mardi 2 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2200719 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MONTAZEAU & CARA |
Vu la procédure suivante :
Par un mémoire, enregistré le 9 février 2022, la société anonyme (SA) CNA Insurances Compagny, représentée par Me Montazeau, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire émis à son encontre par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) le 2 décembre 2021, portant sur un montant de 77 169,24 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre exécutoire a été émis par une autorité incompétente ; il est insuffisamment motivé dès lors qu'il ne précise pas les modalités de calcul des pénalités de retard et des intérêts, s'agissant notamment du taux applicable, du point de départ et du point de fin ;
- le titre exécutoire se fonde sur un jugement du Tribunal administratif qui ne comporte ni la formule exécutoire, ni la signature des magistrats composant la formation de jugement ; ce jugement ne se prononce par ailleurs pas sur les frais d'expertise et le titre exécutoire est par suite dépourvu de fondement légal sur ce point ;
- le titre exécutoire est entaché d'illégalité en l'absence d'habilitation législative expresse prévue par l'article L. 1351-3 du code civil ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2022, l'ONIAM conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la requérante en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par la SA CNA Insurances Compagny ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 26 octobre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 28 novembre 2023 à 12h00.
Par un courrier du 10 juin 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que la décision à intervenir était susceptible d'être fondée sur un moyen soulevé d'office.
Une note en délibéré a été produite pour l'ONIAM le 25 juin 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 92-1476 du 31 décembre 1992 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme G,
- les conclusions de Mme Carvalho, rapporteure publique,
1. M. D, alors âgé de 64 ans, a été admis, le 4 août 2015, au centre hospitalier universitaire de Toulouse pour le remplacement d'une valve aortique à la suite d'un rétrécissement aortique. Le remplacement de la valve, par une valve mécanique, a été réalisé le 5 août 2015 et le patient a été mis sous héparine intraveineuse en période post-opératoire. Le traitement par héparine non fractionnée à la seringue électrique a été poursuivi jusqu'au 11 août 2015, date à laquelle la cicatrice du patient a été reprise dans un cadre chirurgical et un drainage péricardique mis en place. Le lendemain, vers 20 heures, M. D a été victime d'un arrêt cardiaque sur tachycardie ventriculaire et le diagnostic de thrombose de la valve aortique mécanique a été porté. Il a alors bénéficié d'une assistance circulatoire avec héparinisation complémentaire. Les 14 et 27 août 2015, des scanners et un électroencéphalogramme ont montré la présence de nombreuses lésions ischémiques, des thromboses multiples dont plusieurs au niveau cérébral ainsi que des signes de coma post anoxique non réactif. Après avoir séjourné du 17 décembre 2015 au 21 juillet 2016 au centre de rééducation de la clinique Verdaich, M. D vit désormais en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes et présente une hémiplégie droite avec une hypertonie du membre supérieur droit, une apraxie de la marche due à un syndrome frontal ainsi que des troubles de l'humeur et visuels. Saisie de son cas, la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de la région Midi-Pyrénées a, par un avis du 4 mai 2017, estimé que la réparation des préjudices de M. D incombait à la société CNA Insurance Company Ltd, assureur du centre hospitalier universitaire de Toulouse, à hauteur de 90% et par un avis du 11 janvier 2018, elle a invité cet assureur à présenter une offre d'indemnisation. A la suite du refus de ce dernier d'indemniser M. D et ses enfants, victimes indirectes, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales a alors versé, après signature de sept protocoles d'indemnisation entre le 10 février 2018 et le 14 janvier 2021, une somme globale de 421 588,51 euros à la victime et une somme globale de 19 800 euros à ses ayants droit, puis il a émis cinq titres exécutoires à l'encontre de l'assureur du centre hospitalier universitaire de Toulouse pour en obtenir le remboursement. La société CNA Insurance Company Ltd a formé des recours contre ces cinq titres exécutoires devant le tribunal administratif de Toulouse, qui les a rejetés par un jugement n° 1903455, 2001963, 2101025 et 2102210 du 14 octobre 2021, confirmé par un arrêt de la cour administrative de Toulouse n° 21TL24512 du 23 janvier 2024. Le 2 décembre 2021, l'ONIAM a émis un nouveau titre exécutoire à l'encontre de la requérante, pour le paiement de la somme de 77 169, 24 euros, correspondant aux frais d'instance, à la pénalité de 15 % prévue à l'article L. 1142-15 du code de la santé publique et aux intérêts de retard, mis à sa charge par le jugement du 14 octobre 2021, ainsi qu'aux frais d'expertise engagés par l'ONIAM dans le cadre de l'évaluation de l'état de santé de M. D et des conséquences, sur celui-ci, des actes de soins dispensés au CHU de Toulouse. La SA CNA Insurances Compagny demande au tribunal d'annuler ce titre exécutoire.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Aux termes de l'article L. 111-3 du code des procédures civiles d'exécution : " Seuls constituent des titres exécutoires : 1° Les décisions des juridictions de l'ordre judiciaire ou administratif lorsqu'elles ont force exécutoire () ". Par ailleurs, en vertu de l'article L. 11 du code de justice administrative, les jugements sont exécutoires.
