mardi 21 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2106405 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CABINET ROUMAGNAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 novembre 2021, l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Tout Bat, représentée par Me Roumagnac, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires à l'impôt sur les sociétés et des pénalités auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices 2013 à 2015 pour un montant de 75 066 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration fiscale a commis une erreur en réintégrant à son résultat imposable les provisions pour dépréciation constituées pour créances douteuses au cours des exercices 2014 et 2015 alors qu'elles satisfont aux conditions énoncées par les dispositions de l'article 39 1) 5° du code général des impôts ;
- les avoirs à établir comptabilisés sont justifiés et doivent être admis en déduction de son résultat imposable ;
- les intérêts de retard ne sont pas fondés ;
- l'administration fiscale n'apporte la preuve ni de l'élément matériel, ni de l'élément intentionnel d'un manquement délibéré.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er avril 2022, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par l'EURL Tout Bat ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Douteaud,
- et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'EURL Tout Bat a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur les exercices 2013, 2014 et 2015. A la suite de ce contrôle, des impositions supplémentaires à l'impôt sur les sociétés, au titre de ces exercices, ont été mises en recouvrement le 16 décembre 2016. Ces impositions supplémentaires ont été contestées par une réclamation du 20 janvier 2017, partiellement rejetée par l'administration le 7 septembre 2021. Par sa requête, l'EURL Tout Bat demande la décharge de l'ensemble des impositions supplémentaires, en droits et pénalités restant à sa charge.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment :/ () 5° Les provisions constituées en vue de faire face à des pertes ou charges nettement précisées et que des événements en cours rendent probables, à condition qu'elles aient été effectivement constatées dans les écritures de l'exercice ". Il résulte de ces dispositions qu'une entreprise peut valablement porter en provision et déduire des bénéfices imposables d'un exercice des sommes correspondant à des pertes ou charges qui ne seront supportées qu'ultérieurement par elle, à la condition que ces pertes ou charges soient nettement précisées quant à leur nature et susceptibles d'être évaluées avec une approximation suffisante, qu'elles apparaissent comme probables eu égard aux circonstances constatées à la date de clôture de l'exercice, qu'elles se rattachent par un lien direct aux opérations de toute nature déjà effectuées à cette date par l'entreprise.
3. Pour fonder les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés consécutifs à la vérification de comptabilité de l'EURL Tout Bat, l'administration fiscale a notamment réintégré à son résultat imposable au titre de l'exercice 2014 la somme de 159 615,68 euros correspondant à diverses provisions constituées par la société à raison de créances douteuses ou litigieuses.
4. Il résulte de l'instruction que pour procéder à ces réintégrations, l'administration fiscale s'est fondée d'une part sur l'absence de risque avéré de non-recouvrement de certaines des créances à l'origine des provisions constituées.
5. A cet égard, la société requérante soutient tout d'abord que l'administration ne pouvait réintégrer dans son résultat imposable de l'exercice clos le 31 décembre 2014 la somme de 31 110,38 euros correspondant à la provision pour créance litigieuse constituée à raison d'un impayé de l'un de ses clients, M. A, lequel a refusé de s'acquitter de cette somme après avoir constaté l'existence de malfaçons affectant l'immeuble sur lequel l'EURL Tout Bat a réalisé des travaux dès lors que cette provision satisfait les conditions de déductibilité rappelées au point n° 2 du présent jugement. Toutefois, l'EURL Tout Bat, qui allègue avoir adressé plusieurs courriers de relance au débiteur, n'apporte aucun élément sérieux au soutien de cette allégation. A cet égard, la seule lettre qu'elle produit, datée du 7 mars 2013, au demeurant adressée à M. A près de 5 ans après l'émission des factures établies au mois de juillet 2008 en contrepartie des travaux effectués pour le compte de ce dernier, se borne à former le vœu d'un arrangement prochain entre le créancier et le débiteur, et n'est dès lors pas suffisante à caractériser l'accomplissement des diligences requises pour obtenir le règlement de l'impayé. Enfin, si l'EURL Tout Bat se prévaut de l'extrait du compte " clients douteux " faisant apparaître le nom de M. A ainsi que la provision de 31 110,38 euros, cet élément est sans influence sur l'appréciation portée sur la déductibilité de la provision, dès lors qu'il concerne un exercice antérieur à l'exercice en litige. Dans ces conditions, l'EURL Tout Bat n'est pas fondée à soutenir que la créance qu'elle détient sur M. A présentait un risque de ne pas être recouvrée à la clôture de l'exercice 2014.
