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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2107453

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2107453

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2107453
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantD'AVOCATS FLINT-SANSON-SAINT GENIEST

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 décembre 2021 et un mémoire enregistré le 20 février 2023, M. A B demande au tribunal d'annuler la notification de la saisie administrative à tiers détenteur émise le 16 novembre 2021 par la trésorerie Toulouse municipale sur son compte bancaire de la caisse d'épargne et de le décharger de l'obligation de payer la somme de 596,70 euros.

Il soutient qu'il a dû interrompre la réalisation d'office des travaux urgents de nettoyage et de déblaiement en cours dans son appartement et que de la nourriture lui appartenant a été indûment détruite ; il a dès lors versé au Trésor public une somme de 1 419,30 euros sur une facture de 2 016 euros, et se prévaut de ce que le montant des travaux réellement réalisés s'élevait à 1 490,20 euros, montant auquel il ajoute un montant de 70,70 euros correspondant à de la nourriture lui appartenant et détruite lors des travaux sans raison apparente.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 avril 2022, la commune de Toulouse, représentée par Me Saint Geniest, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. C la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune fait valoir que

- la requête de M. B est irrecevable en raison de sa tardiveté ;

- le tribunal administratif est incompétent pour en connaître ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à la recette des finances municipale de Toulouse qui n'a pas produit d'observations.

Un mémoire enregistré pour M. B a été enregistré le 30 mars 2023 et n'a pas été communiqué.

Par une ordonnance du 27 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 30 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Quessette, rapporteur,

- les conclusions de M. Déderen, rapporteur public,

- les observations de M. B,

- et celles de Me Ginesta, substituant Me Saint Geniest, représentant la commune de Toulouse.

Considérant ce qui suit :

1. Par une ordonnance du 16 avril 2015, le juge des référés du tribunal judiciaire de Toulouse a autorisé le service d'hygiène de la commune de Toulouse à procéder d'office à des travaux urgents dans l'appartement occupé par M. B. Un avis des sommes à payer de 2 016 euros TTC, correspondant au montant des travaux de remise aux normes d'hygiène réalisés au 12 septembre 2016, a été notifié à M. B le 26 juillet 2017, et a été suivi d'une mise en demeure du 29 septembre 2017. L'intéressé ayant acquitté la somme de 1 419,30 euros au mois d'octobre 2017, le comptable public de la trésorerie municipale lui a notifié une mise en demeure valant commandement de payer le 29 juillet 2021 à hauteur de la somme restant due de 596,70 euros. Le 16 novembre 2021, le même centre des finances publiques a fait procéder à une saisie administrative à tiers détenteur de son compte bancaire du montant de cette somme dont il demeure redevable. M. B vous demande d'annuler cette somme et donc implicitement la décharge de l'obligation de payer.

Sur l'exception d'incompétence :

2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : () / c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution ".

3. Il résulte de ces dispositions que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des collectivités territoriales est de la compétence du juge de l'exécution du tribunal judiciaire, alors que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond. Il est constant que M. B conclut à l'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur sur son compte bancaire mais également à la décharge de l'obligation de payer la somme de 596,70 euros. Ses conclusions en décharge concernent l'exigibilité de la dette, et l'obligation de payer relèvent de la compétence de la juridiction administrative en vertu des dispositions précitées du livre des procédures fiscales. Par suite, l'exception d'incompétence opposée par la commune de Toulouse doit être écartée.

Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :

4. Aux termes de l'article R. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement prévues par l'article L. 281 peuvent être formulées par le redevable lui-même ou la personne tenue solidairement ou conjointement. / Elles font l'objet d'une demande qui doit être adressée, appuyée de toutes les justifications utiles, au chef de service compétent suivant : / a) Le directeur départemental ou régional des finances publiques du département dans lequel a été prise la décision d'engager la poursuite ou le responsable du service à compétence nationale si le recouvrement incombe à un comptable de la direction générale des finances publiques ; () ". Aux termes de l'article R. 281-3-1 de ce livre : " La demande prévue à l'article R. 281-1 doit, sous peine d'irrecevabilité, être présentée dans un délai de deux mois à partir de la notification : / a) De l'acte de poursuite dont la régularité en la forme est contestée ; () ". Aux termes de son article R. 281-4 : " Le chef de service ou l'ordonnateur mentionné au deuxième alinéa de l'article L. 281 se prononce dans un délai de deux mois à partir du dépôt de la demande, dont il doit accuser réception. / Pour les créances des collectivités territoriales, de leurs établissements publics et des établissements publics de santé, le chef de service se prononce après avis du comptable assignataire à l'origine de l'acte. / Si aucune décision n'a été prise dans ce délai ou si la décision rendue ne lui donne pas satisfaction, le redevable ou la personne tenue solidairement ou conjointement doit, à peine de forclusion, porter l'affaire devant le juge compétent tel qu'il est défini à l'article L. 281. Il dispose pour cela de deux mois à partir : a) soit de la notification de la décision du chef de service ou de l'ordonnateur mentionné au deuxième alinéa de l'article L. 281 ; / b) soit de l'expiration du délai de deux mois accordé au chef de service ou à l'ordonnateur mentionné au deuxième alinéa de l'article L. 281 pour prendre sa décision. / La procédure ne peut, à peine d'irrecevabilité, être engagée avant ces dates ". Enfin, aux termes de son article R. 281-5 : " Le juge se prononce exclusivement au vu des justifications qui ont été présentées au chef de service. Les redevables qui l'ont saisi ne peuvent ni lui soumettre des pièces justificatives autres que celles qu'ils ont déjà produites à l'appui de leurs mémoires, ni invoquer des faits autres que ceux exposés dans ces mémoires. / Lorsque le juge de l'exécution est compétent, l'affaire est instruite en suivant les règles de la procédure à jour fixe ".

5. M. B n'est plus recevable à contester le bien-fondé de la créance à travers l'acte de poursuite que constitue la saisie à tiers détenteur émise le 16 novembre 2021 dès lors que la notification d'un premier acte de poursuite, l'ordre de recouvrer émis le 26 juillet 2017, a eu pour effet d'épuiser le délai ouvert pour toute opposition à exécution. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la saisie à tiers détenteur en litige est elle-même tardive. Elles sont dès lors irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées, par voie de conséquence et en toute hypothèse.

6. L'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de l'ordre de recouvrer émis le 26 juillet 2017 et de la saisie à tiers détenteur émises le 16 novembre 2021 impliquent par voie de conséquence le rejet des conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer la dette en litige ainsi que le rejet des conclusions indemnitaires présentées par M. B.

Sur les frais liés au litige :

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme que la commune de Toulouse demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M.Br est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Toulouse au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. ABr, à la commune de Toulouse et au directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.

.

Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Clen, président,

M. Quessette, premier conseiller,

Mme Lejeune, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.

Le rapporteur,

L. QUESSETTE

Le président,

H. CLEN La greffière,

S. SORABELLA

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

No 2107453

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