3. Comme cela a été rappelé au point 1, par un jugement du 14 octobre 2021, le tribunal administratif a mis à la charge de la SA CNA Insurances Compagny le versement, à l'ONIAM, d'une somme de 66 208,28 euros au titre de la pénalité de 15% prévue par les dispositions de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et des intérêts de retard dus sur les sommes versées à M. D, dans les conditions fixées à l'article 3 de ce jugement. Ce jugement ayant force exécutoire, le titre exécutoire en litige, pris notamment par l'ONIAM pour recouvrer ces sommes, était, dans cette mesure, superfétatoire. Par suite, les conclusions dirigées contre ledit titre exécutoire, en tant qu'il porte sur la somme de 73 461,61 euros, sont irrecevables.
Sur le surplus des conclusions de la requête :
En ce qui concerne la régularité formelle du titre exécutoire attaqué :
4. En premier lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 1142-14 du code de la santé publique : " Lorsque la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales estime qu'un dommage relevant du premier alinéa de l'article L. 1142-8 engage la responsabilité d'un professionnel de santé, d'un établissement de santé, d'un service de santé ou d'un organisme mentionné à l'article L. 1142-1 ou d'un producteur d'un produit de santé mentionné à l'article L. 1142-2, l'assureur qui garantit la responsabilité civile ou administrative de la personne considérée comme responsable par la commission adresse à la victime ou à ses ayants droit, dans un délai de quatre mois suivant la réception de l'avis, une offre d'indemnisation visant à la réparation intégrale des préjudices subis dans la limite des plafonds de garantie des contrats d'assurance. ". Aux termes de l'article L. 1142-15 du même code : " En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré ou la couverture d'assurance prévue à l'article L. 1142-2 est épuisée ou expirée, l'office institué à l'article L. 1142-22 est substitué à l'assureur. / () / L'acceptation de l'offre de l'office vaut transaction au sens de l'article 2044 du code civil. La transaction est portée à la connaissance du responsable et, le cas échéant, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances. / L'office est subrogé, à concurrence des sommes versées, dans les droits de la victime contre la personne responsable du dommage ou, le cas échéant, son assureur ou le fonds institué à l'article L. 426-1 du même code. Il peut en outre obtenir remboursement des frais d'expertise. / En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré, le juge, saisi dans le cadre de la subrogation, condamne, le cas échéant, l'assureur ou le responsable à verser à l'office une somme au plus égale à 15 % de l'indemnité qu'il alloue. / Lorsque l'office transige avec la victime, ou ses ayants droit, en application du présent article, cette transaction est opposable à l'assureur ou, le cas échéant, au fonds institué au même article L. 426-1 du code des assurances ou au responsable des dommages sauf le droit pour ceux-ci de contester devant le juge le principe de la responsabilité ou le montant des sommes réclamées. Quelle que soit la décision du juge, le montant des indemnités allouées à la victime lui reste acquis. ".
5. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 1142-22 du code de la santé publique : " L'l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, est un établissement public à caractère administratif de l'Etat, placé sous la tutelle du ministre chargé de la santé. Il est chargé de l'indemnisation au titre de la solidarité nationale, dans les conditions définies au II de l'article L. 1142-1, à l'article L. 1142-1-1 et à l'article L. 1142-17, des dommages occasionnés par la survenue d'un accident médical, d'une affection iatrogène ou d'une infection nosocomiale ainsi que des indemnisations qui lui incombent, le cas échéant, en application des articles L. 1142-15, L. 1142-18, L. 1142-24-7 et L. 1142-24-16 ". Aux termes de l'article L. 1142-23 de ce code : " L'office est soumis à un régime administratif, budgétaire, financier et comptable défini par décret. / () / Les recettes de l'office sont constituées par : () 4° Le produit des recours subrogatoires mentionnés aux articles L. 1221-14, L. 1142-15, L. 1142-17, L. 1142-24-7, L. 1142-24-16, L. 1142-24-17, L. 3131-4, L. 3111-9 et L. 3122-4 ; (). ". Aux termes de l'article R. 1142-53 de ce code, l'ONIAM " est soumis aux dispositions des titres Ier et III du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique. ".
6. Aux termes de l'article 28 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique, qui figure dans le titre Ier de ce décret : " L'ordre de recouvrer fonde l'action de recouvrement. Il a force exécutoire dans les conditions prévues par l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales. / Le comptable public muni d'un titre exécutoire peut poursuivre l'exécution forcée de la créance correspondante auprès du redevable, dans les conditions propres à chaque mesure d'exécution. / Le cas échéant, il peut également poursuivre l'exécution forcée de la créance sur la base de l'un ou l'autre des titres exécutoires énumérés par l'article L. 111-3 du code des procédures civiles d'exécution ". Aux termes de l'article 192 de ce décret, inséré dans son titre III : " Tout ordre de recouvrer donne lieu à une phase de recouvrement amiable. En cas d'échec du recouvrement amiable, il appartient à l'agent comptable de décider l'engagement d'une procédure de recouvrement contentieux. / L'exécution forcée par l'agent comptable peut, à tout moment, être suspendue sur ordre écrit de l'ordonnateur. ".
