jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2106647 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SERDAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 novembre 2021, et des mémoires, enregistrés le 28 juin 2024 et le 20 septembre 2024, l'École nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT), représentée par la SCP Camille avocats, demande au tribunal :
1°) de condamner in solidum, sur le fondement de la responsabilité décennale, la société par actions simplifiée Entreprise Bourdarios, la société par actions simplifiée Ceris ingénierie et la société par actions simplifiée Ceris architecture à verser à l'ENVT la somme totale de 2 862 991,70 euros HT, correspondant à 748 429,75 euros HT au titre des travaux de reprise de l'animalerie infectieuse sise 23, chemin des Capelles à Toulouse, 1 607 000,00 euros HT au titre des bio-modules hébergeant les animaux lors des travaux et 507 562,02 euros HT au titre de divers frais annexes, somme à actualiser selon l'indice BT01 à compter de la date d'établissement des devis jusqu'à la date du jugement à intervenir ;
2°) de condamner in solidum la société Entreprise Bourdarios, la société Ceris ingénierie et la société Ceris architecture à verser à l'ENVT la somme de 182 500,00 euros HT au titre du manque à gagner et du préjudice subi ;
3°) de condamner in solidum la société Entreprise Bourdarios, la société Ceris ingénierie et la société Ceris architecture à verser à l'ENVT la somme de 16 819,33 euros TTC au titre des travaux d'obturation et de redirection des effluents liquides qu'elle a préfinancés ;
4°) de condamner in solidum la société Entreprise Bourdarios, la société Ceris ingénierie et la société Ceris architecture à verser à l'ENVT la somme de 5 280,00 euros au titre des honoraires d'assistance de la société SACET ;
5°) de mettre à la charge de la société Entreprise Bourdarios, de la société Ceris ingénierie et de la société Ceris architecture le versement d'une somme globale de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et de les condamner in solidum aux entiers dépens comprenant les frais de l'expertise judiciaire ;
6°) à titre subsidiaire, de désigner un expert ayant pour mission de visiter en présence des parties l'immeuble de l'ENVT, de prendre connaissance du rapport d'expertise judiciaire de Monsieur A du 22 octobre 2018, de se faire remettre d'autres devis de réparation des dommages, des désordres, des malfaçons, et non conformités relevés par l'expert judiciaire, de préciser la durée et le coût des travaux de remise en état.
Elle soutient que :
- l'animalerie infectieuse présente des désordres relatifs à des remontées d'humidité sur les murs, accompagnées de décollement des sols en PVC et de fissures, constatés à la fin de l'année 2008 ;
- la cause principale des désordres relatifs à des remontées d'humidité est liée à des défauts d'étanchéité des quatre réseaux d'évacuation des eaux usées sous-dallage, la cause secondaire est liée à l'absence de drainage périphérique du bâtiment situé en contrebas d'un terrain en pente, et la cause des désordres relatifs aux fissures est liée aux mouvements structurels, de faible importance, liés aux cycles d'humidification/déshumidification des sols d'assise du bâtiment en raison de la présence d'argile relevée dans ces sols ;
- les désordres litigieux sont imputables d'une part, à la société Entreprise Bourdarios, en sa qualité de constructeur, pour la réalisation des réseaux sous-dallage, et au groupement de maîtrise d'œuvre composé des sociétés Ceris ingénierie et Ceris architecture pour des défauts de contrôle lors de la réalisation des ouvrages, d'autant que les réseaux sous-dallage d'évacuation des eaux usées contaminées auraient dû faire l'objet d'une surveillance et d'un contrôle des travaux accru par rapport à des ouvrages de bâtiment moins sensibles ; d'autre part, au groupement de maîtrise d'œuvre pour un défaut de conception en raison de l'absence de drainage périphérique du bâtiment qui est situé en contrebas ;
- si les désordres constatés ne compromettent pas la stabilité et la solidité des ouvrages, la présence d'humidité dans de nombreux locaux et le cloquage des sols PVC entraînent une difficulté d'occupation et un défaut d'entière utilisation de ces locaux ;
