra lui être allouée ;
- la seconde solution préconisée par l'experte doit être mise en œuvre dès lors qu'elle règle les difficultés d'inconfort tout en étant moins invasive que la première solution ; la somme allouée à ce titre devra être limitée à 142 518,67 euros hors taxe ;
- Mme F B, M. A C et les sociétés IB2M, Eiffage énergie systèmes région France et Claude Laumond miroiterie point verre doivent être condamnés à la garantir de toute condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre, à hauteur de 90 %.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 décembre 2022 et 3 mars 2023, la société IB2M, représentée par Me Lanéelle, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, à sa mise hors de cause ;
2°) à titre subsidiaire, au rejet des conclusions de la communauté de communes Decazeville communauté concernant le désordre affectant la maison de santé d'Aubin, à ce que sa part de responsabilité soit limitée à 20 % concernant le désordre affectant la maison de santé de Decazeville, à ce que le montant des travaux de reprise de cette maison de santé soit limitée à la somme de 142 518,67 euros hors taxe, et à ce que Mme F B, M. A C et les sociétés IB2M, Eiffage énergie systèmes région France et Claude Laumond miroiterie point verre soient condamnés à la garantir de toute condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre, à hauteur de 80 % ;
3°) en tout état de cause, à ce que les demandes de condamnation solidaire présentées à son encontre et les conclusions à fin d'appel en garantie présentées par Mme F B et M. A C soient rejetées.
Elle fait valoir que :
- le désordre affectant la maison de santé d'Aubin était apparent à la réception ;
- le caractère décennal du désordre affectant la maison de santé de Decazeville n'est pas contesté ; sa part de responsabilité ne saurait être supérieure à 20 % ;
- la communauté de communes Decazeville communauté n'est pas fondée à invoquer sa responsabilité contractuelle dès lors qu'un décompte général définitif a été établi ;
- il appartient à la communauté de communes Decazeville communauté d'établir qu'elle ne récupère pas la taxe sur la valeur ajoutée ; à défaut, seule une indemnisation hors taxe devra lui être allouée ;
- la seconde solution préconisée par l'experte doit être mise en œuvre dès lors qu'elle règle les difficultés d'inconfort tout en étant moins invasive que la première solution ; la somme allouée à ce titre devra être limitée à 142 518,67 euros hors taxe ;
- Mme F B, M. A C et les sociétés Bousquet plomberie, Eiffage énergie systèmes région France et Claude Laumond miroiterie point verre doivent la garantir de toute condamnation susceptible d'être prononcée à son encontre, à hauteur de 80 %.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 décembre 2022, 10 janvier et 20 avril 2023, Mme F B et M. A C, représentés par Me Ensenat, concluent :
1°) à titre liminaire, au rejet des conclusions à fin d'appel en garantie présentées par la société d'assurance Groupama d'Oc ;
2°) à titre principal, au rejet au fond des conclusions présentées par la société d'assurance Groupama d'Oc et au rejet des conclusions présentées par la communauté de communes Decazeville communauté, concernant le désordre décennal affectant la maison de santé de Decazeville ;
3°) à titre subsidiaire, s'agissant des désordres décennaux affectant les maisons de santé de Decazeville et d'Aubin, à ce que leur part de responsabilité soit limitée à 20 %, et à ce que les sociétés IB2M, Bousquet plomberie, Eiffage énergie systèmes région et Claude Laumond miroiterie point verre soient condamnées solidairement à les garantir de toute condamnation susceptible d'être prononcée à leur encontre ;
4°) à titre subsidiaire également, s'agissant de la mise en œuvre de leur responsabilité contractuelle, à ce que leur part de responsabilité soit limitée à 20 % et à ce que la société IB2M soit condamnée à les garantir de toute condamnation susceptible d'être prononcée à leur encontre ;
5°) de mettre à la charge de toute partie perdante le paiement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- les conclusions de la société d'assurance Groupama d'Oc tendant à la fixation du montant de sa dette ainsi que ses conclusions à fin d'appel en garantie sont irrecevables dès lors qu'elles n'ont pas été présentées dans le délai de deux mois suivant la notification de l'ordonnance du juge du référé-provision ;
