mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2201525 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge unique cellule 7 |
| Avocat requérant | POINTEAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 mars 2022 et un mémoire enregistré le 23 juin 2023, M. B C, représenté par Me Pointeaux, demande au tribunal :
1) d'annuler la décision du 20 janvier 2022, prise sur recours préalable obligatoire, par laquelle le président du conseil départemental du Tarn a rejeté sa demande de carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement " (CMI-S) ;
2) d'enjoindre au président du conseil départemental du Tarn de lui délivrer une CMI-S ;
3) subsidiairement, d'enjoindre au président du conseil départemental du Tarn de recueillir l'appréciation de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) avant d'enjoindre à statuer à nouveau sur sa demande de CMI-S ;
4) en tout état de cause, de mettre à la charge du conseil départemental du Tarn la somme de 1 200 euros au bénéfice de son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5) subsidiairement, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au bénéfice de son conseil, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision litigieuse est entachée d'un vice de procédure ; la décision litigieuse a été prise par le président du conseil départemental du Tarn sans qu'il soit fait état d'une saisine préalable de la CDAPH ni du recueil de son appréciation ;
- la décision litigieuse est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; il rencontre d'énormes difficultés de lecture et d'écriture ; il lui est impossible de prendre un ticket à l'horodateur du fait de son handicap ; il doit se faire assister par son épouse dans chacun de ses déplacements afin de faire face à cette difficulté.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 mai 2022, le département du Tarn conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'il n'a commis aucune erreur d'appréciation dès lors que le certificat médical produit par le requérant à l'appui de sa demande ne précisait pas qu'il remplissait l'une des conditions permettant l'octroi d'une CMI-S et qu'après avis de l'équipe pluridisciplinaire de la MDPH, la CDAPH a considéré que le handicap de M. C ne permettait pas de considérer qu'il répondait aux critères d'éligibilité pour obtenir la CMI-S.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, le président du tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges visés audit article.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, ont été entendus le rapport de M. D et les observations de Me Pointeaux, pour M. C, qui persiste dans ses écritures, et indique que M. C a produit un certificat de son orthophoniste qui atteste qu'il a de nombreuses séquelles, qu'il ne peut reconnaître les sons et les lettres et ne peut pas lire, qu'il a des difficultés majeures pour comprendre les consignes écrites, que son épouse a d'ailleurs rédigé sa demande car il en était incapable, qu'il ne peut aller en ville seul et doit être accompagné par sa femme, que les séquelles sont irrémédiables, que sa fonction mentale cognitive est définitivement altérée dès lors que 6 ans après l'accident vasculaire cérébral dont il a été victime, il n'a pas récupéré, qu'il peut conduire seul mais ne peut pas stationner seul, puis la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a sollicité la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement " auprès de la MDPH du Tarn le 16 juillet 2021. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler la décision du 20 janvier 2022, prise sur recours administratif préalable obligatoire, par laquelle le président du conseil départemental du Tarn a refusé de faire droit à sa demande et confirmé sa décision du 18 novembre 2021.
2. Aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des familles " ALa carte "mobilité inclusion" destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. () 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements ". Aux termes de l'article L. 241-6 du même code : " I.- La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour () apprécier : () si l'état ou le taux d'incapacité de la personne handicapée justifie l'attribution () de la carte "mobilité inclusion" mentionnée à l'article L. 241-3 du présent code () ".
