mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2201048 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 février 2022, la SCI (société civile immobilière) Les Fauvettes doit être regardée comme demandant au tribunal de prononcer la réduction de l'imposition des plus-values réalisées à l'occasion de la vente des biens dont elle est propriétaire sis 28, 30 et 32 avenue Edouard Herriot à Caussade (Tarn-et-Garonne), à concurrence de la somme de 7 532 euros.
Elle soutient que le prix d'acquisition des biens cédés est erroné.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 mai 2022, le directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requête est irrecevable en raison de la présentation d'une réclamation préalable au-delà du délai prévu par les dispositions du b) de l'article R. 196 du livre des procédures fiscales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Douteaud,
- et les conclusions de M. Luc, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI (société civile immobilière) Les Fauvettes a acquis, le 11 septembre 1996, un ensemble immobilier situé aux 28, 30 et 32 avenue Edouard Herriot, à Caussade (Tarn-et-Garonne). Le 26 juin 2018, elle a cédé le bien sis 32 avenue Edouard Herriot puis, le 31 mai 2018, les biens sis 30, ainsi qu'une partie du bien sis 28, de cette même avenue. Enfin, le 11 mars 2020, elle a procédé à la vente d'une autre partie du bien sis 28 avenue Edouard Herriot. Ces opérations ont donné lieu à des déclarations de plus-values enregistrées au service de la publicité foncière et de l'enregistrement de Montauban le 25 janvier 2021. Estimant que le calcul des plus-values réalisées était erroné, la SCI Les Fauvettes a présenté une réclamation préalable le 25 janvier 2021, rejetée par une décision du 30 décembre 2021. Par sa requête, la SCI Les Fauvettes doit être regardée comme demandant la réduction du montant des plus-values dont elle est redevable à concurrence de la somme de 7 532 euros.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré./ Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement. "
3. Il résulte de l'instruction que la SCI Les Fauvettes a déposé, au titre des cessions concernant les biens situés à Caussade, des déclarations de plus-value immobilière. Ces déclarations ont été établies par son notaire, qui a agi en son nom et pour son compte. La SCI Les Fauvettes a ainsi été imposée conformément à ses déclarations. Il lui appartient, dès lors, d'établir le caractère exagéré des impositions mise à sa charge.
4. D'autre part, aux termes de l'article 150 U du code général des impôts : " I. - Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices agricoles et aux bénéfices non commerciaux, les plus-values réalisées par les personnes physiques ou les sociétés ou groupements qui relèvent des articles 8 à 8 ter, lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens, sont passibles de l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH. () ". L'article 8 de ce code énonce : " Sous réserve des dispositions de l'article 6, les associés des sociétés en nom collectif et les commandités des sociétés en commandite simple sont, lorsque ces sociétés n'ont pas opté pour le régime fiscal des sociétés de capitaux, personnellement soumis à l'impôt sur le revenu pour la part de bénéfices sociaux correspondant à leurs droits dans la société. En cas de démembrement de la propriété de tout ou partie des parts sociales, l'usufruitier est soumis à l'impôt sur le revenu pour la quote-part correspondant aux droits dans les bénéfices que lui confère sa qualité d'usufruitier. Le nu-propriétaire n'est pas soumis à l'impôt sur le revenu à raison du résultat imposé au nom de l'usufruitier./ Il en est de même, sous les mêmes conditions :/ 1° Des membres des sociétés civiles qui ne revêtent pas, en droit ou en fait, l'une des formes de sociétés visées au 1 de l'article 206 et qui, sous réserve des exceptions prévues à l'article 239 ter, ne se livrent pas à une exploitation ou à des opérations visées aux articles 34 et 35 ; () ". Aux termes de l'article 150 V dudit code : " La plus ou moins-value brute réalisée lors de la cession de biens ou droits mentionnés aux articles 150 U à 150 UC est égale à la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition par le cédant. " L'article 150 VA du même code dispose : " I. - Le prix de cession à retenir est le prix réel tel qu'il est stipulé dans l'acte. Lorsqu'une dissimulation de prix est établie, le prix porté dans l'acte doit être majoré du montant de cette dissimulation. () ". Enfin, aux termes de l'article 74 SD de l'Annexe II du code général des impôts : " Lorsque la cession porte sur une partie seulement d'un bien, le prix d'acquisition à retenir pour la détermination de la plus-value imposable est celui de cette seule partie. "
5. Il résulte de l'instruction que le prix d'acquisition des biens cédés par la SCI Les Fauvettes a été déterminé par l'administration fiscale à partir des informations portées dans ses déclarations. Pour solliciter l'application d'un prix d'acquisition des immeubles plus élevé que celui retenu par l'administration, la SCI Les Fauvettes soutient que le prix d'achat de l'ensemble immobilier sis aux 28, 30 et 32 de l'avenue Edouard Herriot, d'un montant total de 88 420 euros, devait être divisé, pour le calcul des plus-values en litige, en quatre parts égales, afin de tenir compte de la composition de cet ensemble, lequel comporte trois maisons d'habitation et un terrain. Toutefois, en l'absence de tout élément permettant d'établir que les quatre biens issus de la division du bien acquis le 11 septembre 1996 devraient être regardés comme ayant tous la même valeur d'acquisition, elle n'établit pas que les prix d'acquisition renseignés, en son nom et pour son compte par son notaire, sur les déclarations enregistrées auprès du service de la publicité foncière et de l'enregistrement de Montauban, le 25 janvier 2021, seraient erronés.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de la SCI Les Fauvettes doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SCI Les Fauvettes est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Les Fauvettes, au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et du département de Paris et au directeur régional des finances publiques d'Occitanie et du département de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Cherrier, présidente,
Mme Sarraute, première conseillère,
Mme Douteaud, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La rapporteure,
S. DOUTEAUDLa présidente,
S. CHERRIER
La greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2307076
03/08/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2531339
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509870
03/08/2026
Tribunal Administratif de Lille — N° TA59-2509781
03/08/2026