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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2107141

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2107141

mardi 24 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2107141
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantSAGARDOYTHO-MARCO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 10 décembre 2021 et 17 mai 2023, M. C A, représenté par Me Marco, demande au tribunal :

1°) de condamner l'État à lui verser la somme globale de 733 315,15 euros au titre des préjudices qu'il estime avoir subis à la suite de l'accident survenu le 21 juillet 2011 ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'accident dont il a été victime le 21 juillet 2011 est un accident de service ;

- il a le droit à une réparation intégrale de ses préjudices dès lors que l'accident est imputable à une faute de l'État ;

- bien que titulaire d'une pension militaire d'invalidité, il peut prétendre à une indemnité complémentaire égale au montant de ses préjudices, en ce qui concerne la perte de gains professionnels, le déficit fonctionnel permanent, les souffrances endurées, le préjudice esthétique temporaire, le préjudice esthétique permanent, le préjudice d'agrément ;

- il a subi une perte de gains professionnels futurs qu'il évalue à 657 515,37 euros. A titre subsidiaire, il a subi un préjudice de carrière dès lors qu'il a perdu une chance de faire carrière au sein de l'armée ;

- il a subi un déficit fonctionnel permanent de 15%, qu'il convient de dédommager à hauteur de 34 800 euros ;

- il a subi un préjudice lié aux souffrances endurées avant consolidation, qu'il conviendra de réparer à hauteur de 20 000 euros ;

- il a subi un préjudice esthétique temporaire et un préjudice esthétique permanent qu'il convient de réparer à hauteur respectivement de 2 000 euros pour le premier et de 4 000 euros pour le second ;

- il a subi un préjudice d'agrément qu'il évalue à 15 000 euros.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 avril et 18 juillet 2023, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- M. A peut prétendre à la réparation intégrale de ses préjudices résultant de l'accident du 21 juillet 2011 dès lors qu'une faute a été commise dans l'organisation de l'exercice ;

- en application des décisions du Conseil d'État " Hamblin " et " Noé ", il convient de distinguer les préjudices que la pension militaire d'invalidité a pour objet de réparer et ceux que la pension militaire n'a pas pour objet d'indemniser ;

En ce qui concerne les préjudices que la pension militaire d'invalidité (PMI) a pour objet de réparer :

- M. A est titulaire d'une pension militaire d'invalidité ;

- il ne peut obtenir la réparation des préjudices de perte de gains professionnels et de déficit fonctionnel permanent que si la somme globale demandée n'est pas entièrement couverte par la pension militaire d'invalidité qui lui a été versée ;

En ce qui concerne les préjudices que la PMI n'a pas pour objet de réparer :

- l'indemnité allouée au titre des souffrances endurées sera fixée à un maximum de 10 000 euros ;

- l'indemnité au titre du préjudice esthétique temporaire demandée pour un montant de 2 000 euros n'est pas contestée ;

- l'indemnité au titre du préjudice esthétique permanent sera fixée à un montant au plus égal à 2 000 euros ;

- l'indemnité au titre du préjudice d'agrément sera fixée à un montant qui n'excède pas la somme de 5 000 euros sous réserve que M. A produise des justificatifs attestant de ses pratiques sportives.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la défense ;

- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Biscarel,

- et les conclusions de Mme Nègre-Le Guillou, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, maréchal des logis, a été victime d'un accident de service le 21 juillet 2011. A ce titre, il a bénéficié d'une pension militaire d'invalidité concédée à titre définitif à compter du 20 février 2015 au taux de 60%. Le 24 avril 2015, un protocole transactionnel en réparation des préjudices subis d'un montant global de 15 200 euros lui a été proposé. A la suite du recours gracieux présenté le 30 mars 2018, il lui a été proposé, le 29 mai 2018, un nouveau protocole transactionnel d'un montant global de 16 300 euros. M. A ayant refusé de transiger, il a introduit une requête tendant à la condamnation de l'État à lui verser la somme globale de 733 315,37 euros, qui a été rejetée par une ordonnance du tribunal administratif de Toulouse du 3 mai 2021 au motif que l'intéressé n'avait pas préalablement saisi la commission de recours des militaires. Par un courrier du 1er juin 2021, M. A a présenté une demande indemnitaire qui a été rejetée par une décision du 9 juin 2021. Il a alors saisi la commission de recours des militaires qui, par une décision du 4 novembre 2021, a rejeté son recours. Par sa requête, M. A demande au tribunal de condamner l'État à lui verser la somme de 733 315,15 euros en réparation des préjudices subis.

Sur la responsabilité pour faute de l'État :

2. Aux termes de l'article L. 4123-2 du code de la défense : " Les militaires bénéficient des régimes de pensions ainsi que des prestations de sécurité sociale dans les conditions fixées par le code des pensions civiles et militaires de retraite, le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre et le code de la sécurité sociale. / () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Ouvrent droit à pension : / () / 2° Les infirmités résultant de maladies contractées par le fait ou à l'occasion du service ; / 3° L'aggravation par le fait ou à l'occasion du service d'infirmités étrangères au service ; / () ".

3. Eu égard à la finalité qui lui est assignée par les dispositions de l'article L. 1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre, reprises depuis le 1er janvier 2017 à l'article L. 2 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, et aux éléments entrant dans la détermination de son montant, la pension militaire d'invalidité doit être regardée comme ayant pour objet de réparer, d'une part, les pertes de revenus et l'incidence professionnelle de l'incapacité physique et, d'autre part, le déficit fonctionnel, entendu comme l'ensemble des préjudices à caractère personnel liés à la perte de la qualité de la vie, aux douleurs permanentes et aux troubles ressentis par la victime dans ses conditions d'existence personnelles, familiales et sociales.

4. En instituant la pension militaire d'invalidité, le législateur a entendu déterminer forfaitairement la réparation à laquelle les militaires victimes d'un accident de service peuvent prétendre, au titre de l'atteinte qu'ils ont subie dans leur intégrité physique, dans le cadre de l'obligation qui incombe à l'Etat de les garantir contre les risques qu'ils courent dans l'exercice de leur mission. Toutefois, ces dispositions ne font notamment pas obstacle à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre l'Etat, dans le cas notamment où l'accident serait imputable à une faute de nature à engager sa responsabilité.

5. Pour déterminer si l'accident de service ayant causé un dommage à un militaire est imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat, de sorte que ce militaire soit fondé à engager une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale par l'Etat de l'ensemble du dommage, il appartient au juge administratif, saisi de conclusions en ce sens, de rechercher si l'accident est imputable à une faute commise dans l'organisation ou le fonctionnement du service.

6. Il résulte de l'instruction que M. A bénéficie, depuis le 20 février 2015, d'une pension militaire d'invalidité définitive au taux global de 60% pour les séquelles subies du fait de l'accident de service du 21 juillet 2011. Il résulte également du rapport d'expertise réalisé le 28 janvier 2015 qu'il présente un déficit fonctionnel permanent évalué à 15%. Il n'est pas contesté par le ministre des armées que les séquelles présentées par M. A sont en lien direct avec l'accident du 21 juillet 2011, qui trouve son origine dans une faute dans l'organisation du service et, qu'à ce titre, il peut prétendre à l'indemnisation intégrale des préjudices en résultant.

7. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à rechercher la responsabilité pour faute de l'Etat du fait de l'accident reconnu imputable au service dans les conditions rappelées au point précédent.

Sur les préjudices que la pension militaire d'invalidité attribuée à M. A a pour objet de réparer :

8. Lorsqu'il est saisi de conclusions tendant au versement d'une indemnité complémentaire au titre des préjudices que la pension militaire d'invalidité a pour objet de réparer, il incombe au juge administratif de déterminer le montant total de ces préjudices, avant toute compensation par cette prestation, d'en déduire le capital représentatif de la pension et d'accorder à l'intéressé une indemnité égale au solde, s'il est positif.

