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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2200193

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2200193

mardi 7 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2200193
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
FormationJuge unique chambre 1

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 janvier et 12 août 2022, M. B, demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujettie au titre de l'année 2021 à raison du bien immobilier situé 4 allée de la Sambre à Colomiers (31770), pour un montant de 1 527 euros.

Il soutient qu'il remplit les conditions prévues par les dispositions du I de l'article 1389 du code général des impôts, dès lors que la vacance du bien entre les 20 septembre 2020 et 9 juillet 2021 a été indépendante de sa volonté.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 juillet et 15 septembre 2022, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné Mme Sarraute, première conseillère, pour statuer sur les litiges visés audit article.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Sarraute a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par voie de rôle mis en recouvrement le 31 août 2021, M. A a été assujetti à la taxe foncière au titre de l'année 2021 pour un montant de 1 527 euros à raison du bien immobilier situé 4 allée de la Sambre à Colomiers, dont il est usufruitier. La réclamation préalable formée par M. A le 3 septembre 2021 a été rejetée par décision du 1er décembre 2021. Par la présente requête, M. A demande la décharge de la somme de 1 527 euros mise à sa charge.

2. Aux termes de l'article 1415 du code général des impôts : " La taxe foncière sur les propriétés bâties, la taxe foncière sur les propriétés non bâties et la taxe d'habitation sont établies pour l'année entière d'après les faits existants au 1er janvier de l'année d'imposition. " Aux termes de l'article 1389 du même code : " I. - Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. / Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'exploitation séparée () ".

3. Ces dispositions subordonnent le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties à la condition, notamment, que la vacance de l'immeuble normalement destiné à la location soit indépendante de la volonté du propriétaire. Le caractère involontaire de la vacance s'apprécie eu égard aux circonstances dans lesquelles cette vacance est intervenue et aux démarches accomplies par le propriétaire, selon les possibilités qui lui étaient offertes, en fait comme en droit, pour la prévenir ou y mettre fin.

4. Il résulte des dispositions mentionnées au point 2 que le contribuable qui prétend obtenir le bénéfice de la décharge des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties doit apporter la preuve qu'il a accompli toutes diligences pour mettre l'immeuble en location et démontrer ainsi que la vacance est indépendante de sa volonté, eu égard notamment à l'impossibilité de le louer ou de le vendre malgré des démarches engagées en ce sens, ou à la nécessité de travaux pour rendre le logement habitable et au coût de tels travaux éventuels compte tenu de ses capacités financières.

5. Il est constant que pendant la période du 30 septembre 2020 au 9 juillet 2021, le bien en litige n'a pas été loué. M. A soutient que cette vacance a été indépendante de sa volonté, les recherches actives menées pendant cette période par l'agence à laquelle il a donné mandat de gérance et de location étant demeurées vaines. L'attestation de l'agence immobilière du 10 août 2022 produite par le requérant se contente toutefois de faire état de ce que " l'agence () a mis tout en œuvre à la recherche active d'un nouveau locataire à travers la réalisation de plusieurs visites pour trouver un candidat éligible aux critères fixés par la garantie des loyers impayés souscrite par le propriétaire ", sans toutefois expliquer précisément quelles démarches ont été réalisées pour proposer le bien à la location. Elle n'est par ailleurs accompagnée d'aucune pièce, telle par exemple la copie des annonces diffusées ou du planning des visites effectuées, venant au soutien des affirmations qu'elle contient. Enfin, il résulte de cette même attestation que le bien a également été indisponible à la visite du fait des travaux qui y ont été réalisés, dont il n'est au demeurant pas établi qu'ils étaient rendus nécessaires pour une mise en location du bien litigieux. Dans ces conditions, il ne résulte pas de l'instruction que M. A a accompli, directement ou par l'intermédiaire d'un tiers, toutes diligences pour mettre le bien en location et ainsi que la vacance du bien était indépendante de sa volonté. Par suite, le requérant ne peut prétendre au bénéfice du dégrèvement prévu par les dispositions précitées du I de l'article 1389 du code général des impôts.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par M. A doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 7 mai 2024.

La magistrate désignée,

N. SARRAUTELa greffière,

M-E. LATIF

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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