6. Pour contester la réintégration de la somme de 27 673,53 euros dans le résultat imposable au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2014 correspondant à une provision pour dépréciation, l'EURL Tout Bat soutient que la créance détenue sur M. et Mme F, à l'origine de cette provision, était certaine à la date de sa constitution. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'après avoir adressé un courrier aux époux F le 17 juin 2009, les mettant en demeure de procéder au règlement des factures émises à leur égard en contrepartie de travaux réalisés en 2005 et 2006, l'EURL Tout Bat n'a entrepris aucune démarche afin d'obtenir le recouvrement de la créance ce, alors même qu'il ressort des termes d'un courrier de l'ancien conseil de la société requérante du 22 juillet 2009 que les débiteurs ne s'opposaient pas au paiement mais sollicitaient seulement la communication des factures concernées. Par suite, à la date de la clôture de l'exercice 2014, la probabilité de l'absence de recouvrement de la créance n'était pas avérée. Ainsi, c'est à bon droit que l'administration fiscale a procédé à la réintégration de la provision correspondante dans le résultat imposable de l'exercice clos au 31 décembre 2014.
7. Il résulte de l'instruction que pour procéder aux réintégrations des provisions constituées par l'EURL Tout Bat, l'administration fiscale s'est fondée d'autre part sur l'inexistence de certaines des créances comptabilisées par la société requérante.
8. A ce titre, l'administration fiscale a d'abord réintégré dans le résultat imposable de l'exercice clos le 31 décembre 2014 de la société requérante une provision d'un montant de 8 238,74 euros correspondant à une créance litigieuse détenue sur les époux B après avoir constaté, à la lumière du rapport d'expertise du 11 juillet 2016, ordonné par le tribunal de Foix dans le cadre d'un litige opposant l'EURL Tout Bat à ses clients, que les créances détenues par la société étaient éteintes depuis le 16 novembre 2012, les époux B s'étant acquittés des sommes facturées par la société. Si l'EURL Tout Bat conteste cette réintégration, elle n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de la réalité de cette créance en produisant l'extrait du compte client de M. et Mme B lequel, s'il comporte une écriture portée au débit d'un montant de 8 000 euros le 16 février 2013 dont le seul libellé " REM M. et Mme B " ne permet pas d'en déterminer la nature, n'est accompagné ni d'une facture ni d'aucun justificatif permettant d'en apprécier la réalité. L'extrait de compte " clients douteux " mentionnant une dette de 8 815 euros détenue sur M. et Mme B au 31 décembre 2014 n'est pas davantage de nature à caractériser la réalité de la créance prétendument détenue. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a regardé cette créance comme inexistante et a réintégré la provision correspondante dans le résultat imposable de l'EURL Tout Bat.
9. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a également réintégré dans le résultat imposable de l'exercice clos le 31 décembre 2014 une somme de 1 668,67 euros correspondant à une créance détenue sur M. Colonel en raison d'une retenue effectuée par ce dernier à titre de dédommagement après qu'il a constaté des malfaçons et un retard dans l'exécution des travaux de rénovation réalisés à son domicile par la société requérante. L'EURL Tout Bat se prévaut d'un courriel du 31 décembre 2013, révélé par un second courriel du 20 décembre 2016, dans lequel M. Colonel l'informe de sa décision de ne pas s'acquitter de la somme de 1 600 euros pour soutenir que la provision était justifiée. Toutefois, ainsi que l'admet l'EURL Tout Bat, les désagréments subis par M. Colonel comme les frais de procédure à engager pour le recouvrement de la créance qu'elle détenait sur son client l'ont conduite à l'abandonner. Par suite, la provision constituée le 31 décembre 2014 correspondait en réalité à une perte certaine, la production du compte " clients douteux " de sa comptabilité faisant apparaître un solde débiteur de 1 785,49 euros au nom de M. Colonel étant à cet égard sans incidence sur la justification de cette provision dès lors que, comme il a été dit, la créance en cause n'était plus en litige au jour de son inscription. Dès lors, l'EURL Tout Bat n'est pas fondée à soutenir que l'administration aurait commis une erreur en la réintégrant dans le résultat imposable de l'exercice clos le 31 décembre 2014.