- le montant des travaux de réparation, évalué par l'expert judiciaire, s'élève à la somme de 206 000 euros TTC ;
- les désordres litigieux ont nécessité des travaux conservatoires de création à l'intérieur du bâtiment de réseaux aériens, afin de procéder à l'évacuation des eaux à l'aide de pompes de refoulement, qui s'élèvent à 16 819,33 euros TTC ;
- les désordres affectant le fonctionnement de l'animalerie infectieuse lui ont causé des préjudices financiers qui s'élèvent à 80 900 euros au titre d'un manque à gagner résultant d'une sous-traitance contrainte d'une partie de ses bio-essais à un partenaire extérieur, et à 101 600 euros HT au titre de la sous-traitance des bio-essais sur souris auprès de la plate-forme d'infectiologie de Tours, soit une somme totale de 182 500 euros HT ;
- les conclusions de l'expert judiciaire sont insuffisantes, en ce que les locaux devront être décontaminés préalablement à l'intervention de remise en état de l'animalerie, en raison d'une contamination au prion, pour un coût de 748 429,75 euros HT ; les travaux nécessitent de délocaliser les animaux et les recherches par l'implantation de bio-modules, à hauteur de la somme globale de 1 607 000 euros HT ; les frais d'étude et de suivi du chantier, ainsi qu'un montant forfaitaire de 10 % sur le montant total des travaux pour les aléas, s'élèvent à 507 562,02 euros HT ; les frais d'assistance technique au titre des opérations d'expertise doivent lui être remboursés à hauteur de 5 280 euros TTC.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 mars 2023, la société Entreprise Bourdarios, représentée par Me Serdan, conclut :
- à l'absence de caractère décennal des désordres ;
- au rejet de la requête de l'ENVT et de toute demande dirigée à son encontre ;
- à titre subsidiaire, à la condamnation des sociétés Ceris ingénierie et Ceris architecture à la relever et la garantir des condamnations prononcées le cas échéant à son encontre ;
- à une part d'imputabilité des désordres à l'égard des sociétés Ceris ingénierie et Ceris architecture qui ne saurait être inférieure à 70 % ;
- à la limitation du montant des travaux de reprise à la somme de 206 000 euros TTC et des préjudices annexes à la somme de 16 819,33 euros TTC ;
- au rejet des autres demandes indemnitaires formulées par l'ENVT ;
- de mettre à la charge de toute partie perdante le versement de la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
- de rejeter la nouvelle demande d'expertise judiciaire de la requérante.
Elle fait valoir que :
- l'expert judiciaire ne conclut pas que les locaux sont rendus impropres à leur destination à cause des désordres constatés, alors que l'école n'a jamais cessé de fonctionner ;
- la demande indemnitaire au titre de la sous-traitance de certaines de ses activités n'est pas fondée, en ce que cette sous-traitance préexistait à leur survenance et à leur connaissance ;
- la maîtrise d'œuvre a modifié la conception du réseau d'évacuation des eaux usées par un procédé aérien au profit d'un réseau sous-dallage ;
- une part d'imputabilité doit être majoritairement retenue à l'encontre du groupement de maîtrise d'œuvre, eu égard à son rôle de conception des ouvrages et du suivi de leur exécution ;
- l'école nationale vétérinaire ne démontre pas la contamination des sols, ni la nécessité de poursuivre son activité le temps des travaux de reprise dans des bio-modules ;
- les frais annexes et les préjudices allégués ne sont pas justifiés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 avril 2023 et le 17 janvier 2024, la société Ceris architecture, représentée par la SELARL Depuy avocats et associés, conclut :
- au rejet de la requête de l'École nationale vétérinaire de Toulouse ;
- à la mise à la charge de la requérante de la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
- à titre subsidiaire, à une part d'imputabilité des désordres à hauteur de 70 % à l'égard de la société Entreprise Bourdarios ;
- à la limitation de l'imputabilité à la maîtrise d'œuvre des désordres à hauteur de 30 %, dont 9,9 % à son encontre et à la limitation du préjudice matériel de l'ENVT à hauteur de 172 819,33 euros TTC ;
- à condamner toute partie perdante à la relever et à la garantir de toute condamnation qui pourrait être prononcée à son encontre en principal, frais, intérêts et accessoires.
