mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2201390 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique cellule 7 |
| Avocat requérant | BOURINET DANNEVILLE BENEDICTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mars 2022, Mme E C, représentée par Me Bourinet Danneville, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision du 8 octobre 2021 par laquelle la mutualité sociale agricole (MSA) Midi-Pyrénées-Nord lui a notifié un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 8 280,01 euros pour la période du 1er septembre 2020 au 31 août 2021 ;
2) d'annuler la décision du 12 janvier 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Aveyron a rejeté son recours administratif préalable et confirmé l'indu de RSA d'un montant de 8 280,01 euros pour la période du 1er septembre 2020 au 31 août 2021 ;
3) d'annuler la décision du 13 décembre 2021 par laquelle la MSA Midi-Pyrénées-Nord lui a notifié un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 335,39 euros pour le mois de novembre 2020 et un indu d'aide exceptionnelle de solidarité (AES) d'un montant de 550 euros pour le mois d'octobre 2020 ;
4) de condamner le département de l'Aveyron à verser à Me Bourinet Danneville la somme de 1 800 euros au titre des frais irrépétibles, ladite condamnation valant renonciation au versement de la part de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision du 12 janvier 2022 a été signée par une autorité incompétente ;
- la décision du 12 janvier 2022 est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle n'est fondée sur aucune norme ;
- le département a commis une erreur dans la qualification juridique des faits dès lors que les faits retenus ne caractérisent pas l'existence d'une vie maritale à compter du 1er août 2020 ; M. B n'a décidé de faire vie commune avec elle et son fils qu'à compter du mois d'octobre 2021, ce qu'elle a déclaré à la MSA ; M. B a reconnu l'enfant mais vivait seul à Saint-Affrique, elle-même vivant avec ses quatre enfants ainsi qu'en attestent les baux locatifs ; M. B a versé de petites sommes au titre de son obligation alimentaire et dès l'installation de M. B auprès d'elle en octobre 2021, elle a déclaré ce changement de situation ; l'achat en indivision en janvier 2012 d'un terrain qui constitue un extérieur et un jardin pour l'enfant commun ne démontre pas l'existence d'une vie maritale alors que l'acte porte deux adresses différentes.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 avril 2023, le département de l'Aveyron conclut au rejet de la requête en ce qui concerne l'indu de RSA et à sa mise hors de cause en ce qui concerne les indus d'aide exceptionnelle de fin d'année et d'aide exceptionnelle de solidarité.
Il fait valoir que :
- il n'est pas compétent pour défendre en matière d'aide exceptionnelle de fin d'année et d'aide exceptionnelle de solidarité ;
- la décision contestée a été régulièrement signée par M. D, lequel bénéficie d'une délégation de signature par arrêté du président du conseil départemental de l'Aveyron du 4 janvier 2022 ;
- l'indu est fondé dès lors qu'il a été constaté une vie maritale entre la requérante et M. B à compter du 31 août 2020, laquelle n'a pas été déclarée à la MSA ; la requérante et M. B ont eu un enfant le 31 août 2020 ; ils ont mis en commun leurs ressources et leurs charges ; ils ont acheté ensemble un bien immobilier ; l'existence de deux logements distincts ne suffit pas à infirmer l'existence d'une communauté de vie.
Par un mémoire en défense enregistré le 26 avril 2023, la mutualité sociale agricole Midi-Pyrénées-Nord conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 juillet 2022.
