jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2200089 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | BACHERE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 janvier 2022, M. B, représenté par Me Bachere, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler la décision par laquelle le centre hospitalier de Saint-Jacques a implicitement rejeté sa demande indemnitaire préalable formée le 30 août 2021 et d'enjoindre à ce dernier de lui verser, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, la somme de 2 751,71 euros au titre des vacations effectuées au centre de vaccination du 27 mai au 2 juillet 2021, ou à tout le moins, de réexaminer sa demande ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision par laquelle le centre hospitalier de Saint-Jacques a implicitement rejeté sa demande indemnitaire préalable formée le 30 août 2021 et de condamner ce dernier à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation des préjudices subis en raison de l'irrégularité fautive de son contrat ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Saint-Jacques la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il avait un accord avec le centre hospitalier de Saint-Jacques pour être rémunéré à hauteur de 55 euros de l'heure pour les vacations effectuées au sein du centre de vaccination du 27 mai au 2 juillet 2021 ;
- il a la qualité d'infirmier intérimaire ;
- le centre hospitalier de Saint-Jacques ne peut pas régulariser sa situation administrative a postériori, de manière unilatérale ;
- le virement effectué le 6 août 2021 d'un montant de 1 538,26 euros n'a aucun fondement contractuel ;
- l'administration a commis une faute de nature à engager sa responsabilité dès lors qu'elle l'a rémunéré sur la base d'un contrat de travail irrégulier ;
- les préjudices doivent être réparés comme suit :
* 1 000 euros au titre de la perte de salaire ;
* 2 000 euros au titre du préjudice matériel
* 1 000 euros au titre du préjudice moral ;
La requête a été communiquée au centre hospitalier de Saint-Jacques le 20 janvier 2022 qui a été mis en demeure de produire des observations le 2 juin 2022.
A la constitution du mandataire, le 18 juillet 2022, la requête a été communiquée à Me Montazeau.
La clôture de l'instruction a été fixée au 24 février 2023 par une ordonnance du 24 janvier 2023.
Un premier mémoire en défense, enregistré le 8 mars 2023, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- l'arrêté du 10 juillet 2020 prescrivant les mesures d'organisation et de fonctionnement du système de santé nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire
- l'arrêté du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jorda,
- les conclusions de Mme Carvalho, rapporteure publique,
- et les observations de Me Calmette, représentant M. B, ainsi que celles de Me Montazeau, représentant le centre hospitalier de Saint-Jacques.
Une note en délibéré, présentée par Me Montazeau, a été enregistrée le 2 juillet 2024.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, infirmier à la retraite, a effectué des vacations au centre de vaccination de lutte contre la Covid-19 du centre hospitalier de Saint-Jacques du 27 mai au 2 juillet 2021. Au titre de sa rémunération, le centre hospitalier lui a versé la somme de 1 538,26 euros. Par un courrier du 30 août 2021, il a demandé que cette somme soit portée à 4 290 euros, en faisant valoir que les vacations effectuées devaient être rémunérées sur la base d'un tarif de 55 euros de l'heure au lieu du tarif de 24 euros de l'heure appliqué par le centre hospitalier. Sa demande ayant été implicitement rejetée, M. B demande au tribunal, à titre principal, d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le centre hospitalier de Saint-Jacques tendant à ce que la rémunération des vacations effectuées du 27 mai au 2 juillet 2021 soit portée à 4 290 euros et, à titre subsidiaire, à ce que cet établissement soit condamné à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation des préjudices subis.
Sur les conclusions présentées à titre principal :
2. L'article 18-1 de l'arrêté du 10 juillet 2020 prescrivant les mesures d'organisation et de fonctionnement du système de santé nécessaires pour faire face à l'épidémie de covid-19 dans le cadre de l'état d'urgence sanitaire applicable jusqu'au 31 mai 2021 prévoit notamment que " III. - Par dérogation aux articles L. 162-1-7, L. 162-5 et L. 162-14-1 du code de la sécurité sociale, la participation à la campagne vaccinale contre le SARS-CoV-2 effectuée dans un cadre collectif et en dehors des conditions habituelles d'exercice peut être valorisée forfaitairement comme suit : " 1° Pour les infirmiers diplômés d'Etat libéraux ou exerçant en centre de santé : 220 euros par demi-journée d'activité d'une durée minimale de quatre heures et 240 euros par demi-journée d'activité effectuée le samedi après-midi, le dimanche et les jours fériés. En cas d'intervention inférieure à quatre heures, le forfait est égal à 55 euros par heure ou 60 euros le samedi après-midi, le dimanche et les jours fériés ; "() IV.- Les centres de santé mentionnés à l'article L. 6323-1 du code de la santé publique () qui assurent le fonctionnement d'un centre de vaccination contre le SARS-CoV-2 et ont recours pour cette campagne à la participation de professionnels de santé peuvent bénéficier d'une compensation forfaitaire versée par l'assurance maladie à hauteur des montants suivants : () 2° Pour les infirmiers retraités, pour chaque heure d'activité : 24 euros entre 8 heures et 20 heures, 36 euros entre 20 heures et 23 heures et entre 6 heures et 8 heures et 48 euros entre 23 heures et 6 heures ainsi que le dimanche et les jours fériés ". Les mêmes dispositions ont été reprises à l'article 15 de l'arrêté du 1er juin 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire applicable à compter de cette date.