- leur part de responsabilité ne saurait être supérieure à 20 % concernant le désordre affectant la maison de santé de Decazeville ; la conception du bâtiment a pu aggraver la survenue du désordre, mais sa cause principale réside dans la défaillance du système de rafraîchissement ;
- leur part de responsabilité ne saurait être supérieure à 20 % concernant le désordre affectant la maison de santé d'Aubin ;
- la communauté de communes Decazeville communauté ne démontre aucun préjudice direct et certain en lien avec les fautes commises par la maîtrise d'œuvre ; s'agissant de la maison de santé d'Aubin, l'inconfort thermique est imputable au maître d'ouvrage ; ce dernier n'est pas fondé à invoquer leur responsabilité contractuelle dès lors qu'un décompte général définitif a été établi ;
- la requérante ne justifie pas sa demande d'indemnisation complémentaire ; le montant de l'indemnisation qui lui est due devra être exprimé hors taxe ; l'intéressée ne justifie pas de son régime fiscal ;
- ils doivent être garantis par les sociétés IB2M, Bousquet plomberie, Eiffage énergie systèmes région France et Claude Laumond miroiterie point verre de toute condamnation susceptible d'être prononcée à leur encontre au-delà d'une part de 20 % concernant le désordre décennal affectant la maison de santé de Decazeville ;
- ils doivent être garantis par les sociétés IB2M, Bousquet plomberie, Eiffage énergie systèmes région et Claude Laumond miroiterie point verre de toute condamnation susceptible d'être prononcée à leur encontre au-delà d'une part de 20 % concernant le désordre décennal affectant la maison de santé d'Aubin ;
- ils doivent être garantis par la société IB2M de toute condamnation susceptible d'être prononcée à leur encontre au-delà d'une part de 20 % au titre de la responsabilité contractuelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2022, la société Claude Laumond miroiterie point verre, représentée par Me Pardaillé, conclut :
1°) à titre principal, au rejet des conclusions présentées à son encontre par la société d'assurance Groupama d'Oc ;
2°) à titre très subsidiaire, s'agissant du désordre affectant la maison de santé de Decazeville, à ce que le montant des travaux soit limité à la somme de 142 518,67 euros hors taxe et à ce que sa part de responsabilité ne soit pas supérieure à 5 % ;
3°) à ce qu'il soit mis à la charge de la société d'assurance Groupama d'Oc le paiement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les problèmes d'exécution des menuiseries extérieures ne constituent pas l'origine du désordre mais une aggravation ; à titre subsidiaire, sa part de responsabilité ne saurait être supérieure à 5 % ;
- la demande d'indemnisation complémentaire formée par la communauté de communes Decazeville communauté doit être rejetée dès lors que la solution n° 2 préconisée par l'experte a été retenue par le juge des référés ;
- elle doit être mise hors de cause concernant les préjudices affectant la maison de santé d'Aubin.
Un mémoire produit par la société Claude Laumond miroiterie point verre le 15 mai 2023 a été analysé mais n'a pas été communiqué.
Par une lettre du 17 mai 2024, les parties ont été informées, au titre de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce qu'en l'absence de paiement de l'indemnité résultant du contrat d'assurance dommages-ouvrage à la communauté de communes Decazeville communauté concernant la maison de santé d'Aubin, avant la clôture de l'instruction, la société d'assurance Groupama d'Oc n'est pas recevable à se prévaloir de la subrogation fondée sur l'article L. 121-12 du code des assurances pour présenter des conclusions à fin d'appel en garantie concernant l'indemnisation relative aux désordres affectant la maison de santé d'Aubin.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des assurances ;
- le code civil ;
- le code général des impôts ;
- l'ordonnance n° 1906731 rendue le 30 octobre 2020 par le juge des référés-provision du tribunal administratif de Toulouse ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pétri ;
- les conclusions de M. Déderen, rapporteur public ;
- et les observations de Me Pintat, représentant la communauté de communes Decazeville communauté.
