lundi 2 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2106970 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SÉRÉE DE ROCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2021, la SAS (société par actions simplifiée) Woasam, représentée par Me Sérée de Roch, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 5 octobre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne a rejeté sa demande d'aide au titre du fonds de solidarité destiné aux entreprises touchées par les conséquences de l'épidémie de Covid-19 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que son activité entre bien dans le cadre du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié et ses annexes, traduisant l'absence d'un examen réel et sérieux de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2022, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la contestation des décisions de rejet des demandes d'aide au titre des mois de décembre 2020 et janvier, février, mars et juillet 2021 est irrecevable du fait de sa tardiveté, seule la contestation de la décision du 5 octobre 2021 concernant une nouvelle demande relative aux pertes du mois de juin 2021 est recevable ;
- les moyens invoqués à l'encontre de la décision du 5 octobre 2021 ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 3 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 18 novembre 2022 à 12 h 00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Truilhé, président-rapporteur,
- et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS (société par actions simplifiée) Woasam exerce depuis le 3 janvier 2020 une activité référencée par l'INSEE de " débit de boissons ", sous le nom commercial " Le Comptoir ", dont le siège se situe à Seilh (Haute-Garonne). Elle a sollicité le bénéfice du fonds de solidarité afin de soutenir les entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 pour les pertes relatives aux mois de décembre 2020 à juillet 2021. Ces demandes ont été rejetées pour discordance entre les chiffres d'affaires mentionnés dans les formulaires et les informations à disposition de l'administration fiscale. Par la présente requête, la SAS Woasam demande l'annulation de la décision du 5 octobre 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne a rejeté sa demande au titre du mois de juin 2021.
Sur la fin de non-recevoir invoquée en défense et l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'alinéa 1er de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. "
3. La fin de non-recevoir tirée par le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne de l'irrecevabilité, à raison de leur tardiveté, des conclusions tendant à l'annulation des décisions de rejet de demande d'aide au titre du fonds de solidarité pour les mois de décembre 2020 et janvier, février, mars et juillet 2021, rendues entre le 10 mars 2021 et le 23 août 2021, doit être écartée dès lors que les conclusions en annulation de la société Woasam sont clairement dirigées contre la seule décision de rejet de demande d'aide du 5 octobre 2021. En revanche, ainsi que le fait valoir le directeur régional des finances publiques, il ressort des pièces du dossier que la décision de rejet du 5 octobre 2021 porte une demande d'aide au titre du fonds de solidarité présentée le 30 septembre 2021 pour le seul mois de juin 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, il ressort des termes de la décision du 5 octobre 2021 que l'administration fiscale a fondé son refus sur le motif tiré de ce que l'activité principale exercée par la société, contrairement à ce qu'elle avait déclaré dans sa demande, ne relevait pas de l'un des secteurs énoncés dans les annexes 1 ou 2 du décret 2020-371 du 30 mars 2020 modifié, ou qu'elle n'avait pas bénéficié du fonds de solidarité ni en avril, ni en mai 2021, et qu'elle n'était donc pas éligible à l'aide sollicitée. Cette motivation doit être regardée comme suffisante, en droit comme en fait. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision contestée doit par conséquent être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment pas de la motivation susdécrite de la décision de refus d'aide en litige, que cette décision n'aurait pas été précédée d'un examen effectif de la situation de la société requérante.
6. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 3-28 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié : " I. A. Les entreprises mentionnées à l'article 1er du présent décret, n'ayant pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 1er juin 2021 susvisé, du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 susvisé ou du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 16 octobre 2020 susvisé, bénéficient d'aides financières prenant la forme de subventions destinées à compenser la perte de chiffre d'affaires subie au cours de chaque période mensuelle comprise entre le 1er juin 2021 et le 30 septembre 2021, dite période mensuelle considérée, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes : () / 3° Ou, au cours de la période mensuelle considérée, elles ont subi une perte de chiffre d'affaires d'au moins 10 %, elles ont bénéficié d'une aide versée au titre des articles 3-26 ou 3-27 du présent décret () ".
7. Dans sa demande d'aide au titre des pertes du mois de juin 2021, la société requérante a déclaré, d'une part, que son activité principale relève d'un des secteurs listés dans les annexes 1 ou 2 du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié et, d'autre part, que la société a bénéficié du fonds de solidarité au titre du mois d'avril ou du mois de mai 2021. Pour rejeter la demande de la société, l'administration relève que son activité principale ne relève pas de l'un des secteurs précités, ou qu'elle n'a bénéficié du fonds de solidarité ni en avril, ni en mai 2021. En application des dispositions précitées, pour bénéficier du fonds de solidarité pour les pertes subies au mois de juin 2021, la société doit avoir bénéficié du fonds de solidarité au mois d'avril ou mai 2021. Il ressort des pièces du dossier que la société Woasam n'a bénéficié du fonds de solidarité au titre du mois d'avril, ni du mois de mai 2021 dès lors qu'aucune demande en ce sens n'a été déposée pour ces périodes. Ainsi, la circonstance, à la supposer établie, que l'activité principale de la société entre bien dans le cadre du décret n'° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié est sans incidence sur la légalité de la décision de refus, qui se fonde notamment sur l'absence d'aide au titre des mois d'avril et de mai 2021. Dans ces conditions, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en rejetant la demande d'aide au titre du mois de juin 2021.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 5 octobre 2021 présentées par la SAS Woasam doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme sollicitée par la SAS Woasam au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Woasam est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Woasam, au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique et au directeur régional d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Truilhé, président,
M. Déderen, premier conseiller,
M. Zabka, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 janvier 2023.
Le président-rapporteur,
J-C. TRUILHÉ
L'assesseur le plus ancien,
G. DÉDEREN
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
No 2106970
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026