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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2200081

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2200081

mardi 22 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2200081
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation5ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse a rejeté la requête de M. A B. Ce dernier contestait un titre de perception émis pour le recouvrement de la taxe d’aménagement due suite à la reconstruction d’un hangar agricole et de logements après un incendie. Le tribunal a jugé que la reconstruction n’étant pas à l’identique (modifications de la toiture et augmentation de la surface), l’exonération prévue à l’article L. 331-7 du code de l’urbanisme ne pouvait s’appliquer. En conséquence, la taxe d’aménagement était légalement due sur la totalité de la surface créée, conformément à l’article L. 331-6 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces, enregistrés les 7 et 11 janvier 2022 et 20 mars 2023, M. A B, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler le titre de perception n° 081000 023 075 082 465240 2021 0106166, d'un montant de 2 694 euros, émis par la direction départementale des finances publiques du Tarn le 10 décembre 2021 pour le recouvrement de la première échéance de la taxe d'aménagement à laquelle il a été assujettie en raison du permis de construire initial qui lui a été délivré le 14 novembre 2020 ;

2°) de le décharger du paiement de la somme correspondante.

Il soutient que, bien que le bâtiment n'ait pas été reconstruit à l'identique sur les conseils de son assureur et de son architecte, il est en droit de bénéficier d'une exonération et que les taxes d'aménagement mises à sa charge sont infondées, dès lors que le nouveau bâtiment a été construit au même endroit et avec les mêmes destinations, à savoir un hangar agricole et des habitations.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 9 mai 2022 le préfet de Tarn-et-Garonne conclut rejet au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code du patrimoine ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Soddu ;

- et les conclusions de Mme Nègre-Le-Guillou, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le 16 septembre 2020 M. A B a déposé une demande de permis de construire pour la reconstruction, suite à un incendie, d'un hangar agricole et de logements, situés au 1/3 rue de Bellevue sur la commune de Belbèze-en-Lomagne (82 500), sur les parcelles cadastrées A230, A231 et A802. Le 14 novembre 2020, le permis de construire lui a été délivré par le maire de la commune. Par un courrier du 13 janvier 2021, la directrice départementale des territoires de Tarn-et-Garonne l'a informé, qu'il était redevable de la somme de 5 386 euros au titre de la taxe d'aménagement pour ce permis de construire. Un permis de construire modificatif a été délivré à M. B le 17 juin 2021, suite à la modification du faitage de la toiture et à l'augmentation de la surface de plancher autorisé. Par un courrier du 16 juillet 2021, la directrice départementale des territoires de Tarn-et-Garonne a informé le requérant, qu'il était redevable de la somme de 1 551 euros au titre de la taxe d'aménagement suite à la délivrance d'un permis de construire modificatif. Par sa requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler le titre de perception n° 081000 023 075 082 465240 2021 0106166, d'un montant de 2 694 euros, émis par la direction départementale des finances publiques du Tarn le 10 décembre 2021 pour le recouvrement de la première échéance de la taxe d'aménagement à laquelle il a été assujetti en raison du permis de construire initial qui lui a été délivré le 14 novembre 2020 et de le décharger du paiement de la somme correspondante.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 331-6 du code de l'urbanisme alors applicable : " Les opérations d'aménagement et les opérations de construction, de reconstruction et d'agrandissement des bâtiments, installations ou aménagements de toute nature soumises à un régime d'autorisation en vertu du présent code donnent lieu au paiement d'une taxe d'aménagement, sous réserve des dispositions des articles L. 331-7 à L. 331-9. / Les redevables de la taxe sont les personnes bénéficiaires des autorisations mentionnées au premier alinéa du présent article à la date d'exigibilité de celle-ci () / Le fait générateur de la taxe est, selon les cas, la date de délivrance de l'autorisation de construire ou d'aménager, celle de délivrance du permis modificatif () ". Il résulte de ces dispositions que la taxe d'aménagement est assise sur la surface de la construction créée à l'occasion de toute opération de construction, de reconstruction ou d'agrandissement de bâtiments. Doit être regardée comme une reconstruction, une opération comportant la construction de nouveaux bâtiments à la suite de la démolition totale des bâtiments existants. Dans ce cas, la taxe d'aménagement est assise sur la totalité de la surface de la construction nouvelle, sans qu'il y ait lieu d'en déduire la surface supprimée.