10. Enfin, si l'EURL Tout Bat soutient que la provision d'un montant de 2 396,95 euros constituée au terme de l'exercice clos le 31 décembre 2014 à raison d'une créance détenue sur la SCI Boulodrome est justifiée par la retenue opérée par cette dernière sur la somme dont elle était redevable en contrepartie de travaux réalisés, elle n'établit pas la réalité de cette créance en se bornant à produire le procès-verbal de réception des travaux du 11 juillet 2013 lequel ne fait pas mention d'une telle retenue. Dans ces conditions, c'est sans erreur de droit que l'administration fiscale a réintégré la somme correspondante au résultat imposable de l'exercice clos le 31 décembre 2014.
11. Il résulte de ce qui précède que l'EURL Tout Bat n'est pas fondée à soutenir que l'administration a commis une erreur en réintégrant l'ensemble de ces provisions dans le résultat imposable de l'exercice clos le 31 décembre 2014.
12. En deuxième lieu, aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " 1. Sous réserve des dispositions des articles 33 ter, 40 à 43 bis et 151 sexies, le bénéfice imposable est le bénéfice net, déterminé d'après les résultats d'ensemble des opérations de toute nature effectuées par les entreprises, y compris notamment les cessions d'éléments quelconques de l'actif, soit en cours, soit en fin d'exploitation./ 2. Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés () ". Il appartient au contribuable, pour l'application de ces dispositions, de justifier l'inscription d'une dette au passif du bilan de son entreprise.
13. Pour fonder les rehaussements de cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés consécutifs à la vérification de comptabilité, l'administration fiscale a réintégré à son résultat imposable au titre des exercices 2013 et 2014 les sommes de 33 861 euros et de 1 166 euros correspondant à plusieurs avoirs à établir déduits de ses éléments d'actif.
14. Pour contester la réintégration de l'avoir à établir en faveur de M. D dans son résultat imposable au titre de l'exercice clos 2013, pour une somme de 22 393 euros, l'EURL Tout Bat soutient que cette charge trouve son origine dans l'absence de règlement d'une partie des travaux réalisés chez l'intéressé. La lettre de relance du 15 novembre 2010 qu'elle produit ne saurait toutefois justifier la réalité de cette charge dès lors que, dépourvue de signature, elle ne mentionne pas le montant de la somme dont M. D serait créditeur.
15. Ensuite, si l'EURL Tout Bat soutient que l'administration fiscale a commis une erreur en réintégrant dans son résultat imposable au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2013 la somme de 11 468 euros dès lors qu'elle correspond à un avoir à établir au bénéfice de la SCI Lenoble ou SCI Noble, elle n'apporte aucun élément démontrant, ainsi qu'elle l'affirme, qu'une partie des travaux facturés à sa cliente le 29 octobre 2008 n'auraient pas été réalisés. Au surplus, l'EURL Tout Bat ne peut sérieusement justifier la comptabilisation d'une charge correspondant à un avoir à établir par l'impossibilité devant laquelle sa cliente s'est trouvée de régler une partie des travaux.
