LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2107370

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2107370

mercredi 13 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2107370
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique chambre 4
Avocat requérantFAURE-TRONCHE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 décembre 2021, la caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles d'Oc, représentée par Me Faure-Tronche, demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 5 892 euros au titre des préjudices subis ;

2°) de mettre à la charge de l'État le paiement de la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la responsabilité sans faute de l'Etat prévue par l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure est engagée dès lors que les dégradations subies sont en lien direct avec la manifestation du 8 décembre 2018, ce qui ressort notamment du constat d'expertise ; la seule présence de " casseurs " ne saurait établir que ces dégradations seraient imputables à un tel groupe

- le préjudice subi est justifié dans son quantum et n'est pas contesté.

Le préfet de la Haute-Garonne, à qui la requête a été communiquée et qui, par un courrier du 27 septembre 2022, a été mis en demeure de produire ses observations dans un délai de 30 jours, n'a pas produit d'observations en défense.

Par une ordonnance du 8 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 8 février 2023.

En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code des assurances ;

- le code pénal ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- et les conclusions de M. Déderen, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SCI Toulouse République est propriétaire d'un local à usage commercial situé à Toulouse, 74 rue Etienne Billières. Elle a conclu un contrat d'assurances multirisques avec la caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles d'Oc, ci-après " Groupama d'Oc ". A l'occasion d'une manifestation de " gilets jaunes " organisée à Toulouse le 8 décembre 2018, ce local a subi des dommages matériels. Ces dommages ont fait l'objet d'une expertise, qui a évalué leur réparation à 5 892 euros. Groupama d'Oc, en sa qualité d'assureur, a indemnisé la SCI Toulouse République de cette somme. Par une quittance subrogative du 8 février 2019, Groupama d'Oc a été subrogé dans les droits de la SCI Toulouse République. Par une demande du 10 décembre 2019, Groupama d'Oc a demandé à l'Etat d'être indemnisé à hauteur de cette somme, sur le fondement de la responsabilité sans faute prévue par l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure. Par un courrier du 25 octobre 2021, le préfet de la Haute-Garonne a rejeté cette demande indemnitaire. Par la présente requête, Groupama d'Oc demande la condamnation de l'Etat à lui verser la somme sollicitée au titre des préjudices allégués.

Sur la responsabilité sans faute de l'Etat sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure :

2. Aux termes de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure : " L'Etat est civilement responsable des dégâts et dommages résultant des crimes et délits commis, à force ouverte ou par violence, par des attroupements ou rassemblements armés ou non armés, soit contre les personnes, soit contre les biens () ". L'application de ces dispositions est subordonnée à la condition que les dommages dont l'indemnisation est demandée résultent de manière directe et certaine de crimes ou de délits déterminés commis par des rassemblements ou des attroupements précisément identifiés.

3. Aux termes de l'article 322-1 du code pénal : " La destruction, la dégradation ou la détérioration d'un bien appartenant à autrui est punie de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende, sauf s'il n'en est résulté qu'un dommage léger ".

4. La société Groupama d'Oc demande la condamnation de l'Etat, sur le fondement de la responsabilité sans faute prévue par les dispositions précitées, à réparer le préjudice matériel subi à raison des dommages causés au local à usage commercial situé à Toulouse, 74 rue Etienne Billières, qu'elle assurait. Si elle soutient que ces dommages auraient été causés à l'occasion de la manifestation de " gilets jaunes " organisée à Toulouse le 8 décembre 2018, toutefois elle ne l'établit pas, dès lors qu'elle ne verse à l'instance, à ce titre, que le procès-verbal de constatations des dommages en date du 15 janvier 2019, dressé par le cabinet d'expertise Elex, qui affirme que ces dommages ont été causés " suite au mouvement populaire des gilets jaunes du 8 décembre 2018 ", sans justifier en aucune manière ni l'identité des auteurs de ces dommages, ni même la date à laquelle ils ont été causés, ainsi que le rapport d'expertise établi par le même cabinet le 31 janvier 2019, qui réitère cette assertion sans la justifier davantage. Ainsi, en l'absence de pièces permettant d'établir que les dommages en litige résulteraient de manière directe et certaine de la manifestation susmentionnée, et alors qu'il n'est pas même justifié de la date de ces dommages, la société requérante n'est pas fondée à demander l'engagement de la responsabilité de l'Etat sur le fondement de l'article L. 211-10 du code de la sécurité intérieure.

5. Il résulte de ce qui précède que ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Groupama d'Oc la somme réclamée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles d'Oc est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la caisse régionale d'assurances mutuelles agricoles d'Oc et au préfet de la Haute-Garonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2024.

Le magistrat désigné,

S. A

La greffière,

S. SORABELLA La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions