lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2107173 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BREFEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 décembre 2021, la société à responsabilité limitée (SARL) PCS, représentée par Me Brefeil, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge partielle, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la période du 1er janvier 2018 au 31 août 2019, pour un montant total de 256 410 euros, ainsi que de l'amende à laquelle elle a été soumise en application des dispositions du 4 de l'article 1788 A du code général des impôts ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la croissance externe rapide du groupe Chronobat, auquel appartiennent la société PCS et six autres sociétés d'exploitation, s'est faite au détriment d'une structuration individuelle de chacune des sociétés ;
- elle a fait l'objet d'une première procédure de vérification de comptabilité sur la période du 1er janvier 2015 au 30 avril 2018, qui a abouti, au terme de la procédure de vérification, à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, ainsi qu'à l'application de l'amende prévue au 4 de l'article 1788 A du code général des impôts pour défaut d'auto-liquidation de la taxe sur la valeur ajoutée des opérations de sous-traitance ;
- la société Belluzzo Latge, qui est également une société d'exploitation du groupe Chronobat, a également fait l'objet d'une vérification de comptabilité qui a abouti, au terme de la procédure de vérification, à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée ; le règlement des sommes dues par cette société a été effectué selon un échéancier de paiement ;
- lors d'un entretien avec l'administration fiscale, le dirigeant de la société a admis des inexactitudes dans l'établissement des déclarations de taxe sur la valeur ajoutée, du fait d'une méthode de cadrage identique pour les deux sociétés ;
- les difficultés de gestion administrative et commerciale de la société ont été identifiées par le gérant de la société au cours de l'année 2018 ;
- postérieurement à l'acquisition d'une nouvelle société en juillet 2018, le dirigeant a porté ses efforts sur une structuration rationnelle et performante du groupe Chronobat et de ses sept sociétés d'exploitation ; en effet, la gestion au sein de chaque société d'exploitation comportait de graves lacunes, principalement inhérentes à un manque de formation et de compétences des salariés ;
- depuis le 1er janvier 2019, les missions comptables et fiscales des filiales sont gérées par un service unique, le pôle administratif, fiscal et comptable, composé de salariés compétents, diplômés et expérimentés ;
- ce service a porté ses efforts sur le cadrage de la taxe sur la valeur ajoutée de toutes les sociétés et sur l'établissement des rectifications éventuelles ; ce travail de contrôle et de régularisations a été réalisé tout au long de l'année 2019 ;
- la déclaration rectificative de taxe sur la valeur ajoutée de la société PCS au titre de l'année 2018 figure sur la déclaration du mois d'octobre 2019 ;
- le service a considéré, à tort, que le dépôt de ses déclarations rectificatives concomitamment à l'avis de vérification de comptabilité en date du 7 octobre 2019 supposait que les régularisations auraient pu ne pas intervenir sans l'avis de rectification ;
- la proposition de rectification est entachés d'un défaut de motivation ;
- la pénalité appliquée sur le fondement des disposions de l'article 1729 du code général des impôts est entachée d'un défaut de motivation ;
- la pénalité appliquée sur le fondement des disposions de l'article 1729 du code général des impôts est infondée dès lors, qu'elle a fait des efforts pour régulariser sa situation, que le service se fonde sur la première rectification de taxe sur la valeur ajoutée pour appliquer la majoration de 40% pour manquement délibéré, qu'elle repose sur le simple constat du dépôt de ses déclarations rectificatives après l'avis de réception de l'avis de vérification et du fait de l'absence de rectification notifiée à la société Bertrand et Fils ;
- le service n'a pas pris en compte le délai nécessaire pour que la société se mette en conformité en matière de taxe sur le chiffre d'affaires ;
- à la date de la notification de la proposition de rectification datée du 8 décembre 2020, le paiement de la totalité des sommes dues était effectif et non contestable ;
- les rappels de taxe sur la valeur ajoutée sont infondés, dès lors qu'elle a régularisé sa situation en déposant en cours de contrôle les déclarations de taxe sur la valeur ajoutée rectificative ;
