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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2107477

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2107477

mercredi 8 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2107477
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationJuge unique cellule 7
Avocat requérantSELARL MARC SZTULMAN AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 décembre 2021, M. E B, représenté par Me Sztulman, demande au tribunal :

1) d'annuler la décision du 27 octobre 2021 par laquelle le directeur de l'agence Pôle emploi Occitanie a refusé de l'inscrire rétroactivement sur la liste des demandeurs d'emploi ;

2) d'enjoindre à Pôle emploi de le rétablir dans ses droits à compter du 6 novembre 2020 et de procéder au versement des allocations non versées, à peine d'astreinte d'un montant de 100 euros par jour à compter du 8e jour suivant la notification de la décision à intervenir ;

3) de mettre à la charge de Pôle emploi Occitanie la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Il soutient que :

- la décision attaquée souffre d'un vice d'incompétence, dès lors qu'il est impossible d'identifier son signataire au titre de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ; la décision attaquée souffre d'une insuffisance de motivation au regard des dispositions de l'article L. 211-7 du code des relations entre le public et l'administration ;

- Pôle emploi a commis une erreur de droit en refusant de lui accorder l'ouverture rétroactive de ses droits à l'ARE alors qu'il remplissait les conditions pour se voir accorder un tel droit dès le 6 novembre 2020 ;

- Pôle emploi a commis une erreur dans l'appréciation de sa situation en ne prenant pas en compte l'impossibilité matérielle pour le requérant d'effectuer les démarches nécessaires à son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi en raison des restrictions imposées par son employeur et de la crise liée au Covid-19.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 5 avril 2022 et 25 janvier 2023, le directeur régional de Pôle emploi Occitanie conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la décision contestée est régulièrement signée par Mme C, laquelle bénéficie d'une délégation de signature de la part du directeur de Pôle emploi Occitanie en date du 14 octobre 2021 ;

- la décision contestée n'entrant dans aucune des catégories mentionnées à l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, elle n'a dès lors pas à répondre aux exigences de motivations imposée par ces dispositions ;

- la demande du requérant ne peut être que rejetée au vu du principe de non-rétroactivité de l'inscription, applicable même dans l'hypothèse où la tardiveté est imputable à la carence de l'employeur ; la décision attaquée a été prise conformément aux dispositions de l'article R. 5411-2 du code du travail ;

- la décision contestée n'a aucune conséquence sur le montant du droit à l'ARE du requérant, dès lors que ce montant aurait été identique peu importe la date de l'ouverture des droits ;

- la demande du requérant est tardive, intervenant presque un an après les faits.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. D de Hureaux pour statuer sur les litiges visés audit article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative et le rapport de M. D de Hureaux a été entendu.

Considérant ce qui suit :

1. M. B s'est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi le 20 novembre 2020, et s'est vu notifier par un courrier de Pôle emploi en date du 9 décembre 2020 l'ouverture de son droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi à compter du 20 mai 2021. M. B a demandé son inscription rétroactive par un courrier du 15 octobre 2021 et s'est vu opposer une décision de refus par le directeur de l'agence le 27 octobre 2021. Par la présente requête, il demande l'annulation de cette décision et l'ouverture rétroactive de ses droits à compter du 6 novembre 2020.

2. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci (). "

3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la signataire de l'acte attaquée, Mme C, bénéficie d'une délégation de signature régulièrement publiée en date du 14 octobre 2021, dont le nom demeure identifiable sur la photocopie adressée au tribunal. Par suite, le moyen tiré du vice de forme doit être rejeté.

4. Aux termes de l'article L. 211-7 du code des relations entre le public et l'administration : " Les organismes de sécurité sociale et Pôle emploi doivent faire connaître les motifs des décisions individuelles par lesquelles ils refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir. () ".

5. En deuxième lieu, M. B soutient que l'acte attaqué est insuffisamment motivé au regard des dispositions de l'article L. 211-7 du code des relations entre le public et l'administration. Toutefois, il est constant que la décision du 27 octobre 2021 mentionne expressément les éléments de faits et les éléments de droit qui ont conditionné la décision de Pôle emploi, l'ensemble permettant au requérant de saisir le sens et la portée de la réponse faite à sa demande. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

6. Aux termes de l'article L. 5411-1 du code du travail : " A la qualité de demandeur d'emploi toute personne qui recherche un emploi et demande son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi auprès de Pôle emploi. ". Aux termes de l'article R. 5411-2 du même code : " L'inscription sur la liste des demandeurs d'emploi est faite par voie électronique auprès de Pôle emploi. Le travailleur recherchant un emploi qui demande son inscription déclare sa domiciliation et transmet les informations permettant de procéder à son identification. / A défaut de parvenir à s'inscrire lui-même par voie électronique, le travailleur recherchant un emploi peut procéder à cette inscription dans les services de Pôle emploi, également par voie électronique, et bénéficier le cas échéant de l'assistance du personnel de Pôle emploi. () ".

7. Les dispositions du code du travail qui soumettent le travailleur inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi à des obligations telles que le renouvellement de la demande d'inscription, l'acceptation d'emploi ou d'action de formation proposés, ou la réponse à des convocations, font en principe obstacle à ce que cette inscription ait un caractère rétroactif.

8. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que M. B avait la possibilité de s'inscrire sur la liste des demandeurs d'emploi immédiatement après sa rupture conventionnelle, mais pensait devoir attendre d'avoir reçu son attestation employeur pour compléter son dossier. Pour demander l'annulation de la décision attaquée, le requérant fait valoir qu'il était dans l'impossibilité matérielle de réunir l'intégralité des documents nécessaires à l'ouverture de son droit à l'allocation chômage préalablement à son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi effectuée le 20 novembre 2020. Toutefois, cette circonstance n'est pas de nature à justifier légalement l'inscription rétroactive du requérant sur la liste des demandeurs d'emploi, dès lors que ces documents, qui permettent uniquement de calculer les droits de l'allocation chômage, ne sont pas nécessaires pour s'inscrire sur cette liste. Par suite, c'est par une exacte application des dispositions précitées du code du travail que le directeur de l'agence de Pôle emploi Occitanie a refusé de l'inscrire rétroactivement sur la liste des demandeurs d'emploi.

9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à la mise à la charge de Pôle emploi des frais de procès et des entiers dépens, au demeurant inexistants.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. E B et au ministre du travail.

Copie en sera délivrée à Pôle emploi Occitanie.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 8 mars 2023.

Le magistrat désigné,

Alain D de Hureaux La greffière,

Sandrine Furbeyre

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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