jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2201093 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BOULANGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un nouveau mémoire, enregistrés les 25 février 2022 et 31 mars 2023, la société In Situ Occitanie, représentée par Me Boulanger, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner la commune de Gagnac-sur-Garonne à lui verser la somme de 3 286,93 euros, au titre de la facture n° OC2104059 émise le 30 avril 2021, majorée de la pénalité prévue à l'article 6.2 du contrat du 1er septembre 2017 ;
2°) de condamner cette commune à lui verser la somme de 5 507, 35 euros, au titre de la facture n° OC2110036 émise le 1er octobre 2021, majorée de la pénalité prévue à l'article 6.2 du contrat du 1er septembre 2017.
3°) de condamner cette commune à lui verser la somme de 80 euros par facture de relance au titre des frais de recouvrement prévus à l'article L. 441-6 du code de commerce ;
4°) en tout état de cause, de mettre à la charge de la commune de Gagnac-sur-Garonne la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la facture établie le 30 avril 2021 est due dès lors que la commune a elle-même validé le montant des heures supplémentaires effectuées ;
- la facture établie le 1er octobre 2021 est due dès lors que la résiliation du contrat est intervenue en méconnaissance du respect du délai contractuel de préavis et alors qu'elle n'a commis aucun manquement à ses obligations contractuelles ;
- elle n'a pas entendu renoncer à son droit d'intenter une action contentieuse en signant le courrier du 30 septembre 2021 ;
- les majorations de 10% applicables aux sommes non-payées sont dues.
Par un mémoire en défense et un nouveau mémoire, enregistrés les 10 novembre 2022 et 27 avril 2023, la commune de Gagnac-sur-Garonne, représentée par Me Catherine Carrière-Ponsan, doit être regardée comme concluant, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, en premier lieu, au rejet des conclusions tendant au paiement de la facture n° OC2104059 du 30 avril 2021, en deuxième lieu, à ce que le juge du contrat déclare la nullité des articles 5 et 8 du contrat du 1er septembre 2017, en troisième lieu, à ce que l'indemnité de rupture anticipée au titre de l'article 8 du contrat de prestation de services soit réduite à la somme d'un euro et, en tout état de cause, à la mise à la charge de la société In Situ Occitanie, de la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la société requérante n'établit pas que les heures supplémentaires dont le paiement est demandé sont dues ;
- l'article 5 du contrat est entaché de nullité dès lors qu'il instaure un déséquilibre entre les parties quant au mode de preuve des heures effectivement réalisées par le prestataire ;
- l'article 8 du contrat est entaché de nullité du fait de son illicéité dès lors qu'il ne prévoit pas la limitation du nombre des reconductions tacites des relations contractuelles, en méconnaissance de l'obligation de remise en concurrence ;
- la société requérante a manqué à ses obligations contractuelles ;
- en tout état de cause, la résiliation unilatérale du contrat par la personne publique est un droit absolu ;
- par un courrier du 30 septembre 2021 la société In Situ Occitanie a pris acte de la résiliation et n'a pas entendu solliciter le versement d'une indemnité de rupture anticipée ;
- la majoration des sommes demandées n'est pas due dès lors que les factures sont intervenues irrégulièrement ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 28 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixé au 30 mai 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lejeune,
- et les conclusions de M. Déderen, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société In Situ Occitanie et la commune de Gagnac-sur-Garonne ont conclu le 1er décembre 2017 un contrat ayant pour objet la mise à disposition, une demi-journée par semaine et quarante-cinq semaines par an, d'un administrateur " micro et réseaux " en charge des projets informatiques définis avec la commune, en contrepartie du paiement d'un prix fixé forfaitairement. Ce marché public a été conclu pour une durée de douze mois du 1er janvier au 31 décembre 2018. Il a ensuite été tacitement reconduit. Souhaitant mettre fin à cet engagement, la commune de Gagnac-sur-Garonne a notifié, le 31 août 2021, à la société In Situ Occitanie sa décision de résilier le contrat, avec prise d'effet au 30 septembre 2021. Par la présente requête, la société In Situ Occitanie demande au tribunal administratif de condamner la commune de Gagnac-sur-Garonne à lui verser les sommes dont elle l'estime débitrice envers elle.