En ce qui concerne la perte de gains professionnels futurs :

9. M. A soutient d'une part, qu'il a subi une perte de gains professionnels futurs qu'il évalue à 657 515,37 euros. Toutefois, il ne produit aucun élément permettant d'établir la réalité de son préjudice et notamment les sommes qu'il aurait perçues depuis la date de consolidation de son état de santé, à savoir le 5 septembre 2014. En tout état de cause, comme le soutient sans être utilement contredit le ministre des armées, M. A a perçu entre la date de consolidation et sa radiation des contrôles, le 17 janvier 2015, l'entièreté de sa solde.

10. M. A fait état, d'autre part, à titre subsidiaire, d'un chef de préjudice lié à l'incidence professionnelle, dès lors qu'il avait pour projet de réaliser sa carrière dans l'armée et que ce projet a été rendu impossible par l'accident du 31 juillet 2011. En considérant que le requérant a été engagé sous contrat le 6 mai 2003 à l'âge de 20 ans en tant que militaire du rang dans une armée renouvelant les contrats des engagés par période de cinq ans avec une limite légale de durée de service fixée à 25 ans en vertu de l'article L. 4139-16 du code de la défense, qu'il est devenu sous-officier sous contrat le 1er février 2007, et qu'il n'était sujet à aucun trouble antérieurement à l'accident de service, il résulte de l'instruction que M. A a été privé d'une chance sérieuse d'obtenir le renouvellement de son engagement au-delà de son terme. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de son préjudice en l'évaluant à la somme de 20 000 euros.

En ce qui concerne le déficit fonctionnel permanent :

11. Il résulte de l'instruction que l'expert évalue le déficit fonctionnel permanent lié à la perte de la flexion dorsale et ankylose de la tibio-talienne à 15%. La commission de recours des militaires, dans sa décision du 4 novembre 2021 ne remet pas en question cette évaluation et estime que ce chef de préjudice peut être indemnisé à hauteur de 31 500 euros. En défense, le ministre des armées ne conteste pas ce taux et propose, dans ses écritures, de retenir une indemnisation à une somme maximale de 23 500 euros. Compte tenu de l'incapacité médicalement constatée ayant une incidence dans la sphère personnelle du requérant, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à cette somme de 23 500 euros.

En ce qui concerne le montant total des préjudices de la pension militaire d'invalidité a pour objet de réparer et du droit de M. A à recevoir une indemnisation complémentaire :

12. D'une part, il résulte de ce qui a été dit aux deux points précédents que le préjudice de l'incidence professionnelle sur la carrière et le déficit fonctionnel permanent, en lien direct avec l'accident de service dont M. A est fondé à se prévaloir, doivent être évalués aux sommes respectives de 20 000 euros et de 23 500 euros. Le ministre des armées ne conteste, par ailleurs, ni le caractère indemnisable de l'incidence professionnelle et du déficit fonctionnel permanent (après consolidation) au titre desquels il y a lieu d'allouer à M. A une indemnisation complémentaire aux sommes respectives de 20 000 euros et 23 500 euros. Ainsi, le montant total des préjudices subis par M. A et que la pension militaire d'invalidité a pour objet de réparer s'élève à la somme de 43 500 euros.

13. D'autre part, il résulte de l'instruction que M. A s'est vu attribuer une pension militaire d'invalidité au taux de 55% du 30 novembre 2014 au 19 février 2015 et de 60 % à compter du 20 février 2015 dont le montant annuel est de 3 583,62 euros. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de convertir ce montant annuel en un capital et pour procéder à cette conversion de retenir, le barème de capitalisation des rentes viagères établi par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, millésime 2022, établi selon les tables de mortalité de l'INSEE de la population générale 2017-2019 et publié à la Gazette du Palais. Sur la base de ces éléments rapportés à une victime de sexe masculin âgée de 31 ans à la date de consolidation à laquelle il y a lieu de se placer, le coefficient de capitalisation s'élève à 48, 979 à un taux d'intérêt égal à 0%. Il en résulte que le montant capitalisé de la pension militaire d'invalidité de M. A s'élève à 175 522,12 euros (3583,62 x 48,979). Si celui-ci peut prétendre à une indemnisation à hauteur de 20 000 euros au titre du préjudice de carrière et à 23 500 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, le total de ces sommes est inférieur au montant du capital représentatif de la pension militaire d'invalidité. Dans ces circonstances, les préjudices nés d'un préjudice de carrière et d'un déficit fonctionnel permanent ne sauraient donner lieu à une indemnisation complémentaire.

14. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas en droit de prétendre à une indemnisation complémentaire des préjudices que la pension militaire d'invalidité a pour objet de réparer.

En ce qui concerne les préjudices que la pension militaire d'invalidité attribuée à M. A n'a pas pour objet de réparer :

15. En premier lieu, il résulte de l'instruction et notamment du rapport de l'expertise réalisée le 28 janvier 2015 par un médecin chef des armées, que le requérant a enduré des souffrances évaluées à 4,5 sur une échelle de 7 du fait d'hospitalisation itérative, de plusieurs interventions chirurgicales, d'une immobilisation trainante sur plusieurs mois et de rééducation de plus de 6 mois en centre et en ambulatoire. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant à M. A une somme de 10 000 euros.

16. En deuxième lieu, le préjudice esthétique temporaire est évalué à 3 sur une échelle allant de 1 à 7 par l'expert sur une période de 3 ans avant sa consolidation, au regard des difficultés majeures de marche qui n'est rendue possible qu'avec deux cannes anglaises. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant à l'intéressé une somme de 2 000 euros à ce titre.

17. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que le requérant a subi un préjudice esthétique permanent évalué à 2 sur une échelle de 1 à 7 par l'expert, en lien avec une boiterie modérée permanente nécessitant l'usage d'une canne. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant à l'intéressé une somme de 2 000 euros à ce titre.

18. En dernier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expert, que M. A subit un préjudice d'agrément en raison de l'abandon de toutes les activités physiques et sportives, de la limitation des activités avec ses enfants et de l'impossibilité de conduire une voiture. M. A soutient à cet effet qu'il ne peut plus pratiquer la pelote basque, la musculation, le motocross, le footing, le VTT et le rugby. A cet égard, il produit un document établi par le président du stade Navarrais Rugby, dont il ressort que le requérant a pratiqué le rugby en tant que licencié de la Fédération Française de Rugby de 2004 à 2008 dans la catégorie sénior puis du " rugby loisir " au sein de la section " Lous Arousecs " de 2008 à 2011. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice subi par le requérant, seulement âgé de 31 ans à la date du 5 septembre 2014 de consolidation de son état de santé, en l'évaluant à la somme de 6 000 euros.

19. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander la condamnation de l'Etat à lui verser une indemnité de 20 000 euros en réparation des préjudices que la pension militaire d'invalidité n'a pas pour objet de réparer.

Sur les intérêts :

20. Aux termes de l'article 1231-7 du code civil : " En toute matière, la condamnation à une indemnité emporte intérêts au taux légal même en l'absence de demande ou de disposition spéciale du jugement. Sauf disposition contraire de la loi, ces intérêts courent à compter du prononcé du jugement à moins que le juge n'en décide autrement. () ".

21. Même en l'absence de demande tendant à l'allocation d'intérêts, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts du jour de son prononcé jusqu'à son exécution, au taux légal puis, en application des dispositions de l'article L. 313-3 du code monétaire et financier, au taux majoré s'il n'est pas exécuté dans les deux mois de sa notification.

22. M. A a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 20 000 euros à compter du prononcé du jugement.

Sur les frais liés au litige :

23. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État, partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 500 euros à verser à M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à payer la somme de 20 000 euros à M. A assortie des intérêts au taux légal à compter du prononcé du présent jugement.

Article 2 : L'État versera la somme de 1 500 euros à M. A au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre des armées.

Délibéré après l'audience du 3 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

Mme Molina-Andréo, présidente,

Mme Soddu, première conseillère,

Mme Biscarel, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.

La rapporteure,

B. BISCAREL

La présidente,

B. MOLINA-ANDRÉO La greffière,

M. B

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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