Considérant ce qui suit :
1. La communauté de communes du bassin Decazeville-Aubin a engagé une opération de travaux au cours de l'année 2009, concernant la construction d'une maison pluridisciplinaire de santé à Decazeville et à Aubin. Dans ce cadre, elle a conclu avec la société d'assurance Groupama d'Oc deux contrats d'assurance dommages-ouvrage les 5 janvier 2015 et 20 mai 2016. La maîtrise d'œuvre a été confiée à un groupement solidaire composé de Mme F B, de M. A C, de la société IB2M et de M. D B. Les lots plomberie et chauffage des maisons de santé de Decazeville et d'Aubin ont été respectivement confiés aux sociétés Bousquet plomberie et Eiffage énergie systèmes région France. Le lot menuiseries extérieures a été confié à la société Claude Laumond miroiterie point verre. Les travaux ont été réceptionnés sans réserve au cours de l'année 2014. Quelques mois plus tard, des températures excessives causant des troubles pour les professionnels de santé et leur patientèle ont été relevées à l'intérieur des bâtiments. La communauté de communes Decazeville communauté a sollicité l'intervention de la garantie dommages-ouvrage qu'elle a contracté avec la société d'assurance Groupama d'Oc, et des refus lui ont été opposés les 12 juillet 2016 et 12 mai 2017. Par un arrêté du 25 octobre 2016, la communauté de communes du bassin Decazeville-Aubin a fusionné avec la communauté de communes de la vallée du Lot et est devenue la communauté de communes Decazeville communauté. Par deux ordonnances nos 1703531 et 1703532 du 14 novembre 2017, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a ordonné une expertise et a désigné en qualité d'experte Mme G E. Les rapports d'expertise ont été déposés 15 décembre 2018 et 15 avril 2019. Par une ordonnance n° 1906731 du 30 octobre 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a condamné la société d'assurance Groupama d'Oc à verser à la communauté de communes Decazeville communauté une provision de 171 022,40 euros toutes taxes comprises. Par la présente requête, la communauté de communes Decazeville communauté demande la condamnation de son assureur à lui verser une somme de 251 083,50 euros toutes taxes comprises, sur le fondement de la garantie dommages-ouvrage.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 541-4 du code de justice administrative : " Si le créancier n'a pas introduit de demande au fond dans les conditions de droit commun, la personne condamnée au paiement d'une provision peut saisir le juge du fond d'une requête tendant à la fixation définitive du montant de sa dette, dans un délai de deux mois à partir de la notification de la décision de provision rendue en première instance ou en appel. ".
3. Par la présente requête, la communauté de communes Decazeville communauté a saisi le juge du fond dans les conditions de droit commun. La circonstance que la société d'assurance Groupama d'Oc n'ait pas contesté, dans le délai prévu par l'article R. 541-4 du code de justice administrative, la provision mise à sa charge par le juge du référé-provision dans une ordonnance rendue le 30 octobre 2020, est donc sans incidence sur la recevabilité des appels en garantie qu'elle forme à l'encontre des constructeurs dans le cadre de l'instance au fond. La fin de non-recevoir soulevée en ce sens par Mme F B et M. A C doit par suite être écartée.
Sur la recevabilité des conclusions indemnitaires de la communauté de communes Decazeville communauté fondées sur la responsabilité contractuelle des constructeurs :
4. La réception d'un ouvrage est l'acte par lequel le maître de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage avec ou sans réserve. Elle met fin aux rapports contractuels entre le maître d'ouvrage et les constructeurs en ce qui concerne la réalisation de l'ouvrage lorsqu'aucune réserve n'a été émise.