- l'amende appliquée sur le fondement du 4 de l'article 1788 A du code général des impôts doit être fixée à 418 euros, dès lors que les manquements relevés en matière d'auto-liquidation de la taxe sur la valeur ajoutée relatives aux opérations de sous-traitance ont été régularisés et qu'une mention expresse a été indiquée sur les déclarations de taxe sur la valeur ajoutée de régularisation de l'année 2018 déposées en octobre 2019.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 février 2022, le directeur spécialisé du contrôle fiscal Sud-Pyrénées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société PCS ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soddu ;
- et les conclusions de Mme Nègre- Le Guillou, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) PCS, créée le 2 janvier 2013, exerce une activité dans le domaine des travaux d'installation d'eau et de gaz et a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2018, étendue sur la période du 1er janvier au 31 août 2019 en matière de taxe sur le chiffre d'affaires. La société PCS était détenue, au 31 août 2019, par la société par action simplifiée (SAS) Chronobat. Par une proposition de rectification en date du 8 décembre 2020, la société requérante a été informée de rappels, de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période contrôlée et de taxe sur les véhicules de société, ainsi que de l'application d'une amende sur le fondement des dispositions de l'article 1788 A § 4 du code général des impôts. Le 5 février 2021, la société requérante a formulé des observations et, par un courrier du 18 février 2021, l'administration fiscale a maintenu les rectifications. Les impositions supplémentaires ont été mise en recouvrement le 31 mars 2021 pour un montant total de 257 864 euros. La réclamation de la société requérante en date du 14 avril 2021 portant sur la décharge d'un montant de 256 798 euros a été rejetée par une décision du 11 octobre 2021. Par sa requête, la société PCS demande au tribunal de la décharger partiellement, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la période du 1er janvier 2018 au 31 août 2019 ainsi que de l'amende à laquelle elle a été soumise en application des dispositions du 4 de l'article 1788 A du code général des impôts, pour un montant global de 256 380 euros.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / (). ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. / () ".
3. Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler utilement ses observations. En revanche, sa régularité ne dépend pas du bien-fondé de ces motifs. Par ailleurs, l'administration n'est pas tenue de répondre à tous les arguments du contribuable formulés sur les redressements notifiés.
4. A supposer que la société requérante conteste la motivation de la proposition de rectification du 8 décembre 2020, il résulte toutefois de l'instruction, que celle-ci mentionne le montant des rehaussements, l'année d'imposition, la nature des rectifications opérées et indiquent de manière détaillée les motifs de fait et de droit de chacune des rectifications ainsi que les montants des droits, des taxes, des pénalités et de l'amende fixée en application des dispositions de l'article 1788 A § 4 du code général des impôts. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation, doit être écarté.
En ce qui concerne le bien fondé des impositions :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 269 du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " 1 Le fait générateur de la taxe se produit : / a) Au moment où la livraison, l'acquisition intracommunautaire du bien ou la prestation de services est effectué ; () / 2. La taxe est exigible : / c) Pour les prestations de services autres que celles visées au b bis, lors de l'encaissement des acomptes, du prix, de la rémunération ou, sur option du redevable, d'après les débits. / En cas d'escompte d'effet de commerce ou de transmission de créance, l'exigibilité intervient respectivement à la date du paiement de l'effet par le client ou à celle du paiement de la dette transmise entre les mains du bénéficiaire de la transmission. / Les entrepreneurs de travaux immobiliers peuvent, dans des conditions et pour les travaux qui sont fixés par décret, opter pour le paiement de la taxe sur les livraisons. () ". Aux termes de l'article 287 du même code, dans sa version applicable au litige : " 1. Tout redevable de la taxe sur la valeur ajoutée est tenu de remettre au service des impôts dont il dépend et dans le délai fixé par arrêté une déclaration conforme au modèle prescrit par l'administration. / 2. Les redevables soumis au régime réel normal d'imposition déposent mensuellement la déclaration visée au 1 indiquant, d'une part, le montant total des opérations réalisées, d'autre part, le détail des opérations taxables. La taxe exigible est acquittée tous les mois. () ".