Elle fait valoir que :
- les désordres ne présentent pas de caractère décennal, en l'absence d'atteinte à la destination de l'ouvrage et de dysfonctionnement des services ;
- la société Entreprise Bourdarios n'a pas fait réaliser des réseaux étanches ni fait vérifier leur étanchéité ;
- la réclamation à hauteur de 50 000 euros TTC au titre du traitement des fissures est à rejeter, dans la mesure où l'expert considère que ces désordres sont imputables au phénomène de retrait des sols argileux ;
- les sommes dont l'ENVT demande le remboursement au titre d'activités de sous-traitance doivent être rejetés en ce qu'elles ont été conclues avant la connaissance de l'existence des désordres ;
- les frais du bureau d'études techniques ont volontairement été engagés par l'ENVT au titre d'une assistance dans le déroulement des opérations d'expertise et n'ont pas été retenus par l'expert judiciaire.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 mai 2023 et 2 septembre 2024, la société Ceris ingénierie, représentée par Me Payrau, conclut au rejet des conclusions présentées par l'école nationale vétérinaire de Toulouse, à la condamnation de la société Entreprise Bourdarios et toute partie perdante à la relever et à la garantir de toute condamnation prononcée à son encontre, au rejet des conclusions des sociétés Entreprise Bourdarios et Ceris architecture dirigées à son encontre et à la mise à la charge de toute partie perdante la somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
- les désordres litigieux ne présentent pas de caractère décennal ;
- le lien d'imputabilité avec la mission de maîtrise d'œuvre n'est pas établie ;
- elle n'a commis aucune faute dans sa mission de conception et de suivi de l'exécution des travaux ;
- elle ne peut être condamnée in solidum à indemniser le maître d'ouvrage en raison de l'absence de faute et de solidarité entre les membres du groupement de maîtrise d'œuvre ;
- les travaux de reprise doivent être limités à la somme de 156 000 euros TTC, déduction faite des travaux de réparation des fissures qui ne présentent pas de lien avec les désordres objet du litige, ni avec la mission de maîtrise d'œuvre ;
- la requérante ne démontre pas la nécessité de délocaliser son activité pendant les travaux de reprise, ni la pollution alléguée des sols ;
- les modifications de la conception de l'ouvrage sont imputables au maître d'ouvrage, en raison de la suppression du sous-sol qui a rendu non-visibles les réseaux d'écoulement ;
- la réalisation du drainage périphérique, doit rester à la charge de l'ENVT, qui n'a pas fait réaliser d'étude de sol ;
- le remplacement des sols souples par un revêtement en résine non prévu initialement doit rester à la charge de l'ENVT ;
- la responsabilité des modifications du projet ayant conduit à la survenance des désordres litigieux est imputable à la société Ceris architecture, en qualité de maître d'œuvre de conception et au titre de sa mission de suivi des travaux ;
- le maître de l'ouvrage devra conserver à sa charge le coût des travaux initialement prévus mais supprimés en phase projet par souci d'économies.
Par une ordonnance du 3 septembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 septembre 2024.
Un mémoire a été enregistré le 20 septembre 2024 pour le compte de la société Entreprise Bourdarios et n'a pas été communiqué.
Un mémoire a été enregistré le 23 septembre 2024 pour le compte de la société Ceris ingénierie et n'a pas été communiqué.
Vu :
- l'ordonnance du 29 octobre 2018 par laquelle la juge des référés du tribunal a liquidé et taxé les frais de l'expertise réalisée par M. A à la somme de 47 358,18 euros,
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil,
- la loi n° 85-704 du 12 juillet 1985 relative à la maîtrise d'ouvrage publique et à ses rapports avec la maîtrise d'œuvre privée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Quessette, rapporteur,
- les conclusions de M. Déderen, rapporteur public,
- les observations de Me Trouvé, substituant Me Dalmayrac, représentant l'école nationale vétérinaire de Toulouse,
- celles de Me Serdan, représentant la société entreprise Bourdarios,
- et celles de Me Depuy, représentant la société Ceris architecture.
Considérant ce qui suit :
1. Par des marchés publics pour la construction d'une animalerie infectieuse confinée de niveau de sécurité biologique 3, située 23, chemin des Capelles, à Toulouse, l'École nationale vétérinaire de Toulouse a confié la maîtrise d'œuvre à un groupement composé des sociétés Ceris ingénierie et Ceris architecture et le lot gros-œuvre à la société Entreprise Bourdarios. Les travaux ont été réceptionnés le 26 septembre 2008 et les réserves levées le 17 octobre 2008. Le 22 novembre 2013, une réunion sur site a constaté des remontées d'eau en capillarité, des décollements des sols en polychlorure de vinyle (PVC) et des fissures sur les voiles en béton armé. Ces désordres ont été confirmés par une expertise contradictoire du 13 novembre 2015. Par une ordonnance rendue le 4 juillet 2016, le président du tribunal administratif de Toulouse statuant en référés a ordonné une expertise judiciaire, dont le rapport a été déposé le 26 octobre 2018. Par la présente requête, l'ENVT sollicite l'engagement de la responsabilité décennale du groupement de maîtrise d'œuvre et de la société Entreprise Bourdarios in solidum au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur la garantie décennale :
2. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables.
3. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport de l'expert judiciaire, que l'animalerie infectieuse présente des malfaçons et des non conformités aux règles de construction ainsi que des défauts de conception qui nécessitent des travaux de réparation à hauteur de 206 000 euros TTC. Toutefois, ces désordres consistant en des remontées capillaires sur les murs, à des décollements des sols en PVC et à des fissures sur les murs en béton armé, ne compromettent pas la stabilité et la solidité des ouvrages. En revanche, la présence d'humidité dans de nombreux locaux et le cloquage des sols PVC entraînent, selon l'expert, une difficulté d'occupation liée aux taux d'humidité élevés et un défaut d'entière utilisation des locaux. Aussi, l'École nationale vétérinaire de Toulouse soutient que ces désordres le rendent impropre à sa destination. Il est constant que les dysfonctionnements et malfaçons ont été constatés, selon l'expert, dès la fin de l'année 2008, alors même que l'école vétérinaire n'a organisé avec le maître d'œuvre une réunion de constatation sur site que le 22 novembre 2013 et que les services logés dans ses locaux n'ont jamais cessé de fonctionner. Par ailleurs, le sapiteur sollicité pour évaluer le risque sanitaire pour les personnels susceptibles d'intervenir sur le chantier a indiqué l'impossibilité de préciser le volume et le degré de contamination des sols ou de dire si les nappes phréatiques ont été contaminées et à quel degré, tout en ajoutant que la contamination des nappes phréatiques est assez peu probable et ne pourrait être que limitée. Dans ces conditions, faute pour la requérante d'apporter suffisamment d'éléments probants concernant l'impropriété alléguée de l'ouvrage à sa destination, l'ENVT ne justifie pas d'une impropriété à l'utilisation des locaux à des fins de recherche scientifiques en raison des désordres constatés. Il ne résulte pas non plus de l'instruction que ces désordres seraient de nature, dans un délai prévisible, à rendre l'ouvrage impropre à sa destination.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'ordonner une nouvelle mesure d'expertise judiciaire, que les conclusions indemnitaires dirigées par l'École nationale vétérinaire de Toulouse à l'encontre de la société Ceris ingénierie, la société Ceris architecture et la société Entreprise Bourdarios sur le fondement de la garantie décennale doivent être rejetées.
Sur les dépens :
5. Par une ordonnance du 29 octobre 2018, les frais de l'expertise confiée à M. A ont été taxés et liquidés à hauteur de 47 358,18 euros. En l'espèce, il y a lieu de mettre cette somme à la charge définitive de l'école nationale vétérinaire de Toulouse.
Sur les frais liés au litige :
6. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la société Entreprise Bourdarios, la société Ceris ingénierie et la société Ceris architecture, qui n'ont pas la qualité de parties perdantes, versent à l'École nationale vétérinaire de Toulouse la somme réclamée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche et dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'École nationale vétérinaire de Toulouse la somme de 1 200 euros à verser à la société Entreprise Bourdarios, la somme de 1 200 euros à verser à la société Ceris ingénierie et la somme de 1 200 euros à verser à la société Ceris architecture au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de l'École nationale vétérinaire de Toulouse est rejetée.
Article 2 : Les frais de l'expertise confiée à M. A, taxés et liquidés à hauteur de 47 358,18 euros, sont mis à la charge définitive de l'École nationale vétérinaire de Toulouse.
Article 3 : L'École nationale vétérinaire de Toulouse versera la somme de 1 200 euros à chacune des sociétés Entreprise Bourdarios, Ceris ingénierie et Ceris architecture sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l'École nationale vétérinaire de Toulouse, à la société Entreprise Bourdarios, à la société Ceris ingénierie et à la société Ceris architecture.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Clen, président,
M. Quessette, premier conseiller,
Mme Lejeune, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.
Le rapporteur,
L. QUESSETTE
Le président,
H. CLEN La greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
No 2106647
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026