7. Il résulte des dispositions précitées de l'article R. 1142-53 du code de la santé publique que l'ONIAM peut émettre un titre exécutoire en vue du recouvrement de toute créance dont le fondement se trouve dans les dispositions d'une loi, d'un règlement ou d'une décision de justice, ou dans les obligations contractuelles ou quasi-délictuelles du débiteur. Les dispositions de l'article L. 1142-15 de ce code ne font pas obstacle à ce que l'ONIAM émette un tel titre à l'encontre de la personne responsable du dommage, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances afin de recouvrer les sommes versées à la victime, aux droits de laquelle il est subrogé. La SA CNA Insurances Compagny n'est dès lors pas fondée à soutenir que l'ONIAM n'avait pas compétence, en sa qualité d'établissement public national, pour émettre le titre exécutoire en litige.
8. En second lieu, le titre exécutoire en litige est signé par M. F, directeur des ressources de l'ONIAM qui justifie d'une délégation de signature permanente en date du 16 juin 2020, à l'effet notamment de signer les ordres de reversement et les demandes de titres de perception. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué doit par suite être écarté.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ". En vertu de ces dispositions, une personne publique ne peut mettre en recouvrement une créance sans indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par une référence précise à un document joint à ce titre ou précédemment adressé au débiteur, les bases et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge de ce débiteur.
10. Le titre exécutoire litigieux mentionne en objet " TA de Toulouse du 14/10/21 - Dossier D A " et précise le motif de chacun des montants qu'il mentionne, s'agissant notamment, des frais irrépétibles, des intérêts de retard de l'article 1237-7 et 1343-2 du code civil, de pénalités, dont le montant est celui fixé par le jugement du 14 octobre 2021, ainsi que, enfin, des frais d'expertise des Dr E et B. Il est, par suite, suffisamment motivé.
En ce qui concerne le bien-fondé de la créance :
11. Les frais et dépens qu'a définitivement supporté l'ONIAM en raison d'une d'indemnisation menée devant la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux sont au nombre des préjudices dont elle peut obtenir réparation devant le juge administratif de la part de l'auteur du dommage, sauf dans le cas où ces frais et dépens n'ont pas de lien de causalité directe avec le fait de cet auteur.
12. Il résulte de l'instruction que le rapport d'expertise établi par les Drs E et B, commis par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux de Midi-Pyrénées pour examiner M. D et se prononcer sur son état de santé ainsi que sur les conséquences, sur celui-ci, des actes de soins dispensés au CH de Toulouse dans la nuit du 11 au 12 août 2015, était nécessaire à la solution du litige opposant la SA CNA Insurances Company à l'ONIAM, dans le cadre de l'indemnisation de M. D et de ses enfants. Cet office a par ailleurs produit une attestation de paiement du 11 juillet 2022, aux termes de laquelle son agente comptable, Mme C H, certifie que, dans le cadre du dossier de M. A D, des frais d'expertise d'un montant total de 3 707,63 euros ont été réglés par l'ONIAM au profit du Dr E, à hauteur de 1 707,07 euros, et du Dr B, à hauteur de 2 000,56 euros. Ces frais d'expertise engagés dans le cadre de la procédure d'indemnisation de M. D et de ses enfants, dont il a été jugé par un arrêt définitif de la CAA de Toulouse, que les préjudices étaient consécutifs à une faute médicale du CHU de Toulouse, s'analysent par conséquent comme une préjudice dont l'ONIAM peut obtenir réparation, de la part de l'auteur du dommage, et donc du CHU de Toulouse ou de son assureur.
13. Il résulte de ce qui précède que la SA CNA Insurances Compagny n'est pas fondée à demander l'annulation du titre exécutoire contesté en tant qu'il porte sur la somme de 3 707,63 euros, ni à être déchargée de l'obligation de payer ladite somme.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée sur ce fondement par la SA CNA Insurances Compagny soit mise à la charge de l'ONIAM, qui n'est pas la partie perdante. Il convient en revanche de mettre à la charge de la SA CNA Insurances Compagny une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'ONIAM et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SA CNA Insurances Compagny est rejetée.
Article 2 : La SA CNA Insurances Compagny versera à l'ONIAM une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SA CNA Insurances Compagny, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la caisse primaire d'assurance maladie de la Haute-Garonne.
Copie en sera adressée au centre hospitalier universitaire de Toulouse.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Sylvie Cherrier, présidente,
Mme Jorda, conseillère,
Mme Péan, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.
L'assesseure la plus ancienne,
V. JORDA
La présidente-rapporteure,
S. G
La greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026