6. Il résulte de l'instruction, comme il a été exposé au point 1, que la société requérante a fait l'objet d'une procédure de vérification de comptabilité au titre de la période du 1er janvier 2018 au 31 août 2019, et qu'au terme de la procédure des rappels de taxe sur la valeur ajoutée lui ont été notifiés pour un montant de 176 768 euros, respectivement fixé à 49 503 euros au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2018 et à 127 265 euros au titre de la période du 1er janvier 2019 au 31 août 2019. La société requérante, qui ne conteste pas les montants des rappels notifiés, soutient que les rappels de taxe sur la valeur ajoutée sont infondés dès lors, que les omissions de déclaration de taxe sur la valeur ajoutée collectée sont dus à des difficultés de gestion administrative et commerciale qui ont été détectées par le gérant de la société en 2018, que depuis le 1er janvier 2019, les missions comptables et fiscales des filiales sont gérées par un service unique, le pôle administratif, fiscal et comptable, composé de salariés compétents, diplômés et expérimentés, que ce service s'est employé, à compter l'année 2019, à contrôler et régulariser les déclarations de taxe sur la valeur ajoutée de toutes les sociétés du groupe Chronobat, et qu'un délai lui était nécessaire afin de pouvoir procéder à l'ensemble de ces régularisations. Toutefois, ces éléments ne sont pas de nature à justifier la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée contestés, étant entendu au demeurant qu'il ressort des fichiers des écritures comptables fournis par la société dans le cadre de la vérification de comptabilité, que la société PCS n'a pas comptabilisé dans ses écritures les déclarations initiales de taxe sur la valeur ajoutée des mois d'avril, juillet et août 2019 déposées respectivement les 21 mai, 21 août et 23 septembre 2019 et que seules les écritures relatives aux déclarations rectificatives déposées au titre de ces mêmes mois ont été enregistrées. Par ailleurs, la société qui se prévaut de la mise en place de contrôles des déclarations de taxe sur la valeur ajoutée de ses filiales à compter de l'année 2019, toutefois, il résulte de l'instruction que des omissions de déclaration de taxe sur la valeur ajoutée collectée d'un montant de 127 625 euros ont été relevés sur les huit premiers mois de l'année 2019. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a mis à la charge de la société les rappels litigieux au titre de l'année 2015, quand bien même elle aurait été en situation créditrice.
7. En second lieu, la société requérante soutient que les rappels de taxe sur la valeur ajoutée sont infondés dès lors, qu'elle a régularisé sa situation, en déposant, en cours de contrôle, les déclarations de taxe sur la valeur ajoutée rectificatives. Toutefois, cette circonstance n'est pas de nature à justifier le caractère infondé de la mise en recouvrement des rappels de taxe sur la valeur ajoutée contestés, dès lors que le service pouvait mettre en recouvrement ses montants, en tenant compte des seuls montants déclarés par la société PCS, aux dates limites de déclarations, fixée le 21 du mois suivant. Par suite, ce moyen doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par la société PCS doivent être rejetées.
Sur les pénalités :
9. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Aux termes de l'article 80 D du livre des procédures fiscales : " Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées au sens des articles L 211-2 à L 211-7 du code des relations entre le public et l'administration, quand un document ou une décision adressés au plus tard lors de la notification du titre exécutoire ou de son extrait en a porté la motivation à la connaissance du contribuable. Les sanctions fiscales ne peuvent être prononcées avant l'expiration d'un délai de trente jours à compter de la notification du document par lequel l'administration a fait connaître au contribuable ou redevable concerné la sanction qu'elle se propose d'appliquer, les motifs de celle-ci et la possibilité dont dispose l'intéressé de présenter dans ce délai ses observations. ".
10. Le juge de l'impôt, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, décide, dans chaque cas, selon les résultats de ce contrôle, soit de maintenir la majoration effectivement encourue au taux prévu par la loi, sans pouvoir moduler celui-ci pour tenir compte de la gravité de la faute commise par le contribuable, soit de ne laisser à la charge du contribuable que les intérêts de retard.
11. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 8 décembre 2020 adressée à la société requérante indique que les rappels de taxe sur la valeur ajoutée sont assortis d'une majoration de 40% en application de l'article 1729 du code général des impôts, compte tenu, de l'importance des rappels qui représentent 8.9% sur l'année 2018 et 38,58% sur les huit premiers mois de l'année 2019 de la taxe sur la valeur ajoutée collectée non reversée au Trésor public, de la réitération de la rétention de taxe sur la valeur ajoutée malgré le précédent contrôle dont elle a fait l'objet, et du fait que la société avait parfaitement connaissance des faits de rétention de taxe sur la valeur ajoutée dès lors qu'elle a entendu régulariser sa situation postérieurement à la réception de l'avis de vérification de comptabilité par le dépôt de trois déclarations rectificatives au titre des mois d'avril, juillet et août 2019 et d'une régularisation de la taxe sur la valeur ajoutée éludée sur la déclaration établie au titre du mois de septembre 2019. Par suite, le service a suffisamment motivé l'application de la majoration en cause au regard des exigences posées par l'article L. 80 D précité du livre des procédures fiscales.
