lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2200734 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GUEZ GUEZ SEFIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 09 février 2022, M. A B, représenté par Me Guez Guez, demande au tribunal :
1°) de condamner le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires à lui verser la somme de 71 000 euros en réparation de ses préjudices financier et moral au titre de l'illégalité de la décision du 6 mars 2019 du ministre de la transition écologique et solidaire lui ayant refusé le renouvellement de son autorisation d'accès au site de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- la décision attaquée du 6 mars 2019 lui a causé un préjudice économique à hauteur d'une somme de 56 000 euros, correspondant à la période durant laquelle il a été privé de salaire ;
- cette décision lui a causé un préjudice moral et une détresse clinique, justifiant la réparation de ce préjudice à hauteur d'une somme de 15 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2022, le ministre de la transition écologique et solidaire conclut au rejet de la requête.
Le ministre fait valoir que les moyens de la requête indemnitaire de M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 15 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 février 2023.
Vu :
- le jugement no 1901560 du tribunal du 22 décembre 2020,
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Quessette, rapporteur,
- et les conclusions de M. Déderen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, né le 6 octobre 1990, électricien d'équipement, a été recruté par la société CRIT, dans le cadre d'un contrat d'intérim du 1er mai au 30 novembre 2018, en qualité d'électricien spécialisé dans le domaine nucléaire. Il a sollicité en janvier 2019, en vue d'effectuer une nouvelle mission, une demande d'autorisation d'accès au centre national de production d'électricité (CNPE) de Nogent-sur-Seine. Par une décision du 23 janvier 2019, le directeur d'unité a refusé de renouveler cette autorisation d'accès. L'intéressé a saisi, le 29 janvier 2019, le ministre de la transition écologique et solidaire d'un recours administratif préalable contre cette décision. Par une décision du 6 mars 2019, le ministre de la transition écologique et solidaire a rejeté ce recours administratif. Par un jugement du 22 décembre 2020, le tribunal a annulé la décision du 6 mars 2019 par laquelle le ministre de la transition écologique et solidaire avait confirmé l'interdiction d'accès de M. B à un site nucléaire. Par une ordonnance du 27 avril 2022, la juge des référés du tribunal a condamné l'État à lui verser d'une part, une provision de 1 000 euros en réparation du préjudice résultant de la perte de chance d'obtenir en janvier 2019 une mission au sein du CNPE de Nogent-sur-Seine, et d'autre part, une provision de 1 000 euros au titre de son préjudice moral. Le 3 mai 2021, l'intéressé a saisi le ministre d'une demande indemnitaire, qui a été implicitement rejetée.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne la responsabilité de l'État :
2. Aux termes de l'article L. 1332-2-1 du code de la défense : " L'accès à tout ou partie des établissements, installations et ouvrages désignés en application du présent chapitre est autorisé par l'opérateur qui peut demander l'avis de l'autorité administrative compétente dans les conditions et selon les modalités définies par décret en Conseil d'Etat. / L'avis est rendu à la suite d'une enquête administrative qui peut donner lieu à la consultation du bulletin n° 2 du casier judiciaire et de traitements automatisés de données à caractère personnel relevant de l'article 26 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification. / La personne concernée est informée de l'enquête administrative dont elle fait l'objet ".
3. Il ressort du jugement susvisé du tribunal du 22 décembre 2020 qu'en prenant la décision du 6 mars 2019 refusant à M. B l'accès au sein du CNPE de Nogent-sur-Seine, sur un motif qu'elle n'a pu établir, le ministre de la transition écologique et solidaire a commis une faute engageant la responsabilité de l'État.
En ce qui concerne les préjudices :
4. En premier lieu, la décision du 6 mars 2019 a fait obstacle à l'exercice par M. B de son activité professionnelle dans le secteur du nucléaire. Dans ces conditions, la juge des référés du tribunal lui a, par une ordonnance n° 2200723 du 27 avril 2022 accordé une provision d'un montant de 1 000 euros en appréciation du seul préjudice résultant de la perte de chance d'obtenir en janvier 2019 une mission au sein du CNPE de Nogent-sur-Seine. Il résulte de l'instruction que les éléments figurant sur ses déclarations de revenus au titre des années 2020 et 2021 établissent que M. B a perçu des revenus inférieurs à ceux que lui avait procurés sa première mission auprès de la société CRIT du 1er mai au 30 novembre 2018, justifiés par des bulletins de salaire. Toutefois, le requérant n'établit pas ne pas pouvoir exercer son métier d'électricien dans un autre secteur d'activité n'exigeant pas un agrément de l'autorité administrative, ni qu'il se trouve par l'effet de la décision du 6 mars 2019, dans l'impossibilité de trouver un emploi lui permettant de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. Par suite, la responsabilité de l'État ne peut être engagée que pour la perte de chance d'obtenir en janvier 2019 une mission au sein du CNPE de Nogent-sur-Seine. Dans ces conditions, eu égard aux circonstances particulières de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de son préjudice économique au titre de sa perte de chance en lui allouant une somme de 2 000 euros. Compte tenu du montant de la provision déjà accordée au titre de ce chef de préjudice, une indemnité de 1 000 euros lui sera attribuée à ce titre.
5. En second lieu, M. B fait valoir que la décision fautive du 6 mars 2019 l'a affecté moralement. Toutefois, si le requérant produit deux attestations de psychologue en date du 22 avril 2019 et du 15 janvier 2020 relatives à deux consultations de suivi, M. B n'établit pas que cette décision l'aurait mis dans l'incapacité médicalement constatée d'exercer une profession, alors que sa mission au sein du CNPE n'a duré que sept mois. Dans ces conditions, il n'établit pas le caractère certain du préjudice moral qu'il allègue.
6. Il résulte de tout ce qui précède que l'Etat doit être condamné à verser à M. B la somme de 2 000 euros au titre de l'illégalité de la décision précitée du 6 mars 2019.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de l'État le versement à M. B de la somme de 1 000 euros au titre des frais d'instance.
D É C I D E :
Article 1er : L'État est condamné à verser à M. B une somme de 2 000 (deux mille) euros, sous réserve des provisions qui lui auraient déjà été versées.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Clen, président,
M. Quessette, premier conseiller,
Mme Lejeune, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.
Le rapporteur,
L. QUESSETTE
Le président,
H. CLENLa greffière,
S. SORABELLA
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
No 2200734
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026