5. La communauté de communes Decazeville communauté présente des conclusions subsidiaires fondées sur la responsabilité contractuelle des constructeurs et invoque les fautes qu'ils auraient commises dans l'exécution du chantier. Il résulte toutefois de l'instruction que les travaux de construction des maisons de santé de Decazeville et d'Aubin ont été réceptionnés sans réserve au cours de l'année 2014 et ont mis fin aux rapports contractuels entre la communauté de commune Decazeville communauté et les constructeurs. Par suite, les conclusions présentées par la communauté de commune Decazeville communauté sur le fondement de la responsabilité contractuelle des constructeurs sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur la responsabilité contractuelle de la société d'assurance Groupama d'Oc, en sa qualité d'assureur dommages-ouvrage :
6. Aux termes de l'article L. 242-1 du code des assurances : " Toute personne physique ou morale qui, agissant en qualité de propriétaire de l'ouvrage, de vendeur ou de mandataire du propriétaire de l'ouvrage, fait réaliser des travaux de construction, doit souscrire avant l'ouverture du chantier, pour son compte ou pour celui des propriétaires successifs, une assurance garantissant, en dehors de toute recherche des responsabilités, le paiement de la totalité des travaux de réparation des dommages de la nature de ceux dont sont responsables les constructeurs au sens de l'article 1792-1, les fabricants et importateurs ou le contrôleur technique sur le fondement de l'article 1792 du code civil. ".
7. Il résulte de ces dispositions que l'action engagée par le maître d'ouvrage à l'encontre de son assureur, au titre de l'exécution du contrat d'assurance dommages-ouvrage, repose sur les mêmes fondements juridiques et éléments d'appréciation que les garanties post-contractuelles des constructeurs.
8. Aux termes de l'article 1792 du code civil : " Tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l'acquéreur de l'ouvrage, des dommages, même résultant d'un vice du sol, qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui, l'affectant dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, le rendent impropre à sa destination. ".
9. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même si ces désordres ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans.
10. Il résulte de l'instruction que la communauté de communes Decazeville communauté et la société d'assurances Groupama d'Oc ont conclu, les 5 janvier 2015 et 20 mai 2016, deux contrats d'assurance dommages-ouvrage, relatifs, respectivement, à la construction d'une maison de santé à Aubin et à Decazeville.
En ce qui concerne la maison de santé de Decazeville :
11. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que le désordre constaté à la maison de santé de Decazeville porte sur un inconfort thermique en période estivale et lors des périodes intermédiaires chaudes ou ensoleillées. Plus précisément, des températures oscillant entre 27 et 34 degrés ont été relevées aux mois de juin et juillet 2015, avec des pointes parfois supérieures à 35 degrés. L'experte relève également, à cette même période, que la température intérieure du bâtiment ne descend pas en-dessous de 25 degrés alors que la température nocturne extérieure est inférieure à 20 degrés. Elle relève en outre que des voiles d'ombrage et des stores extérieurs ont été installés, sans toutefois qu'une amélioration ne soit constatée. Par ailleurs, son rapport d'expertise note que le taux d'inconfort du bâtiment est de 80 % et que les représentants de la maison de santé ont fait état de malaises subis par des patients ainsi que du refus de certains praticiens de venir travailler sur les lieux, en raison de la chaleur. Par suite, il y a lieu de reconnaître le caractère décennal du désordre affectant la maison de santé de Decazeville qui rend l'ouvrage impropre à sa destination.
