mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2200631 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | RAIMBAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 février et 16 novembre 2022, la société à responsabilité limitée Le Castellane, représentée par Me Thibaud, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 décembre 2021 par laquelle le président du syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de Haute-Garonne (SMEA31) a rejeté sa demande de décharge partielle de la participation au financement de l'assainissement collectif mise à sa charge par le titre exécutoire n° 1170 émis, par cette même autorité, le 9 décembre 2020, pour un montant de 82 300 euros ;
2°) de prononcer la décharge partielle de la participation au financement de l'assainissement collectif à laquelle elle a été assujettie, pour un montant de 40 238, 40 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable, dès lors qu'elle a saisi le tribunal dans le délai de recours ; le délai raisonnable d'un an ne vaut pas à l'égard d'une décision implicite de rejet ;
- le montant de la participation au financement de l'assainissement collectif à laquelle elle a été assujettie n'a pas été correctement établi ; il aurait dû s'élever au maximum à 80% de la somme totale, soit 40 238, 40 euros ;
- une délibération du conseil municipal ou de l'organe délibérant de l'établissement compétent instaure une participation au financement de l'assainissement collectif et détermine librement les modalités de calcul de cette taxe ;
- le fait générateur de cette participation est constitué lors du raccordement au réseau public de collecte des eaux usées ;
- elle a transmis le devis concernant l'installation d'une micro station pour cinquante équivalent habitants ; le montant de cette installation s'élève à 50 928 euros toutes taxes comprises.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 1er juillet 2022 et 7 mars 2023, le syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de Haute-Garonne (Réseau 31), représenté par Me Raimbault conclut au rejet de la requête, à titre principal, comme irrecevable, à titre subsidiaire, comme infondée et à ce qu'il soit mis à la charge de la société requérante une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les autres moyens soulevés par la société Le Castellane ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- du code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soddu ;
- et les conclusions de Mme Nègre-Le-Guillou, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée Le Castellane a fait l'objet d'un titre exécutoire, d'un montant de 82 300 euros, émis le 10 décembre 2020 par le syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de Haute-Garonne (SMEA 31), au titre de la participation pour le financement de l'assainissement collectif (PFAC) pour l'opération immobilière qu'elle a menée sis Chemin du Joug, sur la commune de Saint-Sauveur (31 516). Par une réclamation du 24 novembre 2021, elle a sollicité la décharge partielle de cette participation, rejetée par le syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de Haute-Garonne, par une décision du 3 décembre 2021. Par sa requête, la société Le Castellane demande au tribunal d'annuler la décision du 3 décembre 2021 par laquelle le président du syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de Haute-Garonne (SMEA31) a rejeté sa demande de décharge partielle de la participation au financement de l'assainissement collectif mise à sa charge par le titre exécutoire n° 1170 émis, par cette même autorité, le 9 décembre 2020, pour un montant de 82 300 euros et de prononcer la décharge partielle de cette participation, pour un montant de 40 238, 40 euros.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de Haute-Garonne :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification () de la décision attaquée. () ". Aux termes de l'article R 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ". Lorsqu'un acte individuel a été notifié avec la mention des voies et délai de recours, le requérant ne peut exciper de l'illégalité d'un tel acte que dans le délai du recours contentieux dans les conditions de droit commun, soit dans les deux mois à compter de la notification régulière de l'acte.
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa version en vigueur : " 1° () / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. () ". Il résulte de ces dispositions que le recours formé contre un titre exécutoire émis par une collectivité territoriale ou un établissement public local doit être présenté, à peine de forclusion, dans un délai de deux mois lorsque le débiteur a été informé sur les voies et les délais de recours. Un recours administratif, qu'il soit gracieux ou hiérarchique, s'il est introduit dans le délai du recours contentieux, interrompt ce délai.
4. Il résulte des dispositions du 1° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales (CGCT) que seule l'opposition formée contre un titre exécutoire devant la juridiction fait obstacle au recouvrement de la créance de la collectivité territoriale ou de l'établissement public local, à l'exclusion de toute autre instance ayant pour objet de contester le bien-fondé de la créance pour le paiement de laquelle l'ordonnateur émet un titre exécutoire.
5. Il résulte de l'instruction et en particulier de la réclamation préalable du 24 novembre 2021 présentée par la société Le Castellane, que cette dernière a reçu le 10 décembre 2020 le titre exécutoire émis le 9 décembre 2020, lequel précise les voies et délais de recours contentieux. Dès lors, la société requérante ayant eu connaissance de sa dette à cette date et ayant reçu l'information requise par l'article R. 421-5 du code de justice administrative, le délai dont elle disposait pour exercer un recours administratif ou saisir le tribunal administratif est venu à expiration deux mois plus tard. Le recours gracieux formé par la société requérante le 24 novembre 2021, qui a fait l'objet d'une décision explicite de rejet le 3 décembre 2021, n'est pas de nature à réouvrir les délais de recours contentieux, dès lors que le titre exécutoire est devenu définitif et que la requête dirigée contre le rejet explicite d'une décision initiale devenue définitive est ainsi également irrecevable. Par suite, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par le syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de Haute-Garonne et de rejeter comme tardive la requête présentée par la société requérante tendant à l'annulation de la décision du 3 décembre 2021 et à la décharge partielle de la somme correspondante.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SARL Le Castellane doit être rejetée.
Sur les frais du litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que le syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de Haute-Garonne, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à la société requérante une somme que celle-ci réclame au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de Haute-Garonne présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Le Castellane est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de Haute-Garonne présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Le Castellane et au syndicat mixte de l'eau et de l'assainissement de Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 7 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Mérard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
La rapporteure,
N. SODDU
La présidente,
S. CAROTENUTO La greffière,
S. BALTIMORE
La République mande et ordonne au préfet de Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026