mercredi 22 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2200247 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique cellule 7 |
| Avocat requérant | MOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 janvier 2022, M. A E, représenté par Me Mot, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision du 18 mars 2021 lui refusant l'aide au titre du fonds de prévention de la précarité, mis en place par le département dans le cadre de la crise sanitaire, ensemble la décision du 15 juillet 2021 prise sur recours administratif préalable par laquelle le président du conseil départemental de la Haute-Garonne a limité l'aide au titre du fonds de prévention de la précarité à hauteur de 500 euros ;
2) d'enjoindre au département de réexaminer sa situation dans un délai de vingt-et-un jours à compter de la notification de la présente décision, sous peine d'astreinte d'un montant de 50 euros par jour de retard ;
3) de mettre à la charge du département les entiers dépens ainsi que la somme de 1 000 euros au bénéfice de son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. E soutient que :
- la décision du 15 juillet 2021 a été signée par une autorité incompétente ne bénéficiant pas d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- il devrait pouvoir bénéficier de l'attribution du montant maximal, soit 1 500 euros, dès lors qu'il a connu une perte significative de revenus à partir du mois de mars 2020 et que sa situation est aujourd'hui toujours aussi précaire, l'obligeant à emprunter de l'argent auprès de ses proches.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 avril 2022, le département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 18 mars 2021 sont irrecevables, dès lors que la décision prise sur recours administratif préalable du 15 juillet 2021 s'y est substituée ;
- le signataire de la décision du 15 juillet 2021, M. C, bénéficie d'une délégation de signature régulièrement publiée par un arrêté en date du 1er juillet 2021 ;
- le département dispose d'un pouvoir discrétionnaire en ce qui concerne l'attribution de l'aide au titre du fonds de prévention de la précarité, et n'a pas commis d'erreur d'appréciation en attribuant au requérant, vivant seul et sans personne à charge, dont l'activité n'a pas fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public et qui a perçu des prestations sociales durant toute l'année 2020, la somme unique et définitive de 500 euros.
Par décision en date du 16 novembre 2021, l'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. E.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement du fonds de prévention de la précarité pris par la commission permanente du conseil départemental de la Haute-Garonne le 20 mai 2020, ensemble la délibération du 12 novembre 2020 de la commission permanente du conseil départemental de la Haute-Garonne ;
- la loi du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. D de Hureaux pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, ont été entendus le rapport de M. D de Hureaux, les observations de Me Mot, pour M. E, qui persiste dans ses écritures et fait valoir que l'AAH n'est pas un revenu de remplacement, celles de M. E, qui fait valoir que la crise sanitaire a très fortement réduit ses revenus, et celles de Mme F, pour le département de la Haute-Garonne, qui persiste également dans ses écritures, puis la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. E a demandé le bénéfice de l'aide au titre du fonds de prévention de la précarité mis en place par le département de la Haute-Garonne le 14 janvier 2021. Sa demande ayant été rejetée par le président du conseil départemental le 18 mars 2021, M. E a formé un recours gracieux. Par courrier du 15 juillet 2021, le président du conseil départemental a attribué à M. E le bénéfice de l'aide à hauteur de 500 euros. Par la présente requête, M. E demande l'annulation de la décision de refus du 18 mars 2021 et l'annulation de la décision du 15 juillet 2021, en tant qu'elle a limité à 500 euros le montant de l'aide attribuée.
Sur la fin de non-recevoir opposée aux conclusions dirigées contre la décision du 18 mars 2021 :
2. Par sa décision du 15 juillet 2021 accordant une aide exceptionnelle de première urgence de 500 euros à M. Matthews, le président du conseil départemental a implicitement mais nécessairement abrogé sa décision du 18 mars 2021 lui refusant le bénéfice de cette aide. La décision du 15 juillet 2021, si elle n'est pas définitive en ce qui concerne le montant de l'aide accordée, objet du présent litige, n'est pas contestée en tant qu'elle abroge implicitement la décision du 18 mars 2021. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le département de la Haute-Garonne aux conclusions dirigées contre la décision du 18 mars 2021 doit être accueillie.
Sur les conclusions dirigées contre la décision du 15 juillet 2021 :
3. Aux termes de l'article 1er de la délibération de la commission permanente du conseil départemental de la Haute-Garonne du 12 novembre 2020, le dispositif du fonds de prévention de la précarité institué par la délibération de la même commission du 20 mai 2020 a été prolongé jusqu'au 31 décembre 2021. Aux termes de l'article 2 de la même délibération du 12 novembre 2020, a été décidé d'approuver " () le principe de l'attribution d'une aide unique de première urgence par personne comprise entre 500 euros et 1 500 euros, selon la gravité de la situation sociale, pour les personnes résidant et travaillant en Haute-Garonne qui, de part une situation personnelle particulière, auront subi une perte totale de revenus professionnels du fait des conséquences de l'état de crise sanitaire évaluée par une enquête sociale et se retrouvent sans revenus de remplacement, le fait que cette aide n'est pas exclusive des autres dispositifs d'aide sociale existants (aides à la famille, aide à la subsistance, etc.) accordés suivant leurs règlements propres " et enfin " d'adopter le règlement d'attribution de l'aide annexé à la présente délibération ". Enfin, aux termes de l'article 3 de la même délibération, le président du conseil départemental a été autorisé à signer tout document permettant la mise en œuvre de ces décisions.
4. En premier lieu, M. E soutient que la décision du 15 juillet 2021 souffre d'un vice d'incompétence, eu égard au signataire de l'acte. Toutefois, il résulte de l'instruction que la décision contestée a été régulièrement signée par M. C, lequel bénéficie d'une délégation de signature prise par arrêté du président du conseil départemental en date du 1er juillet 2021. Par suite, le moyen manque en fait.
5. En deuxième lieu, M. E conteste la décision en date du 15 juillet 2021 en ce qu'elle lui attribue le montant minimum de l'aide au titre du fonds de solidarité, soit 500 euros. Il estime que sa situation financière précaire, causée par la perte de ses revenus liés à son activité de professeur à domicile lors de l'épidémie de Covid 19, lui donne droit à bénéficier du montant maximal de l'aide, soit 1 500 euros. A l'appui de ses prétentions, M. E fait valoir que son chiffre d'affaire reste, à la fin de l'année 2021, très inférieur à ce qu'il était avant le commencement de l'épidémie en mars 2020, et qu'il a été obligé d'emprunter de l'argent à ses proches. Toutefois, il résulte de l'instruction que M. E a perçu, pendant l'entièreté de l'année 2020, des prestations mensuelles d'allocations adulte handicapé (AAH) d'un montant de 900 euros, et que son activité professionnelle, exercée à domicile, n'a pas fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public de nature à l'empêcher totalement de travailler. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de considérer que M. E remplisse entièrement le critère de perte totale des revenus professionnels tels qu'exposé dans le règlement du fonds de prévention de la précarité. Ainsi, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que le président du conseil départemental, qui dispose d'un large pouvoir dans le choix de l'attribution de l'aide, a accordé à M. E la somme de 500 euros d'aide au titre du fonds de solidarité. Par suite, les conclusions en annulation de la requête de M. E ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant au bénéfice de frais de procès doivent être rejetées.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. E doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A E et au département de la Haute-Garonne.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 22 mars 2023.
Le magistrat désigné,
Alain D de Hureaux La greffière,
Sandrine Furbeyre
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026