jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2201071 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | VACARIE & DUVERNEUIL AVOCATS ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 février 2022, M. A B, représenté par Me Duverneuil, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 décembre 2021 par laquelle le centre hospitalier intercommunal Castelsarrasin-Moissac a refusé de lui verser une indemnité de fin de contrat ;
2°) de condamner le centre hospitalier à lui verser une somme de 35 226 euros à ce titre ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier intercommunal Castelsarrasin-Moissac la somme de 3 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il a droit à l'indemnité de fin de contrat prévue par le code du travail faute pour le centre hospitalier de lui avoir proposé un contrat à durée indéterminée à l'issue de chacun des quatre contrats à durée déterminée qu'il a conclu avec cet établissement.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er février 2023, le centre hospitalier intercommunal Castelsarrasin-Moissac, représenté par Me Sabbaté, conclut à l'irrecevabilité de la requête en raison de sa tardiveté ainsi que, à titre subsidiaire, à son rejet sur le fond et demande que soit mise à la charge du requérant une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient qu'aucun moyen n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
- le code de la santé publique ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ; "
2. D'autre part, aux termes des articles R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à compter de la notification de la décision attaquée. () ". L'article R. 421-5 du même code dispose que : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. " Aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. / La date du dépôt de la demande à l'administration, constatée par tous moyens, doit être établie à l'appui de la requête ".
3. Enfin, aux termes de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : () 5° Dans les relations entre l'administration et ses agents ". En vertu de l'article L. 112-2 de ce même code, ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code aux termes desquelles : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ", ni celles de son article L. 112-6 qui dispose que : " les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis () ".
4. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions qu'en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de celui-ci conformément aux dispositions de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration, lesquelles ne sont pas applicables aux agents publics.
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été recruté par le centre hospitalier intercommunal Castelsarrasin-Moissac (CHICM) en qualité de praticien hospitalier contractuel à compter du 8 novembre 2017, aux termes d'un premier contrat à durée indéterminée d'un an, renouvelé jusqu'au 7 novembre 2021. Par un courrier du 29 août 2021, il a informé le directeur de cet établissement de sa volonté de ne pas renouveler le dernier contrat et lui a demandé le versement de la prime de prime de précarité prévue par l'article L. 1243-8 du code du travail, au titre des quatre contrats à durée indéterminée successivement conclus. Le silence gardé par le centre hospitalier pendant deux mois sur cette demande, réceptionnée le 31 août 2021, a fait naître une décision implicite de rejet qui, faute d'avoir été contestée dans le délai de recours contentieux prévu par les dispositions précitées de l'article R. 421-2 du code de justice administrative, est devenue définitive.
6. M. B dirige toutefois sa requête, non pas contre cette décision implicite de rejet, mais contre la décision du 10 décembre 2021 par laquelle le directeur du CHICM a rejeté la réclamation qu'il a formée le 29 novembre 2021, tendant au versement de la somme de 35 226 euros au titre de l'indemnité de fin de contrat prévue par le code du travail et due pour les quatre contrats conclus sur la période du 8 novembre 2017 au l7 novembre 2021 inclus. Toutefois, une deuxième décision dont l'objet est le même que la première revêt un caractère confirmatif, dès lors que ne s'est produit entre temps aucun changement dans les circonstances de droit ou de fait de nature à emporter des conséquences sur l'appréciation des droits ou prétentions en litige. La demande présentée par M. B le 29 novembre 2021 a le même objet que celle présentée le 29 août 2021, et l'intéressé ne fait état d'aucun changement dans les circonstances de droit ou de fait qui, intervenu entre ces deux dates, aurait été de nature à emporter des conséquences sur l'appréciation des prétentions qu'il formule. Par suite, les conclusions qu'il a formées contre la décision du 10 décembre 2021 sont irrecevables et doivent dès lors être rejetées ainsi que, par voie de conséquences, ses conclusions tendant au versement de la somme de 35 226 euros au titre de l'indemnité de fin de contrat prévue par le code du travail.
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du CHICM, qui n'est pas la partie perdante, le versement de la somme que demande, à ce titre, M. B. Il n'y a par ailleurs pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par le CHICM au titre des mêmes dispositions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier intercommunal Castelsarrasin-Moissac sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au centre hospitalier intercommunal Castelsarrasin-Moissac.
Fait à Toulouse, le 13 juin 2024.
La présidente de la 2ème chambre,
Sylvie CHERRIER
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
Le greffier en chef,
N°2201071
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026