En ce qui concerne la maison de santé d'Aubin :
12. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que le désordre constaté à la maison de santé d'Aubin porte également sur un inconfort thermique en période estivale et lors des périodes intermédiaires chaudes ou ensoleillées. Plus précisément, des températures oscillant entre 30 et 34 degrés ont été relevées au mois de juin 2015. L'experte relève par ailleurs que les salles orientées au sud présentent une surchauffe du fait de l'absence de protection solaire extérieure et que la température des locaux ne baisse pas lorsqu'ils sont inoccupés. Elle indique également que le taux d'inconfort du bâtiment est évalué à plus de 60 %, alors qu'un bâtiment est estimé confortable lorsque son taux d'inconfort est inférieur à 10 %. Il résulte en outre du rapport d'expertise que des kinésithérapeutes et des infirmiers ont écourté ou interrompu des traitements en raison de la chaleur présente dans les locaux, et que la salle de rééducation, qui accueille des personnes cardiaques ou victimes d'accidents vasculaires cérébraux, est inutilisable en période de chaleur. Compte tenu de tous ces éléments, et étant rappelé qu'une maison de santé constitue un lieu de soins accueillant notamment des personnes vulnérables, le désordre litigieux doit ainsi être regardé comme rendant l'ouvrage impropre à sa destination, en dépit de la circonstance selon laquelle il n'est pas généralisé, une partie de l'ouvrage étant climatisée. Si les défendeurs font valoir que le désordre était apparent à la réception des travaux, au motif que la communauté de communes Decazeville communauté a pu constater la climatisation partielle du bâtiment, cet élément est sans incidence, en l'absence de tout autre élément concret, dès lors qu'un vice connu lors de la réception mais dont les conséquences ne se sont révélées qu'après la réception ne peut être considéré comme apparent. A cet égard, si la communauté de communes Decazeville communauté était en effet en mesure de constater qu'une climatisation partielle avait été mise en œuvre, conformément aux prescriptions du marché, elle ne pouvait pas en apprécier les effets concrets, résultant d'une mauvaise configuration du bâtiment. Par suite, il y a lieu de reconnaître le caractère décennal du désordre affectant la maison de santé d'Aubin qui rend l'ouvrage impropre à sa destination.
Sur la réparation des préjudices :
13. Aux termes de l'article 256B du code général des impôts : " Les personnes morales de droit public ne sont pas assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée pour l'activité de leurs services administratifs, sociaux, éducatifs, culturels et sportifs lorsque leur non-assujettissement n'entraîne pas de distorsions dans les conditions de la concurrence. ".
14. Le montant du préjudice dont le maître d'ouvrage est fondé à demander la réparation à raison des désordres de nature décennale affectant l'ouvrage correspond à celui des travaux strictement nécessaires pour rendre l'ouvrage conforme à sa destination en usant des procédés de remise en état les moins onéreux possibles. Ces frais comprennent, en règle générale, la taxe sur la valeur ajoutée, élément indissociable du coût des travaux, à moins que le maître d'ouvrage ne relève d'un régime fiscal lui permettant normalement de déduire tout ou partie de cette taxe de celle qu'il a perçue à raison de ses propres opérations. Il appartient aux parties qui s'y croient fondées d'apporter au juge tout élément de nature à remettre en cause la présomption relative au non-assujettissement des personnes morales de droit public à la taxe sur la valeur ajoutée, afin d'établir que cette taxe ne devrait pas être intégrée dans le montant du préjudice indemnisable.
En ce qui concerne la maison de santé de Decazeville :
15. Il résulte de l'instruction que l'experte a préconisé, dans son rapport, deux solutions visant à remédier au désordre constaté : la première comprend le réglage des centrales, le rajout d'une pompe à chaleur, le remplacement des centrales de ventilation et des bouches de régulation des débits dans les bureaux, l'intervention sur les gaines, le remplacement des menuiseries installées dans les patios, le calorifugeage des canalisations, la récupération et l'évacuation des condensats dus au refroidissement, l'augmentation des débits pour le rafraîchissement nocturne ou encore l'utilisation du plancher chauffant en plancher rafraîchissant, et le rafraîchissement adiabatique, pour un montant de 286 992,97 euros hors taxe, auquel il convient d'ajouter une somme de 13 000 euros hors taxe pour la mission de maîtrise d'œuvre ; la seconde comprend la climatisation des locaux pour un montant de 142 518,67 euros hors taxe.