Sur les conclusions reconventionnelles tendant à ce que le juge du contrat déclare la nullité des articles 5 et 8 du contrat :
2. Il résulte des termes de ses écritures que la commune de Gagnac-sur-Garonne entend se prévaloir de l'illicéité des stipulations des articles 5 et 8 du contrat la liant à la société In Situ Occitanie et demander que le juge du contrat déclare leur nullité.
3. Les parties à un contrat administratif peuvent saisir le juge d'un recours de plein contentieux contestant la validité du contrat qui les lie. Il appartient alors au juge, lorsqu'il constate l'existence d'irrégularités, d'en apprécier l'importance et les conséquences, après avoir vérifié que les irrégularités dont se prévalent les parties sont de celles qu'elles peuvent, eu égard à l'exigence de loyauté des relations contractuelles, invoquer devant lui. Il lui revient, après avoir pris en considération la nature de l'illégalité commise et en tenant compte de l'objectif de stabilité des relations contractuelles, soit de décider que la poursuite de l'exécution du contrat est possible, éventuellement sous réserve de mesures de régularisation prises par la personne publique ou convenues entre les parties, soit de prononcer le cas échéant avec un effet différé, après avoir vérifié que sa décision ne portera pas une atteinte excessive à l'intérêt général, la résiliation du contrat ou, en raison seulement d'une irrégularité invoquée par une partie ou relevée d'office par lui, tenant au caractère illicite du contenu du contrat ou à un vice d'une particulière gravité relatif notamment aux conditions dans lesquelles les parties ont donné leur consentement, son annulation. Cette action est ouverte aux parties au contrat pendant toute la durée d'exécution de celui-ci.
4. Il résulte de ce qui précède que le juge du contrat ne peut faire droit aux conclusions d'une partie au contrat dirigées contre la validité de ce contrat ou de certaines de ses clauses qu'à la condition que cette demande n'intervienne pas en méconnaissance de l'exigence de loyauté des relations contractuelles. Or, en l'espèce, la commune de Gagnac-sur-Garonne, qui a librement décidé de conclure le contrat du 1er septembre 2017, ne saurait sans méconnaître l'exigence de loyauté des relations contractuelles invoquer l'illicéité de certaines de ses clauses pour en voir l'application écartée au contentieux. Par suite, les conclusions reconventionnelles présentées par la commune de Gagnac-sur-Garonne tendant à ce que le juge du contrat déclare nulles les stipulations des articles 5 et 8 du contrat du 1er septembre 2017 doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant au paiement de la facture n° OC2104059 :
5. Aux termes de l'article 5 du contrat du 1er septembre 2017 : " Le référent de la société Cliente recevra du Prestataire, par le biais d'un mail, chaque fin de mois, un relevé mensuel des heures qui lui sera envoyé, de façon automatique. / Ces éléments de reporting n'ont pas pour objet d'être un reporting technique. Ils sont réputés sincères et comme étant un élément justificatif du volume d'heures des prestations réalisées. / Le Client est responsable de la consultation et de la validation des éléments du reporting. / Toute contestation devra se faire dans un délai d'un an à compter de la date de transmission du relevé d'heures du mois concerné. Au-delà de ce délai ces éléments de reporting se sauraient être remis en cause. / Pendant la durée du contrat, le Collaborateur In Situ pourra être amené à effectuer des heures supplémentaires. Ces heures seront effectuées après validation par le Client d'un formulaire de 'demande d'heures supplémentaires' remis par le Collaborateur In Situ. " Aux termes de l'article 7 du même contrat : " () En cas de résiliation, et quel qu'en soit le motif, un bilan sera effectué des heures effectivement réalisées. / En cas de dépassement d'heures, les heures supplémentaires seront facturées sur la base du tarif de votre contrat de prestation. "
6. De plus, l'article 6 du contrat du 1er septembre 2017 prévoit qu'en contrepartie de l'exécution de la prestation par la société In Situ Occitanie, la commune de Gagnac-sur-Garonne s'engage au paiement d'une somme forfaitaire d'un montant de 700 euros hors taxes (HT) par mois, correspondant à 157,50 heures par an. Par déduction, il en résulte que, chaque mois, la société prestataire était tenue d'exécuter 13,1 heures de prestations au bénéfice de la commune de Gagnac-sur-Garonne. Ainsi, les heures effectuées au-delà de cette durée mensuelle sont des heures supplémentaires au sens du dernier alinéa de l'article 7 du contrat précité.
7. Il résulte de l'instruction que par une facture n° OC2104059 du 30 avril 2021, la société In Situ Occitanie a sollicité de la part de la commune de Gagnac-sur-Garonne le paiement de quarante-sept heures supplémentaires comptabilisées à cette date, accumulées au cours des années d'exécution du contrat, pour un montant que la société estime à 3 286,93 euros toutes taxes comprises (TTC). La société requérante produit des documents intitulés " feuilles de temps " qui, effectivement, comptabilisent environ quarante-sept heures supplémentaires à la date du 31 mars 2021.
8. Toutefois, il résulte clairement des stipulations précitées et en particulier du dernier alinéa de l'article 5 du contrat du 1er septembre 2017, que les heures supplémentaires ne peuvent être effectuées par le prestataire qu'après validation par le client au moyen d'un formulaire de demande d'heures supplémentaires. Dès lors, en l'absence de production de tels formulaires d'heures supplémentaires complétées par la société requérante et par la commune, il ne peut être tenu pour établi que ces heures alléguées ont été effectivement et préalablement validées par la commune défenderesse, ni que leur paiement est désormais dû par cette dernière. En outre, et alors que la résiliation du contrat la liant à la commune de Gagnac-sur-Garonne a été décidée le 31 août 2021 et est devenue effective le 30 septembre suivant, la société requérante ne produit pas de bilan de heures effectivement réalisées tel que prévu à l'article 7 du contrat du 1er septembre 2017, de sorte que la facture datée du 30 avril 2021 ne peut suffire à regarder ses prétentions comme fondées.
9. Enfin, la requérante ne saurait utilement se prévaloir du quatrième alinéa de l'article 5 du contrat du 1er septembre 2017 pour soutenir que la commune de Gagnac-sur-Garonne disposait d'un délai d'un an pour contester le montant des heures supplémentaires sollicitées dès lors que cet alinéa n'est pas applicable aux heures supplémentaires, qui sont régies par le cinquième alinéa du même article, ainsi qu'il ressort clairement de la rédaction de ces stipulations.
Sur les conclusions tendant au paiement de la facture n° OC2110036 :
10. Aux termes de l'article 8 du contrat du 1er septembre 2017 : " Le présent contrat est consenti et accepté pour une durée de 12 mois du 01/01/2018 au 31/12/2018. / Le contrat se reconduit par tacite reconduction, pour une durée identique, sous réserve de dénonciation de ce dernier à tout moment par lettre recommandée avec accusé de réception avec un préavis de 6 mois. / En cas de résiliation, préavis prendre effet à compter du 1er jour du mois suivant la date de la réception de la lettre de résiliation afin que le dernier mois d'exécution du contrat soit un mois complet. () ". Aux termes de l'article 9 de ce contrat : " En cas d'inexécution par l'une des parties d'une seule de ses obligations contractuelles, la résiliation du contrat serait encourue de plein droit, 30 jours après une mise en demeure restée sans effet. / Aucune indemnité ne pourra être exigée par l'une ou l'autre des parties en cas de résiliation du contrat, sauf à l'encontre de la partie qui, n'ayant pas exécuté une obligation contractuelle, a été à l'origine de [la] résiliation du contrat. "
11. Il résulte de ces stipulations que la société In Situ Occitanie et la commune de Gagnac-sur-Garonne n'ont envisagé contractuellement que deux hypothèses de résiliation du contrat, c'est-à-dire, soit, d'une part, la non-reconduction de celui-ci au moyen d'une dénonciation intervenant au moins six mois avant la date de reconduction fixée au 1er janvier de l'année suivante soit, d'autre part, la rupture anticipée du contrat au motif d'une méconnaissance par l'une des parties de ses obligations contractuelles, rupture intervenant de plein droit trente jours après une mise en demeure de se conformer aux obligations issues du contrat restée sans effet.
