mercredi 8 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2107513 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique cellule 7 |
| Avocat requérant | BOUACHA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 décembre 2021 et un mémoire enregistré le 21 février 2023 à 20 h 05, M. B C, représenté par Me Bouacha, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1) à titre principal, de surseoir à statuer dans l'attente de l'issue de la plainte pénale ;
2) à titre subsidiaire, d'annuler la décision du 25 octobre 2021 par laquelle le président du conseil départemental du Lot a rejeté son recours administratif préalable et confirmé la décision du 30 juin 2021 par laquelle la mutualité sociale agricole (MSA) Midi-Pyrénées Nord a mis à sa charge un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 8 508,60 euros pour la période de juillet 2018 à juin 2019 ;
3) de mettre à la charge du département du Lot la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le département du Lot a déposé plainte à son encontre pour fraude ; il a été entendu dans le cadre de l'enquête préliminaire et a expliqué que les sommes versées sur ses comptes bancaires correspondaient à des prêts d'argent consentis par des proches et amis ; la solution du litige dépend de l'issue de la plainte pénale ; il y a donc lieu de surseoir à statuer ;
- la décision contestée a été signée par une autorité incompétente ;
- l'administration a commis une erreur d'appréciation dès lors qu'il n'est coupable d'aucune fraude et a toujours déclaré l'intégralité de ses revenus, lesquels proviennent essentiellement de son activité d'agriculteur.
Par un mémoire en défense enregistré le 07 mars 2022, le département du Lot conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive et manifestement irrecevable ;
- la décision contestée a été régulièrement signée par Mme E, laquelle bénéficie d'une délégation de signature par arrêté du président du conseil départemental du Lot du 1er juillet 2021 ;
- l'administration n'a commis aucune erreur d'appréciation en retenant la fraude : le rapport de contrôle révèle la présence d'opérations bancaires non déclarées par le requérant, lequel n'a pas donné suite aux demandes de justificatifs formulées par la MSA.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. D de Hureaux pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique, le rapport de M. D de Hureaux a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est bénéficiaire du revenu de solidarité active (RSA) depuis septembre 2011. A la suite d'un contrôle diligenté par les services de la MSA du Lot le 7 janvier 2020, il a été constaté que M. C avait omis de déclarer l'intégralité des ressources qu'il percevait de son activité d'exploitant agricole. La régularisation de ses droits au RSA par les services de la CAF a généré un indu d'un montant de 8 508,60 euros pour la période de juillet 2018 à juin 2019, décision notifiée au requérant le 30 juin 2021. Par décision du 25 octobre 2021, notifiée le 26 octobre 2021 le président du conseil départemental du Lot rejetait le recours administratif de M. C et confirmait la suspicion de fraude retenue envers le requérant. Par la présente, M. C demande au tribunal, à titre principal de surseoir à statuer, à titre subsidiaire, d'annuler la décision du 25 octobre 2021.
Sur la demande de sursis à statuer :
2. Dans son dernier mémoire, produit la veille de l'audience, M. C demande qu'il soit sursis à statuer sur sa requête, compte tenu de la plainte déposée par le département du Lot à son encontre pour fraude. Toutefois, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au juge administratif, qui dirige seul l'instruction, de surseoir à statuer dans l'attente de l'issue de l'action pénale conduit à l'encontre du requérant. M. C se borne à affirmer que les sommes prises en compte par la MSA du Lot proviennent de prêts de proches et d'amis, sans toutefois apporter le moindre élément probant au soutien de ses dires. Par suite, alors que l'affaire est en état d'être jugée, les conclusions de M. C tendant, à titre principal, au sursis à statuer, doivent être rejetées.
Sur les autres conclusions :
3. Aux termes de l'article L. 262-6 du code de l'action sociale et des familles : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. " Aux termes de l'article L. 262-46 du même code : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active (). La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration (). "
4. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
5. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la décision attaquée du 25 octobre 2021 a été signée par Mme E, qui bénéficiait d'une délégation de signature du président du conseil départemental du Lot par arrêté du 1er juillet 2021 régulièrement publiée le 5 juillet 2021. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
6. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, notamment des relevés bancaires produits dans la présente instance et des termes du rapport d'enquête qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, qu'apparaissent sur les trois comptes bancaires de M. C de nombreux virements provenant de particuliers ou d'entreprises étrangères pour la période de 2016 à 2019, à hauteur d'un peu plus de 100 000 euros sur trois ans, alors que le requérant a déclaré en 2016 un micro bénéfice agricole de 1669 euros avant abattement, en 2017 un micro bénéfice agricole de 879 euros avant abattement et aucune ressource agricole en 2018, année de sa radiation comme chef d'exploitation. Par ailleurs, il est constant qu'une plainte a été déposée le 21 juin 2021 par le département du Lot envers M. C pour fausse déclaration. En l'espèce, la qualification de fraude est avérée dès lors que M. C ne pouvait ignorer les sommes versées sur son compte bancaire et qu'il n'en a jamais justifié l'origine, M. C ne produisant aucun élément de nature à contredire les constats issus du rapport de contrôle, malgré les multiples opportunités de le faire qui se sont offertes à lui. L'indu mis à sa charge est donc fondé en droit et en fait. En outre, les omissions de déclaration de l'intégralité des revenus de M. C doivent être regardées comme délibérément commises par le requérant dans l'exercice de ses obligations, revêtant ainsi le caractère de fausses déclarations.
7. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions du requérant dirigées contre la décision du 25 octobre 2021 doivent être rejetées, de même que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B C et au département du Lot.
Copie en sera délivrée à la caisse d'allocations familiales du Lot.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 8 mars 2023
Le magistrat désigné,
Alain D de HureauxLa greffière,
Sandrine Furbeyre
La République mande et ordonne au préfet du Lot en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026