lundi 12 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2106829 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique chambre 5 |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS THALAMAS LACLAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 24 novembre 2021 et 22 mars 2023, M. C A, représenté par Me Laclau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 septembre 2021 par laquelle le ministre de l'action et des comptes publics a implicitement rejeté sa demande de réexamen de sa demande d'attribution d'une rente viagère d'invalidité ;
2°) de lui accorder le bénéfice de ladite rente ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- compte tenu de la reconnaissance de l'imputabilité au service de son état de santé par arrêté du 1er février 2017 et de l'expertise diligentée par le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse, il remplit les conditions prévues par le deuxième alinéa de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite pour se voir accorder une rente viagère d'invalidité.
Par deux mémoires enregistrés les 22 février 2022 et 22 mars 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique déclare être dans l'attente de l'avis de la commission de réforme.
Par une ordonnance du 23 mars 2023 la clôture d'instruction a été fixée au 10 mai 2023.
Des mémoires produits par le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, enregistrés les 12 décembre 2023 et 19 janvier 2024, soit après clôture d'instruction, n'ont pas été communiqués.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;
- le décret n° 68-756 du 13 août 1968 ;
- le décret n° 2001-99 du 31 janvier 2001 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Molina-Andréo, vice-présidente, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Molina-Andréo, magistrate désignée,
- les conclusions de Mme Nègre-Le Guillou, rapporteure publique,
- et les observations de Me Laclau, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. C A, fonctionnaire d'État, a été radié des cadres le 1er mars 2016 et perçoit depuis cette date une pension civile de retraite concédée par arrêté du 18 janvier 2016. Par un arrêté du 1er février 2017, le président directeur général de l'agence de services et de paiement a reconnu l'imputabilité au service de son congé de longue maladie attribué pour la période du 26 novembre 2014 au 25 novembre 2015. La demande de M. A tendant à l'attribution d'une rente viagère d'invalidité a été rejetée par une décision du ministre de l'action et des comptes publics en date du 21 février 2018, confirmée, sur recours gracieux, le 18 avril 2018. A la suite de l'annulation de ces décisions par un jugement du tribunal administratif de Toulouse du 17 juillet 2020, n° 1803889, M. A a, par courrier reçu le 23 juillet 2021, sollicité le réexamen de sa demande d'attribution de rente viagère auprès du ministre de l'action et des comptes publics. Le silence gardé par l'administration pendant plus de deux mois a fait naitre une décision implicite de rejet le 23 septembre 2021. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision et de lui accorder le bénéfice d'une rente viagère d'invalidité.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite, dans sa rédaction applicable à la date à laquelle M. A a présenté sa demande : " Le fonctionnaire civil radié des cadres dans les conditions prévues à l'article L. 27 a droit à une rente viagère d'invalidité cumulable, selon les modalités définies à l'article L. 30 ter, avec la pension rémunérant les services. / Le droit à cette rente est également ouvert au fonctionnaire retraité qui est atteint d'une maladie professionnelle dont l'imputabilité au service est reconnue par la commission de réforme postérieurement à la date de la radiation des cadres, dans les conditions définies à l'article L. 31. Dans ce cas, la jouissance de la rente prend effet à la date du dépôt de la demande de l'intéressé, sans pouvoir être antérieure à la date de publication de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations. () ". En application de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite le taux d'invalidité est déterminé compte tenu d'un barème indicatif fixé par décret. En vertu du barème figurant en annexe du décret du 31 janvier 2001 visé ci-dessus, le taux à retenir pour les névroses à composante dépressive varie de 10 à 30 %.
3. Il résulte de l'instruction que la demande de M. A tendant à l'attribution d'une rente viagère d'invalidité a été présentée sur le fondement du 2ème alinéa de l'article L. 28 du même code. Alors que l'administration a reconnu l'imputabilité au service du congé de longue maladie attribué à M. A, à raison d'une dépression profonde, pour la période du 26 novembre 2014 au 25 novembre 2015, il résulte également de l'instruction, et en particulier du rapport d'expertise du 15 avril 2021 ordonnée le 3 juillet 2020 par le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse, que l'intéressé, placé à la retraite depuis le 1er mars 2016, souffre de symptômes séquellaires caractérisés par une névrose à composante dépressive à l'origine d'un déficit fonctionnel permanent de 15 %. Ainsi, la pathologie dont reste atteint le requérant est imputable au service. L'administration, qui ne peut utilement se prévaloir du vice de procédure entachant la décision attaquée à raison du défaut de consultation de la commission de réforme, ne conteste pas sérieusement l'imputabilité au service de la maladie du requérant. Il suit de là que M. A est fondé à soutenir que le refus de lui attribuer une rente viagère d'invalidité est entaché d'une erreur d'appréciation.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision implicite du 23 septembre 2021.
Sur les conclusions tendant au versement de la rente viagère d'invalidité :
5. Le contentieux des pensions civiles et militaires de retraite est un contentieux de pleine juridiction. Il appartient, dès lors, au juge saisi de se prononcer lui-même sur les droits des intéressés, sauf à renvoyer à l'administration compétente, et sous son autorité, le règlement de tel aspect du litige dans des conditions précises qu'il lui appartient de fixer.
6. Eu égard au motif exposé au point 3, M. A a droit de percevoir la rente viagère d'invalidité prévue à l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite. Dès lors, il y a lieu de prescrire au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de procéder à la liquidation de ladite rente, dans les deux mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite du 23 septembre 2021 est annulée.
Article 2 : Il est prescrit au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique de procéder à la liquidation, au profit de M. A, d'une rente viagère d'invalidité sur le fondement de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Une copie en sera transmise pour information au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2024.
La magistrate désignée,
B. MOLINA-ANDRÉO
La greffière,
M. B
La magistrate désignée,
F. HÉRY
La greffière,
M. B La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026