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 331-7 du code de l'urbanisme alors applicable : " Sont exonérés de la part communale ou intercommunale de la taxe : / 8° La reconstruction à l'identique d'un bâtiment détruit ou démoli depuis moins de dix ans dans les conditions prévues au premier alinéa de l'article L. 111-15, sous réserve des dispositions du 4° de l'article L. 331-30 () pourvu que le contribuable justifie que les indemnités versées en réparation des dommages occasionnés à l'immeuble ne comprennent pas le montant de la taxe d'aménagement normalement exigible sur les reconstructions ainsi que la reconstruction sur d'autres terrains de la même commune ou des communes limitrophes des bâtiments de même nature que les locaux sinistrés dont le terrain d'implantation a été reconnu comme extrêmement dangereux et classé inconstructible, pourvu que le contribuable justifie que les indemnités versées en réparation des dommages occasionnés à l'immeuble ne comprennent pas le montant de la taxe d'aménagement normalement exigible sur les reconstructions ; () ". Pour apprécier si la construction projetée fait l'objet d'une reconstruction à l'identique, il appartient à l'administration, sous le contrôle du juge, d'apprécier si l'implantation de la nouvelle construction, ses dimensions et ses aménagements intérieurs et extérieurs ont fait l'objet de modifications autres que mineures.

4. Enfin, aux termes de l'article L. 111-15 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un bâtiment régulièrement édifié vient à être détruit ou démoli, sa reconstruction à l'identique est autorisée dans un délai de dix ans nonobstant toute disposition d'urbanisme contraire, sauf si la carte communale, le plan local d'urbanisme ou le plan de prévention des risques naturels prévisibles en dispose autrement. "

5. M. B soutient que la construction autorisée par le permis de construire initial et le permis de construire modificatif, respectivement délivrés les 14 novembre 2020 et 17 juin 2021, est pour l'essentiel identique à la construction initiale détruite par un incendie en juillet 2019.

6. Il résulte de l'instruction que le permis de construire initial prévoit la construction de hangars agricoles et de trois logements pour une surface de plancher créée de 461.9 m2 et que le permis modificatif accordé modifie le faitage de la toiture et augmente légèrement la surface de plancher créée qui est portée à 504, 40 m2. Toutefois, si la construction envisagée s'effectue sur la même emprise que celle du bâtiment sinistré, et malgré l'absence d'élément de nature à établir la surface de la construction initiale, il résulte de l'instruction, notamment des écritures du requérant, de la note descriptive accompagnant la demande permis de construire initial et des photographies produites, que diverses modifications ont été apportées par rapport à la construction initiale, notamment, la construction d'un double hangar agricole, la suppression des deux porches existants, la modification et l'augmentation des ouvertures de façade sur le corps de la bâtisse, la création d'un léger décroché pour marquer les entrées des logements, la création d'un logement supplémentaire, la création de deux balcons au premier étage des trois logements, ainsi que l'augmentation de la longueur de la toiture sur la partie des hangars. Dès lors, les modifications de l'aspect extérieur de la construction projetée ne peuvent être regardées comme mineures par rapport à la construction initiale. Dans ces conditions, la construction autorisée ne constitue pas une reconstruction à l'identique de la construction détruite par l'incendie survenu en juillet 2019. Par suite, M. B ne peut prétendre au bénéfice de l'exonération de la taxe d'aménagement prévue par les dispositions du 8° de l'article L. 331-7 du code de l'urbanisme, précité, et par voie de conséquence à l'annulation du titre de perception émis le 10 décembre 2021.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié au M. A B et au préfet du Tarn.

Copie en sera adressée à la direction départementale des finances publiques du Tarn.

Délibéré après l'audience du 7 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Carotenuto, présidente,

Mme Soddu, première conseillère,

Mme Mérard, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.

La rapporteure,

N. SODDU

La présidente,

S. CAROTENUTO La greffière,

S. BALTIMORE

La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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