3. En premier lieu, ces dispositions règlementaires, qui ont simplement pour objet d'indiquer les modalités selon lesquelles peuvent être indemnisés les infirmiers diplômés d'Etat, libéraux ou exerçant en centre de santé, participant à la campagne vaccinale contre le SARS-CoV-2 effectuée dans un cadre collectif et en dehors des conditions habituelles d'exercice, ne sauraient être regardées comme imposant aux établissements de santé de rémunérer ces infirmiers dans les conditions qu'elles prévoient. Par ailleurs, et s'agissant des heures d'activité effectuées dans le même cadre par des infirmiers retraités, ces dispositions se bornent à fixer la compensation forfaitaire versée par l'assurance maladie au centre de santé y recourant, sans toutefois définir la rémunération horaire due aux retraités concernés. Par suite, le centre hospitalier de Saint-Jacques, n'était pas tenu d'appliquer aux heures d'activités effectuées par M. B le tarif horaire de 24 euros.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un pli postal reçu le 6 août 2021, le centre hospitalier Saint-Jacques a adressé à M. B un contrat daté du 3 mai 2021 et portant la seule signature du directeur de cet établissement. Ce contrat ne peut toutefois être regardé comme ayant été accepté par M. B en l'absence de tout paraphe ou signature attestant l'accord de ce dernier. M. B a par ailleurs produit quatre documents intitulés " Facture des vacations horaires en centres de vaccination ou en établissement médico-sociaux hors EHPAD " qui, s'ils ne sont pas datés, comportent sa signature ainsi que, pour chaque vacation qu'ils mentionnent, la signature du " responsable du centre de vaccination " ainsi que le " cachet de l'établissement " à savoir celui du " centre hospitalier de Saint Jacques ". Chacune de ces " factures " mentionne que le tarif d'une vacation horaire est de 55 euros, toute heure commencée étant due, et que celui d'une vacation d'une demi-journée, définie comme une vacation d'au moins quatre heures, est de 220 euros. Ces documents, qui comportent la signature des deux parties, sont seuls de nature à attester de la rencontre de leur volonté et la circonstances qu'ils comportent la mention " Infirmier.e.s libéraux (IDEL titulaires) ", et que M. B était, à la date à laquelle il a effectué les vacations dont s'agit, infirmier retraité, n'est à cet égard pas de nature à établir qu'ils n'auraient pas reflété l'accord des parties dès lors que, comme il a été dit, le tarif des vacations effectuées par des infirmiers retraités n'était pas réglementé. M. B est donc fondé à soutenir qu'il pouvait prétendre aux tarifs prévus dans ces documents signés par les deux parties, à savoir 55 euros pour les vacations horaires et 220 euros pour les vacations d'une demi-journée. Il est constant que les vacations mentionnées sur ces bordereaux ont toutes porté sur des périodes d'au moins quatre heures et ouvraient pas conséquent droit, chacune, à une rémunération de 220 euros. Par suite, ces quatre documents portant sur un nombre total de dix-neuf vacations, M. B peut prétendre à une rémunération de 4 180 euros bruts. Il est donc fondé à demander l'annulation des décisions attaquées en tant qu'elles ont refusé de porter à ce montant la rémunération due au titre des vacations qu'il a effectuées du 27 mai au 2 juillet 2021.
5. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède qu'il convient d'enjoindre au centre hospitalier de Saint Jacques de verser à M. B une somme de 4 180 euros bruts, de laquelle il convient de déduire la somme déjà versée de 1 968 euros bruts, soit la somme de 2 212 euros bruts, au titre des rémunérations dues.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du centre hospitalier de Saint Jacques le versement à M. B d'une somme de 1 500 euros au titre des frais d'instance. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'il en soit fait application à l'encontre de M. B, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier de Saint-Jacques versera à M. B la somme de 2 212 euros bruts au titre de la rémunération due pour les vacations qu'il a effectuées du 27 mai au 2 juillet 2021.
Article 2 : Le centre hospitalier de Saint-Jacques versera à M. B une somme de 1 500 euros au titre des frais d'instance.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au centre hospitalier de Saint-Jacques.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
M. Rives, premier conseiller,
Mme Jorda, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
La rapporteure,
V. JORDALa présidente,
S. CHERRIERLa greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au ministre de la santé en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026