3. Aux termes de l'article R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles : " I.- La demande de carte mobilité inclusion mentionnée au I de l'article R. 241-12 donne lieu à une évaluation par l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 146-8, qui, dans le cadre de son instruction, peut, le cas échéant, convoquer le demandeur afin d'évaluer sa capacité de déplacement () IV.- Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur () ". Aux termes enfin de l'annexe à l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles, concernant le critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : " () 2. Critère relatif à l'accompagnement par une tierce personne pour les déplacements : Ce critère concerne les personnes atteintes d'une altération d'une fonction mentale, cognitive, psychique ou sensorielle imposant qu'elles soient accompagnées par une tierce personne dans leurs déplacements. Ce critère est rempli si elles ne peuvent effectuer aucun déplacement seules, y compris après apprentissage. La nécessité d'un accompagnement s'impose dès lors que la personne risque d'être en danger ou a besoin d'une surveillance régulière. Concernant les enfants, il convient de faire référence à un enfant du même âge sans déficience. S'agissant des personnes présentant une déficience sensorielle, l'accompagnement doit être nécessaire pour effectuer le déplacement lui-même et s'imposer par le risque d'une mise en danger. Cette condition n'est habituellement pas remplie pour une personne qui présente une déficience auditive isolée. 3. Dispositions communes : La réduction de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied ou le besoin d'accompagnement doit être définitif ou d'une durée prévisible d'au moins un an pour attribuer la mention " stationnement pour personnes handicapées " de la carte mobilité inclusion ou la carte de stationnement pour personnes handicapées. Il n'est cependant pas nécessaire que l'état de la personne soit stabilisé. Lorsque les troubles à l'origine des difficultés de déplacement ont un caractère évolutif, la durée d'attribution de cette carte tient compte de l'évolutivité potentielle de ceux-ci ". Aux termes de l'article R. 241-15 du code de l'action sociale et des familles : " La carte mobilité inclusion peut être attribuée à titre définitif ou à durée déterminée, dans ce cas cette dernière ne peut être inférieure à un an, ni excéder vingt ans. () "
4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement ", il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une ou l'autre partie à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte. Par suite, le moyen tiré de l'absence de consultation de la CDAPH est inopérant.
5. En outre, pour demander l'annulation de la décision du 20 janvier 2022 par laquelle le président du conseil départemental du Tarn a rejeté sa demande de délivrance d'une carte mobilité inclusion mention " stationnement ", M. C produit un certificat médical du 10 décembre 2021 qui ne précise pas les difficultés présentées par ce dernier à la marche, mais fait état d'un handicap cognitif résultant d'un accident vasculaire cérébral et de la nécessité pour le requérant de suivre des séances de rééducation d'orthophonie. Il produit également un certificat médical du 2 juin 2022 qui relève que M. C présente de nombreuses séquelles d'un accident vasculaire cérébral aux niveaux langagier, mnésique et cognitif et que, notamment, au niveau du langage oral, les capacités en réception et en production sont altérées, que la reconnaissance des sons et des lettres, l'écriture et la lecture des consignes sont très difficilement réalisables, que sa mémoire est déficitaire et que les capacités visio-spatiales et visio-constructives ne sont pas efficientes et enfin que son handicap justifie qu'il puisse bénéficier d'un dispositif pour faciliter ses stationnements dès lors qu'il ne peut prendre un ticket à l'horodateur. Toutefois, il est constant que l'autonomie et la capacité de M. C à se déplacer à pied n'est pas réduite et que l'altération de ses fonctions cognitives n'a pas pour effet d'imposer que tous ces déplacements extérieurs, notamment à pied, soit accompagnés d'une tierce personne. Dans ces conditions, M. C ne peut être regardé comme établissant qu'il remplirait au moins l'une des conditions posées par l'arrêté précité du 3 janvier 2017. M. C n'est donc pas fondé à demander l'annulation de la décision du 20 janvier 2022 par laquelle le président du conseil départemental du Tarn a rejeté sa demande de CMI-S. Il lui appartient, le cas échéant, compte tenu de l'évolution de son état de santé, de former une nouvelle demande de CMI-S.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation de M. C doivent être rejetées de même que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant au bénéfice de frais de procès.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B C, au département du Tarn et à Me Juliane Pointeaux.
Copie sera délivrée à la maison départementale des personnes handicapées du Tarn.
Rendue publique par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.
Le magistrat désigné
Alain DLa greffière,
Sandrine Furbeyre
La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026