12. En second lieu, la société requérante soutient que cette majoration est infondée dès lors, que la société a fait des efforts pour régulariser sa situation, que le service se fonde sur la première rectification de taxe sur la valeur ajoutée pour appliquer la majoration de 40% pour manquement délibéré et qu'elle repose sur le simple constat du dépôt de ses déclarations rectificatives après l'avis de réception de l'avis de vérification. Toutefois, il résulte de l'instruction que le service a retenu, pour l'application de cette pénalité, comme il a été dit au point 11, l'importance et le caractère réitéré des omissions de déclaration de taxe sur la valeur ajoutée. Par suite, le service apporte la preuve du caractère délibéré des manquements de la société requérante.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par la société PCS tendant à l'annulation de la pénalité appliquée au titre de l'article 1729 du code général des impôts, doivent être rejetées.
Sur l'application de l'amende prévue au 4 de l'article 1788 A du code général des impôts :
14. Aux termes de l'article 1788 A du code général des impôts : " () 4. Lorsqu'au titre d'une opération donnée le redevable de la taxe sur la valeur ajoutée est autorisé à la déduire, le défaut de mention de la taxe exigible sur la déclaration prévue au 1 de l'article 287, qui doit être déposée au titre de la période concernée, entraîne l'application d'une amende égale à 5 % de la somme déductible. () ".
15. Aux termes de l'article 283 du même code : " 1. La taxe sur la valeur ajoutée doit être acquittée par les personnes qui réalisent les opérations imposables, sous réserve des cas visés aux articles 275 à 277 A où le versement de la taxe peut être suspendu. / 2 nonies. Pour les travaux de construction, y compris ceux de réparation, de nettoyage, d'entretien, de transformation et de démolition effectués en relation avec un bien immobilier par une entreprise sous-traitante, au sens de l'article 1er de la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance, pour le compte d'un preneur assujetti, la taxe est acquittée par le preneur. () ". Aux termes de l'article 1 de la loi n° 75-1334 du 31 décembre 1975 relative à la sous-traitance : " () la sous-traitance est l'opération par laquelle un entrepreneur confie par un sous-traité, et sous sa responsabilité, à une autre personne appelée sous-traitant l'exécution de tout ou partie du contrat d'entreprise ou d'une partie du marché public conclu avec le maître de l'ouvrage. "
16. La société PCS, qui se borne à soutenir que l'amende appliquée sur le fondement du 4 de l'article 1788 A du code général des impôts, précité, doit être fixée à 418 euros, dès lors que les manquements relevés en matière d'auto-liquidation de la taxe sur la valeur ajoutée relatives aux opérations de sous-traitance ont été régularisés et qu'une mention expresse a été indiquée sur les déclarations de taxe sur la valeur ajoutée de régularisation de l'année 2018 déposées en octobre 2019, n'assortit pas ses allégations des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé alors que le service a relevé qu'au 30 août 2019, elle n'avait pas intégralement autoliquidé de taxe sur la valeur ajoutée sur les prestations de sous-traitance facturées par des fournisseurs assujettis à la taxe ni comptabilisé de taxe sur la valeur ajoutée sur ces opérations. Par suite, le service était fondé à appliquer la pénalité de 5% prévue au 4 de l'article 1788 A du code général des impôts, précité, pour défaut d'auto-liquidation de la taxe sur la valeur ajoutée sur les opérations sous-traitées.
17. Il résulte de tout ce qui précède que la société PCS n'est pas fondée à demander la décharge, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la période du 1er janvier 2018 au 31 août 2019, ainsi que de l'amende à laquelle elle a été soumise en application des dispositions du 4 de l'article 1788 A du code général des impôts.
Sur les frais liés au litige :
18. Les conclusions de la société PCS tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E:
Article 1er : La requête la société PCS est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limité PCS et au directeur spécialisé du contrôle fiscal Sud-Pyrénées.
Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Mérard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
La rapporteure,
N. SODDU
La présidente,
S. CAROTENUTO La greffière,
S. BALTIMORE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026