16. Enfin, l'EURL Tout Bat soutient que l'avoir à établir en faveur de M. E, d'un montant de 1 166 euros, comptabilisé au sein de l'exercice clos le 31 décembre 2014, est justifié par la circonstance qu'une partie des travaux facturés le 3 septembre 2013 n'ont pas été réalisés. Toutefois, en se bornant à produire à l'appui de la facture de 10 474,56 euros émise en contrepartie de l'exécution de l'ensemble des travaux commandés par son client, une lettre de relance du 3 juin 2014 dépourvue de signature et n'indiquant pas le montant de la créance de M. E, la société requérante n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, de la réalité de la charge déduite de son résultat imposable.
17. Il résulte de ce qui précède que l'EURL Tout Bat n'est pas fondée à soutenir que l'administration fiscale aurait commis une erreur en réintégrant les sommes de 33 861 euros, 160 781,68 euros et de 4 442,40 euros à son résultat imposable au titre des exercices 2013, 2014 et 2015. Par suite, ses conclusions tendant à la décharge des cotisations supplémentaires à l'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre exercices 2013 à 2015 pour un montant de 75 066 euros ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne les pénalités :
18. En premier lieu, aux termes de l'article 1727 du code général des impôts dans sa rédaction applicable à l'année d'imposition en litige : " I. Toute créance de nature fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe aux administrations fiscales, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard. A cet intérêt s'ajoutent, le cas échéant, les sanctions prévues au présent code () / III. Le taux de l'intérêt de retard est de 0,40% par mois. Il s'applique sur le montant des créances de nature fiscale mises à la charge du contribuable ou dont le versement a été différé () ".
19. Si l'EURL Tout Bat indique, après avoir développé deux moyens à l'encontre du bien-fondé des rehaussements issus de la proposition de rectification du 4 août 2016, " [contester] les intérêts de retard appliqués aux droits contestés pour les motifs évoqués ci-dessus ", elle n'assortit son moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
20. En second lieu, l'article 1729 du code général des impôts dispose : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entrainent l'application d'une majoration de : / a. 40% en cas de manquement délibéré () ". L'article L. 195 A du livre des procédures fiscales dispose : " En cas de contestation des pénalités fiscales appliquées à un contribuable au titre des impôts directs, de la taxe sur la valeur ajoutée et des autres taxes sur le chiffre d'affaires, des droits d'enregistrement, de la taxe de publicité foncière et du droit de timbre, la preuve de la mauvaise foi et des manœuvres frauduleuses incombe à l'administration. " Il résulte de la combinaison de ces dispositions que la pénalité pour mauvaise foi a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives et que pour établir cette mauvaise foi, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, du caractère volontaire de cette omission ou insuffisance c'est-à-dire de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt. Pour établir le caractère intentionnel du manquement du contribuable à son obligation déclarative, l'administration doit se placer au moment de la déclaration ou de la présentation de l'acte comportant l'indication des éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt. Cette intention se déduit notamment de la connaissance que le contribuable avait, compte tenu de ses activités et de sa qualité de professionnel, de ses obligations déclaratives et des conséquences fiscales de ses opérations.
21. Il résulte de l'instruction que pour établir l'existence d'un manquement délibéré, l'administration fiscale a retenu que l'EURL Tout Bat a minoré le résultat imposable des exercices clos les 31 décembre 2014 et 31 décembre 2015 par la constitution de nombreuses provisions pour " clients douteux " pour un montant total conséquent à savoir 164 058,08 euros alors même qu'elle ne pouvait ignorer leur caractère injustifié, une précédente vérification de comptabilité menée au cours de l'année 2009 ayant conduit à la réintégration de trois provisions de même nature pour une somme totale de 46 275 euros. Par l'importance des sommes déduites et le caractère répété du manquement relevé, l'administration fiscale doit être regardée comme rapportant la preuve à la fois de l'élément matériel et de l'élément intentionnel du manquement. Par suite, le moyen tiré du caractère injustifié de la majoration de 40 % doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fins de décharge des intérêts de retard et de la majoration pour manquement délibéré doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par la société requérante au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'EURL Tout Bat est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'EURL Tout Bat et au directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Héry, présidente,
Mme Sarraute, première conseillère,
Mme Douteaud, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mai 2024.
La rapporteure,
S. DOUTEAUD
La présidente,
F. HÉRY
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026