16. La communauté de communes Decazeville communauté a obtenu le versement d'une provision de 171 022,40 euros toutes taxes comprises correspondant au montant des réparations préconisées dans la seconde solution. Elle sollicite, au fond, une somme complémentaire au titre du montant de la première solution, auquel il convient de retrancher la provision, en considérant que la seconde solution ne permet pas d'atteindre l'objectif visant à construire un bâtiment basse consommation et que la climatisation va entraîner un coût énergétique important. Or, il résulte des termes du rapport d'expertise que la première solution, si elle permet de limiter les dépenses énergétiques, ne suffira pas à assurer un confort suffisant en été, alors que la seconde solution constitue une réponse immédiate aux fortes températures. Aussi, il ne résulte pas de l'instruction que la mise en œuvre de la première solution permettrait de rendre l'ouvrage litigieux conforme à sa destination. Enfin, la communauté de communes Decazeville communauté ne produit aucun élément concret concernant le montant de ses dépenses énergétiques, plus particulièrement depuis qu'elle a procédé aux travaux d'installation de la climatisation dans le bâtiment. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à solliciter une indemnisation complémentaire à la provision qui lui a été versée par la société d'assurance Groupama d'Oc.
En ce qui concerne la maison de santé d'Aubin :
17. Il résulte du rapport d'expertise que les travaux visant à remédier au désordre constaté consiste à mettre en fonctionnement un by-pass, à étendre le système de climatisation et à poser des protections solaires, pour un montant de 51 751,95 euros hors taxe, qui n'est pas contredit en défense. Le coût de ces travaux doit ainsi être établi à hauteur de cette somme. Si la société d'assurance Groupama d'Oc, les sociétés Bousquet plomberie et IB2M ainsi que Mme F B et M. A C font valoir que le montant des travaux doit être exprimé en hors taxe, ils n'apportent aucun élément de nature à remettre en cause la présomption de non-assujettissement du maître d'ouvrage à la taxe sur la valeur ajoutée. Par suite, la communauté de communes Decazeville communauté est fondée à solliciter une indemnisation toutes taxes comprises, soit une somme de 62 102,34 euros.
Sur les conclusions indemnitaires présentées par la société d'assurance Groupama d'Oc :
18. La société d'assurance Groupama d'Oc fait valoir que la communauté de communes Decazeville communauté doit lui restituer une somme de 28 503,73 euros, au titre du montant de la taxe sur la valeur ajoutée qu'elle a réglé en exécution de l'ordonnance de référé-provision prise le 30 octobre 2020. Or, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que cette demande n'est pas fondée et doit, par suite, être rejetée.
Sur les appels en garantie :
En ce qui concerne la maison de santé de Decazeville :
19. Il résulte de l'instruction que le désordre affectant la maison de santé de Decazeville est imputable à un défaut de conception, à une défaillance dans le suivi du chantier, à des erreurs d'exécution ainsi qu'à des difficultés dans l'exécution des menuiseries extérieures. Il résulte plus précisément du rapport d'expertise que le désordre trouve sa cause principale dans la conception générale du bâtiment et dans des manquements de la maîtrise d'œuvre au stade de la réalisation de l'étude thermique et du suivi du chantier, que la société Bousquet plomberie n'a pas respecté les plans établis par le bureau d'études IB2M et, dans une moindre mesure, que les menuiseries des baies vitrées autour des patios n'étaient pas étanches. Dans ces conditions, il y a lieu de fixer la part de responsabilité de la société IB2M à 50 %, de Mme F B et M. A C à 30 %, de la société Bousquet plomberie à 15 % et de la société Claude Laumond miroiterie point verre à 5 %.
20. La société d'assurance Groupama d'Oc demande, sur le fondement de l'action subrogatoire prévue à l'article L. 121-12 du code des assurances, à être garantie par les constructeurs de la condamnation prononcée à son encontre. La circonstance qu'une indemnité d'assurance n'a été accordée qu'à titre provisionnel n'est pas, par elle-même, de nature à faire obstacle à l'exercice de la subrogation à concurrence de son montant. Il est constant que la société d'assurance Groupama d'Oc a procédé au paiement de la provision de 171 022,40 euros accordée à la communauté de communes Decazeville communauté par l'ordonnance n° 1906731 rendue le 30 octobre 2020 par le juge des référés-provision du tribunal administratif de Toulouse. Dès lors qu'elle justifie du paiement d'une indemnité à son assuré, la société d'assurance Groupama d'Oc est subrogée dans les droits de la communauté de communes Decazeville communauté, à hauteur de la somme versée. Par suite, elle est fondée à demander à être garantie de cette condamnation à hauteur de 50 % par la société IB2M, 30 % par Mme F B et M. A C, 15 % par la société Bousquet plomberie, et 5 % par la société Claude Laumond miroiterie point verre.