Par un courrier du 9 mai 2023, le tribunal a informé les parties, sur le fondement de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, qu'il était susceptible de relever d'office l'irrecevabilité des conclusions de Mme C tendant à l'annulation de la décision du 8 octobre 2021 de la MSA à laquelle s'est substituée la décision prise par le président du conseil départemental de l'Aveyron sur le recours administratif préalable obligatoire de Mme C, en application de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code civil ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 2020-1453 du 27 novembre 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de solidarité liée à la crise sanitaire aux ménages et aux jeunes de moins de vingt-cinq ans les plus précaires ;
- le décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. F de G pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative, et le rapport de M. F de G a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, mère de trois enfants d'une première union, était bénéficiaire du RSA et a bénéficié au mois d'octobre 2020 d'une AES et au mois de novembre 2020 d'une aide exceptionnelle de fin d'année. Mme C et M. B ont eu un enfant, A, né le 31 août 2020. A la suite d'un contrôle de situation achevé le 20 septembre 2021, la MSA a considéré que Mme C avait omis de déclarer son concubinage avec M. B à compter du 31 août 2020. La régularisation de ses droits au RSA par les services de la MSA a généré un indu d'un montant de 8 280,01 euros pour la période de septembre 2020 à août 2021, notifié à la requérante par un courrier du 8 octobre 2021, un indu d'allocation de soutien familial de 4 177,44 euros, un indu d'allocations familiales de 6 699,17 euros, un indu d'allocation de logement familiale de 3 920 euros, un indu d'allocation de rentrée scolaire de 781,48 euros et un indu d'allocation de base de 2 061,73 euros. Par décision du 12 janvier 2022, le président du conseil départemental de l'Aveyron a rejeté le recours administratif préalable de Mme C et a confirmé l'indu de RSA. A la suite de cette régularisation des droits au RSA de la requérante, la MSA lui a notifié, par un courrier du 13 décembre 2021, un indu d'AES d'un montant de 550 euros pour le mois d'octobre 2020 et un indu d'aide exceptionnelle de fin d'année d'un montant de 335,39 euros pour le mois de novembre 2020. Le 9 février 2022, la commission de recours a rejeté le recours administratif de Mme C, rejet dont elle a été informée par notification du 8 mars 2022. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de la décision de la MSA du 13 décembre 2021, ensemble la décision du 8 mars 2022, en tant qu'elle concerne l'allocation exceptionnelle de solidarité et l'aide exceptionnelle de fin d'année, ainsi que l'annulation de la décision du 8 octobre 2021 lui notifiant un indu de RSA et la décision du président du conseil départemental de l'Aveyron du 12 janvier 2022.
Sur la demande de mise hors de cause du département de l'Aveyron en ce qui concerne les indus d'AES et d'aide exceptionnelle de fin d'année :
2. Aux termes de l'article 6 du décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 : " I. - Tout paiement indu d'une aide exceptionnelle attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci. La dette correspondante peut être remise ou réduite par cet organisme dans les conditions applicables au recouvrement des indus de l'allocation au titre de laquelle l'aide exceptionnelle a été perçue. () ". Aux termes de l'article 4 du décret n° 2020-1453 du 27 novembre 2020 : " I. - Tout paiement indu de l'aide exceptionnelle de solidarité attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci. La dette correspondante peut être remise ou réduite par cet organisme dans les conditions applicables au recouvrement des indus de l'allocation au titre de laquelle le versement de l'aide exceptionnelle a été perçu. () ".
3. Il résulte des dispositions précitées que la mutualité sociale agricole récupère les indus d'aide exceptionnelle de fin d'année et d'AES pour le compte de l'État. Par suite, il y a lieu de prononcer la mise hors de cause du département de l'Aveyron dans la présente instance en ce qui concerne les indus d'aide exceptionnelle de fin d'année et d'AES.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 8 octobre 2021 de la MSA :
4. Aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. () ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours se substitue à la décision initiale qui ne peut faire l'objet d'une demande en annulation devant la juridiction administrative. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision de la MSA du 8 octobre 2021 sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 12 janvier 2022 du président du conseil départemental de l'Aveyron :
5. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active, il entre dans l'office du juge d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'indu de RSA :
6. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. () ". L'article R. 262-6 du même code dispose : " Les ressources prises en compte pour la détermination du montant du revenu de solidarité active comprennent, sous les réserves et selon les modalités figurant au présent chapitre, l'ensemble des ressources, de quelque nature qu'elles soient, de toutes les personnes composant le foyer, et notamment les avantages en nature ainsi que les revenus procurés par des biens mobiliers et immobiliers et par des capitaux. () ". Selon l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". L'article L. 262-9 du même code dispose : " () Est considérée comme isolée une personne veuve, divorcée, séparée ou célibataire, qui ne vit pas en couple de manière notoire et permanente et qui notamment ne met pas en commun avec un conjoint, concubin ou partenaire de pacte civil de solidarité ses ressources et ses charges. Lorsque l'un des membres du couple réside à l'étranger, n'est pas considéré comme isolé celui qui réside en France. ". Enfin, aux termes de l'article 515-8 du code civil : " Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple. ".
7. Il résulte de ces dispositions que, pour le bénéfice du RSA, le foyer s'entend du demandeur, ainsi que, le cas échéant, de son conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin et des enfants ou personnes de moins de vingt-cinq ans à charge qui remplissent les conditions précisées par l'article R. 262-3 du code de l'action sociale et des familles. Pour l'application de ces dispositions, le concubin est la personne qui mène avec le demandeur une vie de couple stable et continue. Une telle vie de couple peut être établie par un faisceau d'indices concordants, au nombre desquels la circonstance que les intéressés mettent en commun leurs ressources et leurs charges.
