mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2107557 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BENAMOU-LEVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 décembre 2021, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 20 octobre 2021 par laquelle la commission de recours de l'invalidité a rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision du 17 décembre 2020 ayant rejeté sa demande de pension militaire d'invalidité et d'ouvrir ses droits à pension militaire d'invalidité au titre de l'infirmité " état dépressif " à compter de la date de sa demande de pension.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure ; la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors, d'une part, que ses deux premières demandes de pension ont été perdues, d'autre part, qu'il n'a pas été accompagné d'un médecin au cours de l'expertise médicale, et enfin que l'administration n'a pas suivi l'avis de l'expert qu'elle a mandaté ni celui du médecin en charge des pensions militaires d'invalidité, lesquels ont retenu respectivement un taux d'invalidité imputable au service de 40 % et de 20 %.
- elle est entachée de détournement de pouvoir ;
- elle est entaché d'erreur de droit ;
- elle est attachée d'erreur de fait ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soddu;
- et les conclusions de Nègre-Le Guillou, rapporteure publique ;
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, né le 24 mai 1977, s'est engagé au sein de l'armée de terre à compter du 1er février 1997 et a été radié des cadres pour inaptitude physique le 28 mars 2018. Par une demande enregistrée le 1er septembre 2017, il a demandé l'octroi d'une pension militaire d'invalidité (PMI) au titre de l'infirmité " traumatisme psychologique ", qu'il estime imputable à un accident de service survenu le 28 avril 2010. Par une décision du 17 décembre 2020, la ministre des armées a rejeté sa demande au motif que l'infirmité invoquée évaluée globalement à 40 %, résulte à 35% d'antécédents personnels et psychiatriques sans lien avec le service et à 5% de l'accident survenu le 28 avril 2010. M. B a formé un recours administratif préalable obligatoire devant la commission de recours de l'invalidité (CRI), rejeté par une décision du 20 octobre 2021. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de cette décision.
2. Lorsqu'il est saisi d'un litige en matière de pensions militaires d'invalidité, il appartient au juge administratif, en sa qualité de juge de plein contentieux, de se prononcer sur les droits de l'intéressé en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, et aussi, le cas échéant, d'apprécier, s'il est saisi de moyens en ce sens ou au vu de moyens d'ordre public, la régularité de la décision en litige.
3. Aux termes de l'article R. 151-9 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Les expertises auxquelles sont soumis les militaires ou marins en vue de l'obtention d'une pension d'invalidité sont effectuées par un médecin mandaté par le service désigné par le ministre chargé des anciens combattants et victimes de guerre. / Ce médecin, qualifié médecin expert, est choisi soit parmi les médecins militaires, soit parmi les médecins civils spécialement agréés à cet effet. () ". Aux termes de l'article R. 151-10 du même code : " Préalablement à l'examen de l'intéressé, le médecin expert doit être mis en possession des pièces de l'instruction nécessaires à cet examen. Il établit un rapport qui est revêtu de sa signature. / L'intéressé a la faculté de produire tout certificat médical ou document ayant trait à la pathologie à examiner, et dont il peut demander l'annexion au dossier. Il peut également, à chacune des expertises auxquelles il est procédé, se faire assister par un médecin à ses frais. Ce médecin présente, s'il le juge utile, des observations écrites, qui sont jointes au rapport de l'expert. ".
4. M. B soutient que la procédure litigieuse est irrégulière, faute pour l'administration de lui avoir permis d'être accompagné par un médecin de son choix lors de l'expertise psychiatrique du 20 octobre 2020. Il résulte des dispositions précitées de l'article R. 151-9 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, que pour garantir l'effectivité de ce droit, l'administration est tenue d'informer l'intéressé d'une telle possibilité. Le ministre des armées fait valoir que le courrier de convocation à l'expertise a informé le requérant de la possibilité qu'il avait de se faire accompagner, à ses frais, par un médecin de son choix, et produit à l'appui de ses allégations un courrier type de convocation. Cependant, il ne résulte pas de l'instruction, à défaut de production du courrier envoyé à M. B, que celui-ci a bien été informé de cette possibilité de se faire accompagner d'un médecin de son choix. La circonstance invoquée par l'administration que le requérant s'est rendu à l'expertise médicale, ne suffit pas à démontrer que M. B a reçu cette information. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir qu'il a été privé d'une garantie procédurale. Par suite, ce moyen doit être accueilli.
5. Il résulte de ce qui précède que, pour ce motif et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, la décision du 20 octobre 2021 par laquelle la commission de recours de l'invalidité a rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la décision du 17 décembre 2020 ayant rejeté sa demande de pension militaire d'invalidité, doit être annulée.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 28 octobre 2021 de la commission de recours de l'invalidité est annulée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Molina-Andréo, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Biscarel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
La rapporteure,
N. SODDU
La présidente,
B. MOLINA-ANDRÉO La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre des armées, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026