21. La société Bousquet plomberie doit être garantie de la condamnation prononcée à son encontre à hauteur de 50 % par la société IB2M, 30 % par Mme F B et M. A C et 5 % par la société Claude Laumond miroiterie.
22. La société IB2M doit être garantie de la condamnation prononcée à son encontre à hauteur de 30 % par Mme F B et M. A C, 15 % par la société Bousquet plomberie et 5% par la société Claude Laumond miroiterie point verre.
23. Mme F B et M. A C doivent être garantis de la condamnation prononcée à leur encontre à hauteur de 50 % par la société IB2M, 15 % par la société Bousquet plomberie et 5 % par la société Claude Laumond miroiterie point verre.
En ce qui concerne la maison de santé d'Aubin :
24. Il résulte de l'instruction que le désordre affectant la maison de santé d'Aubin est imputable à un défaut de conception, plus précisément à un déficit de protection des baies vitrées, à une inefficacité des stores installés, et à une configuration de l'escalier qui favorise l'effet de serre. L'experte relève que la société IB2M, en sa qualité de bureau d'études, a une part de responsabilité prépondérante, dès lors que la mission de réalisation d'une étude thermique lui incombait et qu'elle a assuré la direction des travaux sans signaler au maître d'ouvrage l'existence d'un quelconque dysfonctionnement. Par suite, il y a lieu de fixer la part de responsabilité de la société IB2M à 70 % et de Mme F B et M. A C à 30 %.
25. Aux termes de l'article 1346-4 du code civil : " La subrogation transmet à son bénéficiaire, dans la limite de ce qu'il a payé, la créance et ses accessoires, à l'exception des droits exclusivement attachés à la personne du créancier. ". Aux termes de l'article L. 121-12 du code des assurances : " L'assureur qui a payé l'indemnité d'assurance est subrogé, jusqu'à concurrence de cette indemnité, dans les droits et actions de l'assuré contre les tiers qui, par leur fait, ont causé le dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l'assureur. ".
26. Il appartient à l'assureur qui demande à bénéficier de la subrogation prévue par l'article L. 121-12 du code des assurances de justifier par tout moyen du paiement d'une indemnité à son assuré, au plus tard à la date de la clôture d'instruction.
27. Si la société d'assurances Groupama d'Oc demande la condamnation des sociétés Eiffage énergie systèmes région France, Claude Laumond miroiterie point verre, Bousquet plomberie et IB2M et de Mme F B et M. A C à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre, il est constant qu'elle n'avait pas, à la date de la clôture d'instruction, versé à la communauté de communes Decazeville communauté l'indemnité due au titre des désordres affectant la maison de santé d'Aubin. Par suite et dès lors qu'elle n'est pas subrogée dans les droits de la communauté de communes Decazeville communauté à ce titre, ses conclusions à fin d'appel en garantie présentées au titre du désordre affectant la maison de santé d'Aubin doivent être rejetées.
28. La société IB2M doit être garantie de la condamnation prononcée à son encontre à hauteur de 30 % par Mme F B et M. A C.
29. Mme F B et M. A C doivent être garantis de la condamnation prononcée à leur encontre à hauteur de 70 % par la société IB2M.
Sur les intérêts :
30. La communauté de communes Decazeville communauté a droit aux intérêts légaux afférents à la somme de 62 102,34 euros à compter du 26 octobre 2021, date d'enregistrement du présent recours. Il y a lieu de faire droit à sa demande de capitalisation des intérêts à compter du 26 octobre 2022, date à laquelle était due pour la première fois une année d'intérêts, et à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les dépens :
31. Les frais d'expertise ont été taxés et liquidés à la somme de 5 819,40 euros par une ordonnance du 14 juin 2019. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre ces frais à la charge de la société d'assurance Groupama d'Oc, des sociétés IB2M, Bousquet plomberie et Claude Laumond miroiterie point verre, de M. A C et de Mme F B.