12. Il résulte de l'instruction que la commune de Gagnac-sur-Garonne a conclu le marché du 1er septembre 2017 avec la société In Situ Occitanie afin de bénéficier des services d'un technicien informatique pour la réalisation de ses projets et en particulier le déploiement et l'entretien des outils informatiques de son école élémentaire. Les pièces versées au dossier révèlent que la commune de Gagnac-sur-Garonne a expressément et à plusieurs reprises fait part de ses griefs à sa cocontractante quant à la qualité de la prestation effectuée. Plus précisément, les échanges électroniques entre les parties des mois de septembre et octobre 2020 indiquent que le collaborateur de la société In Situ Occitanie ne donnait pas satisfaction à la commune, que les services municipaux recevaient régulièrement des plaintes relatives au fonctionnement de ses outils informatiques et qu'un retard important s'était accumulé. Aussi, une rupture des liens contractuels a été alors envisagée. Les parties se sont rencontrées à deux reprises, les 5 mai et 10 juin 2021, afin d'aborder l'éventualité de la rupture du contrat. La société In Situ Occitanie, qui se borne à contester tout manquement à ses obligations contractuelles, n'apporte aucun élément probant permettant de regarder comme non avérées les insuffisances ainsi relevées. Au contraire, en soutenant qu'aucun reproche ne lui a été adressé par ses clients depuis son changement de collaborateur, la requérante donne du crédit aux affirmations de la commune.
13. Par la suite, par une lettre recommandée avec accusé de réception du 31 août 2021, la commune de Gagnac-sur-Garonne a notifié à la société In Situ Occitanie sa décision de rompre les relations contractuelles les liant. Par courrier recommandé avec accusé de réception du 27 septembre 2021, la société In Situ Occitanie a pris acte de cette rupture du contrat. Estimant que cette résiliation était intervenue en méconnaissance d'un délai de préavis de six mois, la société In Situ Occitanie a sollicité de la part de la commune de Gagnac-sur-Garonne le paiement d'une somme de 4 589,46 euros HT correspondant à une indemnité de résiliation anticipée. L'exécution du marché a ensuite pris fin le 30 septembre 2021, conformément à la volonté de la commune.
14. Il résulte toutefois de tout ce qui précède que la commune de Gagnac-sur-Garonne a pris la décision de rompre par anticipation le marché du 1er septembre 2017 au motif que la société In Situ Occitanie, dont la prestation ne la satisfaisait pas, ne remplissait pas ses obligations contractuelles. Ainsi, la commune de Gagnac-sur-Garonne a entendu faire application de l'article 9 du contrat du 1er septembre 2017.
15. Or, il ne résulte pas des stipulations précitées que les parties se seraient accordées pour retenir un délai de préavis d'une durée de six mois, préalable à toute rupture anticipée du contrat. En effet, si l'article 8 du contrat prévoit que la décision de non-reconduction du contrat au 1er janvier de l'année suivante ne peut prendre effet qu'après un préavis de six mois, cette hypothèse ne constitue pas une rupture anticipée des relations contractuelles motivée par la défaillance du cocontractant, telle que prévue à l'article 9 du contrat. Il en résulte que la société requérante ne saurait utilement se prévaloir de l'article 8 du contrat du 1er septembre 2017 pour soutenir que la commune de Gagnac-sur-Garonne a méconnu une obligation de respect d'un délai de préavis d'une durée de six mois. Par suite, elle n'est pas fondée à solliciter l'indemnisation de son manque à gagner causé par la résiliation unilatérale et anticipée du contrat du 1er septembre 2017 par la commune de Gagnac-sur-Garonne.
Sur les conclusions accessoires :
16. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à solliciter le paiement de la pénalité de 10 % par an calculée sur les sommes à régler prévue à l'article 6 du contrat du 1er septembre 2017. Elle n'est pas davantage fondée à demander l'application des dispositions de l'article L. 441-6 du code de commerce relatif à la méconnaissance des délais maximaux de paiement entre professionnels.
Sur les frais exposés pour les besoins de l'instance :
17. La commune de Gagnac-sur-Garonne n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la société In Situ Occitanie présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions reconventionnelles tendant à ce qu'une somme d'argent soit mise à la charge de la société In Situ Occitanie sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société In Situ Occitanie est rejetée.
Article 2 : Les conclusions reconventionnelles de la commune de Gagnac-sur-Garonne sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société In Situ Occitanie ainsi qu'à la commune de Gagnac-sur-Garonne.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Clen, président,
M. Quessette, premier conseiller,
Mme Lejeune, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
La rapporteure,
A. LEJEUNE
Le président,
H. CLEN
La greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026