8. Pour établir l'existence d'une vie commune entre Mme C et M. B durant la période litigieuse, le département de l'Aveyron fait valoir que les intéressés ont mis en commun leurs ressources et leurs charges depuis la naissance de leur fils A en août 2020. Toutefois, il résulte de l'instruction que Mme C et M. B demeuraient à des adresses distinctes durant toute la période litigieuse, disposaient de comptes bancaires personnels et déclaraient individuellement leurs revenus, ce que le rapport d'enquête de la MSA, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, confirme. D'autre part, s'il résulte de l'instruction que des virements bancaires ont eu lieu entre la requérante et M. B à compter de la naissance de leurs fils, cette circonstance ne suffit pas à caractériser la mise en commun de charges et de ressources. En effet, Mme C fait valoir que les sommes qui lui ont été versées par M. B relèvent de l'exécution, au demeurant irrégulière, de son obligation alimentaire, ce que la MSA ne remet pas en cause. Quant aux sommes versées par la requérante à M. B, par treize versements d'un montant total de 963,44 euros entre le 8 septembre 2020 et le 9 août 2021, la MSA n'apporte pas la preuve qu'il s'agisse d'une mise en commun des charges et ressources des deux intéressés alors que certains apparaissent comme des remboursements de frais exposés pour les enfants de la première union de Mme C. En outre, dès lors que Mme C et M. B ont acheté un bien immobilier en indivision, cette opération ne peut constituer une mise en commun de leurs ressources. Enfin, la circonstance que Mme C a déclaré attendre que son divorce soit prononcé pour s'installer avec M. B, comme le mentionne le rapport d'enquête de la MSA, ne permet pas d'en déduire une situation de concubinage entre la requérante et M. B. Par suite, Mme C est fondée à soutenir que c'est à tort que le département a retenu l'existence d'une vie maritale avec M. B durant la période litigieuse et intégré la totalité des revenus de M. B à compter du 1er août 2020, date de la naissance de l'enfant, pour la détermination des droits du foyer qu'ils auraient constitué.
9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 12 janvier 2022 par laquelle le président du conseil départemental de l'Aveyron a confirmé l'indu de RSA mis à sa charge.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 13 décembre 2021, ensemble la décision du 8 mars 2022, en tant qu'elle concerne l'aide exceptionnelle de solidarité et l'aide exceptionnelle de fin d'année :
10. Aux termes de l'article 3 du décret n° 2020-1746 du 29 décembre 2020 : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2020 ou, à défaut, du mois de décembre 2020, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul. () ". Aux termes de l'article 1 du décret n° 2020-1453 du 27 novembre 2020 : " I. - Une aide exceptionnelle de solidarité est attribuée, dans les conditions fixées à l'article 2 du présent décret, aux bénéficiaires d'au moins une des allocations suivantes au titre des mois de septembre ou d'octobre 2020 : 1° Le revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles ; () ".
11. Il résulte de ce qui a été dit au point 9 que l'indu de RSA mis à la charge de Mme C n'est pas fondé. Par voie de conséquence, alors qu'il n'apparaît pas que Mme C n'aurait pas eu droit au bénéfice du RSA pendant la période considérée, et en application des dispositions précitées, les indus d'aide exceptionnelle de fin d'année et d'AES doivent également être annulés.
12. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 13 décembre 2021 par laquelle la MSA Midi-Pyrénées-Nord lui a notifié des indus d'aide exceptionnelle de fin d'année et d'AES.
Sur les conclusions tendant au bénéfice de frais de procès :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner solidairement le département de l'Aveyron et la mutualité sociale agricole Midi-Pyrénées Nord, parties perdantes dans la présente instance, à verser à Me Bourinet Danneville, avocate de Mme C, la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Bourinet Danneville renonce à la part contributive de l'État au titre de la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 13 décembre 2021 de la mutualité sociale agricole Midi-Pyrénées-Nord est annulée.
Article 2 : La décision du 12 janvier 2022 du président du conseil départemental de l'Aveyron est annulée.
Article 3 : Le département de l'Aveyron et la mutualité sociale agricole Midi-Pyrénées Nord verseront solidairement à Me Bourinet Danneville, sous réserve de sa renonciation à la part contributive de l'État au titre de sa mission d'aide juridictionnelle, la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme C est rejeté.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à Mme E C, au département de l'Aveyron et à la mutualité sociale agricole Midi-Pyrénées-Nord.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
Alain F de GLa greffière,
Sandrine Furbeyre
La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026