Sur les frais d'instance :
32. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société d'assurance Groupama d'Oc le paiement d'une somme de 1 500 euros à verser à la communauté de communes Decazeville communauté. Il y a également lieu de mettre à la charge des sociétés IB2M et Claude Laumond miroiterie point verre et de M. A C et de Mme F B le paiement d'une somme globale de 1 000 euros à verser à la société d'assurance Groupama d'Oc. Enfin, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées par la société Claude Laumond miroiterie point verre et par M. A C et Mme F B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La société d'assurance Groupama d'Oc est condamnée à verser à la communauté de communes Decazeville communauté une somme de 233 124,74 euros toutes taxes comprises dont il convient de déduire la somme de 171 022,40 euros, versée en exécution de l'ordonnance rendue par le juge des référés-provision le 30 juin 2020, soit la somme finale de 62 102,34 euros.
Article 2 : La somme de 62 102,34 euros est assortie des intérêts au taux légal à compter du 26 octobre 2021 et de la capitalisation des intérêts à compter du 26 octobre 2022, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Article 3 : Les frais d'expertise, taxés et liquidés à la somme de 5 819,40 euros, sont mis à la charge de la société d'assurance Groupama d'Oc, des sociétés IB2M, Bousquet plomberie et Claude Laumond miroiterie point verre, de M. A C et de Mme F B.
Article 4 : La société d'assurance Groupama d'Oc est garantie de la condamnation prononcée à son encontre à hauteur de 50 % par la société IB2M, 30 % par Mme F B et M. A C, 15 % par la société Bousquet plomberie, et 5 % par la société Claude Laumond miroiterie point verre, en ce qui concerne le désordre affectant la maison de santé de Decazeville.
Article 5 : La société Bousquet plomberie est garantie de la condamnation prononcée à son encontre à hauteur de 50 % par la société IB2M, 30 % par Mme F B et M. A C et 5 % par la société Claude Laumond miroiterie, en ce qui concerne le désordre affectant la maison de santé de Decazeville.
Article 6 : La société IB2M est garantie de la condamnation prononcée à son encontre à hauteur de 30 % par Mme F B et M. A C, 15 % par la société Bousquet plomberie et 5 % par la société Claude Laumond miroiterie point verre, en ce qui concerne le désordre affectant la maison de santé de Decazeville.
Article 7 : La société IB2M est garantie de la condamnation prononcée à son encontre à hauteur de 30 % par Mme F B et M. A C, en ce qui concerne le désordre affectant la maison de santé d'Aubin.
Article 8 : Mme F B et M. A C sont garantis de la condamnation prononcée à leur encontre à hauteur de 50 % par la société IB2M, 15 % par la société Bousquet plomberie et 5 % par la société Claude Laumond miroiterie point verre, en ce qui concerne le désordre affectant la maison de santé de Decazeville.
Article 9 : Mme F B et M. A C sont garantis de la condamnation prononcée à leur encontre à hauteur de 70 % par la société IB2M, en ce qui concerne le désordre affectant la maison de santé d'Aubin.
Article 10 : La société d'assurance Groupama d'Oc versera à la communauté de communes Decazeville communauté une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 11 : M. A C et Mme F B et les sociétés IB2M et Claude Laumond miroiterie point verre verseront à la société d'assurance Groupama d'Oc la somme globale de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 12 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 13 : Le présent jugement sera notifié à la communauté de communes Decazeville communauté, aux sociétés Groupama d'Oc, Bousquet plomberie, Eiffage énergie systèmes région France, Claude Laumond miroiterie point verre, IB2M, à Mme F B et à M. A C.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
M. Hecht, premier conseiller,
Mme Pétri, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
La rapporteure,
M. PETRI
La présidente,
S. CAROTENUTOLa greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026